Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Critique des trois premiers épisodes

Avec sa nouvelle création, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, créée par Mark Hudis, Netflix remet au goût du jour une série de livres jeunesse du même nom, écrite par Daniel Handler, alias Lemony Snicket, et nous donne à voir une adaptation très, voire trop, littérale.

“Look away. This show will wreck your evening (…), every single episode is nothing but dismay.”*

La série nous plonge directement dans un décor aux couleurs éclatantes et aux maisons en carton-pâte, qui n’est pas sans rappeler l’univers de Pushing Daisies. Si on ne peut qu’applaudir la prise de risque, les fonds verts sont tellement évidents et le tout manquant cruellement de subtilité, qu’il nous est difficile de faire abstraction de ce décor qui nous agresse constamment et qui ne cesse de nous pousser hors du récit. L’univers très enfantin est mis en contraste avec le ton résolument pessimiste de la série, qui conte les terribles et injustes mésaventures des pauvres orphelins Baudelaire, créant une ambiance quelque peu burtonienne réjouissante. Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire se veut clairement caustique et décalée, misant sur l’humour noir, mais en vain, puisque le rythme excessivement lourd de la série plombe malheureusement toute tentative d’humour.

Le personnage de Lemony Snicket, interprété par Patrick Warburton, narre les atrocités qui parsèment le chemin des orphelins Baudelaire avec un flegme exquis. Son mélange de mélancolie et de détachement aurait pu apporter au show cet humour cocasse et noir recherché. Cependant son équanimité est contagieuse et la série toute entière semble anesthésiée. Ayant pris la décision d’adapter les romans très fidèlement, la série prend un aspect très, trop, littéraire et nous donne à voir des épisodes au non-rythme soporifique. Les enfants, Klaus et Violette, manquent atrocement de profondeur et de charisme. Et alors que Neil Patrick Harris (le légen- attendez la suite -daire Barney Stinson, dans How I Met Your Mother) nous offre une prestation plus qu’honnête du machiavélique Compte Olaf, le manque de dynamisme du montage casse son jeu et malgré tout l’enthousiasme que l’acteur, friand de ce genre de rôle, met dans son interprétation, il n’en ressort qu’un résultat fade.

Se pose alors la question de l’intérêt d’un tel projet. La série de livres de Daniel Handler avait déjà engendrée un film de Brad Silberling en 2004, avec Jim Carrey. Un Jim Carrey qui pour le coup, donnait au personnage du terrible tuteur des orphelins Baudelaire, une énergie folle et un sadisme délicieux. On est alors en droit de se demander la nécessité de cette série. Les acteurs interprétant les enfants ressemblent comme deux gouttes d’eau à leurs prédécesseurs, de même que le Compte Olaf qui se voit affubler de la même perruque et des mêmes vêtements. Netflix nous avait habitué à de meilleures adaptations avec la réjouissante série Daredevil, qui avait réussit à renouveler l’univers de ce super-héros avec brio. Mais ici, répéter l’histoire une troisième fois, qui plus est avec si peu de renouveau, semble alors redondant et superflu.

*Tirée du générique de la série « Passer votre chemin, cette série va ruiner votre soirée (…), chaque épisode n’est que consternation ».

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire, saison 1 : Bande-annonce

Le comte Olaf cherche par les plus vils moyens à dépouiller les trois orphelins Violette, Klaus et Prunille de leur héritage. Les enfants doivent se montrer plus malins que lui, mettre en échec ses plans tordus et le reconnaître sous ses pires déguisements, afin de découvrir la vérité sur le mystérieux décès de leurs parents.

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : Fiche Technique

Création : Mark Hudis
Réalisation : Barry Sonnenfeld, Bo Welch, Mark Palansky
Scénario : Daniel Handler, Emily Fox, Joe Tracz, Tatiana Suarez-Pico
Interprétation : Neil Patrick Harris (Compte Olaf), Malina Weissman (Violette), Louis Hynes (Klaus), Presley Smith (Prunille), (Patrick Warburton (Lemony Snicket), K.Todd Freeman (Mr. Arthur Poe)…
Production : Neil Patrick Harris, Tad Safran, John Weber, Cindy Holland, Barry Sonnenfeld, Daniel Handler
Sociétés de production : Sonnenfeld Productions Inc, What Is The Question ?, Paramount Television, Netflix
Pays d’origine : Etats-Unis
Genre : Série d’aventure
Format : 8 x 42-65 minutes
Chaîne d’origine : Netflix
Première diffusion : 13 janvier 2017

Etats-Unis – 2017

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Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

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