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Le Principe de Wellington : l’aveu en énigme

Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.

« Géographie du rap » : musique périphérique

Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.

« Atlas des années 1960 » : les sixties expliquées et illustrées

Cent cartes pour parcourir une décennie que la mémoire tend parfois à réduire à ses refrains et à ses couleurs. Avec cet "Atlas des années 1960", Gordon Kerr et l’illustratrice Claire Rollet font voisiner l’effervescence culturelle, les conquêtes sociales et les lignes de fracture qui traversent le monde.

Drôle de peine : Addiction Maman

Dans Drôle de Peine, Justine Lévy enterre et ressuscite sa mère, son héroïne. Entre enquête et élégie, elle fait de son deuil une prose haletante, drôle et déchirante. Un livre-vie. Vif et à vif. Une réflexion entêtante sur nos spectres et fauves intérieurs.

« Scarface » et Tony Montana effeuillés aux éditions LettMotif

En revenant sur "Scarface" et en se penchant plus spécifiquement sur Tony Montana, David Da Silva creuse la matière brute d'un mythe moderne et en extrait une lecture politique, esthétique, existentielle. L’ouvrage, jamais compassé, replace le film de Brian De Palma au cœur de son époque : les années 1980, l’Amérique reaganienne, le triomphe du néolibéralisme et la marchandisation des rêves.

« Introduction aux musiques de séries télévisées »: l’art sonore du petit écran

Avec "Introduction aux musiques de séries télévisées" (Presses Universitaires de Rennes, 200 p.), Jérémy Michot vient combler un vide pour le moins paradoxal : celui d’un domaine qui accompagne depuis des décennies nos imaginaires télévisuels, mais qui n’a que rarement été étudié avec sérieux et précision. Car si la musique de films bénéficie depuis longtemps d’une littérature abondante, celle des séries télévisées a souvent été reléguée à un rôle secondaire, quand elle n’était pas purement et simplement ignorée. L’ouvrage entreprend donc de montrer qu’elle mérite sa propre histoire, ses propres outils d’analyse et ses propres récits.

Dieu et nous seuls pouvons : huit générations de bourreaux

« Une fois propre et sec, il noua ses cheveux dans un ruban, puis enfila une chemise de fine toile presque neuve qu’il glissa dans un haut-de-chausse en daim couleur cuisse de nymphe émue – rose. Pour l’assortir, Justinien s’était choisi un pourpoint à manches tailladées fait dans un satin gaufré orangé et une paire de courtes bottes noires évasées en entonnoir démodées depuis la mort de Louis le Treizième. Il enveloppa ses poignets dans des manchettes de toile et de dentelle fermées par des rubans de soie et se coiffa d’un large chapeau de feutre couleur Espagnol malade – brun à reflets verdâtres – orné d’un panache fait de plumes d’autruche défraîchies, choisi pour son large bord qui jetait une ombre propice sur son nez de bois. »

« Les Dents de la Mer » au scalpel

En 1975, "Les Dents de la mer" (Jaws), du jeune cinéaste Steven Spielberg, déferle sur les écrans comme une vague incontrôlable. Le film invente presque à lui seul le blockbuster estival. Il imprime concomitamment, dans l’imaginaire collectif, une peur tenace des profondeurs. Aujourd’hui, c'est-à-dire cinquante années plus tard, Frédéric Zamochnikoff, dans "Les Dents de la mer ou l’art du subjectif" (éditions LettMotif), revisite ce monument du cinéma plan par plan.

« L’Europe et le totalitarisme » : portrait en clair-obscur d’un continent fracturé

L’Europe s’est-elle jamais remise de ses propres fantômes ? Telle est, en filigrane, la question que pose L’Europe et le totalitarisme, ouvrage collectif dirigé par François Hourmant, en hommage au travail de Bernard Bruneteau. Cet essai fragmenté repose sur un chassé-croisé intellectuel entre historiens et politistes, dont les regards parfois dissonants construisent une sorte de polyphonie critique. À travers des contributions autonomes, il donne à voir un continent hanté par ses violences fondatrices, ses promesses inabouties et ses représentations antagonistes – celles qui nourrissent, plus que jamais, les conflits idéologiques d’aujourd’hui.

« Le Guide du prisonnier » : droit et dignité en détention

L’univers carcéral demeure opaque, complexe et souvent hostile. "Le Guide du prisonnier", publié aux éditions La Découverte par la section française de l’Observatoire international des prisons (OIP-SF), s’impose de ce fait comme un phare documentaire, juridique et éthique. Ouvrage de vulgarisation, guide exhaustif, il est une œuvre de salubrité publique, mise à jour et synthétisant près de trente années d’expertise de terrain, d’analyse législative et d’engagement militant.

« Mise en scène et coordination de l’intimité » : une révolution silencieuse

Il arrive qu’un livre, sans hausser la voix, parvienne à déplacer des lignes jusque-là figées. "Mise en scène et coordination de l’intimité" de Rachel Zekri (Armand Colin) appartient à cette catégorie d’ouvrages discrets mais nécessaires, ceux qui ouvrent des chemins concrets, balisés, pour mieux transformer nos pratiques et nos représentations.

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Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

« Le Fantôme de l’opéra » : horreur en musique

Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

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« Le Parfum des feuilles de thé » : reprendre racine

Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.