Malavita, un film de Luc Besson : Critique

Malavita : Mafia Blues au pays des Camembert

Synopsis : Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien.

Le réalisateur du futur film de science-fiction « Lucy » Luc Besson adapte le roman éponyme publié en 2004 par l’écrivain Tonino Benacquista. Après Mafia Blues, le grand Robert De Niro réitère dans le rôle du « Padrino ». Il reprend la figure la du pentito (malfrat repenti ayant témoigné contre son camp et bénéficiant du programme de protection des témoins, qui pour fuir un parrain de New York, qui veut sa peau s’installe dans un petite village de Normandie. Le film suit les Manzoni (rebaptisés Blake), famille italo-américaine qui essaie de s’intégrer tant bien que mal, mais il est parfois difficile de chasser le naturel qui revient fréquemment au galop.

En effet la famille composée de Giovanni/Fred Blake (Robert De Niro), sa femme Maggie (Michelle Pfeiffer) et leurs deux enfants Belle (Dianna Agron) et Warren (John D’Leo) règlent les choses du quotidien à leur façon. Une famille déjantée, à la colère facile, la mère nous fait exploser le magasin, le jeune garçon corrompt toute l’école et la jeune fille n’en est pas en reste.

Certes les personnages sont très « clichés » mais tellement drôles, des méchants pas si méchants au final puisque l’on fini par s’attacher à cette famille pétaradante. Malavita est un bon divertissant satirique, avec des va et vient en noir et blanc sur l’Histoire des parrains de la mafia sicilienne aux États-Unis, qui rappellent une certaine trilogie dirigée par le réalisateur Francis Ford Coppola.

Malgré un scénario un peu léger, Malavita reste un bon pastiche bourré d’hommages à prendre au second degré, avec un formidable Robert de Niro à la tête d’une famille de frappadingues, les acteurs qui interprètent les mafieux new-yorkais ont la gueule de l’emploi, Michelle Pfeiffer est très convaincante en mère de famille au caractère bien trempé sans oublier Tommy Lee Jones en agent du FBI. Les deux acteurs incarnant les adolescents sont phénoménaux, mention à Dianna Agron qui montre ici qu’elle est bien plus qu’une pom-pom girl, révélée par la série Glee, elle est hilarante dans ce rôle d’adolescente défonçant  la tronche d’adolescents boutonneux à coups de raquettes de tennis.

Une petite note concernant le reproche que l’on peut faire à Besson, en effet le film caricature les français, ce qui peut vexer mais si on regarde bien, c’est réciproque, les clichés caricaturaux sont des deux côtés, la vision des Américains sur les Français (débiles boutonneux et antiaméricain) et vice-versa  (le beurre de cacahuètes, le coca, les américains dépositaires du gène du psychopathe, est tout aussi gratiné).

Au final, le film ne laisse pas un souvenir impérissable, on est loin des chefs d’œuvres comme Le Grand Bleu, Nikita ou Léon mais c’est assez amusant de voir cette famille de mafieux gérée les problèmes rencontrés dans la vie au quotidien. Un film en demi-teinte, distrayant, sans prise de tête, à l’humour décalé à prendre au 2ème voire au 3ème degré, Malavita un plaisir coupable qui se laisse regarder entre amis ou en famille.

Malavita : Bande-annonce

Malavita : Fiche Technique

Durée du film : 1h 51
Date de sortie : 23 octobre 2013
Titre original : The Family
Réalisateur : Luc Besson
Scénaristes : Luc Besson, Michael Caleo
D’après l’oeuvre de Tonino Benacquista
Acteurs : Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Tommy Lee Jones
Directeur photo : Thierry Arbogast
Décors : Hugues Tissandier
Costumes : Olivier Beriot
Musique : Evgueni Galperine
Producteur : EuropaCorp
Distributeur : EuropaCorp

Note : Pourquoi le titre Malavita ? D’abord c’est le titre du roman de Tonino Benacquista dont est tirée cette comédie noire mais c’est aussi le nom du chien, le témoin passif des actions de notre famille de mafieux.

 

Festival

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