Pour le quatrième et dernier volet des aventures de Ferdinand Tirancourt, Philippe Pelaez et Francis Porcel ramènent leur antihéros dans la boue de la Grande Guerre. Mais sous l’uniforme américain cette fois, et flanqué de deux compagnons dont les histoires disent une autre guerre, intérieure celle-là : celle d’une Amérique blanche qui envoie combattre des hommes qu’elle ne considère pas encore comme ses égaux.
Dans "Une histoire du cinéma français – 1990-1999", Denis Zorgniotti et Ulysse Lledo reviennent avec générosité sur une formidable mécanique en mouvement. Une machine française, avec ses vieilles pièces et ses jeunes moteurs, ses artisans et ses industriels, ses vedettes et ses francs-tireurs, ses ratés, ses emballements et ses inventions. Des auteurs consacrés aux nouveaux visages, de Besson à Carax, de Binoche à Trintignant, de la pellicule aux premiers bouleversements numériques, de La Haine à Kirikou et la Sorcière, les années 90 apparaissent dans l'Hexagone comme un atelier à ciel ouvert : le cinéma français s’y transforme peu à peu…
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Dans "Ma vie de livreur à Pékin" (éditions Autrement), Hu Anyan narre une existence traversée par dix-neuf métiers peu qualifiés. Une vie ordinaire se déploie ; elle témoigne pour des millions d'autres.
Avec sa brève "Histoire de la bande dessinée en France", Benjamin Caraco propose bien davantage qu’une synthèse chronologique : une mise en ordre documentée d’un champ longtemps considéré comme périphérique, mais aujourd’hui pleinement intégré aux études culturelles. En 128 pages denses mais parfaitement limpides, l’opuscule paru aux éditions La Découverte réussit un exercice délicat : restituer la complexité historique, sociale et esthétique de la bande dessinée française sans céder ni à l’érudition sèche ni à l'inventaire de noms.
« Le mec du rez-de-chaussée, il me montre des images et des vidéos sur son téléphone. Y en a une avec un homme qui filme et sa femme et lui rient ensemble parce que quelle idée cette fumée au port. Ils disent que c’est la preuve de l’incompétence de l’Etat et ils sont d’accord avec le Premier ministre avant même qu’il ne soit lui-même au courant de sa propre incompétence. Sa voix à elle est douce comme celle de ma femme… J’en parlerai pas. Puis il y a une première explosion et elle dit de sa voix qui est comme celle de ma femme : « Mon amour, mon amour, rentrons », et puis pendant que le nuage blanc grossit, la voix de ma femme crie : « Mon amour, mon amour, rentrons tout de suite. » Et puis il y a une deuxième explosion rouge en champignon comme celui de la bombe nucléaire et le souffle prend la femme qui aurait pu être ma femme et l’homme et le téléphone avec, et la vidéo s’arrête et peut-être ils sont morts eux aussi avec ma femme. Sûrement qu’ils sont morts eux aussi vu qu’ils étaient encore plus proches que l’explosion que mon quartier. Seul leur téléphone a survécu. Pas comme moi, moi je suis juste pas mort. On garde les traces qu’on peut. »
Dans "Les Grands Noms du rock", Ernesto Assante propose une autre manière d’écrire l’histoire du rock : non comme une succession de dates et de styles, mais comme un mouvement vivant, contradictoire, indocile, arrimé à ses stars les plus talentueuses.
Bel ouvrage, le "Dictionnaire des cinémas chinois" propose une cartographie analytique et critique d’un continent cinématographique éclaté, traversé par l’histoire, la censure, les évolutions du marché et les métamorphoses des formes visuelles. Dans son édition la plus récente, enrichie, le livre dirigé par Nathalie Bittinger assume pleinement son ambition : penser ensemble les œuvres, les corps, les industries et les imaginaires.
Dans ce quinzième volume publié par Glénat, le "One Piece Magazine" s’intéresse à "One Piece Film : Red". Riche en entretiens, croquis préparatoires, analyses musicales et documents de production, il dévoile les dessous d’un film pensé autant comme une expérience visuelle que comme une œuvre musicale. Un numéro qui se lit comme une véritable exploration de la fabrique du film.
Dans cette somptueuse édition où les poèmes de Baudelaire se glissent entre les velours sombres, les ors patinés et les fièvres chromatiques d’Olivier Ledroit, "Les Fleurs du Mal" renaissent avec intensité. Plus qu’un livre illustré, c’est une traversée sensuelle et parfois inquiète, où chaque page s'anime au rythme du texte.
À travers "Taylor Swift – La Totale", somme monumentale qui dissèque près de vingt ans de chansons, se dessine autant une discographie qu’un portrait : celui d’une artiste qui a bâti sa carrière par intuitions, par crises, par reconquêtes successives. Le livre révèle, en filigrane, une personnalité d’une cohérence rare, capable de transformer chaque épreuve en sève créative.
Pour le quatrième et dernier volet des aventures de Ferdinand Tirancourt, Philippe Pelaez et Francis Porcel ramènent leur antihéros dans la boue de la Grande Guerre. Mais sous l’uniforme américain cette fois, et flanqué de deux compagnons dont les histoires disent une autre guerre, intérieure celle-là : celle d’une Amérique blanche qui envoie combattre des hommes qu’elle ne considère pas encore comme ses égaux.
Pour la conclusion de ce diptyque, Pendragon ne baisse jamais le volume. "Sid Cooper" mêle teen movie, fantastique, shōnen, comics, animation et culture punk dans un généreux capharnaüm graphique. Sous cette énergie pop affleure, mine de rien, une histoire intime, celle des blessures que l’on transmet et des deuils inconsolables.
Dans "Une histoire du cinéma français – 1990-1999", Denis Zorgniotti et Ulysse Lledo reviennent avec générosité sur une formidable mécanique en mouvement. Une machine française, avec ses vieilles pièces et ses jeunes moteurs, ses artisans et ses industriels, ses vedettes et ses francs-tireurs, ses ratés, ses emballements et ses inventions. Des auteurs consacrés aux nouveaux visages, de Besson à Carax, de Binoche à Trintignant, de la pellicule aux premiers bouleversements numériques, de La Haine à Kirikou et la Sorcière, les années 90 apparaissent dans l'Hexagone comme un atelier à ciel ouvert : le cinéma français s’y transforme peu à peu…
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.