Notre top 10 des histoires d’amour dans un film

Alors que l’actualité cinéma de ce début 2017 est marquée par, notamment, La La Land et Loving, force est de constater que, héritage de siècles de tradition romanesque oblige, les histoires d’amour sont une source d’inspiration inépuisable. L’occasion de s’interroger sur les films qui ont réussi à faire battre notre cœur de spectateur.

Il est difficile de justifier les émotions les plus profondes que l’on ressent ou non devant tel ou tel film. Les histoires d’amour font vibrer notre fibre romantique, mais leur efficacité est-elle davantage dépendante de notre propre intimité ou d’un quelque conditionnement culturel? La question reste ouverte.

Le top 10 des histoires d’amour au cinéma selon la rédaction:

1/ Le secret de Brokeback Mountain (Ang Lee, 2006) : Wyoming, 1963. Ennis Del Mar et Jack Twist, deux cowboys, se rencontrent alors qu’ils travaillent dans un ranch. C’est la passion immédiate. Mais pourquoi cette histoire est-elle si intense ? D’une part, le film aborde la question de l’homosexualité à une époque où l’Amérique était encore très conservatrice, surtout dans les états les plus reculés : on se trouve donc face à une notion de transgression qui rend cette romance illicite et interdite. D’autre part, les deux hommes vivent un amour impossible, élément romanesque propice aux montagnes russes émotionnelles : le destin les sépare puis les réunit pour mieux les déchirer à nouveau… Enfin, le dénouement tragique achève de faire de ce long métrage une œuvre bouleversante, aussi émouvante que déchirante. Ajoutons à cela l’interprétation tout en justesse et en retenue de Jake Gyllenhaal et Heath Ledger, ainsi qu’un cadre naturel grandiose, et on obtient une histoire d’amour puissante, tout simplement.   Marushka

2/ Her (Spike Jonze, 2013) : Cultivant l’insaisissabilité comme personne, Spike Jonze continue d’alimenter une filmographie aux airs de grand 8 et signe avec Her la première romance 2.0 de l’histoire. D’un coté, un Joaquin Phoenix paumé et isolé ; de l’autre la voix suave de Scar-Jo grimée en une « Siri ». Un duo improbable qui sous son scope, à la fois grave et paradoxalement très doux, se connecte avec grâce et touche au cœur autant qu’au cerveau, de par son sous-texte technologique évident. Her est une déclinaison amoureuse d’un épisode de Black Mirror. On en ressort ému mais aussi inquiet ; inquiet de voir la technologie  prendre autant le pas sur nos vies, jusqu’à se substituer à nos amours futurs.     Antoine D.

3/ Sur la route de Madison (Clint Eastwood, 1995) : S’il avait déjà rencontré le succès public et critique en tant que réalisateur, avec des films tels qu’Impitoyable ou Un Monde Parfait, l’image du cowboy aux mâchoires serrées et au regard acéré collait encore à la peau de Clint Eastwood. Il surprit tout le monde avec Sur La Route De Madison, une histoire d’amour adaptée du roman de Robert James Waller. Il y raconte comment deux êtres se rencontrent et s’aiment le temps d’une parenthèse, comment ils s’apprivoisent et finissent par se séparer, la vie leur interdisant d’aller plus loin ensemble. Eastwood oublie les gros sabots de Dirty Harry pour la douceur feutrée d’un amour faits de regards, de sourires, de suggestions et de non-dits. Il la photographie elle, la paysanne qui se croit vilaine et elle panse ses plaies à lui, l’homme blessé. Il la rend femme, elle le rend moins seul et au final, la vie est décidemment mal faite et les occasions souvent manquées.  Thierry

4/ Titanic (James Cameron, 1997) : « Si tu sautes, moi je saute, pas vrai ? » Exemple parmi tant d’autres des répliques qui ont marqué ce long-métrage, Titanic de James Cameron reste à bien des égards la plus belle et la plus émouvante histoire d’amour de ces dernières années. A travers cette relation impossible entre un jeune artiste et une fille de bonne famille promise à la bourgeoisie, symbole d’une lutte des classes sociales au début du XXe siècle, le réalisateur déploie l’artillerie lourde : des personnages attachants et facilement identifiables, un naufrage impressionnant, déployant les plus riches effets spéciaux de l’époque, une bande originale signée James Horner iconique, et inoubliable grâce au tube de Céline Dion… Film de tous les superlatifs, autant par la virtuosité de sa direction artistique que par l’universalité et l’intemporalité de son histoire, Titanic est bien plus qu’un drame romantique : une véritable empreinte sur l’histoire du cinéma.    Kevin B.

5/ Eternal Sunshine of The Spotless Mind (Michel Gondry, 2004): Connu pour ses rêveries transposées sur grand écran, Michel Gondry ne perd rien de son talent avec Eternal Sunshine of the Spotless Mind. A travers une histoire d’amour basée sur l’oubli et la perte de souvenirs, Kate Winslet, aux couleurs de cheveux improbables, s’avère fabuleuse et Jim Carrey, à contre-courant, nous époustoufle. Les seconds rôles, Elijah Wood, Mark Ruffalo ou Kirsten Dunst complètent un casting que l’on qualifiera aisément de prestigieux. La romance, qui bouscule le spectateur, ne saura que prendre aux tripes ce dernier. À cela se greffent les choix esthétiques d’un réalisateur qui parvient à magnifier l’amour, et ce « je t’aime moi non plus ». Enfin, que dire de la bande-originale, qui s’avère également saisissante, reflétant une souffrance progressive, mais un amour continu. Une perle.    Zoran

