Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Avec Nos années folles, André Téchiné renoue avec la tendance de ses plus beaux films : des corps, de la chair et des sentiments jamais expliqués, ni jugés. Le film sort en salles ce mercredi et réunit à l'écran Céline Sallette (Corporate, Les Revenants) et Pierre Deladonchamps (Le fils de Jean, L'inconnu du lac).
Mother! est le sidérant film-somme de Darren Aronofsky qui signe une oeuvre hystérique et marquante qui divisera assurément. Un grand morceau de cinéma, épuisant et virtuose, habité par la formidable Jennifer Lawrence.
Descente aux enfers improbable dans un Queens sous acide, Good Time est un film en perpétuel mouvement dominé par un fatalisme aussi étrange que poétique.
The Fountain est un chef d'oeuvre complexe et sensible, qui conjugue récit épique et réflexions métaphysiques dans le film le plus exigeant et personnel de Darren Aronosky.
Métaphore d’une machine à rêves qui s’enraye, allégorie d’une industrie Hollywoodienne aussi fausse qu'impitoyable, The Wrestler est un film poignant qui décrit sans détour la déchéance d’une gloire oubliée. Troublant.
Avec Ôtez-moi d'un doute, présenté à la quinzaine des réalisateurs à Cannes 2017, Carine Tardieu parvient à mener une comédie tendre et douce sur la filiation et ses multiples déboires, sans pour autant marquer pleinement les esprits, ni surprendre. Heureusement que le casting (François Damiens, Cécile de France, Alice de Lencquesaing...) est là pour porter le film qui est en salles depuis le 6 septembre 2017.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.