Accueil Blog Page 810

Broken City, d’Allen Hughes : Critique

Brocken City : la marque palpable de LA Confidential

Broken City est un film, clairement calqué sur les films noirs classiques comme Chinatown et LA Confidential, mais là où on aurait pu avoir un film vraiment noir comme « Menace II Society », un des premiers films d’Allen Hughes, on tombe là, quelque peu dans la caricature d’un thriller.

Les personnages manquent d’épaisseurs, d’une certaine dimension, en fait le regard est attiré par des détails, notamment le foulard porté façon Audrey Hepburn par Catherine Zeta-Jones dans le rôle de « Cathleen Hostelter ».

Le regard du spectateur s’accroche à ces détails plutôt qu’à l’histoire racontée où aux personnages, sans réelles profondeurs, même si les dialogues sont plutôt assez bien troussés. Les points négatifs sont le résultat d’un scenario, de toute évidence trop peu travaillé.

Le script est définitivement le maillon faible, il n’y a pas d’effet de surprises, les cartes tombent exactement au moment où on s’y attend. On se croirait presque dans un épisode de la série « Law and Order », où la résolution progressive du crime est une mécanique huilée, avec sa suite d’entretiens de suspects mal à l’aise dans des bureaux.Les faiblesses du film ont pour cause une mise en scène bien trop illustrative, et tenter à partir d’une tragédie un passage vers un film politique noir, n’est pas une chose aisée, le point de départ suggère le reste de l’histoire…

Broken City D’Allen Hughes retrace plutôt l’éducation morale d’un ancien flic … Pour les plus, on trouve dans ce film, de beaux plans, les teintes plus foncées que noir, ses rues grisées, ce bleu glacial et ce soleil que l’on ne voit jamais traduisent parfaitement une ville à l’âme brisée. De même la vidéo de promotion est excellente ainsi que la musique composée par Atticus Ross, Leopold Ross et Claudia Sarne.

Films similaires : Broken City, City Hall deux films sur la corruption politique

Il est à noter que Broken City ressemble assez à City Hall, dans les deux films nous avons affaire à une corruption politique menant tout droit vers le bureau du maire, dans un cas le maire est joué par un acteur flamboyant Al Pacino « John Pappas, dans l’autre par Russell Crowe, un acteur qui a le bon goût de ne pas verser dans la caricature, charmeur même dans la menace. Les deux films naviguent dans les eaux troubles de la corruption ordinaire avec des protagonistes découvrant peu à peu la vérité. A vous de dire si vous avez un préférence pour City Hall où si vous aimez les deux…

Synopsis : « Billy Taggart » Mark Wahlberg un ancien flic reconverti en détective privé tente tant bien que mal de faire tourner son affaire. Le jour où l’homme le plus puissant de New York, le Maire « Nicholas Hostetler » Russell Crowe lui confie la mission d’identifier l’amant de sa femme « Cathleen Hostelter », Catherine Zeta-Jones. L’autre homme, le rival est incarné par Kyle Chandler, « Paul Andrews retrouvé par la suite mort. Il était en fait le directeur de campagne de « Jack Vaillant », interprété par Barry Pepper. L’ancien flic est loin d’imaginer que son enquête va le mener au cœur d’une vaste machination sur fond de campagne municipale.

Fiche Technique : Borken City

Réalisateur : Allen Hughes
Scénariste : Brian Tucker C
Casting : Mark Wahlberg, Russell Crowe, Catherine Zeta-Jones, Kyle Chandler, Jeffrey Wright, Barry Pepper, Natalie Martinez et Alona Tal
Genre : Policier, Drame, Thriller
Nationalité : Américain Distributeur : Studio Canal
Durée : 1h49min
Date de sortie : 26 juin 2013

Filmographie Allen Hughes : un réalisateur avec une belle carrière derrière lui, en 1995, en collaboration avec son frère, ils produisent Génération sacrifiée, puis Americain Pimp, un documentaire sur le milieu de la prostitution aux États-Unis. Après avoir réalisé, en 2001, From Hell, les deux frères se retrouvent 8 ans plus tard pour tourner « Le livre d’Eli », un récit d’anticipation avec Denzel Washington.

Bande sonore du film World War Z composée par Marco Beltrami

Musique du film World War Z composée par Marco Beltrami

Suite à notre article sur World War Z un film dont vous pouvez lire toute la critique en cliquant ce lien et dont voici un petit extrait :

« L’intrigue quant à elle, se situe à mi-chemin entre Contagion (2011) pour l’aspect scientifique et 28 jours plus tard (2002) pour le rythme et les zombies survitaminés. Elle plonge immédiatement le spectateur dans l’action, en offrant une vision apocalyptique d’une rapide propagation du virus à l’échelle planétaire. L’ensemble tient la route et contient des petits bijoux de grand spectacle, comme le début de l’épidémie et les mouvements de foule à Philadelphie, l’échelle de zombie sur le mur de Jérusalem, ou le crash aérien. Les effets spéciaux sont réussis. Les prises de vues aériennes sont superbement filmées, ce qui n’est pas toujours le cas des courses-poursuites filmées caméra à l’épaule pour un plus grand réalisme, mais qui aboutissent à une mise en scène saccadée et décousue ».

La bande sonore du film World War Z composée par Marco Beltrami a été très remarquée pour sa performance. Marco Beltrami est un compositeur américain, ayant étudié en 1992 auprès du légendaire compositeur Jerry Goldsmith. En 1997 grâce à composition de la bande original du film Scream, il devint l’un des compositeur les plus réputés d’Hollywood. Sa musique prend une dimension dramatique notamment pour le film culte 3h10 Yuma pour lequel il obtient sa première nomination à l’Oscar de le meilleur musique et une seconde nomination pour le film « Démineurs » en 2010. Parmi ses œuvres les plus populaires, il faut citer les films de Guillermo del Toro « Mimic, Hellboy où d’Alex Proyas « I, Robot, Prémonitions ». L‘une de ses plus belles compositions est quasi inconnu en France, pour un film intitulé « Soul Surfer ».

Tracklist World War Z

1. Philadelphia
2. The Lane Family
3. Ninja Quiet
4. Searching for Clues
5. NJ Mart
6. Zombies in Coach
7. Hands Off
8. No Teeth, No Bite
9. The Salvation Gates
10. Wales
11. Like a River Around a Rock

Crazy Joe de Steven Knight

Crazy Joe de Steven Knight, un film d’action d’une grande profondeur émotionnelle

Le film commence par des bombardements, des soldats se battant, visiblement un flashback de la guerre en Afghanistan. Puis un vagabond Joey Jones sauve une jeune femme Isabelle, attaquée par des voyous… En suivant ce vagabond arrivant dans un appartement, on ne s’attend pas à voir Statham, tant la transformation est une performance. Il est méconnaissable, il faut bien l’avouer…A priori il s’agit de bien plus que d’un énième film d’action du même style.

Le jeu est plutôt subtil et intense, il donne l’occasion à cet acteur de montrer autre chose qu’un jeu basé sur les coups de poings. Il joue un personnage endommagé par la guerre, à la croisée des chemins. Sa rencontre avec Cristina interprétée par Agata Buzek, une actrice polonaise (fille du Premier ministre Jerzy Buse), qui interprète merveilleusement  le rôle d’une religieuse à travers un jeu captivant absorbant le spectateur,ne laisse pas Joe de marbre.

Le colibri

Peu à peu, elle lui fait prendre conscience qu’il ne peut pas continuer à fermer les yeux ni face aux exactions de son patron, un mafieux impliqué dans le trafic d’êtres humains et bien d’autres crimes, ni face à ses propres choix.Tourmenté par les démons de ce qui lui est arrivé en Afghanistan…Dans ce film sombre, l’action n’est pas l’ultime moteur, Statham joue un rôle où toute une gamme d’émotions est présente, apportant ainsi plus d’intensité à un personnage qui ne peut se résumer à la violence physique et aux fusillades. Bien au contraire, certaines scènes lentes donnent du cachet, une certaine qualité à des personnages évoluant dans un univers d’images aux tons oranges et bleus.

Synopsis : Ex-soldat des forces spéciales britanniques, Joey Jones se retrouve à la rue dans Londres, après s’être enfui pour échapper à un procès en cour martiale. En s’introduisant par effraction dans un appartement inoccupé, il découvre de quoi recommencer une nouvelle vie. Bientôt, il décroche un petit boulot dans un restaurant chinois. Plongeur, puis videur, il va peu à peu gravir les échelons pour devenir chauffeur et homme de main d’un ponte de la mafia chinoise. Sa volonté sans limite et sa force physique lui font rapidement gagner la confiance de ses employeurs qui l’ont surnommé « Crazy Joe ». En voulant retrouver son ancienne petite amie, Joey découvre qu’elle a été assassinée. Il se jure de tout faire pour la venger. Commence alors pour lui une plongée infernale dans les pires bas-fonds de Londres… Ce film est sortie dans les salles depuis le 10 Juillet 2013.

Fiche Technique – Crazy Joe

Réalisé par : Steven Knight
Avec : Jason Statham, Siobhan Hewlett, Santi Scinelli
Titre Original : Hummingbird
Genre : Action, Thriller, Drame
Durée : 1h 40min
Nationalité : AméricainDistributeur : Metropolitan FilmExport

Monstres Academy, de Dan Scanlon : Critique

1

Monstres Academy ou comment devenir une Terreur !

C’est en déjà en 2002 que le monde découvrait Monstres et compagnie, grand succès planétaire, auprès des grands comme des petits. C’est donc avec une attente non dissimulée mais aussi une petite crainte, que se dévoile enfin ce préquel, également produit par les studios Pixar et Disney : Monstres Academy, réalisé par Dan Scanlon, artiste animateur sur le prodigieux Toy Story 3 (2010).

C’est effectivement avec un grand plaisir que nous retrouvons toute la galerie diversifiée de ces bêtes monstrueuses mais si attachantes qui s’efforcent d’effrayer les petits enfants dans le noir. L’action se déroule avant le premier opus, quand Bob et Sulli sont sur les bancs de l’université de la peur. Avant de devenir une paire inséparable, les deux compères aux caractères si différents, ne sont pas les meilleurs amis du monde et ont des caractères bien opposés : Bob est un élève studieux et appliqué ; il ne ménage pas ses efforts, persuadé que seule la persévérance et la ténacité lui permettront d’accomplir son rêve : devenir une Terreur.

Tandis que Sully, grand monstre à la fourrure bleue, personnage exubérant et imbu de lui-même, provient d’une grande lignée de Terreurs, et estime ne pas devoir travailler pour développer son don naturel pour terrifier. Pour prouver qu’ils sont les meilleurs, Bob et Sulli vont participer aux Jeux de la Terreur, une compétition entre les différentes fraternités, qui doivent s’affronter sur de multiples épreuves, afin de distinguer les monstres les plus prometteurs. Ils sont alors contraints ensemble de former la fraternité éclectique des Oozma Kappa. Une véritable guerre des fraternités débute, surtout avec les ROR, les plus féroces adversaires des Oozma Kappa. Une aventure qui donne aux spectateurs quelques scènes à mourir de rire, comme celle de l’épreuve de course sur des chardons fluorescents.

Même si l’intrigue prend ici une forme un peu linéaire et somme toute classique, Monstres Academy repose sur une animation brillante et d’un grand réalisme, et constitue une aventure hilarante et bien rythmée, qui rend hommage à la tradition américaine des films universitaires.

Le spectateur de tout âge appréciera la petite morale intelligente qui se dégage de cette histoire et de tous ces personnages si atypiques et attachants : malgré les obstacles et les moqueries, seule la persévérance permet d’accomplir ses rêves ; devenir grand n’est pas si facile : ce rite d’apprentissage contraint aux compromis, à l’échange, et à l’affirmation de soi… Monstres Academy est un divertissement merveilleux, qui dépasse largement son statut de simple préquel, ou de deuxième opus à visée commerciale. Cette animation brillanté et maline, n’a en fait pas grand-chose à envier à Monstres et compagnie. A consommer sans modération !

Synopsis : Lors d’une visite chez Monstres et Compagnie, le petit monstre monoculaire, Bob Razowski a une révélation : il va devenir une Terreur ! Aujourd’hui, il est enfin en première année à la prestigieuse université Monstres Academy. Son plan de carrière bien préparé est pourtant menacé par sa rencontre avec James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour Terrifier. Aveuglés par leur rivalité, tous deux finissent par se faire renvoyer de l’université. C’est alors qu’ils comprennent qu’ils vont devoir apprendre à travailler ensemble, avec un petit groupe de monstres bizarres et mal assortis…

Avec les voix VF d’Eric Métayer (Bob Wazowski), Xavier Fagnon (Sulli), Jamel Debbouze (Art), Cathrine Deneuve (La Doyenne Hadscrabble)…

World War Z, un film de Marc Forster : Critique

0

World War Z est un blockbuster calibré pour le grand public, un film de zombies édulcoré au montage épileptique qui ne manque pas de rythme mais d’audace et d’hémoglobine. En un mot du Cinéma fast-food.

Synopsis : Gerry Lane, un ancien enquêteur réputé de l’ONU s’est rangé de son passé tumultueux et passe des jours tranquilles avec sa famille. Un matin, bloqué par les embouteillages, il assiste impuissant, à un carnage dévastateur : le monde est envahi par un virus fulgurant d’origine animale, qui a subi une mutation, et qui transforme les hommes en morts-vivants par le biais de morsures. Gerry en réchappe de peu avec sa famille. Les forces de l’ordre viennent le chercher en hélicoptère, le contraignent à reprendre du service et à enquêter sur les origines de la pandémie à travers le monde. Pour protéger sa famille, Gerry n’a d’autre choix que d’accepter cette mission hautement périlleuse… 

Invasion de Zombies rapides, guerre sans hémoglobine 

World War Z est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Max Brooks, dont les droits ont été achetés en 2006. Le fils du grand Mel Brooks est reconnu en tant que spécialiste de la « culture zombie » grâce notamment à son célèbre « Guide de survie en territoire zombie » (2003). Dans son roman « World War Z » (2006), il adopte un point de vue réaliste dans les faits, et psychologique. L’agent des Nations-Unies qu’il incarne, intervient après l’invasion pour recueillir les témoignages et raconte comment les zombies ont envahi petit à petit la planète, visant ainsi une description universelle, une collection de points de vue individuels, sous la forme d’interviews entre l’auteur et les personnages. Cette réalisation a connu de sérieux problèmes d’écriture. Le tournage qui devait commencer en 2009, s’est vu retarder par un script non achevé et le projet a vu bon nombre de scénaristes défiler. Le final a dû être réécrit quasiment à la dernière minute avant d’être remis à Marc Forster. Ce touche-à-tout suisse, lancé par le très beau et dramatique A l’ombre de la haine (2001), également réalisateur de Quantum Of Solace (2008), du thriller Stay, (2005), du mélodrame Neverland (2004) ou de l’intriguant Les Cerfs-volants de Kaboul (2007), n’a pourtant jamais eu l’occasion de vraiment s’illustrer dans des blockbusters aux budgets conséquents. World War Z est donc son coup d’essai dans le genre catastrophe-infection à l’échelle planétaire. Des rumeurs de difficultés de budget et de mésentente entre Brad Pitt et le réalisateur, ont également circulé. Il faut « laisser du temps au temps » disait Lamartine. Est-ce que le temps a profité à ce projet, à la gestation si difficile ?

war-world-z-attaqueLe très attendu World War Z est un film de zombie sous une forme inédite, un blockbuster, qui marque le retour de Brad Pitt à l’affiche. A 50 ans, l’acteur américain s’accorde une petite pause récréative dans une carrière remplie, ces dernières années, de films d’auteurs et de réalisateurs virtuoses. Même s’il n’est pas un spécialiste du genre, l’acteur réussit à porter ce blockbuster sur ses épaules avec charisme et talent et interprète un Gerry Lane à l’instinct de survie incroyable, omnipotent, omniscient, et surtout indestructible, au brushing parfait, dans cette traversée tumultueuse d’un monde rempli de zombies. Les personnages secondaires sont peu développés : Mireille Enos (The Killing, 2011, Gangster Squad, 2013) est cantonnée au rôle de femme éplorée ; Elyes Gabel (Dr Andrew Fassbach), le virologue d’Harvard, fait une apparition éclair avant de mourir aussi subitement que stupidement. De même pour David Morse, en ancien agent de la CIA, dans un rôle manquant cruellement d’épaisseur. Même Matthew Fox (acteur principal de la série Lost) en est réduit à un piètre rôle de parachutiste. Nous soulignerons néanmoins l’excellente prestation de Daniella Kertesz (Seguen) en jeune soldat israélienne, seule véritable humanité du film. Outre les valeurs bien américaines que tous ces personnages véhiculent (parfaite famille américaine, superpuissance et héroïsme de l’armée, idéologie orientée sur la barrière de protection israélienne, héroïsme sans borne de Gerry…), ils manquent surtout de profondeur psychologique. Les fans du livre de Max Brooks risquent d’être déçus tant le coté géopolitique et psychologique de son œuvre ont été exclus du film, pour se recentrer sur l’aventure personnelle du personnage de Gerry.

L’intrigue quant à elle, se situe à mi-chemin entre Contagion (2011) pour l’aspect scientifique et 28 jours plus tard (2002) pour le rythme et les zombies survitaminés. Elle plonge immédiatement le spectateur dans l’action, en offrant une vision apocalyptique d’une rapide propagation du virus à l’échelle planétaire. L’ensemble tient la route et contient des petits bijoux de grand spectacle, comme le début de l’épidémie et les mouvements de foule à Philadelphie, l’échelle de zombie sur le mur de Jérusalem, ou le crash aérien. Les effets spéciaux sont réussis. Les prises de vues aériennes sont superbement filmées, ce qui n’est pas toujours le cas des courses-poursuites filmées caméra à l’épaule pour un plus grand réalisme, mais qui aboutissent à une mise en scène saccadée et décousue.

attaque zombieLa portée du spectacle est également réduite par la volonté de Marc Foster de faire un divertissement tout public. L’absence d’effets gore et de violence, vue d’obtenir une mention « PG-13 », nuit à l’intensité de l’ensemble. Les fans de The Walking Dead entre autres, risquent d’être déçus : ils ne verront pas des hectolitres d’hémoglobine ou autres viscères dégoulinantes… En outre, les zombies du film font plus rire que fuir : ils sautent, sont incroyablement agiles et rapides et réagissent de façon très réactive aux bruits. Le long-métrage regorge de hors-champs, ce qui est un de ses gros points négatifs : le spectateur ne voit jamais une scène de violence directe. La dernière partie du film ne parvient pas, pour ces mêmes raisons, à se transformer en véritable thriller horrifique dans des couloirs cliniques comme dans Resident Evil (2002). Les couloirs du bâtiment de l’OMS offraient pourtant le cadre idéal à un huis-clos haletant. Le scénario dans l’ensemble est assez prévisible, souffre de nombreuses invraisemblances et le dénouement est bâclé. D’ailleurs, la fameuse enquête de Gerry à travers le monde (les États-Unis, La Corée, Israël, la Russie et l’Irlande), dans l’espoir de retrouver le patient 0, n’aboutira finalement à rien ou presque, hormis une théorie du camouflage intéressante certes, mais non aboutie. Le spectateur aurait aimé au final, en savoir plus sur l’origine même du virus.

world-war-z-vaccinSi la bande son s’accorde très bien avec les scènes épiques du film (Isolated System de Muse), il est toutefois regrettable, une fois n’est pas coutume, que la bande annonce dévoile les scènes les plus impressionnantes, que la 3D n’apporte pas grand-chose au film, et que l’on place une publicité du héros buvant une canette de Pepsi au cours du dénouement. De même, les dialogues ne sont pas d’une profondeur abyssale mais ont au moins le mérite de faire rire, comme cette réplique déjà culte : « La cervelle c’est nickel, mais les rotules c’est pas nul ».
Avec un budget titanesque de 190 millions de dollars, World War Z ne parvient pas à révolutionner le genre du film zombie. Il n’atteint jamais la critique sociale, l’esprit contestataire du maitre du genre Georges A. Romero dans La nuit des morts vivants, ni la virtuosité d’un Zack Snyder dans L’Armée des Morts, et encore moins la beauté lyrique d’un Danny Boyle dans 28 jours plus tard. C’est une œuvre inégale, inachevée, et manquant d’ambition et de suspense. A défaut d’avoir une véritable personnalité, ce film demeure un divertissement acceptable, qui possède une énergie réelle, mais qui manque d’esprit. Une suite est déjà en préparation, et réservera espérons le, son lot de surprises.

World War Z : Bande-annonce

World War Z : Fiche technique

Réalisation : Marc Forster
Scénario : Matthew Michael Carnahan, Drew Goddard, Damon Lindelof d’après l’oeuvre de Max Brooks
Interprétation : Brad Pitt (Gerry Lane), Mireille Enos (Karen Lane), Elyes Gabel (Dr. Andrew Fassbach), James Badge Dale (Captain Speke), David Morse (Ex-CIA Agent), Matthew Fox (Parachutiste)…
Photographie : Ben Seresin
Montage : Roger Barton, Matt Chesse
Musique : Marco Beltrami
Décors : Nigel Phelps
Production : Brad Pitt, David Ellison, Dede Gardner, Jeremy Kleiner, Ian Bryce
Distribution : Paramount Pictures France
Genre : Action, horreur
Durée :  116 minutes
Date de sortie française : 3 juillet 2013

Etats-Unis – 2013

The Bay, de Barry Levinson : Critique

0

The Bay : Invasion d’isopodes et scandale politico-sanitaire

Synopsis : Baie de Chesapeake dans le Maryland, 4 juillet 2012, jour de la fête nationale. Une journaliste débutante revient avec des documents inédits sur les événements passés 3 ans plus tôt, où elle fut le témoin d’une contagion par un parasite non identifié qui contamina le lac et provoqua en quelques heures des centaines de morts … Interdit aux moins de 12 ans

Barry Levinson, réalisateur de plusieurs chefs d’œuvre dans les années 80-90 [i] , effectue un come-back aussi inattendu qu’improbable avec un film-documentaire fantastique à micro-budget, filmé en 18 jours, présenté en septembre 2012 au Festival international du film de Toronto et produit par Jason Blum et Oren Péli [ii]. : le récit d’une panique générale suite à une épidémie mortelle causée par un parasite toxique.

A l’instar du Projet Blair Witch (1999) pionnier en la matière, le réalisateur américain choisit la technique du found footage [iii] pour donner à son récit une plus grande crédibilité. Par ailleurs, il fait le choix astucieux à travers une mosaïque de portraits, de présenter différents intervenants, dont celui d’une jeune journaliste, incarnée par Kristen Connolly [iv], d’océanographes, ou d’analystes du Centre de contrôle des maladies, et d’utiliser habilement les médias contemporains pour rendre compte du développement et de la propagation de l’épidémie. Ainsi Levinson exploite tout le panel des armes de communication virale contemporaines, pas moins de 21 supports médias différents (radio, podcasts, réseaux sociaux Facebook, Twitter, YouTube, GPS, e-mails, blogs, Skype, Wikipédia, webcams, télésurveillance, smartphones, appareils photos, produits Apple …), et montre avec ingéniosité à quel point toute cette technologie de pointe ne permet nullement d’enrayer la pandémie.

The Bay impressionne, tant par sa maîtrise des mécanismes de la peur que par son propos écologico-réaliste. Aux yeux du spectateur, la distinction entre réalité et fiction est rapidement brouillée. A partir d’une base plutôt classique de la théorie du complot, Barry Levinson élabore le scénario malin d’une enquête scientifiquement très convaincante, qui présente tour à tour les intervenants d’une catastrophe survenue et montre l’engrenage implacable qui conduit au désastre sanitaire. L’irresponsabilité du gouvernement et son silence face aux risques écologiques, ainsi que le retard des autorités sanitaires dans la prise en charge de la contamination accentue la psychose collective au fil de ce drame. Levinson pose un regard d’une grande acuité sur la batterie de poulets que nous sommes, gavés de nos rêves de bien-être consumériste et de nos déjections qui finiront par avoir notre peau.

L’effet « reportage » nous plonge dans la réalité du sujet, et du coup le spectateur se fait surprendre mais aussi s’inquiète. Quelques frissons garantis lors de certaines séquences : une ville jonchée de cadavres, un peu d’hémoglobine, des éruptions cutanées ou autres pustules peu ragoutants, des langues arrachées, des insectes écœurants ou autres isopodes rampants rongeant littéralement les corps humains, le suicide comme unique alternative …

The Bay une fiction fantastique efficace, à l’ambiance sinistre et anxiogène. Un film-documentaire épuré, vraiment flippant et au caractère écologique et prophétique, que ne dénigreraient pas David Cronenberg ou Guillermo del Toro. Bonne baignade !

Teaser du film The Bay de Barry Levison


[i] Barry Levinson est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain. Dans les années 80-90, il fut l’auteur à succès de Diner (1982), Le secret de la pyramide (1985), Good Morning, Vietnam (1987), Rain Man (1988), Sleepers (1996), Des hommes d’influence (1997), Sphere (un peu sous-estimé, 1998) ou encore Liberty Heights (1999). Un peu en marge du monde hollywoodien, après l’échec de Bandits (2001), il revient en 2012 avec le téléfilm You don’t know Jack. Ce vétéran du cinéma était peu attendu dans l’essai cinématographique du found footage.

