Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Ne me touchez pas est la première création de danse contemporaine écrite, mise en scène et chorégraphiée par Laura Bachman. Elle y danse avec Marion Barbeau, Première Danseuse à l'Opéra de Paris qu'on a également pu voir au cinéma dans En corps. La pièce est d'une beauté sauvage, rythmée par une musique live qui dialogue avec les corps. La chorégraphe dit avoir d'abord pensé aborder le toucher à travers un court métrage sur les mains qui se frôlent et qui disent plus que les mots. Elle nous offre une large palette de rapports au toucher pour parler d'intimité, de violence, mais aussi et avant tout de désir et de joie de découvrir le corps de l'autre. La captation du spectacle est visible sur le replay de France.TV depuis le 2 septembre 2023 et Ne me touchez pas sera en représentation à La Villette en novembre 2023.
Le clair-obscur n’est pas technique : c’est une arme morale. Caravage fait surgir la lumière du noir comme un jugement, une révélation violente qui accuse et sauve. Cette expression traverse The Godfather (baptême dans l’ombre), Barry Lyndon (bougies cruelles), les défilés McQueen (ombres qui dévorent). La peinture reste l’art qui perce l’âme et hante le regard.
À partir d’un montage d’interviews d’actrices entre promotions et déclarations, Alain Klingler et son interprète Chloé Mons dressent dans Je ne suis pas narcissique, avec délicatesse incisive et ironie élégante, l’anatomie d’une époque mortifère et aliénée.
L'exposition gratuite "Capitale(s)" à l'Hôtel de Ville de Paris réunit les plus grands noms du street-art, de Shepard Fairey à Invader, en passant par Banksy et JR. 60 ans de créations urbaines exposées et des oeuvres inédites réalisées spécialement pour l'occasion.
Le baroque revient, plus violent que jamais : têtes de lions dorées chez Schiaparelli, paillettes saturées d'Elvis, défilés McQueen, plans frénétiques de Luhrmann. Dans un monde noyé d'images neutres, seul le trop-plein perce encore. Trop n'est plus assez — c'est la seule survie visuelle.
Néons roses, logos omniprésents, selfies compulsifs : plongée dans deux films qui transforment l'esthétique pop art en manifeste pour la génération Instagram.
Entre Red Room et impression 3D, entre Club Silencio et métamorphoses, le surréalisme contemporain prouve que le rêve reste notre seconde vie la plus vraie.
Que partagent Rothko, Moonlight et un manteau camel Philo ? La couleur (ou son absence) comme émotion brute. Plongez dans cet héritage visuel puissant.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »