Le top 5 des extraterrestres selon la rédaction

Figures tutélaires de la science-fiction, depuis les sélénites de Voyage dans la Lune de Méliès jusqu’aux Na’vis de la trilogie à venir Avatar, les extraterrestres ont toujours été présents dans l’imaginaire collectif des cinéastes et de leur public. Si l’on aime les phantasmer loin de nous, dans un environnement qui leur soit propre, le cinéma s’est aussi souvent amusé à imaginer les répercussions de leur arrivée dans notre bas monde, et ce sous les formes plus les diverses.

Symbole évident de la menace extérieure dans de nombreux films (Hollywood pouvait-il trouver mieux pour illustrer les méchants communistes de la Guerre Froide que les monstres de la Planète Rouge?), ils peuvent aussi apparaître comme une créature fragile et sympathique (tel que Paul, dans le film de Greg Mottola) ou à l’inverse les porteurs d’une sagesse supérieure, tel ce colosse dans Le jour où la terre s’arrêta (Robert Wise 1951) venu avertir les terriens de la menace nucléaire.

Alors que Denis Villeneuve s’apprête à nous raconter, avec Premier Contact, l’une de ces inquiétantes incursions venues d’ailleurs, nous avons sélectionné les 5 films mettant en scène une présence extraterrestre sur Terre qui nous ont le plus marqué. Le résultat de ce vote interne est symptomatique de la multiplicité des représentations de cette créatures dont l’existence reste à prouver.

Le Top 5 des présences extraterrestres au cinéma :

1/ E.T., l’extraterrestre (Steven Spielberg, 1982) : E.T est un des extraterrestres les plus craquants de l’histoire du cinéma. Sa force ? Nous mener sur le chemin de l’acceptation de l’autre, même différent de soi. S’il effraie au début, le spectateur l’accepte peu à peu jusqu’à ce qu’il devienne un ami proche, toujours obsédé par le désir de rentrer chez lui. Le personnage du jeune garçon cristallise ce changement de la peur à l’acceptation. E.T a toute les caractéristiques d’étrangeté attendues de celui venu d’une autre planète. E.T n’est pas un être humain mais est pourtant assez proche physiquement de l’homme (deux bras, deux jambes) pour s’intégrer au mieux dans notre monde terrestre. Deux pieds sur terre qui acceptent enfin de lever les yeux vers le ciel, de rêver, pour apercevoir, peut-être, un vélo passant devant la lune. Sait-on jamais, tout est possible au cinéma.            Chloé

2 / District 9 (Neil Blomkamp, 2009) : La particularité des extraterrestres de District 9  réside dans leur rôle : celui de réfugiés à la merci des humains.Ce type de parti pris est peu commun en science-fiction qui adopte des schémas plus manichéens. Entre E.T et La guerre des mondes, il y a l’expérience troublante de District 9. Les extraterrestres ne suscitent pas d’emblée notre compassion malgré leur statut de victimes. Toute leur conception graphique est faite pour nous les rendre repoussants, radicalement autres. Cette altérité totale explique le comportement cruel adopté par les humains face aux aliens perçus comme des parasites. Néanmoins, dès que le récit se concentre sur un extraterrestre en particulier, que ce dernier est nommé, qu’on lui attribue une histoire, des parents et des sentiments, notre regard évolue et notre trouble grandit, le film se muant en parabole anti-raciste, sur le territoire même qui a vu naître l’apartheid.          Constance

3/ The Thing (John Carpenter, 1982) : Si il y a bien une chose qu’on ne s’attend pas à rencontrer en Antarctique, c’est bien une créature extraterrestre. Pourtant c’est dans un centre de recherche du pôle sud que l’alien de John Carpenter va semer la terreur. Simplement dénommée The Thing (La chose), cette créature est d’ailleurs une petite vicieuse. Cet extraterrestre a en effet la faculté de prendre n’importe quelle forme allant du petit husky tout mignon au scientifique ventripotent. Comme si ça ne lui suffisait pas de semer la terreur sous la forme d’un chien mutant de l’espace, elle n’hésite pas non plus à distiller une paranoïa dans la bande à Kurt Russell. Loin d’être ragoutante, pouvant vous arracher les mains ou se transformer en araignée, elle est cependant très sensible au feu. Petite astuce : si un homme boit un cocktail molotov comme si c’était de l’alcool, ne restez pas près de lui.          Maxime

4/ Mars Attacks! (Tim Burton, 1997) : L’Ambassadeur de la planète Mars est marqué dans les annales comme l’un des extra-terrestres les plus hilarants jamais vus au cinéma. Méchant, cruel et cynique, le martien belliqueux est une sorte de concentré grotesque de tous les clichés répertoriés à l’époque sur les aliens dans les films de Série B. Affublé d’une longue robe-cape rouge à paillettes dotée d’un haut col démontrant son éminence, le ton satirique du petit homme vert à l’énorme cerveau est découvert aussitôt qu’il ouvre la bouche. L’Ambassadeur qui « vient en paix » se moque des humains et son intention est claire, les détruire. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il prend plaisir avec ses semblables à le faire. Or, c’est ça qui est drôle, cruellement drôle même. Une approche sarcastique et un humour noir que nous ne pouvions qu’attendre du vénérable Tim Burton.        Audrey

5 / Predator (John McTiernan, 1987) : Avec sa morphologie musculeuse et son visage terrifiant qui s’approprient autant à l’actionner qu’au genre horrifique, Predator est un humanoïde fascinant. John McTiernan lui donnera ses lettres de noblesses. Ses pouvoirs empruntent autant à la technologie qu’à son état primitif. Tel un spectre, un extraterrestre caméléon qui se camoufle dans la faune, il surgit de nulle part pour haranguer l’espèce humaine et faire gicler le sang de ses proies. Predator n’est pas qu’un simple chasseur sanguinaire qui tue les humains dans une violence sourde. Sous cette épaisse carapace, il se dessine en lui un symbole plus attachant que cela : il est un protecteur, un emblème de la nature, une représentation de l’environnement. Il est le Dieu de la jungle, une entité qui combat l’arrogance de l’Homme et son mépris d’un antre naturel. C’est un mythe multigénérationnel, c’est un être qui fait frissonner autant le grand public que les spectateurs les plus aguerris.           Sebastien

Ils auraient pu y être : Under the skin (Jonathan Glazer, 2013), Super 8 (J.J. Abrams, 2011), La Guerre des mondes (Steven Spielberg, 2005), Men in Black (Barry Sonnenfeld, 1997), Rencontres du 3ème type (Steven Spielberg, 1977)…

 

Festival

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