A Lire

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Licorne, de Nora Sandor : le besoin d’être spécial à tout prix.

En 2019, Nora Sandor publiait chez Gallimard son premier roman. Licorne nous décrit les déboires de Maëla, 20 ans, aspirant à devenir influenceuse sur Instagram. Avec ce premier roman qui nous plonge dans un quotidien terne, Nora Sandor explore l'attraction que peuvent avoir les réseaux sociaux sur notre jeunesse, aspirant à devenir une licorne, comprenez une personne spéciale.

Les géants en petit format : Chester Himes et « Dans la nuit »

Par une mise en scène du racisme et des discriminations, mais aussi par une tonalité politique sans cesse réaffirmée, la nouvelle « Dans la nuit » est constitutive d'une œuvre engagée et dédiée à l'expérience des Noirs dans des sociétés caucasiennes.

« Atlas des premières colonisations » : comment les Européens ont mis le monde en coupes réglées

Les éditions Autrement publient une nouvelle édition de leur Atlas des premières colonisations. Le spécialiste de l'histoire de l'esclavage Marcel Dorigny, aidé en cela par les cartes de Fabrice Le Goff, revient sur l'expansion des Européens en dehors de leurs frontières du XVe au XIXe siècle.

Calme plat sur l’océan et tempête dans les crânes

« Il fit volte-face et se précipita dans l’escalier, se faufila sous la bôme du grand-mât et se jeta dans le canot. Ses mains tremblaient tandis qu’il s’accrochait à l’amarre. Deux coups de rame énergiques le menèrent derrière la poupe de l’Orpheus, d’où il voyait le Saracen. Le ketch n’avait pas bougé, mais il avait pivoté et se trouvait désormais par le travers. »

Les Tortues et « Le procès de Krang »

Quatorzième tome d'une série remarquable, « Le procès de Krang » (HiComics) nous transporte dans la dimension X, où s'apprête à être jugé le plus effroyable des Utroms.

« Atlas de la Shoah » : au cœur de l’entreprise génocidaire nazie

Historien et responsable éditorial du Mémorial de la Shoah, Georges Bensoussan publie aux éditions Autrement, avec le précieux concours de la cartographe Mélanie Marie, la seconde édition d'un Atlas de la Shoah particulièrement clair et précis.

« Un été cruel » : shooté au pessimisme

Les éditions Delcourt publient Un été cruel, d'Ed Brubaker et Sean Phillips. Ce récit sépulcral, dans lequel fourmillent les personnages négatifs, prouve une nouvelle fois que le tandem américano-britannique est au sommet de son art.

« The Worst of the Suicide Squad » : aux origines…

The Worst of the Suicide Squad prélude au film de James Gunn en nous présentant les personnages-phares qui y seront mis en scène. Cette compilation d'histoires, dont certaines demeurent inédites en langue française, est l'occasion de prendre le pouls de super-vilains parfois méconnus.

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.