Peacock : un faux ami en quête d’identité

Avec Peacock, Bernhard Wenger donne à voir le parcours résilient d’un individu qui avait perdu tout contact avec son intériorité. Sur un mode ironique et avec un bel art de la mise en scène. Réjouissant.

Matthias, un ami que tout le monde loue

« Suis-je réel ? » Le sous-titre autrichien est la question que se pose Matthias. On pourrait dire aussi « Qui suis-je ? ». Lorsqu’on a pour profession d’être un ami que l’on peut louer pour toutes sortes d’usages, le danger guette de voir se diluer son identité. Sophia, sa compagne, va encore le dire autrement : Matthias, tu n’es plus « vrai ».

Qui est le paon du titre ? Matthias, comme on le lit partout, ou plutôt tous ces clients qui l’engagent pour briller en société ? L’affiche ne montre-t-elle pas notre homme levant un verre devant une multitude de ces yeux constellant la parure de l’animal ?

Matthias a une palette variée. Il peut être engagé pour aider une jeune femme à éteindre un incendie de voiture de golf, transformant celle-ci en héroïne. Pour valoriser une dame âgée en se faisant passer pour son amant doté d’une belle culture musicale à l’issue d’un concert de violoncelle expérimental. Pour coacher une épouse qui veut apprendre à bien se mettre en colère, afin de pouvoir quitter son mari violent. Pour faire couple avec un homo qui veut obtenir un splendide appartement. Pour rendre fier un jeune garçon dont le père est au chômage ou exerce un job honteux, lors d’une présentation des métiers des papas de la classe, en se présentant en uniforme comme pilote de ligne. Pour aider un riche sexagénaire à se faire élire président d’une fondation en se faisant passer pour son fils débitant un beau discours. Un vrai caméléon.

Nulle prostitution dans cet emploi : la dame âgée lui proposera bien de prendre un dernier verre, mais l’agence ne parle que de louer un ami. On ne cherche pas des comédiens, précise le patron, mais des gens ayant un bon relationnel. Pour cela, Matthias est le meilleur : il s’adapte, ne se met jamais en colère, encaisse lorsque la situation se gâte.

Quand la machine s’enraye

De quoi finir par se perdre. Tout se détraque dans la vie de notre héros, signe que quelque chose ne va pas : sa chaudière émet un bruit inquiétant, une plombière se présente alors qu’il n’a rien demandé, l’assistant vocal de sa voiture n’exécute plus les ordres qu’il lui lance, le toit ouvrant ne veut plus se refermer. La question de Sophia le remet profondément en cause. Le couple n’allait pas très bien, en tout cas sexuellement : pour le figurer, Bernhard Wenger se contente de montrer à plusieurs reprises Matthias plongé dans un livre alors que sa compagne s’est endormie. On peut voir aussi l’achat (ou la location ?) d’un gros chien aux testicules pendants comme une discrète allusion à l’insatisfaction de madame. Ce n’est pas le seul problème : Sophia aimerait briser la placidité constante de son compagnon. Elle fait ainsi manger le chien sur le canapé du salon pour qu’il réagisse. En vain. Alors elle le quitte.

La solitude subie de Matthias représente celle du monde contemporain, où tout est devenu artificiel. Son seul ami est David, son patron : il accourt dès que Matthias est saisi d’angoisse, le conseille, le réconforte en lui faisant un câlin. Mais cette amitié a ses limites : lorsque Matthias voudra tout arrêter, David lui signifiera que ce contrat-là est trop important.

Se frotter au réel

Pour briser sa solitude, Matthias loue un yorkshire, qui ne s’appelle par Matthias mais Aaron. Lorsqu’il le retrouvera noyé dans sa piscine, l’agence lui en fournira un autre puisqu’il avait contracté une assurance tous risques. Dans le monde de Matthias, tout est confortable mais rien n’est vrai. D’où la frayeur qui va le saisir le jour où il va être confronté au mari de la femme qu’il a coachée pour qu’elle le quitte. Là, on est dans le concret, avec ces armes aux murs au milieu de trophées de chasse. Face à ce fou furieux qui le pourchasse, Matthias va être contraint de se frotter au réel : en le repoussant il le blesse et l’envoie à l’hôpital. Une autre scène participe de la conversion de notre homme : au restaurant, alors qu’un candidat que David et lui auditionnaient manque de s’étouffer, Matthias le saisit au thorax et parvient à le sauver. La conversion de notre héros s’achèvera dans l’ultime scène du film.

