Bleeder, le film choc de NWR édité en digibook DVD/Blu-Ray

Avant de réussir à s’exporter à l’étranger et devenir l’un des cinéaste les plus esthètes de son époque, le réalisateur Nicolas Winding Refn réalisait encore des films dans son Danemark natal. D’abord Pusher, pur odyssée gangstériste, puis Bleeder, beau télescopage dans un Copenhague interlope de deux histoires faites d’amour et de violence où perçaient déjà le lumineux Mads Mikkelsen et celle qui deviendra sa femme, Liv Corfixen.

Copenhague, 1999. Léo et Louise vivent en couple dans un appartement insalubre. Découvrant que Louise est enceinte, Léo perd peu à peu le sens de la réalité et, effrayé par la responsabilité de sa nouvelle vie, sombre dans une spirale de violence. Au même moment, son ami Lenny, cinéphile introverti travaillant dans un vidéo-club, tombe fou amoureux d’une jeune vendeuse et ne sait comment le lui dire…

Un drame brut

Et dire qu’on a failli le rater celui-là. Privé de sortie en France (le studio de production ayant fait faillite) jusqu’à ce que le réalisateur en rachète les droits, Bleeder a pourtant tout l’air de l’oeuvre ultime pour quiconque s’estime fan du cinéaste danois. Car, bien qu’étant seulement son deuxième film, Bleeder arrive à incarner en à peine 90 minutes, le manifeste de son style. Immiscion de la violence et de l’amour, goût pour les personnages terrassés par la fatalité, références nombreuses et variées : tout l’apanage du danois se retrouve ainsi mélangé dans cette histoire d’amour où les sentiments, aussi exacerbés soient-ils, sont amplifiés, démultipliés mais aussi inarrêtables. Comme dans ce titre, Bleeder, qui renvoie à l’hémophilie, mais dans un sens plus général, à cette impossibilité de contenir, de garder tout ça enfoui. Il faut que ça sorte dit ainsi le réalisateur. Que ça soit la colère de Kim Bodnia, en truand qui s’inquiète de la paternité ; l’amour de Mads Mikkelsen qu’il ne sait communiquer à celle qui lui fait chavirer le coeur, ou même l’amour que témoigne NWR en personne à sa ville Copenhague qu’encore une fois, il magnifie via l’usage du quotidien, entre un banal restaurant ou le vidéoclub grimé en quasi sanctuaire de Mikkelsen.

Des bonus pleins de simplicité

Quand l’on sait le processus créatif entourant son oeuvre (et ce d’autant plus depuis le brillant documentaire « My Life Directed By NWR »), on ne peut qu’être curieux de savoir comment cette oeuvre directement inspirée de Chungking Express (ndlr : film de Wong Kar-Wai) a vu le jour. Hélas, on devra se contenter d’un entretien entre NWR et son acteur fétiche Mads Mikkelsen. Mais quel entretien ! D’une durée plutôt rare de 47 minutes, il permet au duo, non sans une réelle camaraderie, de revenir sur le projet, de s’amuser sur les galères du tournages, de revenir sur la fascination de NWR pour son actrice Liv Corfixen (qui deviendra par la suite sa femme), etc… Une rencontre originale, amusante qui a le chic de changer par rapport aux ressorts promotionnels classiques et qui transpire surtout la simplicité et l’amitié entre les deux danois les plus connus de la profession (après Lars Von Trier).

Digibook COMBO
Blu-ray/ DVD
Livret
40 pages
24,99€

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES
• LANGUE : Danois
• SON : D.D & DTS HD  Master audio  5.1
• SOUS-TITRES : Français
• IMAGE : 16/9 – 2.39 – Couleur
• DURÉE : 1h34
BONUS :
BLEEDERS” entretien avec Nicolas Winding Refn et Mads Mikkelsen (47mn)

Bande-annonce Bleeder 

Festival

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"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

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Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
J'ai une profonde admiration pour les sushis, James Bond, Leonardo DiCaprio, Apocalypse Now, Zodiac, les bons films et le ski. Pas forcément dans cet ordre. Et à ceux pouvant critiquer un certain amateurisme, je leur répondrais simplement que l'Arche de Noé a été fabriqué par des amateurs et le Titanic par des professionnels.

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