Aujourd'hui, on a parfois l'impression que l'enfance se voit sommée de grandir plus vite que jamais. Charline poursuit quant à elle sa résistance, rieuse et rusée, dans un deuxième tome aussi malicieux que tendrement lucide. Raoul Paoli déploie une nouvelle série de saynètes où le quotidien des enfants se mêle à l’extraordinaire d’une imagination en perpétuelle ébullition.
« Je pleure au cinéma. Parfois pour pas grand-chose, une réplique ou une scène suffisent.Je ne crois pourtant pas être plus sensible que la moyenne ; je ne me suis jamais retrouvé en larmes dans un musée ou une salle de concert, encore moins à la fin d’un roman. J’ai même parfois du mal aux enterrements. Mais, terré dans la pénombre d’une salle, le téléphone en « mode avion », le regard rivé à l’écran… Disons pour faire court que les cartes sont redistribuées. Une région de mon cerveau prend le dessus sur les autres, les assiège puis les soumet à sa loi. »
« A cette époque-là, le nom que mes mères me donnaient la plupart du temps et me donnent encore, c’est Burl. Nell dit que c’est un nom qui me va bien, même si je n’arrive pas à voir pleinement le lien, puisque les burls sont les bosses qui se forment sur les troncs des arbres après qu’ils ont subi un genre de blessure, et que des arbres tout neufs poussent à partir des burls d’un vieil arbre. Je ne connais aucune blessure de laquelle j’ai grandi, et les seules choses qui poussent en moi, ce sont mes cheveux et mes poils. »
Paru aux éditions Delcourt, l’album signé par Erkin Azat et la dessinatrice Luxi constitue un acte de transmission, de dénonciation et de résistance. À travers le parcours d’un ingénieur sino-kazakh devenu lanceur d’alerte, ce récit graphique éclaire l’une des tragédies humaines les plus silencieuses de notre époque : la répression massive des Ouïghours et autres minorités turcophones dans le Xinjiang.
Les éditions Anamosa publient un nouvel opus de leur collection "Le mot est faible". Eugénie Mérieau, constitutionnaliste reconnue, enseignante à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheuse à Sciences Po Paris, nous propose une réflexion très actuelle, nourrie par le contexte ouvert par la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024.
Avec "Le Marin céleste", Rodolphe et Olivier Roman nous embarquent pour un nouveau voyage sur la mystérieuse planète Sprague. Cet album, publié aux éditions Daniel Maghen, constitue un récit autonome tout en étant étroitement lié à leur précédent opus. Davantage une plongée complémentaire qu'une suite, l'album permet d'affiner l'immersion proposée dans la fantasy rétro-futuriste et la science-fiction écologique.
Avec la ressortie en intégrale grand format de la série "Les Enragés", les éditions Delcourt nous offrent l'opportunité de redécouvrir l’une des œuvres les plus remarquables du polar graphique des années 1990. David Chauvel au scénario et Erwan Le Saëc au dessin signent ici une cavale noire, violente et désespérée à travers une Amérique brutale et sans pitié.
C'est une plongée intime et délicate que nous propose Lucile Corbeille avec son premier album, "Abîmes", publié aux éditions Delcourt. En 176 pages d’une sincérité bouleversante, l'auteure offre à ses lecteurs une exploration minutieuse et poétique des replis secrets d'une famille aux silences chargés d’histoire et de non-dits.
Comment deux Français se sont-ils approprié l'une des sagas d'horreur les plus iconiques d'Hollywood ? Sébastien Vaniček et Florent Bernard reviennent sur la genèse de "Evil Dead Burn", ses partis pris narratifs et techniques, et la place qu'il occupe dans une franchise qui avance, plus que jamais, à tâtons.
Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.
Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.
Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.
Dans un premier long-métrage poignant, "L’âge imminent", le collectif Col·lectiu Vigília explore avec une rare sensibilité les thèmes de la dépendance et des relations intergénérationnelles, dans une approche presque documentaire. Rencontre avec ses créateurs.