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La Reine des Neiges, un film de Chris Buck, Jennifer Lee : Critique

La Reine des Neiges : Tragédie féerique et poétique

Avec La Reine des neiges, les studios Disney reviennent à la filmographie classique, celle de la comédie musicale. C’est d’autant plus évident que les deux auteurs, Robert Lopez (The Book of Mormon, Avenue Q) et sa femme Kristen Anderson-Lopez (Le Monde de Nemo), avaient déjà collaboré avec les studios sur d’autres films. Saluons des mélodies entraînantes, notamment les magnifiques morceaux « Let It Go » et « For the First Time in Forever ». Ce nouveau film d’animation est co-réalisé par Chris Buck (Tarzan) et Jennifer Lee (Les Mondes de Ralph) et produit par Peter Del Vecho (La Princesse et la Grenouille).

« L’amour peut dégeler un cœur de glace »

Très librement inspiré du conte éponyme de 1844 du célèbre écrivain danois Hans Christian Andersen et de légendes nordiques, on y suit deux sœurs inséparables, Anna et Elsa, princesses du royaume d’Arendelle. Elsa se trouve dotée d’un puissant pouvoir… Disney a d’ailleurs la bonne idée de laisser cette partie mystérieuse, donnant ainsi à la malédiction, un poids beaucoup plus percutant. Un personnage féminin ni méchant ni gentil, une création qui échappe au manichéisme classique pour devenir un être tragique. Un changement de cap depuis Raiponce et Rebelle, les figures féminines sont moins mièvres, moins clichées, elles deviennent des héroïnes indépendantes, plus complexes et pugnaces.

Quant à la sœur Anna, bien que comparée à Raiponce, elle ne lui ressemble pas du tout physiquement, même si on peut voir quelques rapprochements au niveau du caractère, elle n’en est pas pour autant une pâle copie, c’est unehéroïne attachante, maladroite, énergique et très moderne aussi.

La Reine des Neiges introduit des personnages secondaires, hauts en couleurs, truculents, notamment Olaf, le bonhomme de neige qui rêve éperdument de l’été, hilarant, pétillant, naïf, courageux, mon personnage préféré avec Sven un adorable renne. Autre signe de nouveauté dans ce conte moderne, le prince charmant, Hans, n’est pas aussi charmant qu’annoncé. Quant à Kristoff le montagnard, un personnage original, un vendeur de glaçons de prime abord insociable. Ses discussions avec Sven sont à mourir de rire, il est parfaitement mis en avant sans passer en second plan.
Reine des neiges château

Enfin les effets visuels sont fulgurants, la glace devient un véritable personnage, on sent presque les flocons et le vent glacial sur ses joues. Un superbe graphisme où la neige magnifiée par les pouvoirs d’Elsa, passe par un Kaléidoscope de reflets allant du rose au bleu, du violet au rouge en passant par du gris et de l’orange. Le plus bel exemple de cette beauté visuelle, étant la création par Elsa lors de sa fuite, d’un somptueux château de glace au sommet des montagnes. Quant aux paysages, ils sont tout aussi sublimes (fjords, montagnes, lacs…), ça scintille, ça floconne, c’est magique…Cependant, il y a un vrai défaut dans ce film. Il y vraiment trop de chanson, même si certaines mélodies sont très belles comme « Vuelie », le chant norvégien du générique de début.

Au final, La Reine des Neiges est un long métrage au scénario plus contemporain, une féerie hivernale combinant amour et aventure, mais aussi des rebondissements, avec des moments déchirants, d’autres très drôles, ainsi que des protagonistes très attachants.

Synopsis : Elsa a des pouvoirs magiques qui lui permettent de créer des objets en glace et en neige et de geler les choses qui l’entourent. Le jour où elle blesse sa soeur Anna en s’amusant avec elle, ses parents lui demandent de contenir ses émotions et de ne pas révéler ses pouvoirs à quiconque. Quand ces derniers décèdent, Elsa devient l’héritière du trône. La journée de son couronnement, une nouvelle que lui apprend sa sœur la bouleverse et elle dévoile, sans le vouloir, sa magie aux fidèles. Traitée de sorcière, la nouvelle reine s’enfuit dans la montage. Anna part alors à sa recherche pour tenter de la convaincre de revenir au royaume.

La Reine des neiges : Bande-annonce

La Reine des Neiges : Fiche technique

Titre original : Frozen
Réalisation : Chris Buck & Jennifer Lee
Scénario : Shane Morris, Hans Christian Andersen, Jennifer Lee et Chris Buck
Doublages: Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff, Josh Gad, Santino Fontana et Alan Tudyk
Producteurs : John Lasseter, Peter Del Vecho
Studio de production : Walt Disney Pictures
Genre : Animation, Aventure
Durée : 102 minutes
Date de sortie : 4 décembre 2013

États-Unis – 2013

Critique du film Le Manoir Magique : Une animation féerique et festive

Le Manoir Magique : Féerie et esprit forain

Le Manoir magique est le quatrième long métrage pour le réalisateur Ben Stassen après Fly me to the Moon (2007), Le Voyage extraordinaire de Samy (2010) et Sammy 2 (2011), en collaboration avec Jérémie Degruson, cette adaptation d’un autre livre pour enfant de Domonic Paris se révèlent être une aventure féérique suscitant un certain enchantement grâce à la qualité de l’animation sublimée par la 3D conçu pour donner l’impression d’objets sortant de l’écran pour sauter à la figure du spectateur tel un jaillissement magique.

Magique est le mot résumant cette animation truffée d’automates et de jouets délirants à l’esthétisme coloré. Bien que le scénario ne brille pas par l’originalité, des jouets qui se rebellent contre un méchant agent immobilier, (du déjà vu vous me direz…), il n’est reste pas moins que le héros est un animal attachant, Tonnerre, un chaton au poil roux et aux grands yeux malicieux vert.

Les automates et personnages du film d'animation le Manoir Magique
Cronien, Stomp, Freak et Edison

Un vrai cadeau de fin d’année pour les enfants que ce dessin animée peuplée de personnage cocasses : comme l’automate Edison bricolés à base d’ampoules lumineuses, qui connait son Moowalker, Stomp un distributeur de bonbon vintage, Grammy, un antique phonographe de la belle époque…

Une flopée de personnages au caractère bien affirmée, surtout Jack ce lapin qui n’est rien d’autre que le chef de cet univers de fête foraine et il ne compte pas, bien sur laisser Tonnerre tout chambouler, après tout, le chaton est le dernier arrivant dans le manoir du prestidigitateur.

Au final, Le Manoir Magique nous plonge dans un univers féerique de gags burlesques ou la 3D est vraiment immersive, on se surprend à vouloir éviter les objets. Une grande réussite visuellement, un moment poétique, pétillant à apprécier en famille au son d’une musique jazzy pop folk anglaise composée par Ramin Djawadi.

Synopsis : Tonnerre, un jeune chat, a été abandonnée par sa famille. Seul et perdu, il trouve refuge dans un mystérieux manoir appartenant à Lorenz, un magicien retraité. Très vite, Tonnerre se sent comme chez lui dans cette maison enchantée, remplie de petits personnages aussi étranges qu’amusants… Mais lorsque son hôte, Lorenz, est envoyé à l’hôpital, son neveu essaie par tous les moyens de vendre la maison sans que son oncle ne s’en aperçoive. C’est alors que Tonnerre a une idée des plus surprenantes : transformer leur manoir en maison hantée ! La résistance s’organise avec l’aide de ses petits compagnons.

Fiche Cinéma : Le Manoir Magique

Titre original : The House of Magic
Genre : Animation
Réalisateur : Ben Stassen, Jérémie Degruson
Durée : 1h 25m
Pays : Belgique
Date de sortie : 25/12/2013
Distributeur : Studio Canal
Année de production : 2013
Film à partir de 6/8 ans

Peaky Blinders : un gangster drama à Birmingham

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[Critique] Peaky Blinders, saison 1, une série inspirée par des faits réels

Créée par Steven Knight, Peaky Blinders, cette série britannique dont la première saison a été diffusée sur BBC2 rassemblant près de 2.4 millions de téléspectateurs par épisode, est passée quasiment inaperçue. Pourtant, ce drame historique est une excellente surprise en 6 épisodes. Bien que comparé par les médias d’outre-Manche, à Broadwalk Empire, la série est plus proche par son style au film Gangs of New York de Martin Scorsese en 2002.

Après la série The Wipers Times qui s’inspire aussi d’une histoire vraie, celle soldats anglais postés sur la ligne de front tenant un journal satirique durant la première guerre mondiale, Peaky Blinders s’intéresse à ceux qui sont revenus du front, traumatisés, dans un pays ou la pauvreté accroît les tensions politiques et sociales et que la révolte gronde dans le Nord de l’Irlande.

En plus de traiter d’une période de l’histoire anglaise plutôt méconnue, la série s’intéresse plus particulièrement à un gang de bookmakers, les Peaky Blinders (un gang ayant vraiment existé sévissant dans les faubourgs pauvres de Birmingham). La série nous entraîne dans ses temps de troubles, un an après la fin de la première guerre mondiale, Peaky Blinders dirigés par la famille Shelby.

Une famille, dont chaque membre, cherche à faire prospérer ses affaires criminelles, rackettant les commerçants, truquant les paris et j’en passe. Une famille ou le plus jeune, Tommy (Cillian Murphy) mais aussi le plus violent attire l’attention des autorités qui jusqu’à présent n’en avait que faire de la criminalité omniprésente. Seulement le détournement d’une cargaison d’armes éveille la peur et attire l’attention des plus hautes autorités de l’État. Winston Churchill, craignant qu’un soulèvement ou que les communistes ou encore que des Volontaires irlandais (qui deviendront l’IRA) ne soient derrière ce vol, décide d’envoyer le Chief Inspector Chester Campbell incarné par le néo-zélandais Sam Neill. Une sorte de super flic puritain, à la tête de sa propre police composée surtout de gros bras, jugeant les forces de l’ordre de Birmingham corrompues et faibles, il va se servir de son expérience en Irlande pour nettoyer la ville par tous les moyens…

Peaky Blinders : Ambiance western adaptée à Birmingham

Deux hommes implacables, stratèges vont alors s’affronter, l’un veut maintenir la domination de son clan, l’autre veut faire régner l’ordre dans une ville plongée dans la plus noire des misères mais aussi agitée par des revendications politiques.

Une partie d’échecs intense va commencer entre les deux protagonistes, qui portent la série sur leurs épaules. Peaky Blinders est une série immersive, le portrait de l’extrême pauvreté y est fait sans fard, on plonge littéralement dans cette ambiance très western d’après guerre recréée par des jeux de lumière sublimes, une photographie d’un esthétisme à couper le souffle.

La réalisation est particulièrement bien soignée offrant de magnifiques plans, même si par moment un peu trop réaliste, elle n’est en pas moins poétique voir surréaliste comme lors de la première scène de « bénédiction » du cheval de course. Une série sans temps mort, sublimée par une bande son originale comprenant Nick Cave, The Raconteurs ou encore The White Stripes. Loin d’être anachronique, cette musique rock peint de ses sons les conflits et la combativité d’un univers sombre et rarement entrevu du passé de l’Angleterre.annabelle-wallis-peaky-blinders

Enfin Peaky Blinders happe par l’intensité des jeux des acteurs, notamment Cillian Murphy impressionnant dans son interprétation toute en nuance d’un leader impitoyable, façonné par la guerre. Face à lui, Sam Neill (The Tudors et dernièrement Alcatraz) trouve enfin un rôle à la mesure de son talent, Ce Casting masculin magistral est entouré de rôles féminins impressionnants, Helen McCrory qui campe la tante Polly, la matriarche de la bande, est très crédible et Annabelle Wallis, la belle Grace (The Tudors) serveuse mais pas seulement, je vous laisse découvrir son secret dans ce bar fréquenté par les hommes du gang ou elle travaille en arborant une coiffure année 2013. Notons aussi la présence d’Andy Nyman en Winston Churchill. Ses quelques mots rendent hommage à une série punchy, qui vient d’être prolongée pour une saison 2, Enjoy !

Synopsis : En 1919, à Birmingham, soldats, révolutionnaires politiques et criminels combattent pour se faire une place dans le paysage industriel de l’après-Guerre. Le Parlement s’attend à une violente révolte, et Winston Churchill mobilise des forces spéciales pour contenir les menaces. La famille Shelby compte parmi les membres les plus redoutables. Surnommés les « Peaky Blinders » par rapport à leur utilisation de lames de rasoir cachées dans leurs casquettes, ils tirent principalement leur argent de paris et de vol. Tommy Shelby, le plus dangereux de tous, va devoir faire face à l’arrivée de Campbell, un impitoyable chef de la police qui a pour mission de nettoyer la ville. Ne doit-il pas se méfier tout autant la ravissante Grace Burgess ? Fraîchement installée dans le voisinage, celle-ci semble cacher un mystérieux passé et un dangereux secret.

