Trois Amies : Emmanuel Mouret signe une radiographie des amours contemporaines

Dans Trois amies, Emmanuel Mouret nous livre l’un de ces marivaudages dont il a le secret, sur les traces de Woody Allen et Eric Rohmer. Une radiographie délicate et drôle des amours contemporaines. Qui finit toutefois par tourner en rond…

Introduction et contexte : une trilogie cohérente

La première chose qui frappe le spectateur de Trois amies, c’est la parenté avec les deux précédents opus d’Emmanuel Mouret. Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait et Chronique d’une liaison passagère déployaient un camaïeu de motifs qui se retrouvent dans Trois amies. Volontaire ou non, il y a bien là une trilogie cohérente.

Sur le fond d’abord : il est question de radiographier le sentiment amoureux dans la France d’aujourd’hui. Érosion des sentiments, jalousie, mensonge aux autres et à soi-même, douleur de la passion ; tous ces thèmes éternels sont observés à la loupe dans le contexte actuel.

Sur la forme, on retrouve les invariants du style Mouret : primauté donnée à des dialogues très littéraires (au point de sonner parfois faux : cet opus n’échappe pas à la règle), situations vaudevillesques à la Marivaux ou à la Musset, musique classique pour illustrer ou relier les scènes, mélange d’humour et de gravité, attention portée aux arrière-plans. Autant de caractéristiques qui rangent fréquemment le cinéaste du côté de Woody Allen (auquel il fait directement référence ici par le lettrage de son titre) et Rohmer (l’un des personnages se nomme d’ailleurs Éric), auxquels on ajoutera Fassbinder pour son goût des sur-cadrages et l’importance des arrière-plans. Quelques références viennent ici compléter cette liste, puisque c’est une voix off qui ouvre le film, jouant du décalage entre ce qui est dit et ce qui est montré : on pense au Roman d’un tricheur de Guitry ou encore au Direktør de Lars Von Trier. Mais il y a plus car cette voix off est celle d’un mort, idée du savoureux Sunset Boulevard de Billy Wilder. Côté troupe, alors que Mouret se renouvelle constamment, c’est Vincent Macaigne, présent dans les trois films, qui assure la liaison, en alter ego du cinéaste qui a cessé de jouer dans ses films. On y gagne très largement au change…

S’il fallait encore convaincre de la continuité de cet opus par rapport aux deux précédents, il suffirait d’observer l’incipit du film. Après que la voix off nous a présenté quelques personnages vus dans le lycée où ils travaillent, précisant que Joan est le personnage central (« c’est elle qu’il faut regarder« ), Mouret propose plusieurs plans de Lyon, où se déroule l’action : le parc de la Tête d’Or, la place Bellecour, les quais de Saône… On se souvient alors que Chronique d’une liaison passagère s’achevait sur des plans de lieux vides, désertés par les deux héros de l’histoire. Ces lieux vides vont bientôt être peuplés des six personnages principaux. Trois femmes et trois hommes. Le narrateur ne va pas tarder à disparaître : puisqu’il s’agit d’un double du cinéaste, celui-ci se place en surplomb, observant ses personnages se démener comme des rats de laboratoire.

Trois façons de vivre l’amour au féminin : tête, cœur, corps

Trois femmes pour représenter trois façons de vivre l’amour aujourd’hui. Alice, incarnée par Camille Cottin, représente la tête, la raison : la passion ce n’est pas pour elle, elle se satisfait d’une liaison sans intensité qui apporte un ronronnant confort. Joan, jouée par India Hair, représente le cœur : elle a vu son amour s’étioler avec le temps et ne sait comment mettre fin à une relation faite encore de tendresse et de respect. Enfin Rebecca, sous les traits de Sara Forestier, représente le corps, la dimension sensuelle : elle est insatiable de relations charnelles.

On se doute de ce qui advenir : Alice va trouver le cœur et le corps avec son mari, suite à un détour par la jalousie ; Joan va osciller entre le corps, se donnant enfin à un bellâtre, et la tête, se résignant, suite à l’abandon de celui-ci, à la relation de pure tendresse qu’elle avait commencé par fuir ; enfin Rebecca trouvera une relation stable, susceptible de lui apporter tête et cœur.

Les hommes : entre sincérité et mensonge

Du côté masculin, trois personnages principaux également.

Victor (Vincent Macaigne donc), quitté par Joan, noie son chagrin dans l’alcool, ce qui aboutit à un accident mortel. C’était le seul personnage sincère et aimant. Il va être remplacé par Thomas (Damien Bonnard), aussi bien dans la salle de classe de français du lycée que dans la vie de Joan. Le sort s’acharne sur cette dernière puisque Thomas aura lui aussi tout de l’amoureux transi. Pour bien exprimer le parallèle entre les deux hommes, Mouret duplique mot pour mot la scène de la disparition de Victor : alors que le proviseur annonce aux élèves l’absence du prof, ceux-ci sautent de joie exactement de la même façon. Savoureux. Thomas avait assuré à Joan que quand on aime quelqu’un on accepte tout de cette personne. De manière programmatique, lorsqu’il apprendra qu’elle craqué pour son copain, il aura du mal à se tenir à cette belle résolution.

Éric (Grégoire Ludig), le mari d’Alice, la trompe avec Rebecca. Il forme avec son épouse un couple basé sur le mensonge, les deux ne cessant de se dire leur amour alors qu’ils ont la tête ailleurs. La situation engendre les effets comiques attendus, à coups de dialogues à double sens. Apprendre que sa femme a aussi une liaison va ranimer sa flamme, quand Alice fera de même. C’est Rebecca, bien involontairement intermédiaire entre les deux, qui essuiera les plâtres. Où l’on voit que ses sentiments pour Éric tenaient aussi du cœur…

Trois catalyseurs

Trois personnages masculins secondaires vont permettre à ces femmes d’évoluer.

Stéphane est un peintre célèbre qu’Alice a contacté suite à un rêve. Leur liaison prend fin lorsque Alice retrouve Éric. Il lui aura permis de renouer avec son « corps ». C’est Rebecca, tout émoustillée en tant que prof d’art plastique, qui lui rapporte les tableaux qu’il lui avait offerts. (Ces tableaux sont l’occasion d’un ressort comique puisqu’ils s’apparentent davantage à des croutes qu’aux chefs d’œuvre que laissait espérer la réputation du personnage !)

Martin est un beau gosse que Thomas a présenté à Joan. Il fera office de don Juan permettant à Joan d’éprouver les affres de la passion. Joan vit ainsi ce qu’elle a fait subir aux autres. Confrontée au silence de Martin, elle est d’abord convaincue que celui-ci a des scrupules par rapport à son ami Thomas. L’explication est bien plus simple : Martin a surjoué l’engagement pour la mettre dans son lit. Joan est toujours dans le cœur mais le cœur se refuse à elle…

Enfin, Antonin est un mâle pêché sur un site de rencontres – un marqueur de l’époque que le film ne pouvait éviter. Décevant, comme souvent pour ce type de contact. Heureusement, elle le retrouvera dans un autre contexte, plus favorable. Une façon de dire que les sites de rencontres créent une situation artificielle qui n’est pas propice aux sentiments.

Même si tout cela est bien articulé, l’édifice scénaristique finit par être passablement indigeste. Là où les 1h40 de Chronique d’une liaison passagère avaient le bon goût de se concentrer sur trois personnages principaux, les 2h de Trois amies fatiguent de ne pas savoir s’arrêter : les retrouvailles de Rebecca et Antonin sont un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Suivie de près par la sempiternelle scène de fête en conclusion, ici chez Alice et Éric, un cliché du cinéma français contemporain. Joan, qui s’était juré de se ranger en se mettant avec Thomas, craque pour un petit jeune qui lui apporte un verre. Un pied de nez heureusement final : on n’aurait pas supporté que le manège reprenne de plus belle…

Joan et Victor : au cœur du récit

Zoomons sur eux puisqu’ils sont bel et bien les personnages principaux, ceux à qui l’on doit aussi les plus belles scènes.

Notons d’abord que Joan, le cœur, enseigne les maths, symbole de tête, quand Victor puis Thomas enseignent la littérature, ici plutôt placée sous le signe du cœur. Logique puisque seuls Victor puis Thomas sont « vrais » dans le film – du moins jusqu’au happy ending où tout le monde a évolué favorablement. Victor aime avec son cœur : s’il s’inquiète que Joan trouve des prétextes pour ne pas faire l’amour, c’est d’abord parce qu’il y voit un danger pour leur couple. Mais son amour est étouffant car il ne cesse de l’observer et de lui dire qu’il l’aime – notons que c’est aussi ce que font Alice et Éric, eux sur un mode hypocrite. Classiquement, un éloignement est décidé, Joan dormant dans le salon, Victor tentant de taire un peu ses ardeurs.

Après des mois, Victor se risque à montrer à Joan une maison qu’ils pourraient acheter. La scène distille un malaise digne de Ruben Östlund : la maladresse de Victor, registre naturel de Vincent Macaigne, culmine lorsqu’il attrape le visage de Joan pour lui lancer… qu’il va se montrer plus distant. Mais c’est la scène sous le porche qui constitue sans doute le sommet du film : « je te laisse une dernière chance de sauver notre histoire » lance-t-il en substance à Joan… puis « encore quelques secondes« . Le spectateur est partagé entre le rire et les larmes. Comme un lointain écho du « dans quelques instants je nous considère comme définitivement perdus » de Jean-Claude Duss, mais sur un mode plus ambigu…

Une deuxième scène est marquante, celle où Victor réapparaît sous forme de fantôme. Comme la mort de Victor, c’est une « psychanalyse accélérée » : Joan prend conscience de l’attachement qu’elle avait pour son ex mari. Victor l’aime toujours mais autrement : Mouret nous livre sans doute ici sa conception de la mort. L’âme existe toujours mais a perdu son enveloppe corporelle : elle n’est qu’amour, mais un amour débarrassé de tout caractère possessif. Un peu plus loin, Victor précise qu’il était dans la pièce mais que Joan ne le voit pas : la perception des énergies fines nécessite avant tout une disponibilité qu’elle n’a plus. C’est aussi dans la douleur qu’une brèche peut s’ouvrir afin de percevoir ce devant quoi on passe le plus souvent.

Joan, de son côté, est fort logiquement rongée par la culpabilité et s’en trouve asséchée intérieurement. Fait significatif, elle ne rit pas devant Buster Keaton alors que sa fille est hilare. (Précisons à ce sujet à l’adresse des Lyonnais le plaisir que procure le fait de voir à l’écran le Comœdia… dans lequel on découvre le film !) Si elle goûte un peu le bonheur lors d’un week-end à la ferme, elle n’ose franchir le pas vis-à-vis de Thomas. La similitude Victor-Thomas s’avère bloquante pour Joan, réactivant le traumatisme.

Énorme… comme au cinéma

La relation entre Victor et Joan est, on l’a vu, entourée de nombreuses autres. Pour goûter ce nouvel opus de Mouret, il faut donc être un fervent client du marivaudage, presque un fan du genre… et en accepter les multiples invraisemblances.

L’une passe assez bien par la loufoquerie assumée qu’elle contient : Alice, ayant rêvé d’un numéro de téléphone, trouve au bout du fil un amant de rêve, de surcroît peintre de renom qui rend jalouse sa copine Rebecca. Une histoire tellement énorme qu’elle emporte l’adhésion – en même temps que le sourire. Une autre invraisemblance est bien accueillie car elle sert directement le propos : Thomas emménage dans le même immeuble que Joan et a une fille exactement du même âge. Cette coïncidence-là permet de faire ressentir le retour de Victor sous l’apparence de Thomas.

On tique davantage sur certains ingrédients du scénario. Que Rebecca retrouve Antonin alors qu’elle postule dans une maison d’édition apparaît assez  gratuit. Rebecca l’avait trouvé insupportable, elle craque à présent… D’une manière générale, c’est bien simple, dans Trois amies, dès que deux personnes se rencontrent, non seulement elles sont toutes les deux libres mais elles ont immédiatement envie de coucher ensemble. Dans la vraie vie, c’est un poil moins fréquent… Mentionnons aussi le magnifique appartement en plein centre de Lyon que visitent Martin et Joan. L’un est prof de musique, l’autre prof de maths mais ils vont pouvoir louer le vaste local qui doit coûter un bras. Nul besoin de gagner trois fois le montant du loyer pour eux ?… La dimension de conte moral façon Rohmer ne devrait pas inciter à négliger de tels détails.

Des lieux aux lieux communs

Le cinéma de Mouret est attentif aux lieux qu’il donne à voir, en particulier pour leur valeur d’arrière-plan. L’un de ses classiques est de montrer des œuvres d’art derrière les personnages renvoyant à ce qu’ils disent : ici, par exemple, trois bustes d’hommes intercalés entre les trois femmes au musée gallo-romain de Fourvière. La discussion cruciale entre Victor et Joan se passe sous un porche, lieu de passage vers autre chose. L’appartement que visite Joan avec Martin a des murs tout blancs, symboles d’un nouveau départ.

Mouret utilise fréquemment les cloisons : dans la scène où Joan avoue à Victor qu’elle n’est plus amoureuse de lui, les deux passent de pièce en pièce, entravés par les murs dans leurs déplacements. Un procédé dont Ozu était friand (par exemple dans Printemps précoce) et qu’utilise aussi Godard dans la scène de dispute initiale du Mépris. De même lors de la visite de l’appartement : des pans de mur défilent avant qu’on ne voie Joan oser embrasser Martin, comme si la jeune femme avait dû vaincre une ultime résistance avant de se lancer.

