Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Le temps n’est jamais extérieur à la peinture : il la traverse, la transforme, la marque. De Turner à Monet, de Twombly à Kiefer, les artistes explorent ses traces, ses durées, ses métamorphoses. Le temps devient matière, mémoire, atmosphère. Une traversée de cette force invisible qui façonne l’image.
Regarder un tableau n’est jamais un geste neutre : c’est une distance à ajuster, une présence à accueillir, une tension à habiter. Le regard circule, hésite, revient, construit l’image autant qu’il la reçoit. Une exploration de ce champ invisible où l’œuvre et le spectateur se rencontrent.
Dans l’image numérique, la trace n’est plus un geste mais un signal. Pixels morts, glitchs, artefacts de compression : autant de failles qui révèlent la structure instable du numérique. Une traversée des erreurs, des défaillances et des perturbations qui composent ce nouveau régime d’image.
La figure humaine n’est plus un bloc stable. Corps morcelés, visages dédoublés, identités glissantes : la figure contemporaine se fragmente, se recompose, se transforme. Une traversée des formes instables qui redéfinissent aujourd’hui la présence du corps dans l’image.
Le bleu est l’une des couleurs les plus fascinantes de l’histoire de l’art : rare dans la nature, sacré pour les civilisations anciennes, alchimique dans ses pigments. Des temples égyptiens aux porcelaines chinoises, des bleus structurels de la nature aux innovations modernes, il n’a cessé de nourrir symboles, mythes et révolutions esthétiques. Au cinéma, dans la mode ou le design, il devient couleur narrative, émotionnelle et technologique. Une teinte universelle qui continue de façonner notre imaginaire collectif.
La poésie migre aujourd’hui vers les réseaux sociaux, où le vers court rencontre l’image, le scroll et l’économie de l’attention. Instagram, TikTok et X deviennent des scènes où la parole se concentre, se performe et circule à grande vitesse. Cette mutation ne dilue pas le genre : elle en révèle une nouvelle intensité, entre exigence esthétique, tension algorithmique et émergence de voix inédites. La poésie numérique n’est plus un simple format : c’est un véritable recueil vivant.
L’intelligence artificielle s’impose comme un nouvel acteur de la création contemporaine, non pas en remplaçant l’artiste, mais en transformant ses outils, ses gestes et ses méthodes. De simple générateur d’images, elle devient partenaire, laboratoire d’expérimentation et miroir déformant de l’imaginaire humain. Cette hybridation homme–machine ouvre un champ fertile, entre innovations esthétiques, enjeux éthiques et nouvelles responsabilités créatives. Une mutation profonde qui redéfinit ce que signifie « créer » au XXIᵉ siècle.
Dans un monde saturé d’images, les expositions immersives réinventent notre rapport à l’art : projections monumentales, environnements interactifs, réalité augmentée… Elles attirent des millions de visiteurs, démocratisent la culture, mais posent aussi la question de l’authenticité et de la profondeur. Entre spectacle sensoriel et nouvelle médiation, une révolution culturelle est en marche.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »