Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Cent cartes pour parcourir une décennie que la mémoire tend parfois à réduire à ses refrains et à ses couleurs. Avec cet "Atlas des années 1960", Gordon Kerr et l’illustratrice Claire Rollet font voisiner l’effervescence culturelle, les conquêtes sociales et les lignes de fracture qui traversent le monde.
À rebours des récits lissés et des chronologies schématiques, le "Grand Atlas des empires coloniaux" propose au lecteur une plongée frontale dans la fabrique historique du monde contemporain. Un ouvrage de sciences historiques au sens fort : rigoureux, problématisé et profondément politique, qui fait de la cartographie un authentique instrument critique.
Epuisé, ce dictionnaire consacré aux cinéastes nippons les plus importants de l’âge d’or des studios bénéficie aujourd’hui d’une nouvelle édition revue et augmentée, comprenant notamment l’inclusion de douze metteurs en scène supplémentaire, de deux cahiers de photographies et d’une préface de Kiyoshi Kurosawa.
Édouard Louis signe un manifeste incandescent où la littérature se fait action, confrontation et dévoilement. En dialogue avec Mary Kaïridi, il défend une écriture du corps, de l’émotion et du politique, contre les dogmes esthétiques qui perpétuent l’effacement des vies dominées. Un livre qui ne répond pas : il déplace, il transforme.
Dans "Ma vie de livreur à Pékin" (éditions Autrement), Hu Anyan narre une existence traversée par dix-neuf métiers peu qualifiés. Une vie ordinaire se déploie ; elle témoigne pour des millions d'autres.
Avec sa brève "Histoire de la bande dessinée en France", Benjamin Caraco propose bien davantage qu’une synthèse chronologique : une mise en ordre documentée d’un champ longtemps considéré comme périphérique, mais aujourd’hui pleinement intégré aux études culturelles. En 128 pages denses mais parfaitement limpides, l’opuscule paru aux éditions La Découverte réussit un exercice délicat : restituer la complexité historique, sociale et esthétique de la bande dessinée française sans céder ni à l’érudition sèche ni à l'inventaire de noms.
« Le mec du rez-de-chaussée, il me montre des images et des vidéos sur son téléphone. Y en a une avec un homme qui filme et sa femme et lui rient ensemble parce que quelle idée cette fumée au port. Ils disent que c’est la preuve de l’incompétence de l’Etat et ils sont d’accord avec le Premier ministre avant même qu’il ne soit lui-même au courant de sa propre incompétence. Sa voix à elle est douce comme celle de ma femme… J’en parlerai pas. Puis il y a une première explosion et elle dit de sa voix qui est comme celle de ma femme : « Mon amour, mon amour, rentrons », et puis pendant que le nuage blanc grossit, la voix de ma femme crie : « Mon amour, mon amour, rentrons tout de suite. » Et puis il y a une deuxième explosion rouge en champignon comme celui de la bombe nucléaire et le souffle prend la femme qui aurait pu être ma femme et l’homme et le téléphone avec, et la vidéo s’arrête et peut-être ils sont morts eux aussi avec ma femme. Sûrement qu’ils sont morts eux aussi vu qu’ils étaient encore plus proches que l’explosion que mon quartier. Seul leur téléphone a survécu. Pas comme moi, moi je suis juste pas mort. On garde les traces qu’on peut. »
Dans "Les Grands Noms du rock", Ernesto Assante propose une autre manière d’écrire l’histoire du rock : non comme une succession de dates et de styles, mais comme un mouvement vivant, contradictoire, indocile, arrimé à ses stars les plus talentueuses.
Bel ouvrage, le "Dictionnaire des cinémas chinois" propose une cartographie analytique et critique d’un continent cinématographique éclaté, traversé par l’histoire, la censure, les évolutions du marché et les métamorphoses des formes visuelles. Dans son édition la plus récente, enrichie, le livre dirigé par Nathalie Bittinger assume pleinement son ambition : penser ensemble les œuvres, les corps, les industries et les imaginaires.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.