Du lieu au lieu commun, il n’y a qu’un pas, qu’un adjectif. Déplorons une nouvelle fois les scènes de bonheur sur fond de musique façon clip, qui ont pour fonction d’exprimer qu’un sentiment éclot entre deux personnages – Mouret est coutumier de ce très banal procédé. Pour ce qui est du fond, il faut tout de même reconnaître que ces Trois amies enfoncent largement des portes ouvertes. Les hommes qui trompent leur femme sont jaloux dès lors qu’on leur rend la pareil. Tomber amoureux peut faire souffrir. La passion ne dure qu’un temps. Rendre jaloux l’autre peut réveiller la flamme. Des sentiments trop empressés ont un effet repoussoir. « Souffrir, se tromper, c’est aussi ça être vivant« . Qui a lu Proust, Albert Cohen ou Kundera ne sera pas saisi de stupeur par ces révélations.

Riche, subtil, mais finalement pas si fécond : tel est le sentiment que donne Trois amies, troisième opus d’une trilogie qu’on espère achevée tant Emmanuel Mouret semble avoir fait le tour de la question. Certes, le sujet est inépuisable mais il n’est pas pour autant déclinable à l’infini sur le même ton, sous peine de lasser. Tout filon finit par s’épuiser.

Bande-annonce : Trois Amies 

Fiche technique : Trois amies

Réalisateur : Emmanuel Mouret
Scénaristes : Emmanuel Mouret, Carmen Leroi
Casting principal : Camille Cottin : Alice, Sara Forestier : Rebecca Maillard, India Hair : Joan Belair, Damien Bonnard : Thomas Duval, Grégoire Ludig : Éric, Vincent Macaigne : Victor Harzouian, Éric Caravaca : Stéphane Leroi…
Musique : Benjamin Esdraffo
Photographie : Laurent Desmet
Décors : David Faivre
Costumes : Bénédicte Mouret-Cherqui
Montage : Martial Salomon
Son : Maxime Gavaudan, Jean-Paul Hurier, François Méreu
Production : Frédéric Niedermayer
Sociétés de production : Moby Dick Films, en coproduction avec Arte France Cinéma et Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
Société de distribution : Pyramide Distribution
Pays de production : France
Langue originale : Français
Genre : Comédie dramatique, Romance
Durée : 117 minutes
Dates de sortie :
– Italie : 30 août 2024 (Mostra de Venise)
– Belgique, France, Suisse romande : 6 novembre 2024
Distinctions : Sélection officielle en compétition à la Mostra de Venise 2024

 

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Jérôme Duvivier
Jérôme Duvivierhttps://www.lemagducine.fr/
Chanteur et enseignant en jazz, j’ai une deuxième passion : le cinéma. Un lointain atavisme familial peut-être, puisque Julien Duvivier était mon grand oncle ! Mes critiques sont plutôt des analyses car ce que j’aime avant tout c’est exprimer tout ce qu’il y a à tirer d’une œuvre. Ces analyses sont volontiers descriptives pour que le lecteur puisse revivre le film. Mes héros en cinéma ? Ils sont nombreux et aux quatre coins du globe. Liste non exhaustive ! D’est en ouest, chez les cinéastes vivants : Hamagushi, Bong Joon-ho, Lee Chang-dong, Rasoulof, Nuri Bilge Ceylan, Pawlikowski, Skolimowski, Cristian Mungiu, Béla Tarr, Milos Forman, Kaurismäki, les Dardenne, Jonathan Glazer, Ruben Östlund, Lars Von Trier, Pedro Costa, Jodorowsky, Iñarritu, Francis Ford Coppola… Et chez les anciens : Kurosawa, Ozu, Eisenstein, Kalatozov, Tarkovski, Satyajit Ray, Kiarostami, Murnau, Fassbinder, Fritz Lang, Dreyer, Fellini, Pasolini, Chantal Akerman, Agnès Varda, Bresson, Renoir, Carné, Buñuel, Hitchcock, Kubrick, Bergman, Raoul Ruiz, John Ford, Orson Welles, Buster Keaton, Chaplin… Des chefs d’oeuvre ? "Le voyage à Tokyo", "Barberousse", "Le cuirassé Potemkine", "Quand passent les cigognes", "Nostalgia", "M le Maudit", "L’aurore", "Fanny et Alexandre", "Jeanne Dielman", "Le Bonheur", "Au hasard Balthazar", "L'année dernière à Marienbad", "Le procès", "L’homme qui tua Liberty Valence", "Vertigo", "Le Parrain", "Les harmonies Werckmeister"…

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