À la recherche de l’âme sœur

Avant cela, il va devoir passer par d’autres péripéties. Sur les conseils de David, il expérimente un centre de remise en forme à base de yoga, de chi qong et de diverses activités douces. Le gourou des lieux, au visage recouvert de tatouages, l’accueille en lui recommandant une méditation… en écoutant l’herbe sur laquelle on s’est allongé. C’est là que Matthias va retrouver une jeune femme croisée au concert de violoncelle. Ina semble intéressée par une liaison, suggérant qu’elle aimerait avec lui rejoindre un cercle de personnes nues. Il la retrouve en boîte de nuit, pour la mettre comme prévu dans son lit, en un plan troublant : le coït, flou, est relégué en fond d’écran, le point étant fait sur le chien sur le canapé, la piscine qui va bientôt le noyer apparaissant à gauche, façon split screen. Superbe.

Au petit matin, Ina a disparu : décidément, toute relation « vraie » se dérobe à Matthias. Il finit par la retrouver, pris d’un doute : et si Ina avait été embauchée par David ? Ne venait-il pas de lui présenter une fille dans la boîte, celle qui s’avèrera être la copine du DJ ? « Do you suggest that I would be… a prostitute ? » lui lance cette Norvégienne qui s’exprime en anglais. Ina est simplement une femme qui ne cherche pas une relation sérieuse. Pas de chance pour Matthias qui, du coup, tente de reconquérir Sophia, à l’aide d’une mise en scène bien préparée : deux vieux se font agresser dans la rue, Matthias vole à leur secours. On reconnaît le candidat du restau dans l’un des deux malfrats. Cette scène répond à une séquence précédente, où David racontait qu’il avait assisté à une agression dans la rue sans se décider à intervenir. Devant Sophia, Matthias enfonce grossièrement le clou : « je n’ai pas hésité une seconde ». Sophia ne sera pas dupe.

Une mise en scène tout en finesse

C’est toute l’intelligence de Bernhard Wenger que de donner ainsi sens à certaines scènes après coup. Ainsi la performance d’art contemporain dans un théâtre annonce-t-elle celle du banquet final. Dans la première, un vieil homme nu se couvre de peinture et vient percuter violemment des pans immaculés de mur pour y laisser son empreinte multicolore, sur fond d’une (magnifique) musique contemporaine. Matthias ressent un malaise face à ce spectacle, tente de sortir du rang, suscitant l’ire du public. On avait pu assister à ce type de relation glaciale dans une scène précédente, au restaurant avec Sophia, alors qu’on cherchait le propriétaire d’un break noir : les voisins de table avaient tôt fait de condamner Matthias, finalement à tort. Lorsque Matthias et Ina avait entamé une conversation au centre de remise en forme, ils s’étaient également fait fusiller du regard par l’un des pensionnaires. L’irritabilité de la société autrichienne, qui ne supporte plus le moindre dérangement, est ici dénoncée.

Dans la scène du banquet final, le programme du jour proposé par le sauna à base de bain de boue va trouver un débouché : alors qu’on a enjoint à Matthias de changer de chemise car celle-ci a été légèrement souillée par sa collègue maladroite (scène là aussi annoncée par une autre équivalente au bureau), notre homme fait mine de s’y résoudre, pour finalement choisir de débouler dans la salle du banquet entièrement nu et recouvert d’argile. Stupeur, scandale, qui interrompt même la harpiste. Jusqu’à ce que quelqu’un suggère qu’il s’agit d’une performance, vraiment réussie.

Bernhard Wenger, le Ruben Östlund autrichien ?

Impossible de ne pas penser à The Square. Comme la première Palme d’Or de Ruben Östlund, Peacock comporte une satire de l’art contemporain. Des œuvres d’art au mur de l’agence où l’on accroche une veste à l’ours polaire positionné à l’entrée de l’appartement de Matthias, en passant par l’usage de l’électro dans un concert classique et la performance du vieil homme évoqué ci-dessus, les deux films se rejoignent.

Comme le Suédois, Wenger fait preuve d’un joli sens de la composition, et ce, dès le plan d’ouverture, ironique, avec cette voiturette de golf en feu et ces éoliennes en arrière-plan (photo). Dans toutes les scènes de groupe ensuite, au centre desquels trône Matthias : parmi l’auditoire du concert, au sein d’une photo de groupe, avec les pères qui attendent de témoigner dans la classe… à chaque fois Matthias ressort comiquement de la foule. C’est encore la composition qui provoque le rire avec ce gros chien immobile dans le salon que Matthias découvre, avant de lancer, toujours placidement : « Nous avons donc un chien ? ». Un peu plus tôt, Sophia avait suggéré une sculpture de chien plutôt que d’ours polaire. Le chien ne bouge pas d’une oreille, laissant croire à une statue.

