Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

The Gentlemen ou le charme discret du gangstérisme par Guy Ritchie

Si sur le plan de la surprise pure, Guy Ritchie ne réinvente pas l'eau chaude, reste que son The Gentlemen demeure un rappel pas subtil pour un sou, que le Britannique a toujours son pareil pour accoucher de films à la sympathie jamais démentie et à la massive dose de fun.

Judy de Rupert Goold, un biopic artificiel et sans éclat

Réalisé par le britannique Rupert Goold, Judy se focalise sur le dernier tour de chant de l’iconique Miss Show Business, destin tragique façonné par Hollywood. La mise en scène impersonnelle rappelle que Renée Zellweger, qui succède à Judy Davis dans le rôle-titre, n'a pas l'aura de son modèle. Le biopic, qui tient davantage du mélodrame stérile que d'une enquête pointue sur la personnalité de Judy Garland, rend froidement hommage à la légendaire interprète d’Over The Rainbow et le spectateur assiste désemparé au ressassement perpétuel des mêmes clichés inertes. Car si la MGM lui a donné la gloire, Frances Gumm est en réalité une femme fragile, solitaire, perdue au beau milieu de la route de briques jaunes qui a pavé toute sa carrière d'actrice. Voici donc comment Hollywood va la pousser au bord du précipice..

La dernière Vie de Simon : Premier film fantastique et personnel de Léo Karmann qui fleure bon les 90’s

Le premier film de Léo Karmann, La dernière Vie de Simon, est un métrage qui réussit à surprendre, englobant aussi bien  une aventure fantastique, qu’un thriller bien ficelé, le tout sur fond de l’histoire intime d’une famille presque ordinaire bien de chez nous.

« Wet Season » de Anthony Chen : douche froide singapourienne

Le jeune réalisateur singapourien Anthony Chen, Caméra d'Or à Cannes en 2013 pour un « Ilo Ilo » qui nous avait laissé un bon souvenir, est de retour avec son deuxième long-métrage, « Wet Season », sur une professeure de chinois délaissée par son mari et se rapprochant d'un de ses étudiants. Si l'on apprécie toujours de découvrir des films venus de pays traditionnellement peu représentés au cinéma, on ne peut qu'être déçu par cette histoire somme toute banale, écrite et filmée avec beaucoup trop de précaution pour espérer toucher le spectateur.

Dark Waters : Todd Haynes en quête de vérité

Après nous avoir embarqué dans de flamboyants mélodrames, Todd Haynes change de registre avec son nouveau film, Dark Waters, un thriller d’investigation sur l’affaire DuPont et le scandale du Téflon. Une reconversion gagnante pour une œuvre brillante en tout point.

Le Voyage du Dr Dolittle de Stephen Gaghan, une odyssée sans envergure

Vaste pantalonnade aux images de synthèse surfabriquées, Le Voyage du Dr Dolittle mis en scène par Stephen Gaghan est engoncé dans son étui de blockbuster. La prestation décousue de Robert Downey Jr. en ermite excentrique et bougon ne sauve pas cette superproduction Universal, loin d’être à la hauteur de son prestigieux casting. Car, si elle s'amuse à pasticher le film de pirates, il manque dans ce cas au singulier personnage le panache de Jack Sparrow.

Uncut Gems, de Benny et Joshua Safdie : l’obscure clarté des opales

Vous aviez aimé le dernier film des frangins Safdie ? Vous appréciez les personnages de losers ? Vous n'avez rien contre le mélange des genres (ici thriller et comédie) ? Il y a beaucoup de chance que ce Uncut Gems vous plaise.

Histoire d’un regard de Mariana Otero : le miroir de la photographie

Que cela soit dans son montage adroit, ou par cette voix off pudique et ludique que l’on suit avec douceur, Histoire d’un regard de Mariana Otero est un grand film sur le monde et sa folie, une oeuvre dont l’étude arrive à rendre vivante la beauté graphique de l’art photographique.

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