Les films de l’été : Nos jours heureux

Tout le mois d’août, les rédacteurs de CineSeriesMag vous font découvrir les meilleurs films de l’été. Aujourd’hui, retrouvons la nostalgie de nos colonies de vacances avec Nos jours heureux d’Eric Toledano et Olivier Nakache.

« Mais tu sais c’que t’es toi ? T’es le roi des cons au pays des emmerdeurs. Un… Un petit con casse-couille qui chiale sa race toute la journée ! Connard ! Connard ! Petit enculé de merde ! » assène Joséphine de Meaux au bord de la piscine en maillot de bain, dans une séquence désormais culte. Qui aurait pu penser en 2006 lors de sa sortie que le film  deviendrait une comédie culte et intemporelle ? Après Je préfère qu’on reste amis, Eric Toledano et Olivier Nakache s’essayaient avec ce film une seconde fois au long-métrage. Aujourd’hui à travers Intouchables et Samba, la réputation du duo a atteint un niveau supérieur. Mais dès Nos jours heureux, les bases de leur cinéma sont là : des dialogues qui respirent le vrai, des personnages attachants et des situations à la fois tendres et cocasses. En cela, Nos jours heureux fait partie de ce que le cinéma comique français sait offrir de mieux. Impossible de résister entre les questionnements idiots d’Arthur Mazet (sur cette route là, tu crois qu’il y a eu combien d’accidents de cars, là cette année ?), l’amourette partagé par Omar Sy et Marilou Berry ( J’suis bien d’accord avec la grosse là…) ou encore les tentatives de séduction d’un Jean-Paul Rouve maladroit.

nosjoursheureux-josephinedemeaux-filmLa comédie de Toledano et Nakache a eu l’intelligence de placer son histoire dans les années 90, de ce fait Nos jours heureux n’a toujours pas vieilli et ne prendra sûrement pas une ride tant que des enfants seront là pour s’amuser loin de leurs parents. La totalité de l’histoire se déroule sur trois semaines de vacances au sein d’une colonie menée par le jeune directeur Vincent Rousseau. Autant de temps pour que le spectateur tombe en amour des personnages, au même rythme qu’eux-même s’attachent dans la diégèse du film. L’identification se fait en tous points. Le film démarre à travers de nombreux clichés entourant les parents, les enfants et les moniteurs. Toutes les intrigues seront des prétextes pour apprendre à connaître mieux les personnages et jouer avec, le tout dans le rire et la tendresse. Le long-métrage arrive déjà alors à reproduire les sentiments premiers lors d’une arrivée en colonie de vacances. Car la magie de la colo c’est d’arriver en pouvant être n’importe qui et de finalement devenir plus vrai avec nos nouveaux amis, que nous pouvons l’être dans la vie quotidienne.

La puissance de Nos jours heureux réside dans le fait savoir capturer l’esprit de nos vacances, de nos amourettes et de nos amitiés éphémères. Si la scène où Guillaume, vacancier timide, reprenant Long train running nous marque, ce n’est pas tant pour ce qu’elle raconte mais pour ce qu’elle nous évoque. Nos jours heureux fait sans cesse appel à l’enfant que nous avons été et à l’adulte qu’on ne sera sans doute jamais complètement. Les gamins ne sont alors que des représentations des tourments des adultes à l’image de Jean-Paul Rouve incapable de couper le pont avec son père. L’enchaînement des scènes se calque sur  le propre défilé de souvenirs qui resurgissent dans la tête du spectateur. Le film atteint alors quelque chose de très beau lorsqu’il partage des souvenirs connexes avec le spectateur, en lui montrant le simple reflet de ce qu’il a déjà vécu.

Avec ce film, le duo initie leurs moments de lâcher-prise. Cette marque de fabrique on la retrouvera dans Tellement Proches où Vincent Elbaz se ré-improvise G.O le temps d’une soirée, dans la culte séquence de danse d’Intouchables où Omar Sy se rythme sur Earth Wind and fire ou encore dans la sublime scène finale du Sens de la fête. Revoir Nos jours heureux c’est revoir avec nostalgie le visage des amitiés passées et des amours juvéniles laissées sur le bord d’un feu de camp.

Nos Jours Heureux : Bande-annonce

Nos Jours Heureux : Fiche Technique

Réalisation : Olivier Nakache et Eric Toledano
Scénario : Olivier Nakache et Eric Toledano
Casting : Jean-paul Rouve (Vincent), Marilou Berry (Nadine), Omar Sy (Joseph), Lannick Gautry (Daniel), Julie Fournier (Lisa)
Photographie : Rémy Chevrin
Musique : Frédéric Talgorn
Montage : Dorian Rigal-Ansous
Production : Prune Farro
Sociétés de production : Quad Productions
Société de distribution France : SND
Durée : 103 minutes
Date de sortie : 28 juin 2006

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