On saluera également le choix des couleurs : le bleu de la chemise de notre homme s’accorde parfaitement à l’eau de sa piscine, le rouge qu’il revêt pour retourner voir Ina est assorti aux boiseries de son immeuble. L’image est lisse, soignée, en phase avec le propos. On pense au Little Joe de la compatriote de Wenger Jessica Hausner, qui présentait le même type de caractéristiques.

Mais c’est surtout Östlund qui s’impose, au visionnage de Peacock. Les scènes dont on ne comprend le sens qu’après coup sont une caractéristique du Suédois, ainsi que le goût pour tout ce qui suscite le malaise et la dénonciation d’une société devenue incapable d’empathie. Comme le dit Télérama, voilà pour le trublion Ruben un sérieux concurrent, qui sait imposer sa patte personnelle.

Long en bouche, suscitant suffisamment de mystères pour stimuler le spectateur après coup (pourquoi cette chaudière aux bruits étranges ? cet appartement où l’on descend lorsqu’on entre ? cette collègue qui ne cesse de renverser du liquide sur Matthias ?), surprenant par ses embardées loufoques (le canard qui est entré dans la voiture par le toit ouvrant, l’imitation de la démarche d’un caméléon d’abord par Sophia puis par Matthias), impeccablement servi par Albrecht Schuch dans le rôle principal, le film de Wenger s’achève en beauté : un homme nu, sorti d’une rivière, marche tranquillement vers les bois. Nu, donc authentique. Enfin vrai.

Peacock – bande-annonce

Peacock – fiche technique

Titre original :  Pfau – Bin ich echt?
Scénario et réalisation : Bernhard Wenger
Interprètes : Albrecht Schuch, Julia Franz Richter, Anton Noori, Theresa Frostad Eggesbø, Salka Weber, Maria Hofstätter
Image : Albin Wildner
Montage : Rupert Höller
Production : NGF Geyrhalterfilm, CALA Filmproduktion
Distribution : Pyramide Distribution
Pays de production : Autriche
Genre : Comédie, Drame
Durée : 1h42
Date de sortie : 18 juin 2025

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Jérôme Duvivier
Jérôme Duvivierhttps://www.lemagducine.fr/
Chanteur et enseignant en jazz, j’ai une deuxième passion : le cinéma. Un lointain atavisme familial peut-être, puisque Julien Duvivier était mon grand oncle ! Mes critiques sont plutôt des analyses car ce que j’aime avant tout c’est exprimer tout ce qu’il y a à tirer d’une œuvre. Ces analyses sont volontiers descriptives pour que le lecteur puisse revivre le film. Mes héros en cinéma ? Ils sont nombreux et aux quatre coins du globe. Liste non exhaustive ! D’est en ouest, chez les cinéastes vivants : Hamagushi, Bong Joon-ho, Lee Chang-dong, Rasoulof, Nuri Bilge Ceylan, Pawlikowski, Skolimowski, Cristian Mungiu, Béla Tarr, Milos Forman, Kaurismäki, les Dardenne, Jonathan Glazer, Ruben Östlund, Lars Von Trier, Pedro Costa, Jodorowsky, Iñarritu, Francis Ford Coppola… Et chez les anciens : Kurosawa, Ozu, Eisenstein, Kalatozov, Tarkovski, Satyajit Ray, Kiarostami, Murnau, Fassbinder, Fritz Lang, Dreyer, Fellini, Pasolini, Chantal Akerman, Agnès Varda, Bresson, Renoir, Carné, Buñuel, Hitchcock, Kubrick, Bergman, Raoul Ruiz, John Ford, Orson Welles, Buster Keaton, Chaplin… Des chefs d’oeuvre ? "Le voyage à Tokyo", "Barberousse", "Le cuirassé Potemkine", "Quand passent les cigognes", "Nostalgia", "M le Maudit", "L’aurore", "Fanny et Alexandre", "Jeanne Dielman", "Le Bonheur", "Au hasard Balthazar", "L'année dernière à Marienbad", "Le procès", "L’homme qui tua Liberty Valence", "Vertigo", "Le Parrain", "Les harmonies Werckmeister"…

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