Bande-Annonce : Peaky Blinders 

Peaky Blinders : Fiche technique

Créateur : Steven Knight
Interprétation : Cillian Murphy (Tommy Shelby), Sam Neill (Chester Campbell),Helen McCrory (Polly Gray), Annabelle Wallis (Grace Burgess)…
Production : Katie Swinden
Chaîne d’origine : BBC Two
Genre : Drame historique, Série policière
Durée : 6 épisodes de 55 minutes

Royaume-Uni – 2013

Le Cinquième Pouvoir, un film polémique : La Critique

Le Cinquième Pouvoir : un cyber biopic sans code d’accès

Réalisé par Bill Condon au commande des deux épisodes de la franchise « Twilight », le cinquième pouvoir a été le film le moins rentable de l’année 2013, un gros échec commercial fustigé par le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, ce qui peut s’expliquer car le film est directement adapté des mémoires de Daniel Domscheit-Berg, l’associé avec lequel il s’est gravement querellé au point de lui avoir intenté un procès lors de la publication de son autobiographie. Ce dernier, joué par l’acteur Daniel Brühl, a été le co-fondateur et le bras droit d’Assange avant la rupture.

Ce thriller politico-informatique commence par un générique rappelant l’évolution de l’information de Gutenberg à la presse actuelle en manque d’inspiration. Une presse qui a d’ailleurs mal reçu le film. Pourtant même si la mise en scène n’équivaut pas celle du film « The Social Network » de David Fincher dans la maîtrise du récit, le thème abordé ici est bien plus intéressant que celui du film de Fincher. Il s’interroge sur le rôle des médias, qu’est-ce que l’information à l’ère de la communication en temps réel ?

« Le Quatrième pouvoir » (2013) de Dennis Gansel, thriller allemand sur le pouvoir des médias s’interrogeait sur la puissance d’un pouvoir en perte de vitesse à l’heure d’un autre contre pouvoir, l’Internet que représente Wikileaks et son apôtre Julian Assange qui d’un seul clique peut tout faire basculer.

Evidemment le scénario, un peu trop brouillon ne répond pas aux questions, le film expose les principaux faits d’armes, les comptes offshores de la banque Julius Bär en 2008 à l’affaire Manning plus récemment, en passant par les documents de guerre concernant la présence américaine en Afghanistan et en Irak. Le Cinquième Pouvoir donne une vision romancé de l’histoire de wikileaks, maintenant quant à savoir si c’est un film de propagande cherchant à diaboliser Julian Assange, c’est aux spectateurs de se faire une idée…

En conclusion, ce film vient trop tôt et ne permet pas de comprendre l’importance qu’a cette histoire sur le futur de ce contre pouvoir qu’est Internet. Le gros point fort du film est le casting avec Daniel Brühl et Benedict Cumberbatch qui campe avec beaucoup de talent le fondateur de Wikileaks, un personnage fascinant qui lors de la scène finale, commandé par le vrai Assange face à la caméra nous confie : « Salut toi, ce film c’était de la merde. Au revoir. »).

En attendant peut être l’émergence d’un 6ème pouvoir pour avoir les codes d’accès permettant de comprendre la notion d’information et désinformation de masse.

Synopsis : en décembre 2006, Julian Assange (Benedict Cumberbatch) lance WikiLeaks, avec pour but de dévoiler des informations que les différents gouvernements dans le monde souhaitent garder secrètes. Il est aidé pour cela de son ami Daniel Berg (Daniel Brühl), avec qui il va parvenir à publier de plus en plus d’informations avec un principe simple : préserver l’anonymat des sources. Mais avec le temps et la montée en popularité du site, les deux amis vont laisser leurs divergences d’opinions éclater, alors qu’Assange devient activement recherché par le gouvernement américain.

Le Cinquième Pouvoir : Fiche technique

Titre original : The Fifth Estate

Réalisation : Bill Condon
Montage : Virginia Katz
Scénario : Josh Singer
Photographie : Tobias A. Schliessler
Musique : Carter Burwell
D’après le livre de : Daniel Domscheit-Berg,David Leigh,Luke Harding
ACTEURS : Benedict Cumberbatch, Carice van Houten, Laura Linney, David Thewlis, Moritz Bleibtreu, Anthony Mackie, Daniel Brühl
Date de sortie : 4 Décembre 2013
Pays : États-Unis
Distributeur : Buena Vista
Genre : Thriller, Biopic
Durée : 128 min.

Critique du film Don Jon, de Joseph Gordon-Levitt

Don Jon, est le premier film en tant que réalisateur, scénariste, ET acteur, de Joseph Gordon-Levitt. Il prend le pari risqué de faire un film sur une dépendance bien contemporaine le porno. Thème abordé par le cinéaste britannique Steve McQueen dans Shame, film admirable et plus douloureux que Don Jon qui est une comédie plus légère.

Une comédie assez osée dont l’originalité tient surtout au personnage interprété par Joseph Gordon-Levitt, un jeune homme prénommé Don Jon, un être aussi vide que musculeux, dont la vie se résume en quelques mots sa bagnole, son église, son appart, sa famille, ses potes, ses baises d’un soir et bien sûre ses sites pornos.

Jusqu’à ce qu’il rencontre Barbara (Scarlett Johansson), elle lui plait vraiment sauf qu’elle est éduquée par des films à l’eau de rose et à une idée bien précise de l’homme de ses rêves.

La réflexion est adroite en abordant deux conceptions de l’amour, du sexe nés d’un gavage l’un au porno, l’autre aux comédies guimauves. Don Jon retranscrit ce processus d’influence imposée par la société que l’on retrouve dans l’air du temps. Cette libido qui ne trouve sa satisfaction que dans le virtuel est une assez bonne observation d’une génération élevée dans le porn.

Don Jon : porn-addict

Ce n’est pas la comédie du siècle, le film regorge de stéréotypes, comme celle de la famille italienne et on peut reprocher cette répétition en boucle de scènes (voiture, lit, ordinateur, église) même si cette construction traduit la vacuité de l’existence du personnage, elle devient lassante à force.

Au final une première comédie satirique dynamique, assez drôle mais qui s’essouffle pour prendre une tournure mièvre dès l’arrivée du personnage d’Esther (Julianne Moore), plutôt mal introduit. Reste une bonne bande son et un casting dominé par Tony Danza, incarnant un magnifique père à l’italienne au caractère bien trempé et une parfaite Scarlett Johansson dans le rôle de la bimbo. Certes, ce premier long-métrage bien que n’étant pas exempt de défaut reste un film assez divertissant, sans prise de tête, une sorte de « Shame » version American Pie.

Au cours du mois de janvier 2014, on verra un autre film abordant un thème très proche Nymphomaniac de Lars Von Trier que l’on attend avec impatience.

Synopsis : Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…

Fiche technique : Don Jon

Réalisateur : Joseph Gordon-Levitt
Acteurs : Brie Larson, Glenne Headly, Joseph Gordon-Levitt, Julianne Moore, Rob Brown, Scarlett Johansson, Tony Danza
Scénariste : Joseph Gordon-Levitt
Compositeur : Nathan Johnson
Directeur De La Photographie : Thomas Kloss
Monteur : Lauren Zuckerman
Genre : Comédie, Drame, Romance
Distributeur : Mars Distribution
Date De Sortie : 25 décembre 2013

Le Loup de Wall Street, un film de Martin Scorsese : Critique

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Le loup de Wall Street, un film extravagant, baroques et orgiaques

Remarquablement scénarisé par Terence Winter (les séries Les Soprano, Boardwalk Empire), ce long métrage est tiré de la biographie de Jordan Belfot, courtier dans les années 90, fondateur de la firme de courtage Stratton Oakmont, son incroyable succès et sa fortune colossale alors qu’il avait à peine plus de vingt ans lui ont valu le surnom de « Loup de Wall Street »Le Loup de Wall Street raconte la spectaculaire ascension et la chute vertigineuse de Belfort à Wall Street.

Après Shutter IslandLes InfiltrésAviator et Gangs Of New York, et pour sa cinquième collaboration avec Martin Scorsese, Leonardo Dicaprio se transforme en un accro aux drogues, au sexe, à l’alcool et surtout à l’argent dans The Wolf Of Wall Street.

«Je m’appelle Jordan Belfort. L’année de mes 26 ans, je me suis fait 49 millions de dollars. Ce qui m’a carrément fait chier, c’est qu’à trois près, ça aurait fait un million par semaine.»

Le Loup de Wall Street est une véritable odyssée au cœur du monde de la finance, un Far-West spéculant sur l’immobilier, le 11 septembre 2001, les guerres, les famines et les faillites d’autres pays. Pour autant ce film n’est pas une dénonciation, il montre simplement un style de vie, un composant du tissu des sociétés ou démesure, excès, vulgarité et obscénité sont partout.

Le Loup de Wall Street est percutant, déjanté, une plongée fascinante au cœur de tous les genres d’addictions engendrés par la puissance de l’argent facile. Le film retrace le parcours d’un jeune homme, Jordan Belfort, débarquant à Wall Street et amassant une véritable fortune en un temps record. Le personnage de Belfort est comparé par Leonardo Dicaprio « au plus débauché et décadent des empereurs romains, gouverné par l’appétit démesuré de la Rome antique, un Caligula contemporain ».

Fric, Femmes, Coke, Champagne et Style

Certes, Le Loup de Wall Street ressemble à un voyage dans l’Empire romain des années 80, il montre la débauche, le sexe, les stupéfiants et la cupidité. Mais Scorsese a su surtout détourner un des concepts les plus importants de la culture américaine, celui du self made man parti de rien, ce symbole héroïque de l’Amérique passe très vite de l’argent valeur gagnante pour tous à l’idée de la réussite à tout prix, peu importe le chemin emprunté. Comme l’explique le personnage interprété par Matthew McConaughey, premier patron et mentor de Jordan Belfort dans une scène mémorable, chantant «Hu-hu hum… Hu-hu hum…» en se battant le poitrail en rythme « Le fric est plus fort que tout ». Le début de l’ascension fulgurante et la chute prévisible pour ce trader de New York, escroquant les investisseurs et dont l’existence entière est vouée à satisfaire sa soif illimitée de possession.

Martin Scorsese nous ici signe un véritable petit bijou, une satire terrifiante du temple de la spéculation financière ou les délires ne sont que le reflet d’un monde, qui se résume à l’intervention de Matthew McConaughey :

«On ne produit rien, on ne construit rien ; la finance c’est du vent !».

Les lubies et autres délires ne comblent aucun vide, à travers Belfort s’exprime les Golden boys version Tony Montana qui, dans leurs costards-cravates, refusent d’assumer leurs statuts de criminels. Dans ce film, on nous montre que le monde de la haute finance est caractérisé par un cynisme, une folie qui va au-delà des lois, à la manière d’un Patrick Bateman, trader psychopathe des années Reagan dans le roman American Psycho de Bret Easton Ellis.

Le loup de Wall Street est un film jouissif, un monument d’agressivité visuelle, aux dialogues très savoureux et au vocabulaire épicé, à voir en VO pour en profiter pleinement.

Grisant, cinglant, ce portrait vertigineux et décapant d’un self made man interprété par un DiCaprio époustouflant, incroyable transpirant par tous les pores de la peau ce courtier avide, barjot aux frasques titanesques. Bref, Scorsese orchestre un véritable coup de maître, un film sulfureux, hilarant, d’une opulence visuelle infernale porté par un casting démentiel.

Synopsis : L’argent. Le pouvoir. Les femmes. La drogue. Les tentations étaient là, à portée de main, et les autorités n’avaient aucune prise. Aux yeux de Jordan et de sa meute, la modestie était devenue complètement inutile. Trop n’était jamais assez…

Le Loup de Wall Street : Bande-annonce

Le Loup de Wall Street : Fiche technique 

Titre original : The Wolf Of Wall Street
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Terence Winter d’après le livre de Jordan Belfort
Interprétation : Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Margot Robbie, Jon Favreau, Matthew McConaughey, Jean Dujardin, Kyle Chandler, Cristin Milioti, Rob Reiner, P.J. Byrne…
Photographie : Rodrigo Prieto
Montage : Thelma Schoonmaker
Musique : Howard Shore
Producteurs : Martin Scorsese, Leonardo DiCaprio, Joey McFarland, Riza Aziz, Emma Tillinger Koskoff
Distributeur : Paramount
Genre : Biopic, comédie dramatique
Durée : 179 minutes
Date de sortie : 25 Décembre 2013

États-Unis – 2013

 

Ecoutez la chanson du générique de fin du Hobbit : la Désolation de Smaug

Musique de fin de générique du film The Hobbit : la Desolation de Smaug

C’est sur Facebook que le réalisateur Peter Jackson publie la superbe musique de fin de générique du film The Hobbit : la Désolation de Smaug I see Fire signé Ed Sheeran. Il évoque l’importance de la tradition, d’avoir une chanson sur le générique de fin illustrant l’ambiance du film et soulignant la résonnance émotionnelle de la fin de l’histoire. Une première pour Sheeran qui signe là, un titre pour un blockbuster dont la la BO est composée par Howard Shore.

The Quest For Erebor – Howard Shore, London Voices, Tiffin Boys’ Choir

Une musique à écouter, sensible, à savourer en cette année 2013 qui s’achève..

We have a tradition in our Tolkien films of having a song over the closing credits. It’s very important that the song feels right for the world of the movie – and also carries the emotional resonance of the end of that particular film. The Desolation of Smaug is no different. The ending of this film requires a voice and sensibility that will allow a viewer to process what they have just experienced. It’s always tricky to think of the right person to create and perform these songs. Someone who shares our passion for Tolkien, and somebody who is prepared to respect the film.
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Chanson de clôture I See Fire

Paroles de la chanson de fin générique The Hobbit 2

Oh, misty eye of the mountain below
Keep careful watch of my brothers’ souls
And should the sky be filled with fire and smoke
Keep watching over Durin’s son

If this is to end in fire
Then we should all burn together
Watch the flames climb high into the night
Calling out for the rope, sent by and we will
Watch the flames burn over and over
The mountain side

And if we should die tonight
Then we should all die together
Raise a glass of wine for the last time
Calling out for the rope
Prepare as we will
Watch the flames burn over and over
The mountain side

Desolation comes upon the sky

Now I see fire
Inside the mountain
I see fire
Burning the trees
And I see fire
All of we souls
And I see fire
Blood in the breeze
And I hope that you remember me

Oh, should my people fall in
Surely I’ll do the same
Come finding mountain holes
We got too close to the flame
Calling out for the rope
Hold fast and we will
Watch the flames burn and over
The mountain side

Desolation comes upon the sky

Now I see fire
Inside the mountains
I see fire
Burning the trees
And I see fire
All of we souls
And I see fire
Blood in the breeze
And I hope that you remember me

And if the night is burning
I will cover my eyes
For if the dark returns then
My brothers will die
And as the sky’s falling down
It crashed into this lonely town
And with that shadow upon the ground
I hear my people screaming out

Now I see fire
Inside the mountains

Le Hobbit : La Désolation de Smaug : Critique du film de Peter Jackson

Après le premier opus Un Voyage Inattendu, voici The hobbit : la désolation de Smaug, une nouvelle adaptation de la célèbre œuvre de J.R.R. Tolkien réalisé par Peter Jackson.

On se souvient tous du talent grandiose dont le réalisateur a fait preuve dans la trilogie Le seigneur des anneaux. Aux commandes de la saga préquelle au Seigneur des Anneaux, le réalisateur nous livre un second opus plus sombre que le premier, visuellement très réussi avec des décors grandioses, des paysages vertigineux qui  nous immerge littéralement dans la Terre du milieu.

La Désolation de Smaug reprend donc là où « Un voyage inattendu » s’était arrêté à savoir sur le promontoire où les aigles ont déposés notre compagnie, qui part pour rejoindre la maison de Beorn. Notre Hobbit Bilbon Sacquet (Martin Freeman) et la compagnie de 13 nains guidés par Thorin Écu-de-Chêne (Richard Armitage) continu ainsi leurs aventures vers la montagne Solitaire en quêtes de l’Arkenstone.

Dragon d’or, Humour, Paysages sublimes et batailles épiques

Au cours de ce périple ils feront la rencontre des élfes Legolas (Orlando Bloom) et de Thauriel (Evangeline Lilly), un personnage qui ne fait pas partie de l’univers Tolkien. Comme les puristes l’auront compris Peter Jackson prend certaines libertés avec l’original, ceux qui ne plaira certainement pas aux fans avertis. Il bien l’avouer l’amourette entre Tauriel et Kili est assez ridicule et n’apporte pas grand-chose au film.

Pour autant Le Hobbit : la Désolation de Smaug bien que n’étant pas très fidèle au roman reste un film dynamique avec un bestiaire foisonnant, des décors ultra détaillés mâtinés de scènes mémorables comme la péripétie des tonneaux, le nid d’araignée et des méchants aux trognes répugnantes.

Malgré ses défauts on retiendra l’image sublime du dragon recouvert d’or, comme le dit Bilbo, « les légendes minimisent sa grandeur »: le monstre, interprété par Benedict Cumberbatch, est terrifiant et ultra charismatique. La scène du face à face Gandalf / Sauron est également grandiose !

Par contre la musique est assez pauvre exception faite de la chanson du générique de fin, elle est magnifique. En conclusion un film agréable mais il lui manque une âme, trop de décors plastiques/studios. Toutefois, Le Hobbit : la Désolation de Smaug reste un bon film grand public qui se laisse regarder avec plaisir, avec des touches d’humour sympas et de bonnes scènes d’actions. Le rythme est entrainant, le scenario assez bien ficelé, au final un blockbuster divertissant pour finir l’année en beauté.

En attendant avec impatience le dernier opus de la saga Le Hobbit : Histoire D’Un Aller Et Retour (anciennement deuxième volet) qui raconte comment Bilbo Baggins a mis la main sur la bague au centre du Seigneur des anneaux.

Synopsis : Après avoir dérobé au sinistre Gollum son anneau magique, le hobbit Bilbo Baggins et les treize nains, menés par le valeureux Thorin, poursuivent leur dangereux périple vers le Mont Solitaire. Leur objectif: dérober une pierre précieuse qui leur permettra de faire valoir leurs droits régaliens sur ce territoire, occupé depuis plusieurs années par le dragon Smaug. Ayant réussi à échapper à une armée d’orques, les intrépides voyageurs croisent l’homme-ours Beorn, traversent la forêt de Mirkwood, où ils résistent aux attaques de terribles araignées géantes, pour ensuite se faire capturer par les Elfes de la forêt. Or, parmi ces derniers, la guerrière Tauriel, chère au coeur de l’elfe Legolas, s’éprend du nain Kili, créant du coup de nouvelles alliances inattendues. Pendant ce temps, le mage Gandalf, instigateur de la quête de Thorin, arpente la Terre du Milieu à la recherche de l’origine d’une menace dont il pressent l’imminence.

Fiche technique –  Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Durée du film : 2h41
Titre original : The Hobbit – The Desolation of Smaug
Date de sortie : 11 décembre 2013
Réalisateur : Peter Jackson
Scénaristes : Peter Jackson, Philippa Boyens, Frances Walsh, Guillermo del Toro
D’après l’oeuvre de J.R.R. Tolkien
Interprètes : Benedict Cumberbatch, Martin Freeman, Richard Armitage,
Ian McKellen, Cate Blanchett
Photographie : Andrew Lesnie
Montage : Jabez Olssen
Musique : Howard Shore , Chansons : Ed Sheeran
Costumes : Ann Maskrey
Décors : Vincent Ra
Producteur : Metro Goldwyn Mayer (MGM), New Line Cinema
Distributeur : Warner Bros. France

 

Critique : Hunger Games – L’embrasement, un film de Francis Lawrence : Critique

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Hunger Games – L’embrasement : Relooking et Rébellion dans un monde post-apocalyptique

Le second opus de la saga Hunger Games raconte l’histoire d’une rébellion, incarnée par la figure de Katniss Everdeen, 16 ans qui vit dans la nation post-apocalyptique de Panem, sur les ruines de l’Amérique du Nord.

Dans ce futur dystopique, dans lequel Le Capitole corrompue règne sur les 12 districts, drainant non seulement toutes les richesses des régions mais les obligeant aussi à envoyer chaque année, de jeunes gens pour participer à des jeux, en réalité des combats de gladiateurs sanguinaires. Hunger Games, est une série de 3 livres  écrite par l’Américaine Suzanne Collins, publiés respectivement en 2008, 2009 et 2010.

Ce second volet de la saga Hunger Games : Catching Fire est mieux rythmé et plus sombre que le premier volet, le metteur en scène Francis Lawrence, succédant à Gary Ross,  livre ici une version à la fois plus tragique et spectaculaire.

Ce deuxième chapitre débute juste après les événements du premier volet. Après avoir remporté les 74 éditions des jeux d’Hunger Games, Katniss (Jennifer Lawrence) est devenue le symbole sans le vouloir d’une rébellion qui gronde dans les 12 Districts. Pour calmer la population, le machiavélique Président Snow (Donald Sutherland) imagine une tournée des gagnants, l’opération de propagande ne suffisant pas, il décide d’altérer les règles du jeu de la mort en créant un 75èmes Hunger Games, les Jeux de l’Expiation, une édition spéciale, réunissant cette fois ci les vainqueurs des années précédentes.

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Sans aucun doute, cette suite est nettement plus passionnante que son prédécesseur, on retrouve Katniss dans la figure d’une Artémis chasseresse, héroïne malgré elle, dans ce monde d’oppression prêt à exploser à la figure d’un Capitole, régit par un système orwellien asphyxiant les peuples. D’ailleurs on retrouve dans Hunger Games – L’embrassement, des sous-thèmes comme la critique de télé-réalité, la lutte des classe, les manipulations par les médias, les politiques même si ses sujets ne sont pas assez soulignés et traités un peu trop vite, il n’en reste pas moins que cet opus est plus une fable politique qu’un film d’action. Un volet bien plus profond, plus élégant aussi tout en prenant une ampleur inattendu pour un film au départ destiné aux adolescents, car il est avant tout question de révolte et du destin de Katniss.

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Côté décors, il s’agit d’une véritable révolution artistique comparé au 1er opus, visuellement le film est sublime avec les décors démesurés du Capitole, des costumes magnifiques signés Trish Summerville notamment une robe faite entièrement de papillons monarques. Les vêtements jouent un rôle important dans les livres de Collins, ils traduisent à travers les couleurs gris-brun l’état de pauvreté des régions mais aussi l’esprit totalitaire d’un système oppressant. Ces détails comme l’élaboration des costumes avec leurs symboliques montrent comment on peut réinventer un état fasciste avec d’un côté la réalité d’un univers majoritairement pauvre, opprimé, manipulé avec ses couleurs ternes face à l’opulence d’un Capitole aux couleurs éclatantes et tissus magnifiques, dirigé par un charismatique Donald Sutherland dans le rôle du président Snow. Une parfaite parabole de notre monde actuel…

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Cette attention particulière aux décors et effets spéciaux est aussi visible dans l’arène, qui devient enfin un personnage à part entière avec ses pièges grandeur nature (singes enragés, mutations génétiques, brouillard empoisonné, lame de fond).

Hunger games – L’embrassement est plus prenant avec des scènes de jeux intenses, plus drôle, plus adulte aussi et l’interprétation est toujours de qualité avec en tête Jennifer Lawrence toujours aussi captivante, un Kiefer Sutherland magique, en un mot un casting (Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Elizabeth Banks, Woody Harrelson …) au diapason.

Bien sur le film souffre de quelques défauts comme certaines longueurs au début et une fin qui ressemble à Matrix reloaded, dans l’ensemble, Hunger Games 2 possède une véritable tension, une tragédie, de l’intrigue, une bande-son parfaite sur un rythme de plus en plus haletant et une atmosphère férocement plus sombre. En attendant les deux prochains opus des aventures de Kadniss Everdeen, Hunger Games, l’embrassement reste un divertissement de bonne qualité.

Synopsis : Panem (ex Etats-Unis d’Amérique) dans le futur. Le pays divisé en 13 districts a connu une sécession du 13 ème district qui a finalement été réprimée. A tel point que le 13 ème district a été supprimé. Il n’en reste que 12. Mais la misère et la faim sont le quotidien des habitants du pays. De plus pour maintenir un climat de terreur, chaque année sont organisés des jeux télévisés nommés Hunger Games par Le Capitole centre politique. Ces jeux sont largement inspirés des jeux du cirque romains. 1 garçon et une fille sont prélevés dans chaque district et doivent s’affronter à mort. Seul doit en rester un qui obtiendra gloire et richesse et pourra ainsi faire en bénéficier son district…

Hunger Games – L’Embrasement : Bande-annonce

Hunger Games – L’Embrasement : Fiche Technique

Titre original : The Hunger Games – Catching Fire
Réalisation : Lawrence Francis
Scénario : Gary Ross, Suzanne Collins, Billy Ray d’après le roman de : Suzanne Collins
Interprétations : Jennifer Lawrence, Liam Hemsworth, Jack Quaid, Taylor St. Clair, Sandra Lafferty, Woody Harrelson, Josh Hutcherson, Paula Malcomson, Willow Shields, Donald Sutherland, Elizabeth Banks, Bruce Bundy, Nelson Ascencio, Lenny Kravitz, Stanley Tucci, Philip Seymour Hoffman, Sam Claflin, Lynn Cohen, Jena Malone, Amanda Plummer, Jeffrey Wright
Musique : James Newton Howard, T-Bone Burnett
Montage : Alan Edward Bell
Photographie : Jo Willems
Durée : 146 minutes
Genre : Science-fiction, Aventures, Teen movie
Date de sortie : 27 novembre 2013

Etats-Unis – 2013

Capitaine Phillips, la critique : un thriller maritime époustouflant

Capitaine Phillips : pirates à bord !

Capitaine Phillips, nouvelle œuvre de Paul Greengrass, raconte un fait divers survenu en Avril 2009 où un cargo, le « Maersk Alabama », dirigé par le Capitaine Richard Phillips, dû faire face à un abordage par des pirates somaliens. Paul Greengrass, ancien documentariste et reporter de guerre est l’auteur des deux meilleurs opus de Jason Bourne : « La mort dans la peau », « La vengeance dans la peau », de l’excellent « Green Zone » et du magnifique Bloody Sunday. Cette fois ci le réalisateur traite d’un acte de piraterie comme l’a fait récemment Tobias Lindholm dans Hijacking, un film qui se concentrait plutôt sur les coulisses techniques et administratives de la demande de la rançon. Capitaine Phillips bien que traitant du même sujet privilégie l’aspect action à travers un style très nerveux et une musique oppressante qui fait d’ailleurs penser à la musique de Inception, surtout à la fin.

Ce film adapté d’une histoire vraie tient en haleine le spectateur durant 2h15, on vit la prise d’otage, on est dans le bateau, on accroche, l’immersion est totale grâce à un scénario de qualité et une mise en scène réaliste.

Greengrass produit ici un thriller maritime époustouflant, tendu comme une lame de fond, ou la tension monte crescendo sans jamais s’essouffler grâce à une construction intelligente et dynamique, on passe d’une course poursuite maritime à une phase survival pour enchaîner sur un terrible huit clos oppressant, anxiogène…

Paul Greengrass offre aussi dans ce long-métrage une réflexion captivante sur les effets pervers de la mondialisation en évoquant un autre conflit sous-jacent, celui qui se déroule entre les riches et les pauvres à travers l’appropriation du flux de richesse par un seul groupe minoritaire excluant une majorité. Cette « histoire criminelle née sur l’océan de l’économie mondiale » dixit le réalisateur montre que le travail de ses anciens pêcheurs somaliens a été volé par les occidentaux venus pêcher illégalement, volant ainsi le seul moyen de subsistance d’un pays dont la situation est désespérée.

Capitaine Philips retrace une histoire humaine bouleversante, celle du capitaine Philips tout en nous ramenant à l’origine de l’affaire, la cause économique provoquant les inégalités. Un film au suspens diablement efficace dont la tension dramatique permanente cloue le spectateur à son fauteuil. Un spectacle émouvant, haletant, à voir pour l’histoire, l’excellente réalisation dans le style documentaire même si on peut reprocher la caméra tremblotante censée apporter plus de réalisme. Au final un divertissement de haute facture avec de magnifique prise de vue maritime, une interprétation charismatique des 4 acteurs somaliens, notamment Barkhad Abdien en chef des Pirates à la vaste palette de jeu et Faysal Ahm impressionnant en bras droit ultra violent et colérique. Et Tom Hanks, bien sur, magistral, dans le rôle du Capitaine Philips, un acteur au talent indéniable capable de transmettre l’émotion, le traumatisme d’un homme qui dira au début du film « le monde d’aujourd’hui est dangereux mais tout se passera bien, c’est une certitude ».

Synopsis : Capitaine Phillips retrace l’histoire vraie de la prise d’otages du navire de marine marchande américain Maersk Alabama, menée en 2009 par des pirates somaliens. La relation qui s’instaure entre le capitaine Richard Phillips, commandant du bateau, et Muse, le chef des pirates somaliens qui le prend en otage, est au cœur du récit. Les deux hommes sont inévitablement amenés à s’affronter lorsque Muse et son équipe s’attaquent au navire désarmé de Phillips. À plus de 230 kilomètres des côtes somaliennes, les deux camps vont se retrouver à la merci de forces qui les dépassent…

Fiche Technique

Réalisation : Paul Greengrass
Montage : Christopher Rouse
Scénario : Billy Ray
Photographie : Barry Ackroyd
Musique : Henry Jackman
D’après le livre de : Richard Phillips, Stephan Talty, Capitaine Phillips est l’adaptation du livre « A Captain’s Duty : Somali Pirates, Navy SEALs, and Dangerous Days at Sea » écrit par le Capitaine Richard Phillips.
Casting : Catherine Keener : Andrea Phillips, Tom Hanks : Capitaine Richard Phillips, Chris Mulkey : John Cronan, Yul Vazquez : Capitaine Frank Castellano, Christopher Stadulis, David Warshofsky, Barkhad Abdi : Muse, Barkhad Abdirahman : Bilal, Mahat M. Ali, Faysal Ahmed : Najee
Date de sortie : 20 Novembre 2013
Pays : États-Unis
Distributeur : Columbia
Genre : Thriller
Durée : 134 min.

 

Cartel, la critique : le thriller de Ridley Scott

Cartel : Polar noir surprenant et Thriller sans frissons

Synopsis : La descente aux enfers d’un avocat pénal, attiré par l’excitation, le danger et l’argent facile du trafic de drogues à la frontière américano-mexicaine. Il découvre qu’une décision trop vite prise peut le faire plonger dans une spirale infernale, aux conséquences fatales.

The Counselor (Cartel en France) est le nouveau film de Ridley Scott, un réalisateur talentueux, un grand faiseur de films, touche à tout, créant des mondes dans lequel les spectateurs aiment ou pas se plonger. Ridley Scott a su livrer par le passé des chefs d’œuvres (Alien, Blade Runner) la Rome antique (Gladiator), les Croisades (Kingdom of Heaven et Robin des bois), les guerres contemporaines (La Chute du Faucon Noir, Mensonges d’état), la découverte de l’Amérique (1492 : Christophe Colomb). Après American Gangster, Cartel nous plonge dans le monde de la drogue et ses gangsters.

Cartel a pour scénariste Cormac McCarthy, un écrivain américain renommé, auteur notamment des romans La Route ou No country for old men,(adapté au cinéma par les frères Coen). Il signe ici son premier script pour le cinéma, un thriller à la fois noir et décontenançant de par son rythme lent et le ton très verbeux.

Un film vraiment singulier, que l’on aime ou déteste, car Cartel est un de ses rares films où les parties dialoguées (environ 90% du film) servent à traiter de la condition humaine, notre appartenance au monde, notre implication et la corrélation entre soi et les mondes qu’ont construit avec ses conséquences. Un scénario certes trop bavard mais offrant quelques dialogues plutôt brillants, terriblement intelligents pour ce thriller implacable et sophistiqué.

Cartel décrit l’animalité humaine, sur fond de corruption, de meurtres et de trafics, la violence ne s’exprime pas vraiment pas l’action, elle est dans les personnages, les situations, dans l’ambiance à la mise scène froide, nihiliste, déroutante pour le spectateur qui ne s’attache à aucun des personnages.

Au final, le gros point noir, la grande déception dans The Counselor est l’absence de rythme, reste les dialogues somptueux par moments et le casting racé, digne d’une constellation. Un thriller dramatique, esthétique, qui bien même s’il manque de chair, ne manque pas de sang avec un final effrayant. Ce n’est pas le meilleur film de Ridley Scott (endeuillé par le décès de son frère auquel le film est dédié) mais c’est un polar à voir pour se faire sa propre opinion, en sachant que Cartel est avant tout une narration basée sur des répliques qui pourraient bientôt devenir cultes.

Fiche Technique : Cartel

Durée du film : 1 h 57
Titre original : The Counselor
Date de sortie : 13 novembre 2013
Réalisateur : Ridley Scott
Scénariste : Cormac McCarthy
Interprètes : Michael Fassbender (Counselor), Cameron Diaz (Malkina), Javier Bardem (Reiner), Penelope Cruz (Laura), Brad Pitt (Westray), Goran Visnjic (banquier), Natalie Dormer (femme à Londres), John Leguizamo (un mexicain), Bruno Ganz (diamantaire), Dean Morris (un acheteur), Edgar Ramirez (prêtre)
Directeur photo : Dariusz Wolski
Musique : Daniel Pemberton
Costumes : Janty Yates
Décors : Sonja Klaus, Arthur Max
Producteur : Chockstone Pictures, Nick Wechsler Productions et Scott
Free Productions Distributeur : 20th Century Fox

Malavita, un film de Luc Besson : Critique

Malavita : Mafia Blues au pays des Camembert

Synopsis : Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien.

Le réalisateur du futur film de science-fiction « Lucy » Luc Besson adapte le roman éponyme publié en 2004 par l’écrivain Tonino Benacquista. Après Mafia Blues, le grand Robert De Niro réitère dans le rôle du « Padrino ». Il reprend la figure la du pentito (malfrat repenti ayant témoigné contre son camp et bénéficiant du programme de protection des témoins, qui pour fuir un parrain de New York, qui veut sa peau s’installe dans un petite village de Normandie. Le film suit les Manzoni (rebaptisés Blake), famille italo-américaine qui essaie de s’intégrer tant bien que mal, mais il est parfois difficile de chasser le naturel qui revient fréquemment au galop.

En effet la famille composée de Giovanni/Fred Blake (Robert De Niro), sa femme Maggie (Michelle Pfeiffer) et leurs deux enfants Belle (Dianna Agron) et Warren (John D’Leo) règlent les choses du quotidien à leur façon. Une famille déjantée, à la colère facile, la mère nous fait exploser le magasin, le jeune garçon corrompt toute l’école et la jeune fille n’en est pas en reste.

Certes les personnages sont très « clichés » mais tellement drôles, des méchants pas si méchants au final puisque l’on fini par s’attacher à cette famille pétaradante. Malavita est un bon divertissant satirique, avec des va et vient en noir et blanc sur l’Histoire des parrains de la mafia sicilienne aux États-Unis, qui rappellent une certaine trilogie dirigée par le réalisateur Francis Ford Coppola.

Malgré un scénario un peu léger, Malavita reste un bon pastiche bourré d’hommages à prendre au second degré, avec un formidable Robert de Niro à la tête d’une famille de frappadingues, les acteurs qui interprètent les mafieux new-yorkais ont la gueule de l’emploi, Michelle Pfeiffer est très convaincante en mère de famille au caractère bien trempé sans oublier Tommy Lee Jones en agent du FBI. Les deux acteurs incarnant les adolescents sont phénoménaux, mention à Dianna Agron qui montre ici qu’elle est bien plus qu’une pom-pom girl, révélée par la série Glee, elle est hilarante dans ce rôle d’adolescente défonçant  la tronche d’adolescents boutonneux à coups de raquettes de tennis.

Une petite note concernant le reproche que l’on peut faire à Besson, en effet le film caricature les français, ce qui peut vexer mais si on regarde bien, c’est réciproque, les clichés caricaturaux sont des deux côtés, la vision des Américains sur les Français (débiles boutonneux et antiaméricain) et vice-versa  (le beurre de cacahuètes, le coca, les américains dépositaires du gène du psychopathe, est tout aussi gratiné).

Au final, le film ne laisse pas un souvenir impérissable, on est loin des chefs d’œuvres comme Le Grand Bleu, Nikita ou Léon mais c’est assez amusant de voir cette famille de mafieux gérée les problèmes rencontrés dans la vie au quotidien. Un film en demi-teinte, distrayant, sans prise de tête, à l’humour décalé à prendre au 2ème voire au 3ème degré, Malavita un plaisir coupable qui se laisse regarder entre amis ou en famille.

Malavita : Bande-annonce

Malavita : Fiche Technique

Durée du film : 1h 51
Date de sortie : 23 octobre 2013
Titre original : The Family
Réalisateur : Luc Besson
Scénaristes : Luc Besson, Michael Caleo
D’après l’oeuvre de Tonino Benacquista
Acteurs : Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Tommy Lee Jones
Directeur photo : Thierry Arbogast
Décors : Hugues Tissandier
Costumes : Olivier Beriot
Musique : Evgueni Galperine
Producteur : EuropaCorp
Distributeur : EuropaCorp

Note : Pourquoi le titre Malavita ? D’abord c’est le titre du roman de Tonino Benacquista dont est tirée cette comédie noire mais c’est aussi le nom du chien, le témoin passif des actions de notre famille de mafieux.