Sébastien David et Hélène Valmary dirigent aux PUR un ouvrage collectif intitulé Les super-héros dans le cinéma hollywoodien contemporain. Ce dernier prend le blockbuster au sérieux : plus qu'un produit industriel ou le symptôme patenté de l’hégémonie Marvel, le super-héros y est analysé comme carrefour de formes, de gestes, de sons, de corps ou encore de croyances. Un laboratoire où le cinéma contemporain rejoue, parfois malgré lui, toute une histoire des images.
Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.
Avec "Au bord de l’abîme : où en est le cinéma d’horreur français ?", Léa Lahannier entreprend un état des lieux du genre horrifique hexagonal. Elle en exhume la mémoire cinématographique, les motifs, les contradictions et les métamorphoses. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Dans son essai "Le Prof de Philo fait son cinéma" (éditions LettMotif), Mariangela Perilli analyse les représentations du professeur de philosophie dans le cinéma et les séries françaises, un personnage qui aurait pu n'être qu'un simple enseignant. Pourtant, l'auteure dévoile la manière dont cette figure a été investie de signes variés, mobiles, et d'une importance symbolique parfois disproportionnée.
L'opuscule "Le Coût de la mort", d’Alban Beaudouin et Jean-Loup de Saint-Phalle, est publié par les éditions du Détour. Il soulève une question rarement abordée de front : la fin de vie et la manière dont elle est prise en charge en France, particulièrement sous l'angle économique, social et humain. Les auteurs, militants fondateurs du Collectif pour une Sécurité sociale de la mort, appellent à une transformation radicale du système funéraire en place, aujourd’hui régi par la marchandisation et les inégalités.
Dans "Une histoire du cinéma français (1980-1989)", Denis Zorgniotti et Ulysse Lledo nous proposent un sixième voyage passionnant, cette fois à travers une décennie des plus contrastées. La période oscille en effet entre bouleversements politiques, nouveaux horizons esthétiques et transformation des modes de production. Grâce à des analyses de films marquants, des dossiers thématiques et des portraits d’actrices, d’acteurs et de réalisateurs, cet ouvrage dense et documenté apporte un éclairage précis sur un cinéma en pleine mutation, entre classicisme et modernité.
Les éditions Robert Laffont publient les méconnues "Nouvelles de jeunesse" du romancier américain Tennessee Williams. Ces dernières nous offrent un aperçu fascinant des débuts littéraires de l'un des dramaturges les plus influents du XXe siècle. Le recueil se compose de sept nouvelles démontrant déjà toute l'acuité du regard du jeune écrivain.
Dans son ouvrage "Auschwitz", publié dans la collection "Repères" des éditions La Découverte, Tal Bruttmann s’attèle à décrypter l’histoire de ce qui demeure, pour beaucoup, le symbole ultime de la Shoah et de l'inhumanité du régime nazi. L'historien reconnu pour ses travaux sur l’antisémitisme et les politiques de répression nazies, nous invite à une exploration rigoureuse et méthodique de l’évolution d’Auschwitz : de son développement en tant que camp de concentration destiné aux Polonais à son rôle central dans la mise en œuvre de la "solution finale". Entre données précises, éclairages inédits et mise en contexte, le livre se révèle être une contribution essentielle à la compréhension de cette page sombre de l’histoire.
Dans "Pulsion" (La Découverte), un ouvrage dense de plus de 600 pages, Frédéric Lordon et Sandra Lucbert revisitent l’appareil conceptuel de la psychanalyse en s’appuyant notamment sur la philosophie de Spinoza. Ils y déploient une réflexion foisonnante pour comprendre comment se créent et se meuvent nos désirs et leurs dévoiements, dans un ordre social qui les conditionne.
"La Fabrique de la honte" paraît aux éditions Les Arènes. Élisabeth Cadoche et Anne de Montarlot y dissèquent l’un des mécanismes les plus insidieux de la domination féminine : l’utilisation systémique de la honte, externe ou intériorisée, comme levier de contrôle social. En s’appuyant sur une multitude de témoignages, souvent glaçants, et sur une analyse historique, sociale et psychologique solide, les auteures parviennent à démontrer la réalité d'une construction collective dont les femmes demeurent les cibles privilégiées.
Hugues Jourdain adapte le roman de Constance Debré, "Nom", publié en 2022 chez Flammarion. Victoria Quesnel (vue dans Léviathan de Lorraine de Sagazan à Avignon en 2024) y interprète l'autrice dans un décor d'une simplicité salvatrice : un plateau nu , un corps, une chaise, un micro et une paire de Nike. La force du texte dit n'en est que renforcée, le plateau s'embrase et les mots résonnent dans le silence pour mieux venir tout détruire et construire, autrement. "Nom" est une transformation, une épure, qui se débarrasse du futile et interroge nos rapports amoureux, familiaux surtout, notre lien au monde et au superflu.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »