Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Avec Cézanne et moi, Danièle Thompson s'éloigne du registre comique et s'oriente vers le biopic historique. Servi par le duo d'acteurs Canet/Gallienne, le film nous transporte au XIXème siècle et partage son intrigue entre l'effervescence d'un Paris artistique en pleine mutation et la douceur du soleil de Provence pour décrire avec réalisme l'histoire d'amitié tumultueuse et houleuse qui a uni et déchiré Cézanne et Zola durant près de quarante ans. Mais le projet est-il à la hauteur de ses ambitions ?
Après le très beau Sparrows de l'islandais Rúnar Rúnarsson, Philippe Lesage déplace le curseur sur le spectre des films sur l'adolescence vers un âge encore plus précoce où l'enfant découvre la duplicité de l'homme. Son film , Les Démons est singulier et réussi.
Réalisé par les Mo Brothers, Headshot, le nouveau film avec la star du diptyque The Raid, s'impose comme le film d'action survitaminé et jouissif de l'année.
Le Mystère Jérôme Bosh, documentaire revenant sur l'énigme que représente ce peintre flamand. Passionnant pour les amateurs de l'histoire de l'art qui ne savent que peu de chose du créateur des Jardins des délices.
Après plusieurs échecs artistiques, Oliver Stone retrouve enfin un sujet qui lui sied, celui d'un personnage ancré dans le réel et lui servant à analyser les contradictions d'une Amérique tiraillée par ses démons intérieurs. Et dans le rôle de ce héros des temps modernes, Joseph Gordon-Levitt livre une prestation qui, si elle lui vaut pas un Oscar, révélera au grand jour l'influence de la NSA sur l'Académie.
Jeeg Robot est la surprise super-héroïque à destination du cinéma italien qui chamboule les festivaliers comme lors de sa récente diffusion à l’Étrange Festival.
Entre revanche et rédemption, le message fort du pardon véhiculé dans le film participe à l'attachement émotionnel ressenti suite à l'implosion fortuite de cette famille judéenne.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.