Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Le rythme n’est pas une vitesse : c’est une forme. Il organise la perception, structure l’émotion, oriente l’attention. Dans le cinéma, les séries, la musique, la peinture ou les environnements numériques, le rythme agit comme un opérateur culturel : il accélère, ralentit, coupe, étire. Le rythme est une manière de faire sentir — une pulsation qui traverse les images et les corps.
Ne me touchez pas est la première création de danse contemporaine écrite, mise en scène et chorégraphiée par Laura Bachman. Elle y danse avec Marion Barbeau, Première Danseuse à l'Opéra de Paris qu'on a également pu voir au cinéma dans En corps. La pièce est d'une beauté sauvage, rythmée par une musique live qui dialogue avec les corps. La chorégraphe dit avoir d'abord pensé aborder le toucher à travers un court métrage sur les mains qui se frôlent et qui disent plus que les mots. Elle nous offre une large palette de rapports au toucher pour parler d'intimité, de violence, mais aussi et avant tout de désir et de joie de découvrir le corps de l'autre. La captation du spectacle est visible sur le replay de France.TV depuis le 2 septembre 2023 et Ne me touchez pas sera en représentation à La Villette en novembre 2023.
Le clair-obscur n’est pas technique : c’est une arme morale. Caravage fait surgir la lumière du noir comme un jugement, une révélation violente qui accuse et sauve. Cette expression traverse The Godfather (baptême dans l’ombre), Barry Lyndon (bougies cruelles), les défilés McQueen (ombres qui dévorent). La peinture reste l’art qui perce l’âme et hante le regard.
À partir d’un montage d’interviews d’actrices entre promotions et déclarations, Alain Klingler et son interprète Chloé Mons dressent dans Je ne suis pas narcissique, avec délicatesse incisive et ironie élégante, l’anatomie d’une époque mortifère et aliénée.
L'exposition gratuite "Capitale(s)" à l'Hôtel de Ville de Paris réunit les plus grands noms du street-art, de Shepard Fairey à Invader, en passant par Banksy et JR. 60 ans de créations urbaines exposées et des oeuvres inédites réalisées spécialement pour l'occasion.
Le baroque revient, plus violent que jamais : têtes de lions dorées chez Schiaparelli, paillettes saturées d'Elvis, défilés McQueen, plans frénétiques de Luhrmann. Dans un monde noyé d'images neutres, seul le trop-plein perce encore. Trop n'est plus assez — c'est la seule survie visuelle.
Néons roses, logos omniprésents, selfies compulsifs : plongée dans deux films qui transforment l'esthétique pop art en manifeste pour la génération Instagram.
Entre Red Room et impression 3D, entre Club Silencio et métamorphoses, le surréalisme contemporain prouve que le rêve reste notre seconde vie la plus vraie.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.