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Hommage à James Horner

Mort de James Horner: l’un des compositeurs majeurs d’Hollywood

Personne n’aurait pensé que le long-métrage La rage au ventre (Southpaw en VO) serait la toute dernière œuvre musicale du célèbre James Horner. Malheureusement, le compositeur nous a quitté en ce 22 juin 2015 à l’âge de 61 ans, laissant derrière lui une carrière florissante (plus de 150 musiques de film) mondialement reconnue et marqué par des partitions mémorables, voire intemporelles. La rédaction de Cineseries lui rend donc hommage en revenant sur son parcours et en vous présentant une liste sélective de ses plus grands titres.

Né le 14 août 1953, fils d’immigrés autrichiens et déjà un pied dans le cinéma, son père Harry étant chef décorateur et occasionnellement réalisateur et scénariste, James Horner montrait déjà son goût pour la musique en s’installant à un piano dès ses 5 ans. Une passion dont il décida d’en faire le métier, l’étudiant lors de ses jeunes années au Royal College of Music de Londres puis le lycée de Verdey Valley en Arizona. Un parcours qui lui permit d’obtenir par la suite un diplôme de premier cycle à l’Université de Californie du Sud mais également un master ainsi qu’un doctorat. Un CV pour le moins prestigieux avec lequel il put enseigner la théorie musicale l’Université de Californie à Los Angeles (l’UCLA) et proposer plusieurs compositions pour l’American Film Institute au cours des années 70.

Mais ce sont les années 80 qui vont véritablement le faire entrer dans le monde du cinéma. Plus précisément 1979 (le film sortira en 1980), où il est appelé par le producteur Roger Corman pour composé la musique des Mercenaires de l’espace. Une série B portant le statut de remake des Sept Mercenaires qui se présenta comme la toute première musique cinématographique de James Horner, ce dernier devenant un compositeur de grande ampleur en 1982 après avoir travaillé sur Star Trek II : la Colère de Khan. Dès lors, Horner va collaborer avec des réalisateurs de grandes renommées, notamment James Cameron (Aliens : le Retour, Titanic, Avatar), Ron Howard (Cocoon, Willow, Apollo 13, Un homme d’exception), Edward Zwick (Glory, Légendes d’Automne), Mel Gibson (Braveheart, Apocalypto) et Jean-Jacques Annaud (Le Nom de la Rose, Stalingrad, Or Noir, Le dernier loup). Son travail sera également connu dans le domaine de l’animation pour avoir accompagné les films d’Universal Studios produit par Steven Spielberg (la franchise Fievel, Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, Les Quatre Dinosaures et le Cirque Magique, Balto).

Dès ses débuts, James Horner était connu pour introduire des éléments musicaux électroniques dans ses partitions, bien avant que cela ne devienne une norme des compositions cinématographiques. Mais c’est surtout l’utilisation de chœurs et d’éléments de musique traditionnelles irlandaises qui feront sa renommée auprès des professionnels et du public. Le tout en s’inspirant de ses aînés (principalement John Williams, Jerry Goldsmith et Ennio Morricone) mais aussi de compositeurs dits classiques (Serge Prokofiev et Dmitri Chostakovitch), ce qui lui valut d’être accusé de plagiat par ses détracteurs. Cela ne l’empêcha pas d’être nominé à plusieurs reprises aux Oscars, Golden Globes et BAFTA pour certaines de ses œuvres.

Et il lui faudra attendre 1997 pour voir son travail récompensé par les gens du métier. Cette année-là, il triomphe aux Golden Globes et aux Oscars grâce à Titanic avec lequel il remporta les prix de la Meilleure musique mais aussi de la Meilleure chanson originale (My Heart Will Go On, interprétée par Céline Dion). La bande originale du film ne s’arrêtera d’ailleurs pas qu’à cette prestation, devenant en un rien de temps l’une des musiques cinématographiques les plus vendues de tous les temps (30 millions d’exemplaires à travers le monde) et restant 16 semaines en tête du top 200 des albums de Billboard.

Autre que la musique, James Horner avait également une autre passion : l’aviation. D’ailleurs, il était considéré comme un pilote expérimenté et cela lui arrivait souvent de devoir prendre le manche d’un avion privé. Comme ce fut le cas ce lundi 22 juin 2015. Mais sa réputation même ne put empêcher le crash aérien dont il fut la victime. Beaucoup l’attendaient sur les suites d’Avatar tandis qu’il travaillait déjà dessus, ses dernières compositions seront finalement The 33 et La rage au ventre. Le monde du cinéma vient de perdre l’un de ses plus grands compositeurs contemporains et pour cela, au lieu de faire une sorte de top 10 comme la plupart des médias, Cineseries vous offre un best-of de ses œuvres les plus cultes.

Star Trek II : la Colère de Khan

Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles

Légendes d’Automne

Apollo 13

Un homme d’exception

R.I.P. James Horner…

Stand, un film de Jonathan Taieb : Critique

Stand, c’est le second long-métrage du jeune réalisateur Jonathan Taieb : un film engagé, fort, à la fois très doux et très violent, marqué d’un réalisme intemporel et poétique.

Synopsis : A Moscou, un jeune couple, Anton (Renat Shuteev) et Vlad (Andrey Kurganov), est témoin passif d’une agression. Plus tard, ils apprennent qu’un crime homophobe a été commis au même moment et au même endroit. Aussitôt, Anton décide de lancer une enquête, mais sa soif de vérité n’a d’égal que les peurs et l’amour de Vlad. La quête qu’ils vont mener les conduit vers un avenir incertain. 

La liberté d’être qui l’on est

« Je voulais des situations universelles et atemporelles », nous a confié le réalisateur, « il n’était pas question de donner des leçons de morale ou une conduite de vie à un peuple dont je ne connais pas la culture ». Jonathan Taieb n’avait jamais mis les pieds en Ukraine : ce qu’il voulait avant tout, c’était ajouter sa pierre à l’édifice de la liberté, à l’image d’Anton, son personnage principal, un héros déterminé à rendre justice à un semblable qu’il n’a jamais vraiment connu.

Taieb n’as pas choisi son sujet au hasard : Stand s’ancre dans une réalité virtuelle terrifiante en Russie et dans les pays de l’Est qui témoigne d’une banalisation aggravée de l’homophobie : Taieb s’inspire directement de ces vidéos mises en lignes sur les réseaux sociaux, de passages à tabac de gays, des crimes homophobes qui restent impunis en Russie et en Ukraine. Ce sont ces « vidéos révoltantes », extrêmement violentes, qui ont catalysé son désir de faire un film sur le sujet. Selon Taieb, ces agressions se sont multipliées depuis l’adoption, en juin 2013, de la loi visant à interdire « la propagande des minorités sexuelles » afin de « protéger le psychisme des enfants ». Les « déviants » sexuels sont tous mis dans le même panier, l’homosexualité confondue avec la pédophilie.

La triste réalité est loin d’être seulement virtuelle : c’est la vie quotidienne de la communauté LGBT qui s’apparente à un lourd et pesant secret. Anton et Vlad habitent ensemble, mais ne se touchent pas en dehors, ne s’embrassent pas, ne quittent pas leur appartement en même temps pour qu’on ne remarque pas qu’ils vivent ensemble. Le réalisateur parvient parfaitement à rendre à l’image cette pression permanente, filmant ses personnages en caméra subjective, de dos, comme s’ils étaient réellement suivis. Dès qu’un personnage extérieur apparaît dans le cadre, il est flou, lointain, menaçant.

Stand est, par son titre même, un film engagé : lève-toi, contre les discriminations et les injustices, semble nous dire Jonathan Taieb. Malgré tout, le long-métrage se construit sur la nuance, sur des personnages ambivalents et une fin ouverte qui fera sûrement couler beaucoup d’encre. Le réalisateur rejette le manichéisme et les bons sentiments : pas de bons ni de méchants dans Stand, c’est au spectateur de prendre position. D’où le rôle clé et pourtant neutre du mystérieux Andrey, qui accepte d’aider Anton dans sa quête de vérité : pourtant, l’on se demande pendant les dix dernières minutes si ce n’est pas lui qui a mené Anton à sa perte.

Malgré quelques fragilités et longueurs –une scène de fin qui se veut peut-être trop magistrale -, Stand est d’une incroyable qualité esthétique au vu des conditions de tournage : Taieb a tourné en onze jours en Ukraine, en totale clandestinité, avec une équipe réduite de sept personnes, un tournage mouvementé entre les interventions de la police et le froid glacial. L’équipe avait préparé un faux scénario qu’elle ressortait pour la police, une histoire d’amour à l’eau de rose. Le réalisateur se rappelle que « tout le monde était très engagé, très impliqué ». Son but ultime, c’était de « ramener le film en France ».

C’est chose faite, puisque Stand a été sélectionné dans plus de 41 festivals internationaux et sera distribué dans plus de 10 pays, dont la France.

Merci à Jonathan Taieb et à son équipe pour leur accueil et leur gentillesse !

Bande-Annonce STAND VOST – Sortie le 24 Juin

Fiche technique : Stand

Date de sortie : 24 juin 2015
Réalisateur : Jonathan Taieb
Scénario : Jonathan Taieb, Constance Fischbach, Frédéric Jean-Jacques, Anthony Robin
Distribution : Renat Shuteev, Andrey Kurganov, Andrey Koshman, Ekaterina Rusnak, Veronika Merkoulovav, Yevgen Baranov, Tanya Baranova, Daniel Baranov, Natalia Baranova, Ellen Slusarchi
Traduction : Andrey Kurganov
Directeur de la photographie : Jonathan Taieb
Montage : Anthony Robin
Son : Yves Capus, Jean-Marc Cedot, Théo Grand, Remi Durel, Julie Tribout
Producteur : Jonathan Taieb Frédéric Jean-Jacques Kalin Linsberg Sami Chlagou

 

 

Vice-Versa, un film de Pete Docter : Critique

Mais que peut-il bien se passer dans nos têtes ? Quel mécanisme étrange ? Qui régit donc tout notre système de pensées ? À la manière de Il était une fois la vie – en bien plus drôle évidemment – les studios Pixar signent avec Vice-Versa une de leurs plus belles créations.

Vice-Versa, une œuvre pédagogique

Ils réinventent notre monde intérieur en le peuplant de petites créatures qui contrôleraient l’esprit via les émotions : Joie qui nous apprend à aimer la vie, Peur qui nous protège, Colère qui nous défend, Dégoût qui nous caractérise et même Tristesse qui nous soulage. Une œuvre teintée de réalisme finalement quand on sait que nos émotions dirigent bien souvent nos décisions et nos actes.

Dans Vice-Versa, on s’intéresse au cas de la petite Riley, 11 ans, en lutte avec ses parents qui veulent déménager, en lutte avec ses émotions qui la submergent. Un passage compliqué qui se situe à un des moments clef de la vie : la prépuberté. Dès lors, on comprend à quel point il est difficile de mettre de l’ordre dans nos pensées quand notre vie est bouleversée et à plus forte raison dans celles d’un enfant qui grandit. Avec des métaphores très imagées, le film nous explique ce qu’est la déprime et comment s’installe la mélancolie : les « Îles » qui s’écroulent, les souvenirs qui deviennent pénibles et nous attristent et ceux qu’on préfère oublier. Restent la Colère, le Dégoût et la Peur, qui prennent le dessus sur les autres émotions, pendant que la Joie et la Tristesse sont oubliées, rejetées. Pour retrouver un équilibre et la sérénité, il faut accepter toutes ces émotions et les laisser s’exprimer. Vice-Versa est une œuvre pédagogique intelligente et émouvante qui donnent à réfléchir aux enfants sur leur caractère et leurs comportements.

Un conte philosophique

Vice-Versa rend ses lettres de noblesse aux sentiments et aux souvenirs en les associant à des valeurs morales. Tout événement de la vie est représenté comme une expérience enrichissante et un patrimoine social et culturel qui sera classé, trié, réutilisé ou oublié. C’est une ressource, un outil qui permettra à l’enfant de se construire et de grandir, de forger sa personnalité, de juger du bien et du mal, de développer ses goûts et ses préférences (l’« Île du Hockey sur glace » ou celle des « Boys Bands »). Vice-Versa nous offre une lecture poétique de la philosophie et de la morale (« Île de l’Honnêteté », « Île de la Famille »). Comme avec Là-haut, Pete Docter touche à nos sentiments et à notre âme d’enfant avec justesse, il valorise les souvenirs, la famille et le bonheur sans pour autant en renier la Tristesse, mal nécessaire pour avancer dans la vie, se consoler et se consolider.

Vice-Versa est une introspection, un voyage intérieur au cœur de la Pensée profonde. Avec ce film d’animation, véritable documentaire animé, le jeune spectateur met du sens sur ces éléments flous qui composent la Pensée : le rêve, l’imagination, la mémoire, la conscience, le subconscient. Il découvre comment naissent les peurs mais aussi la peine et la mélancolie. Avec beaucoup d’humour et de sensibilité, on apprend que, tout comme la personnalité qui n’est pas fixe, les émotions non plus ne sont pas cloisonnées, elles ont besoin les unes des autres, elles se complètent, elles évoluent, elles changent. Comme nous. Finalement, Vice-Versa est une très jolie fable éducative et optimiste.

Synopsis : Le QG qui contrôle le cerveau de Riley, 11 ans, est dirigé par la Joie, qui veille au bonheur de la petite tandis que Peur (la voix de Pierre Niney, Un Homme Idéal) s’occupe de sa sécurité. Colère rend la justice, Dégoût fait le ménage mais Tristesse (voix de Marilou Berry, Joséphine) ne comprend pas vraiment son rôle. Très perturbée par son déménagement, Riley perd ses repères et s’embrouille dans ses émotions. Joie et Tristesse vont alors s’égarer dans les recoins les plus obscurs de la Pensée : la Mémoire à long terme, le Pays de l’Imagination, la Pensée Abstraite, ou la Production des Rêves tandis que le QG sera entre les mains de Peur, Colère et Dégoût.

Vice-Versa : Bande-annonce officielle de l’animation Pixar

https://www.youtube.com/watch?v=SYLrpcNTVwE

Fiche technique : Vice-Versa

Titre original : Inside Out
Titre français : Vice-Versa
Titre québécois : Sens Dessus Dessous
Réalisateur : Pete Docter et Ronnie del Carmen
Scénario : Pete Docter et Michael Arndt
Musique : Michael Giacchino
Producteurs : Jonas Rivera et John Lasseter
Sociétés de production : Pixar Animation Studios et Walt Disney Pictures
Société de distribution : Walt Disney Studios
Pays d’origine : USA
Langue originale : Anglais
Format : couleur-Dolby Digital
Genre : animation, comédie
Durée : 94 minutes

The Dark Valley, un film de Andreas Prochaska : critique

 The Dark Valley, un film à l’atmosphère pesante

Synopsis : À la fin du 19ème siècle et à l’approche de l’hiver, un mystérieux étranger nommé Greider (Sam Riley, Control, Maléfique, Byzantium, Sur La Route) demande l’hospitalité aux Brenner (Tobias Moretti, Life Eternal, dans le rôle d’un des frères), les chefs d’un village perdu dans les montagnes. Photographe américain, Greider sera logé dans une ferme habitée par Luzi (Paula Beer, Diplomatie) et sa mère. Distants et peu commodes, les habitants semblent cacher un lourd secret. Peu après, l’hiver arrive et, avec lui, les premières morts inexpliquées…

The Dark Valley commence par une scène sous haute tension où la violence est suggérée : un jeune couple terrorisé est enfermé dans une cave et pousse des hurlements lorsqu’on vient les chercher pour les traîner au dehors. Puis le film commence vraiment avec l’arrivée d’un jeune homme qui recherche un refuge pour l’hiver et s’adresse à une communauté isolée. Le reste est laissé à notre imagination ; le cadre est posé.

Sorti en DVD le 15 mai 2015, The Dark Valley est un thriller western à l’ambiance trouble et pesante qui met en scène des personnages plus inquiétants les uns que les autres. L’action se déroule dans un village coupé du monde, entouré de montagnes et de forêts et où règnent le vieux Brenner et ses six fils, sorte de Mafia locale. Qu’ils soient intérieurs ou extérieur à cette communauté de pseudo-mormons, chaque individu est énigmatique et semble cacher un lourd secret dans une ambiance semblable au film Le Village. Dès le début du film The Dark Valley, lorsque Greider arrive, on sent qu’une menace plane sur ce village et ses habitants, cloîtrés par un hiver extrêmement rude et dominés par la famille Brenner… Le danger n’est pas loin.

À mesure que l’hiver s’installe et que tombent les neiges, l’ombre s’abat sur cette communauté et les premières morts inexpliquées arrivent. Après le décès de deux des frères Brenner, on découvrira le secret que cache cette micro-société.

Un travail d’orfèvre récompensé :

Présenté à l’avant-première du Festival international du film de Berlin 2014, The Dark Valley est une adaptation très réussie du roman de Thomas Willman qui mérite largement les prix de meilleurs costumes et meilleurs décors aux European Film Awards 2014, le Silver Lola Award 2014, le 8 German Film Awards 2014 et les prix du meilleur réalisateur et meilleur acteur (Tobias Moretti) aux Bavarian Film AwardsLe réalisateur autrichien Andreas Prochaska (Trois Jours à Vivre, Alexandra : Disparue) est spécialisé en thrillers et en films d’horreur d’où ce climat sinistre et oppressant – Trois Jours à Vivre était déjà en compétition pour plusieurs prix au Festival du Film Fantastique de Gérardmer en 2007.

Dans The Dark Valley, les décors sont particulièrement bien soignées et les prises de vue enivrantes. Les plans en plongée et contre-plongée dans ces paysages de montagnes et de forêts enneigées nous offrent des images à la fois magnifiques et angoissantes. Elles interviennent comme un œil « Tout-puissant », un regard accusateur : le poids de la justice et de la fatalité à en croire le film. Car The Dark Valley est un film symbolique qui touche à la morale, une œuvre poétique malgré quelques scènes d’action et autres passages violents qui prennent le contre-pied de l’accalmie des paysages.

Seul hic dans cette belle réalisation : une scène d’action avec une musique rock à l’accordéon de Matthias Weber (Un Homme Idéal) qui vous agresse les tympans et nuit à l’ambiance du film.

The Dark Valley : Bande annonce

the-dark-valley-dvdFiche Technique : The Dark Valley

Réalisateur: Andreas Prochaska 

Acteurs: Sam Riley, Paula Beer, Tobias Moretti, Clemens Schick,

Erwin Steinhauer, Hans-Michael Rehberg, Thomas Schubert

Scénariste: Andreas Prochaska, Martin Ambrosch

Compositeur: Matthias Weber

Directeur De La Photographie: Thomas W. Kiennast

Monteur: Daniel Prochaska

Genre: Western

Titre original: Das finstere Tal

 

Poltergeist, un film de Gil Kenan : Critique

« Ce sont dans les vieux films d’horreur, qu’on fait les meilleurs remakes » selon le proverbe très à la mode dans les studios hollywoodiens en manque d’idées originales, après avoir inondé les écrans de remakes insipides d’Halloween, Evil Dead, Carrie, Maniac, Massacre à la tronçonneuse (déjà de Tobe Hooper) entre autres. C’est un autre classique qui va être mis à mal, en l’occurrence Poltergeist, référence de l’épouvante des années 80. Le film reprend la même trame, tout en modifiant quelques aspects scénaristiques, sans que cela influe sur les événements.

Méfiez-vous de l’écureuil!

En trente ans, le visage des Etats-Unis a bien changé. Dans le film original, on retrouvait une famille s’installant dans une maison en banlieue, symbole de la réussite sociale, après que le mari ait obtenu une belle promotion. Ici, c’est tout le contraire, la crise a fait des dégâts, la banlieue est à l’abandon, ses rues sont aussi vides que délabrées. C’est dans ce contexte économique difficile, que la famille Bowen, se retrouve à occuper une immense maison proche de lignes à haute tension. Eric Bowen (Sam Rockwell) est au chômage, il oublie sa situation dans l’alcool et sa femme Amy (Rosemarie DeWitt), au foyer et auteure en plein processus créatif. Comme toute famille modèle américaine, ils ont des enfants, au nombre de trois. Kendra (Saxon Sharbino) est l’aînée, en pleine crise d’adolescence, le nez rivé sur son portable, ordinateur ou téléviseur, tout en faisant preuve d’insolence et d’égoïsme. Griffin (Kyle Catlett) est le seul garçon, peureux de tout, il reste constamment dans les jambes de sa mère. Enfin, il y a Madison (Kennedi Clements), la petite dernière, celle qui répète les gros mots qu’elle entend et discute avec un ami imaginaire, mais pas tant que ça.

La mise en place se fait rapidement, on ne perd pas de temps, surtout que le spectateur est censé connaitre l’histoire, tant le film a été pillé ou parodié. En dehors de cela, on se retrouve plus dans un film proche du nanar, mais grâce à la débauche d’effets spéciaux réussis, ne sera finalement qu’un échec de plus dans le genre épouvante, venant s’ajouter aux Ouija, The Pyramid ou Annabelle, des œuvres originales, mais navrantes. Poltergeist ne relève pas la niveau, malgré un casting intéressant, avec Sam Rockwell qui déçoit rarement. Sans sa présence, sa nonchalance et son ironie, le film aurait été un long calvaire dès le début. Son personnage n’est pas des plus sympathiques, mais il semble en roue libre et s’amuse à se moquer de tout le monde, au point qu’on a l’impression, qu’il ne croit pas vraiment au projet et si c’est le cas, on le comprend en sortant de la séance. La petite Kennedi Clements est toute mignonne, elle joue bien de sa bonne bouille et amuse la galerie, lorsqu’elle balance un gros mot avec son immense sourire, mais tout s’effondre, dès que cela devient plus sérieux, avec l’apparition des esprits frappeurs. Enfin, sérieux, c’est un bien grand mot, tant il est difficile d’accrocher à un film ou les jump scares sont inefficaces.

Le film ne fait jamais peur, c’est surement pour cela qu’il sort en période estivale, pour mettre à profit la climatisation, comme seul moyen de donner des frissons. Ce remake du film de Steven Spielberg, euh pardon de Tobe Hooper, donne juste l’envie de revoir la version originale et d’oublier celui-ci. Comme souvent, la bande-annonce dévoile la plupart des « grands » moments du film, c’est dire à quel point on ne sera jamais surpris, au point d’attendre impatiemment le clap de fin, pour mettre un terme à ce moment gênant. Le film tente de se démarquer, en modifiant le rôle de chacun, en donnant le beau rôle aux enfants. Le peureux Kyle Catlett se retrouve être le véritable héros de l’histoire, mais avant cela il faut supporter ses moments de fragilité. Il faut avouer qu’il n’est pas aidé, en héritant de la chambre se trouvant sous le toit, avec un velux où les branches d’un arbre immense se font menaçants, dès que la nuit tombe. Ses parents sont un peu sadiques, non ?
Il est difficile d’être en empathie pour des personnages plutôt pénibles, à l’image de Saxon Sharbino, en caricature de l’adolescente insolente et qui agace facilement dans son pseudo jeu d’actrice. Rosemarie DeWitt est bien fade, elle est totalement éclipsée par Sam Rockwell, confirmant qu’il est le plus intéressant de tous. Jusqu’à ce que Jared Harris débarque, pour redonner un léger coup de fouet, pour nous sortir de notre torpeur, en clone de Max Von Sydow dans l’Exorciste. Il balance deux/trois réflexions prêtant à sourire, mais cette lueur d’espoir n’aura pas de suite et on replonge dans le confort de nos fauteuils . Décidément, rien ni personne ne va sauver le film du naufrage.

Le réalisateur Gil Kenan n’est pas à la hauteur du projet. Malgré la présence de Sam Raimi à la production, l’impression d’être devant un produit surfant sur l’aura de la version originale est grande, d’autant que la 3D utilisée pour attirer le spectateur dans les salles, est ici sans intérêt. Il est difficile de ne pas rire devant le ridicule des situations ou des dialogues, au point de répondre à la question de Rosemarie DeWitt : Who you gonna call?  On a envie de répondre : Ghostbusters! C’est impossible de prendre ce remake au sérieux. Le clown ne fera peur qu’aux personnes atteintes de coulrophobie et on attend toujours le digne successeur de Ça.
Pour être dans l’air du temps, on a ce moment improbable ou Boyd (Nicholas Braun) demande à Kyle Catlett, si sa sœur a vraiment disparu, ou si c’est une tentative pour se faire de l’argent et d’avoir sa télé-réalité, car son père est au chômage….Mais il y a tout moment de la positivité dans ce marasme, avec le père qui va vider sa bouteille de whisky, après avoir vécu un moment éprouvant, comme quoi croiser la route d’un poltergeist, a aussi de bonnes conséquences. On pourra aussi apprécier le monde souterrain, particulièrement réussi visuellement, il fallait bien ça pour justifier un budget de 62M$. C’était vraiment pour trouver des qualités à un film, qui n’en contient que trop peu.

