Warrior Nun, Cursed et Close Enough : Que valent ces séries ?

Au programme de cette nouvelle vague de séries : Cursed, une relecture des légendes arthuriennes, Warrior Nun, un cocktail mélangeant girl power, humour, et surnaturel. Pour terminer ce numéro, Close Enough, une animation diffusée sur HBO Max.

Warrior Nun : Super nonnes pas très catholiques sur Netflix

Après un projet avorté de film, le comic book Warrior Nun Areala de Ben Dunn, se voit adapté cet été sur Netflix par Simon Barry. La série est une série fantastique de super héros dans la même veine que Umbrella Academy, qui met en scène des nonnes aux super-pouvoirs. Cependant, rien d’extra-ordinaire dans l’épisode pilote pour étancher notre soif d’action. En effet, après une apparition brève de ces nonnes badass en début d’épisode, la réelle histoire de cette armée n’apparaît qu’en épisode 3.

En plus d’un manque de rythme, la série démarre avec un manque de cohérence de la part de son personnage principal. Ava, interprétée par l’actrice brésilienne Alba Baptista, est une adolescente harassante et incompréhensible. Après avoir passé sa vie comme paraplégique, prise en charge dans un couvent, Ava se réveille avec des super-pouvoirs délivrés par l’élue d’une armée de Nonnes tueuses. Compréhensible, que pour cette adolescente désormais capable de traverser les murs, sa nouvelle vie lui paraisse super-excitante. Mais son personnage passe d’un claquement de doigt du cliché de la jeune fille naïve à une héroïne de Luc Besson. Le pire reste sa voix off omniprésente. Tout du long, ses pensées intimes la dépeignent comme un personnage très candide et plein de doutes. Alors que ses actions téméraires et ses paroles pleines d’assurance et d’ironie démentent ses discours intérieurs. Sa juvénilité est exposée de nouveau lorsqu’elle est face au jeune et séduisant JC, ou la série tombe dans la teenage romance par défaut.

Seulement à partir du second épisode, avec l’apparition des personnages de Sister Lilith, Sister Camila et Sister Beatrice, notre héroïne saisit l’importance de ces nouveaux super-pouvoirs et devient enfin une Buffy contre les vampires version nonne. L’action promise dans le trailer met alors beaucoup trop de temps à être introduite inutilement. Une preuve que les séries de Netflix ne prennent plus au sérieux le format de “pilote” du premier épisode de leurs séries. En formatant leurs spectateurs à binge-watcher les saisons pour mieux saisir la narrative. Si on apprécie grandement le casting international, comme l’acteur portugais Joaquim de Almeida, la série reste sur le fond très américanisé. Il faudra attendre la saison 2 de Umbrella Academy pour avoir une vraie série intéressante de super héros…

https://www.youtube.com/watch?v=An0bZpuhiBE&feature=emb_title

2

Céline Lacroix    

Cursed : un divertissement de contes de fées pour adolescents

Netflix vient de dévoiler une nouvelle série, Cursed : La Rebelle. Les 10 épisodes sont disponibles depuis le 17 juillet, mais que vaut le pilote ?

Basée sur le livre illustré écrit par Frank Wheeler, avec des dessins de Tom Miller, Cursed, comme l’ouvrage dont elle est tirée, est une série jeunesse, idéalement destinée aux adolescents. Aucun rapport donc avec des univers plus sombres et bien plus travaillés tels que Game of Thrones ou The  Witcher. L’histoire de Cursed n’appartient pas à l’univers de l’heroic fantasy mais trouve bien sa source dans la légende – précisément arthurienne – , voire le conte de fées (notamment pour les couleurs et la photographie).

L’écueil serait donc de juger le programme comme destiné aux adultes, auquel cas, une simplicité d’écriture, une évidence des actions prévisibles viendraient gâcher le plaisir.

Ce n’est pas le cas, et les téléspectateurs plus jeunes seront ravis de suivre les aventures de Nimue, de découvrir ses pouvoirs et ses premiers émois amoureux, en frissonnant devant les nombreuses péripéties que le scénario lui réserve. Quelle surenchère ! Dès le pilote, on a droit aux méchants chasseurs, aux méchants moines, aux méchants soldats, sans oublier les méchants loups ! L’opposition classique (d’aucuns diront vue et revue) religion / magie  ne gênera pas les adolescents qui apprécieront les costumes colorés et l’univers médiéval, et ne s’arrêteront pas sur le manque de rythme et de logique. L’esthétique soignée délivre un univers magique intéressant pour la jeunesse, malgré des effets spéciaux cheap.

3

   Sarah Anthony      

Close Enough : HBO se lance dans l’animation

Sur le marché de l’animation, Netflix règne sans conteste parmi les plateformes de streaming. Ses créations originales comme Bojack Horseman et Big Mouth lui ont offert une avance considérable sur les concurrents dans ce domaine. Mais après Apple TV+ et son bébé Central Park en mai dernier, c’était au tour d’HBO Max (service malheureusement encore exclusif aux États-Unis) de dévoiler ce 9 juillet Close Enough, sa première série d’animation pour adulte. Créée par J.G. Quintel à qui l’on devait déjà Regular Show dans le même registre, cette nouvelle série est tout de même disponible en France depuis la chaîne Adultswim.

À l’image du pilote, chaque épisode comporte deux intrigues de dix minutes qui se concentrent autour de Josh et Emily, deux hipsters à la charge de Candice, leur fille de 5 ans. La série semble aborder les nombreux défis auxquels peut être confronté un tel jeune couple, à la fois en tant que parents, colocataires et néo-trentenaires qui tentent tant bien que mal de rester cool. C’est pourquoi le public cible correspond très logiquement à la tranche d’âge 25-35 et pourra certainement s’identifier à certains des problèmes et interrogations que rencontrent nos protagonistes.

Mais rien de déprimant, bien au contraire. Qui dit animation pour adulte dit humour à outrance. L’élément déclencheur de chaque intrigue est un enjeu relativement banal qui prend rapidement une tournure inattendue et nous offre chaque fin d’épisode en apothéose. En revanche, si l’exagération est généralement un standard dans le domaine de l’animation, elle manque ici de subtilité tant l’humour trop plein de gimmicks et de blagues déjà vues peut rapidement fatiguer.

Heureusement, l’extrême brièveté de chaque histoire permet à chacun de se faire très rapidement son propre avis et décider si oui ou non il souhaite voir les épisodes restants. Si vous êtes conquis, regarder les huit épisodes (et donc 16 histoires) d’une traite ne vous prendra d’ailleurs que 2 heures et 40 minutes.

2.5

Thomas Gallon

 

Festival

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