« Le Trésor des Médicis » : intrigues florentines

Spécialiste de la Renaissance italienne, le scénariste Jean-Marc Rivière s’associe une nouvelle fois à l’illustrateur Gabriel Andrade pour mettre en scène Nicolas Machiavel, secrétaire au service de la République de Florence, et en quête d’un trésor caché.

Rien ne va plus à Florence. La République est désargentée. Elle se heurte en outre à la résistance obstinée de Pise, ce qui aiguise les appétits rivaux, de Venise à Rome, sans oublier la France. Nous sommes en 1499, Nicolas Machiavel n’est encore qu’un scribe et assistant évoluant dans l’ombre de personnalités plus en vue, telles que les hommes d’État Médicis ou le peintre Sandro Botticelli. Il est toutefois aux premières loges dans les négociations présidant au tirage au sort pour le Conseil des Dix et, un peu plus tard, lors du retour de Ridolfo, un soldat qui fait état d’un trésor caché qui permettrait à Florence de redorer son blason et annihiler définitivement les prétentions de ses ennemis.

Ce second tome des Enquêtes de Machiavel s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur, qui s’intéressait notamment à la figure du prédicateur dominicain Jérôme Savonarole. Jean-Marc Rivière et Gabriel Andrade s’insinuent au cœur de la République de Florence, nous font côtoyer ses hommes-clefs et portraiturent, à traits fins, une ville caractérisée par le Palazzo Vecchio ou la Cathédrale, « plus beau monument de la toute la chrétienté ». À l’aube du XVIe siècle, Florence est exsangue, elle n’a pas encore digéré les révolutions politiques récentes, et notamment la fin de règne de feu Lorenzo de Médicis. C’est dans ce contexte que des espions pisans vont s’affairer afin de mettre la main sur le trésor désormais pourchassé par Machiavel et ses proches.

On peut compter sur l’érudition de Jean-Marc Rivière pour donner un souffle historique et romanesque à ses récits. Il plonge le lecteur dans les arrière-cuisines du gouvernement florentin, où les doubles allégeances, les trahisons et les convoitises demeurent légion. Bien troussée, très réussie sur le plan graphique, cette bande dessinée nous montre un Machiavel déjà ingénieux et retors, et en cours de maturation. Elle applique les recettes du thriller dans le contexte de la Renaissance italienne : empoisonnement, manipulations, enquête, course contre la montre se mêlent sur fond de tensions politiques. Et pour aérer le récit, on peut compter sur ce diable de Francesco, capable de vendre n’importe quoi à n’importe qui en usant de malice. Un album réussi, qui joint à la grande Histoire des arcs fictifs engageants.

Les Enquêtes de Machiavel : Le Trésor des Médicis, Jean-Marc Rivière et Gabriel Andrade
Glénat, août 2022, 56 pages

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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