Jason Blum et Oren Péli sont des spécialistes des films rentables à petit budget. Ils sont les producteurs de la saga Paranormal Activity, Insidious (2011), Sinister (2012), et Dark Skies (2013).

[iii] Souvent décrié, le found footage désigne la récupération de pellicules impressionnées dans le but d’enregistrer un autre film. Le procédé accroît la crédibilité de ce qui pourrait être un vrai documentaire. Cette mode fut initiée par le Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato (1980), puis par Le projet Blair Witch (1999), REC (2007) ou de Cloverfield (2008).

Kristen Connolly fut révélée dans le film d’horreur La Cabane dans les bois de Drew Goddard (2012).

Electrick children : une musique pétillante pour un film singulier

Electrick children – la BO  du film – Musique composé par Eric Colvin

Le premier long métrage réalisé par Rebecca Thomas, Electrick Children est un conte touchant, captivant, magnifiquement raconté, avec un casting de charme.  Eletrick Children est un hommage aux rebelles de toutes sortes, une collision entre religion et musique, irrésistiblement pétillant comme un sachet de Pop Rocks.

L’histoire commence par la découverte d’une cassette bleue qui changera à jamais la vie d’une jeune fille vivant dans une communauté mormon dans l’Utah. Fascinée par ce qu’elle écoute, une musique écrite par Jack Lee Hanging on the phone, créée par le trio américain The Nerves,  rendu célèbre par Blondie à la fin des années 70.

Rachel interprétée par l’actrice Julia Garner part à la recherche de l’homme chantant sur la cassette, persuadée qu’il est lié à sa mystérieuse grossesse, affirmant avoir une subie une immaculée conception à l’écoute de la musique.L’utilisation du son est certainement la partie la plus fascinante du film, cet étrange mélange audio où se mêle le crépitement de la voix enregistrée de Rachel sur la cassette lors de son anniversaire et la fameuse chanson Hanging on the phone.

Tracklist Eelectrick Children

1. Top Of The Hill — Conduits

2. Hanging On The Telephone — Flowers Forever

3. Vampires — Refried Ice Cream

4. Scotch on the Rocks — Mars Black

5.A Gentleman Caller — Cursive

6. Computer Screens & TVs — Capgun Coup

7. Ghosts Outside Of My Hands — Nona

8. Love this track

9 . Fine Line — Bloodletters

10. Keep Comin’ Back — Taylor Hollingsworth

11 The Best Treasure Stays Buried — Zoey Van Goey

12. Misery Train (Enso Remix)

Paroles Hanging on the phone

I’m in the phone booth, it’s the one across the hall If you don’t answer,
I’ll just ring it off the wall I know he’s there, but I just had to call
Don’t leave me hanging on the telephone
Don’t leave me hanging on the telephone
I heard your mother now she’s going out the door
Did she go to work or just go to the store
All those things she said,
I told you to ignore Oh why can’t we talk again Oh why can’t we talk again Oh why can’t we talk again
Don’t leave me hanging on the telephone Don’t leave me hanging on the telephone
It’s good to hear your voice, you know it’s been so long If I don’t get your call then everything goes wrong I want to tell you something you’ve known all along Don’t leave me hanging on the telephone
I had to interrupt and stop this conversation Your voice across the line gives me a strange sensation I’d like to talk when

I can show you my affection Oh I can’t control myself Oh I can’t control myself Oh I can’t control myself Don’t leave me hanging on the telephone
Hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah oh oh oh run to me

Electrick Children, de Rebecca Thomas

0

Electrick Children de Rebecca Thomas : Immaculée conception, fable biblique et initiatique

Sélectionné en 2012 aux festivals de Deauville et de Berlin (section Generation), ce premier long métrage autobiographique, au style épuré, de la réalisatrice américaine Rebecca Thomas, est une œuvre mystérieuse et sensible, d’une grande poésie, et qui malgré ses imperfections, saura satisfaire les amoureux du cinéma d’auteur.

Rachel (la lumineuse Julia Garner) est le personnage central qui symbolise une problématique universelle, celle de la rupture avec sa communauté, la recherche de ses origines, le « connais-toi toi-même ! » de Socrate.

Rachel étant convaincue d’avoir été fécondée par la voix entendue sur un vieux magnétophone, cherche sa voie résolument, opiniâtrement, même si pour cela, elle est prête à affronter l’inconnu, la ville, ses dangers, ses tentations, l’ennemi même : Las Vegas, avec ses néons tapageurs, ses rencontres fortuites, des jeunes désœuvrés et blasés, filant cheveux aux vents sur leur skateboard, jouant aux jeux vidéos et amateurs de rock. Elle entraîne dans son sillon son jeune frère, M. Will (Liam Aiken), lui aussi chassé de la communauté persuadée qu’il est le père, mais qui ne parvient jamais à s’en détacher véritablement. Dans ce voyage initiatique, elle rencontrera aussi peut-être l’amour réaliste en la personne de Clyde (Rory Culkin), jeune rocker aux cheveux longs, au vécu similaire qui devient son confident salvateur. Lui aussi vit cette rupture avec ses parents.

Rebecca Thomas, elle-même issue d’une famille mormone, évite l’écueil de la caricature, du règlement de comptes ou du prosélytisme mais souligne avec une ironie bienveillante et une grande finesse, ces existences bannies de la réalité. L’interprétation des tous les acteurs est juste, et la lumière somptueuse de ce film dégage une impression de douceur.

Electrick Children n’est pas seulement une fiction initiatique sur l’adolescence en quête de vérité, mais une expérience singulière, une fable mystique et biblique, une relecture contemporaine de l’histoire de la vierge Marie. La réalisatrice laisse d’ailleurs planer le doute quant à savoir si cette immaculée conception est réelle ou fictive. Même si le scénario est un peu faible, ce film demeure une riche idée de cinéma à la façon de Gus Van Sant [ii], tant les thématiques abordées sont universelles : l’origine de l’enfant, la conception, la rupture sociale, l’arrachement de soi, le feu de la révolte adolescente face à l’iniquité, une quête sociale, mais aussi mystique et religieuse. Une belle fable nocturne au charme indéniable !