6/ Laurence anyways (Xavier Dolan, 2012)  Dolan confronte l’amour pur à la réalité brute : une femme aime un homme qui veut être une femme. Voilà une histoire d’amour qui suit « la logique du cœur ». Laurence, prénom à double consonance homme/femme et Fred (idem) ne se quittent jamais tout à fait parce qu’ils refusent le quotidien destructeur pour préférer la marge à coup de listes qui les éloignent du déplaisir. Nous suivons donc des êtres qui s’accrochent l’un à l’autre au-delà même des identités pour lesquelles ils se sont choisis. C’est un amour qui transcende le quotidien et les limites. Qui dépasse la relation et résiste à la tempête du changement même s’il ne dure pas éternellement. On garde en mémoire l’absence de regret, l’envie d’affirmer sa différence, d’en faire une force, une légitimité qui permet de demander à être regardé(e) dans les yeux, à ne plus se mentir.   Chloé

7/ Hiroshima, mon amour (Alain Resnais, 1959) : Après 24 courts et moyens métrages dont Van Gogh, Guernica ou Nuits et Brouillard, Alain Resnais en visite à Hiroshima décide un film, un poème antithétique sur l’amour et la mort, toujours ce devoir de mémoire contre l’oubli qui l’obsédera toute sa carrière. Véritable œuvre propice à l’analyse filmique pour sa narration éclatée, il n’en reste pas moins un puissant plaidoyer sur l’histoire avec une majuscule, sur la réconciliation des peuples et donc un pamphlet sur la guerre. Si le couple Riva/ Okada se dessine comme un fil conducteur, leur passion amoureuse, même si certains pensent qu’elle n’est que secondaire sur le symbolisme historique et la métaphore de liberté, reste tout du moins un des plus mémorables récits amoureux et universels que le cinéma français ait été capable de mettre en scène. Par la poésie de Marguerite Duras, par la sincérité des acteurs qui se donnent corps et âme, par la musique de Delerue…  Antoine M

8/ Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012) : Romance pré-pubère au charme devenu iconique, Moonrise Kingdom polarise les ingrédients d’une plume unique, reconnaissable entre mille. Et si l’élection d’un tel film, au sein d’une liste qui veut louer la dimension historique d’un « amour filmé », peut surprendre, sa présence rassure les mélancoliques. Le geste naïf de Wes Anderson célèbre l’idée d’une émotion infantile véritable et légitime autour d’un couple qui cumule les maux de sa jeunesse. Leur histoire commune se résume à un enchevêtrement de fuites, toujours rattrapées mais jamais vaines. Où le désir partagé d’inventer leur vie d’adultes détonne face à ces grandes personnes qui semblent piégées dans des rôles attitrés. Savoureusement mis en scène, où le chic surranné se mêle aux plans automates, Moonrise Kingdom est un film grisant qui joue sur les vestiges de nos enfances. La plus belle des petites histoires d’amour.  Grégoire

9/ In the Mood for love (Wong Kar-Wai, 2000) : A Hong-Kong, au début des années 60, un homme et une femme mariés se retrouvent trahis par leurs conjoints respectifs. Alors qu’ils tentent de comprendre les raisons d’un tel adultère, la complicité va laisser place à d’autres sentiments plus passionnels. D’un romantisme fou, Wong-Kar-Wai dépeint une romance d’une beauté éclatante. Maggie Cheung et Tony Leung débordent d’amour et de sentiments fusionnels. Grâce à une musique envoûtante, In the Mood for Love transcrit une relation amoureuse passionnée, avec une grâce et une finesse exemplaires. Tout est affaire de non-dits et de regards, les mots restant futiles pour l’union de ces deux êtres. Ce long métrage bouleversant, primé à Cannes et aux Césars, emplie de passion et de lyrisme, reste d’une grande justesse. Un film jouant sur les sensations les plus vives et l’émotion la plus pure. Incontestablement, l’une des plus belles histoires d’amour au cinéma.   Louis

10/ Un homme et une femme (Claude Lelouch, 1966) : C’est l’histoire d’un homme et d’une femme. Précisément le récit de la rencontre d’un homme et d’une femme ; de la naissance de leur amour et de ses difficultés. L’unique Jean-Louis Trintignant incarne l’homme, Duroc ; la formidable Anouk Aimée est la femme, Anne Gauthier. « Est », « incarne », car on croirait voir à l’écran la naissance de l’amour de Duroc/Trintignant et Aimée/Gauthier. Mieux encore, les noms ne sont plus, les acteurs ont dépassé cela, ils sont l’homme et la femme, deux inconnus qui se rencontrent, et qui connaissent une situation banale et unique, « miraculeuse », l’amour. Lelouch les filme, capte leurs mouvements, de loin, de près, les décadre, les découpe, avec les dialogues en voix-off, créant une sorte de puzzle du duo amoureux. C’est alors à nous de le reconstituer, avec un vrai plaisir, au rythme de la magnifique bande-son signée Pierre Barouh et Francis LaÏ.    Benjamin

Ils auraient pu y être : Carol (Todd Haynes, 2016), Annie Hall (Woody Allen, 1977), Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch, 2013), 37°2 le matin (Jean-Jacques Beineix, 1985), Quand Harry rencontre Sally (Rob Reiner, 1989)…

 

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