Fiche technique : Electrick Children

Réalisation : Rebecca Thomas
Interprétation : Julia Garner (Rachel), Rory Culkin (Clyde), Liam Alken (Mr Will), Bill Sage (Tim), Billy Zane (Paul), Cynthia Watros (Gay Lynn)
Scénario : Rebecca Thomas
Image : Mattias Troelstrup
Décors : Elizabeth Van Dam
Costumes : Stacey Berman
Montage : Jennifer Lilly
Musique : Eric Colvin
Producteur(s) : Richard Neustadter, Jessica Caldwell
Production : Live Wire Films
Distributeur : Bac Films
Durée : 1h33
Date de sortie : 26 juin 2013

Synopsis : Rachel vit avec ses parents dans une communauté mormone fondamentaliste de l’Utah. Le soir de ses 15 ans, portée par un élan d’ailleurs, elle découvre par hasard une cassette bleue, contenant une chanson « Hanging on the telephone » [i], interprétée par un rocker du coin, une révélation pour l’adolescente. Lorsque trois mois plus tard Rachel tombe enceinte, elle est persuadée que ce morceau de musique en est la cause. Ses parents veulent alors la marier de force. Rachel s’enfuit à Las Vegas, à la recherche de l’interprète de la chanson, persuadée qu’elle pourra appréhender le mystère de cette immaculée conception.

Electrick Children Extrait du Film


[i] La fameuse chanson « Hanging on the telephone » a été écrite par Jack Lee et immortalisée par Blondie
[ii] Ce film évoque les thèmes abordés par le réalisateur américain Gus Van Sant, notamment dans son Paranoid Park (2007), un drame émouvant sur la transformation adolescente.

Critique : Moi, moche et méchant 2

0

Moi, moche et méchant 2 : Hommage au film d’espionnage et gloire des minions

Trois ans après le premier épisode, un succès incroyable au box office mondial avec une recette de 543 millions de dollars qui permit de lancer un nouveau studio d’animation Illumination Entertainment, Gru et ses adorables minions, toujours aussi loufoques, sont de retour !

Moi, moche et méchant 2 est un film d’animation très drôle, sincère et bien rythmé. Ce film est un véritable hommage aux vieux films d’espionnage des années 70, principalement les James Bond. C’est aussi une collaboration franco-américaine avec aux commandes les réalisateurs Chris Renaud et Pierre Coffin.

Les minions ont ici une place de choix : leur naïveté, leur potentiel humoristique, leurs mimiques et leurs gags incessants sont superbement exploités. Le personnage de Gru reste malgré tout bien présent à travers une intrigue travaillée sur fond d’enquête policière déjantée, des décors futuristes, et des gadgets en pagaille, comme le rouge à lèvre taser. Les 3 fillettes sont toujours aussi émouvantes, attachantes et sympathiques.

Dans le premier épisode, Gru devenait père ; ici, il jouit toujours de sa paternité avec Agnès, mais subit également l’adolescence de Margo et son affection naissante pour le séduisant Antonio, le fils d’Eduardo Perez, le propriétaire du restaurant Salsa & Salsa. Gru trouve également une partenaire, et sait se montrer touchant. rachel moi, moche et méchant

L humour et l’amour sont donc bien présents dans ce second volet. On peut également faire l’éloge d’une bande annonce, qui pour une fois est honnête, et ne dévoile pas la majeur partie du film. La 3D est réussie, et l’animation sensationnelle. A la bande son on notera le retour de Pharrell Williams. Il y a également Pitt Bull, David Guetta, Nicki Minaj ou encore Flo Rida, et surtout une reprise hilarante de la chanson « I Swear » du groupe « All 4 one » par les minions, à la fin du film. Il faut rester jusqu’au générique pour apprécier une petite animation qui exploite la 3D et qui annonce un spin-off exclusivement consacré aux aventures des minions, annoncé pour la fin 2014 : Les minions, le film.

Si on peut regretter une intrigue un peu paresseuse, une fin spectaculaire et un happy-end final attendu, Moi, moche et méchant 2 demeure un film divertissant, très amusant et attendrissant, où l’humour côtoie les bons sentiments et dont le message pacifiste fera sourire petits et grands. En 2014, le spectateur connaîtra la joie de retrouver sur grand écran une multitude de petites créatures jaunes, pour une aventure n’en doutons pas, toujours aussi enlevée et délirante…

Synopsis  : Gru, le plus méchant de tous les temps est désormais devenu le plus gâteau des papas poules. Il s’épanouit à présent dans une existence tranquille en compagnie de ses filles adoptives, Margo, Édith et Agnès et de ses hilarants minions. Alors qu’il commence à peine à s’adapter à sa nouvelle paternité, une organisation ultra-secrète menant une lutte acharnée contre les crimes dans le monde enlève Gru et lui confie avec sa charmante coéquipière Lucy, la responsabilité d’arrêter les méfaits d’un nouveau criminel impitoyable et beaucoup plus coriace que prévu : El Macho… A partir de 6 ans.Avec les voix VF de Gad Elmaleh (Gru), Audrey Lamy (Lucy Wilde), Eric Cantona (Eduardo Perez, propriétaire du restaurant)

Fiche technique : Moi, moche et méchant 2

Titre original : Despicable me 2
Réalisateurs : Pierre Coffin – Chris Renaud
Acteurs : Eric Cantona, Steve Carell, Kristen Wiig, Audrey Lamy
Genre : Animation, 3D
Date de sortie : 26 juin 2013
Durée : 1h39mn

Extrait Moi, moche et méchant 2

 

Man of Steel, de Zack Snyder

0

Man of Steel : Homme sans slip, cinéma sans épaisseur

L’impressionnante et décoiffante séquence d’introduction d’une vingtaine de minutes part d’une idée originale, l’explication des origines extra-terrestres de Kal-El, suite à la l’implosion de la planète Krypton n’ayant pas été véritablement approfondie dans les versions précédentes. Sous fond de plaidoyer écologique sur l’épuisement des ressources naturelles, cet épisode fondateur ne prend jamais consistance : s’il nous permet d’en apprendre un peu plus sur les origines extra-terrestres de Superman, cela se fait malheureusement aux dépens des origines terrestres de Clark Kent.

Man of Steel est un film sombre, beaucoup moins lisse que la concurrence de Marvel. Dans cette relecture du mythe par Snyder, le spectateur a droit à un nouveau Superman, beaucoup plus sérieux, beaucoup plus noir, une sorte de demi-dieu solitaire, perdu loin de sa planète d’origine. Le super-héros torturé est décidément à la mode, après Iron Man 3 ! Pourtant, très vite, le scénario à coups de flash back sur la jeunesse de Superman expédiée à la va vite, déçoit : au Superman torturé à la recherche de ses origines et découvrant ses pouvoirs, laisse place un super héros classique qui sauve l’humanité du vilain méchant voulant la détruire. Certes, les effets spéciaux peuvent apparaître comme prodigieux pour beaucoup, quoique trop nombreux et trop proches du style jeux vidéos : la bataille sur Krypton, les séquences de vol (ou Superman transformé en avion de chasse), la tornade ou le final démesuré au cœur de Metropolis…

Ces plans en mouvement, la caméra à l’épaule, les zooms incessants, aboutissent souvent à une image saturée et une prise de vue épileptique, bref à une réalisation parkinsonienne.Sans un véritable scénario, il est également difficile de faire briller un casting même de premier choix : Russell Crowe est crédible en Jor-El. Si les parents apportent une touche d’émotion, Diane Lane (Martha Kent) et Kevin Costner (Jonathan Kent), l’épisode de la tornade et le passéisme du héros ruinent au ressort dramatique. Amy Adams campe une Lois Lane convaincante mais qui n’a pas de véritable rôle dans l’histoire. Henry Cavill (Clark Kent/Kal-El), bodybuildé, n’a pas beaucoup de charisme et son visage ne fait ressentir aucune émotion ; Michael Shannon (Zod) est un très grand acteur et a un grand charisme, mais ce n’est pas Man of Steel qui rendra justice à son talent [iii]. Les dialogues étant d’une grande médiocrité, parfois à la limite du ridicule et la 3D inutile, seule la bande originale signée Hans Zimmer vaut le détour.

Man of Steel est un film à peine divertissant et surtout prétentieux, une espèce de superproduction américaine bancale et mal rythmée, aux incohérences nombreuses, très éloignée de The Dark Knight de Christopher Nolan.

L’atmosphère de la bande-annonce ne reflète pas du tout l’univers du film, une arnaque de plus. Si Snyder maîtrise les effets numériques, il ne sait pas raconter une histoire : Superman enfant est un faux-jeton des cours de récréation qui lit Platon ; l’histoire d’amour entre Lois et Clark tombe comme un cheveu sur la soupe au milieu d’immeubles qui s’écroulent ; Clark Kent devient Superman avant de devenir reporter au Daily Planet ; Zod le méchant est détruit par Superman par un simple brisage de nuque, un Superman qui ne se préoccupe jamais des dommages collatéraux, tandis que Metropolis est réduite à néant, les habitants aux regards ahuris scrutant le ciel, l’espoir peut-être ? Les personnages sont vides et ne véhiculent aucune émotion.

Les fans des DC comics ou des premières adaptations [iv], fuiront sans doute cette surenchère visuelle, ce long documentaire sur le 11 septembre 2001 qui ne pourra pas cacher la vacuité de ce film catastrophe à l’Independance Day ou à la Michael Bay, malgré un budget indécent de 225 millions de $. Il est grand temps que les scénaristes américains se remettent à l’écriture et cessent de nous pondre des blockbuster bourrins !

Synopsis : Un petit garçon doté de pouvoirs extraordinaires dus à ses origines extraterrestres cherche à découvrir quelle est la mission de sa venue sur terre, lorsque l’ennemi juré de son défunt père, le Général Zod, flaire sa piste et menace de révéler son identité…Après le succès de la phénoménale trilogie Batman de Christopher Nolan [i], DC Comics, éditeur des aventures du chevalier noir et de l’homme de fer, et Warner Bros, font appel à Zack Snyder [ii] pour lancer le reboot d’un Superman 2013, après la tentative décevante de Bryan Singer et de son Superman Returns (2006).

Fiche Technique : Man of Steel

Réalisateur : Zack Snyder
Scénario : David Goyer, Kurt Johnstad, Jonathan Nolan
Avec : Amy Adams, Henry Cavill, Kevin Costner, Russell Crowe, Laurence Fishburne, Diane Lane, Christopher Meloni, Michael Shannon, Ayelet ZurerPhoto : Amir M. Mokri
Musique : Bear McCreary, Hans Zimmer
Durée : 2h23
Sortie : 19/06/2013
États-Unis, 2013


[i] Christopher Nolan est ici le coproducteur  de Man of Steel avec David S. Goyer (son co-scénariste de Batman Begins, 2005). Découvert dans les années 90 pourses premiers longs-métrages qu’il convient de redécouvrir, The following (1998), Memento (2000), Insomnia (2002), il est surtout connu pour la trilogie Batman (Batman Begins, 2005, The Dark Knight, 2008, et The Dark Knight rises, 2012).
[ii] Zack Snyder est un cinéaste ambitieux mais aux succès mitigés. Ses réalisations les plus connues sont L’Armée des morts (2004), 300 (2007) Watchmen (2009) et Sucker Punch (2011)
[iii] Michael Shannon s’est déjà illustré il est vrai, dans certains films catastrophe comme World Trade Center d’Oliver Stone (2001), mais on préfèrera et de loin, son magnifique jeu dramatique dans le grandiose Take Shelter de Jeff Nichols (2001)[iv] On citera entres autres Superman de Richard Donner (1978) et Superman 2 de Richard Lester (1980).

L’Inconnu du lac, un film d’Alain Guiraudie : Critique

0

L’inconnu du lac : Chasse à l’homme, passion amoureuse et thriller sexuel

Précédé d’un excellent accueil à Cannes et de ridicules polémiques à propos d’une affiche qui heurterait les âmes sensibles (A Versailles et St Cloud, l’affiche a été interdite. Rappelons simplement que cette affiche ne présente que deux hommes s’embrassant sur des teintes d’aquarelle, rien de vraiment choquant !), le quatrième long-métrage d’Alain Guiraudie, est un savant mélange de genres, entre comédie sentimentale et film policier.

Au début du film, le réalisateur aveyronnais nous propose une ballade solaire et érotique sur une plage ensoleillée, un lieu de rencontres pour hommes d’âges différents qui se dorent au soleil, nagent, se draguent, cherchent le compagnon éphémère d’une étreinte, puis se quittent, le plus souvent s’oublient, le lendemain reviennent. Le lieu du parking symbolise ce huis clos à ciel ouvert, ce mouvement perpétuel, cette routine filmée avec un grand réalisme. Un film sur le désir, sur l’attirance physique, sur la passion, sur l’essence même de la vie. Alain Guiraudie revendique le même regard de libertin classique qui a présidé à l’ensemble de son œuvre. Il aborde frontalement les codes de l’homosexualité.

Ensuite, le film bascule dans un polar angoissant où le plaisir rejoint la douleur et la mort. Franck veut s’attaquer à l’amour passion. Il a bien vu cet homme, Michel, ce tueur charismatique aux mobiles mystérieux, noyer un compagnon de plaisir, mais tout le pousse vers lui, un irrésistible élan, un irrésistible amour. Aussi va-t-il le suivre, goûter ses caresses alors même qu’il sait que la mort ne peut que s’ensuivre. L’inconnu du Lac décrit le chemin de nos vies entre Eros et Thanatos. La lumière et la photographie sont sublimes. La mise en scène épurée, de style classique, est solaire et sombre à la fois. C’est un film d’une grande beauté plastique, au rythme lent, une vraie poésie de la nature, pas très éloignée de La nuit du chasseur de Charles Laughton (1955), où l’on prend le temps de contempler, avec de grands plans larges et fixes, comme la scène de la noyade, filmée à distance, dans une sorte de discrétion glaciale. La langueur crée une atmosphère reposante accentuée par une bande-son se limitant aux bruits naturels : clapotis du lac, vent dans les arbres, déplacements dans les fourrés, étreintes des corps….

Soulignons également le talent de ses interprètes : Pierre Deladonchamps (Franck) en personnage naïf et sentimental, vivant sereinement son homosexualité, faite de désirs soudains et d’étreintes rapides : Christophe Paou (Michel) au rôle complexe et dont les motivations restent floues : un homosexuel refoulé, un psychopathe aux intentions criminelles, une sorte de Barbe-bleue homosexuel ou une métaphore plus profonde du sida ? De ce film ressort aussi la solitude de certains personnages, leur besoin de lier connaissance, de se lier d’amitié, à travers le jeu magnifique de Patrick d’Assumçao (Henri) avec sa prestance charnelle, incarnant un personnage moral et docile qui tente de se faire une place d’acolyte et qui n’y parviendra que par un ultime sacrifice.

Si L’Inconnu du Lac bâcle sa part d’ombre criminelle et son dénouement, il n’en demeure pas moins un grand film sur la passion et le désir, une œuvre hédoniste oscillant avec intelligence entre thriller et comédie sentimentale, un conte de fées inclassable, lumineux et sidérant, avec un petit Poucet et un prédateur qui sort du bois la nuit tombée. A conseiller à un public averti et éclairé.

Synopsis: L’été, un lac quelque part dans le sud de la France, un lieu de drague pour hommes. Franck (Pierre Deladonchamps) tombe amoureux de Michel (Christophe Paou) un homme beau, puissant et mortellement dangereux. Une histoire d’amour démarre. Un cadavre remonte à la surface… Frank sait que Michel est le tueur, mais il se laisse submerger par cette passion destructrice…

L’inconnu du lac : bande-annonce

L’inconnu du lac : Fiche technique

Réalisateur : Alain Guiraudie
Scénario : Alain Guiraudie
Interprétation : Pierre Deladonchamps (Franck), Christophe Paou (Michel), Patrick d’Assumçao (Henri), Jérôme Chappatte (Inspecteur Damroder)…
Photographie : Claire Mathon
Montage : Jean-Christophe Hym
Direction artistique :  Roy Genty, François Labarthe et Laurent Lunetta
Producteurs : Sylvie Pialat et Jean-Laurent Csinidis
Société de production: Les Films du Worso
Distribution : Les Films du Losange
Budget : 900 000 euros
Festivals et récompense : Selection officielle à Cannes où il a gagné le prix de la mise en scène et, parallèlement, la Queer Palm
Avertissement : Interdit aux moins de 16 ans
Durée : 97 minutes
Genre : Policier, romance
Date de sortie : 12 juin 2013

France – 2013

Teen Wolf saison 3 : une vraie bonne surprise

Teen Wolf saison 3 vient de commencer en introduisant de nouveaux personnages, une meute d’Alphas rivale débarque à Beacon Hills, tandis que Jackson Whittemore incarné par « Colton Haynes » que l’on a pu voir se transformer en super loup-garou lors de la final saison 2, parti pour Londres est allé rejoindre la série Arrow.

La série commence bien avec des animaux qui ont perdu la boule, un cerf fonce dans la voiture de Lydia sans parler de la scène des oiseaux rappelant celle Hitchcock, volant de manière chaotiques et agressives sur une classe plein d’élèves.Quant aux Alphas ils ont l’air bien méchant, un mystérieux chef, aveugle, et des créatures étranges et dangereuses comme les jumeaux Aiden et Ethan « Max et Charlie Carver » vus dans « Desperate Housewiwes« , s’infiltrant dans le lycée de nos héros.

Teen Wolf une saison 3 avec plus d’actions, de mystères, d’intrigues, de tensions et une maturité qui fait de cette série plutôt axée sur les 14/16 ans, une vraie bonne surprise, de série sympathique, elle passe à série intéressante.Malgré une ambiance plus dramatique, l’humour est toujours présent avec Stiles Stilinskj interprété par Dylan O’Brian, toujours là pour détendre atmosphère. Son humour n’est pas son seul atout, son esprit de déduction est mis à contribution, à la fin du 3ème épisodes, il est persuadé que les meurtres des jeunes gens sacrifiés n’ont rien à voir avec les loups-garous.

Cette troisième saison de 24 épisodes promets de véritables mystères, plongé dans une mythologie qui ne cesse de approfondir, les personnages prennent plus d’épaisseur, de profondeur, Scott Mac Call « Tyler Posey » devient un jeune homme, un leader, qui ne cherche pas à foncer dans le tas, concevant des plans et des stratégies. Bien entendu, il reste aussi ce Teen toujours plongé dans son histoire d’amour à la Roméo Juliette avec Alison, bien que l’épisode 4 semble annoncer un rapprochement avec Isaac. Un personnage qui dans la série va certainement prendre de l’importance…

Par ailleurs, dans l’épisode de la semaine prochaine, Scott aura du mal à retenir Isaac, qui souhaite affronter les deux étranges jumeaux, fraîchement débarqués en ville. Quant à Lydia,  »

Holland Roden » elle est toujours contrôlée par un personnage aux intentions pour le moins néfastes, lui faisant totalement perdre toute notion du temps et de l’espace, un mystère à élucider, lui aussi…

De toute évidence la série commence à prendre une ampleur, une profondeur bien plus mature, le rapprochement entre Derek Hale joué par « Tyler Hoechlin », Isaac « Daniel Sharman » et Scott, formant une véritable meute, cible d’un groupe d’Alpas annonce de l’action et des rebondissements intéressants. L’introduction de nouveaux personnages comme la sœur de Derek, Cora « Adelaide Kane » et l’évolution des rôles va sans doute permettre à cette série d’exister sur la durée.