Poltergeist est un remake de plus, à agrafer au tableau du déshonneur des studios hollywoodiens. Autant revoir la version de 1982, même si les effets sont devenus kitsch. Elle reste en tous points supérieure à ce navet, qui vous fera perdre 1h34 de vos précieuses vies.

Synopsis : Lorsque les Bowen emménagent dans leur nouvelle maison, ils sont rapidement confrontés à des phénomènes étranges. Une présence hante les lieux. Une nuit, leur plus jeune fille, Maddie, disparaît. Pour avoir une chance de la revoir, tous vont devoir mener un combat acharné contre un terrifiant poltergeist.

Poltergeist – Extrait Clown [Officiel] VOST HD

Poltergeist : Fiche technique

Réalisation : Gil Kenan
Scénario : David Lindsay-Abaire
Distribution : Sam Rockwell, Rosemarie DeWitt, Jared Harris, Jane Adams, Saxon Sharbino, Kyle Catlett, Kennedi Clements, Susan Heyward et Nicholas Braun
Musique : Marc Streitenfeld
Photographie : Javier Aguirresarobe
Décors : Patricia Larman
Montage : Jeff Betancourt et Bob Murawski
Production : Sam Raimi, Nathan Kahane, Roy Lee et Roger G. Tarpet
Sociétés de production : Vertigo Entertainment, Mandate Pictures, Lions Gate Films Inc., Metro Goldwyn Mayer, Fox 2000 Pictures et Ghost House Pictures
Société de distribution : Twentieth Century Fox France
Budget : 62 000 000 $
Genre : Épouvante/Horreur
Durée : 94 mn
Date de sortie française : 24 Juin 2015

Bosch saison 1, une série d’Eric Overmeyer : critique

Enquête complexe

D’abord, Bosch n’est pas vraiment l’adaptation d’un roman, mais l’action de la première saison reprend et combine l’intrigue de plusieurs volumes écrits par Connelly. Cela permet d’avoir une affaire complexe qui a se poursuivre tout au long des dix épisodes de la saison.

Oui, parce que la série échappe au piège de « un épisode, une enquête ». Ici, la saison complète représente une seule affaire dans ses multiples ramifications, une affaire complexe réunissant un meurtre de vingt ans, une évasion, des violences sur enfants et l’incapacité maladive de Bosch à respecter les règles.

Réalisme

Avant d’entamer sa carrière d’écrivain, Michael Connelly était journaliste au Los Angeles Times et reçut même le prix Pulitzer. C’est un grand connaisseur du fonctionnement de l’appareil policier et judiciaire américain. Ses romans sont marqués du sceau du réalisme.
Ce réalisme se retrouve dans la série. Ici, pas de police scientifique qui va trouver des traces d’ADN sur le tapis, ni de super-ordinateurs qui vont retrouver le visage d’une personne au milieu d’une foule. Chez Bosch, on enquête à l’ancienne : interrogations de témoins et de suspects, promenade sur les lieux des crimes, lectures de dossiers et de multiples paperasses.
Cela donne une série qui a forcément un rythme lent et qui privilégie l’intrigue sur l’action. Peu de courses-poursuites, quasiment pas de fusillades, on est loin des canons habituels de certaines séries policières. Mais cette lenteur n’empêche pas la série d’être passionnante : le scénario et la réalisation instaurent une tension permanente, l’action rebondit tout le temps. On passe sans cesse d’un aspect à l’autre, sans laisser le temps d’avoir une routine qui risquerait de devenir ennuyeuse.

Noir

Bosch est une série noire, comme il existe des films noirs. Elle a toutes les caractéristiques du genre. D’abord, il y a l’importance d’un décor urbain. La série se déroule presque exclusivement à Los Angeles, que l’on explore d’un bout à l’autre, depuis les lieux privilégiés jusqu’aux bas-fonds sordides.
Et Bosch comporte aussi un aspect social important. Au fil des épisodes se dessinent les contours d’histoires glauques subies par une population souvent défavorisée. Du coup, Los Angeles est décrite comme une sorte de Babylone décadente où l’immoralité se cache jusque dans les recoins sombres des familles ou des institutions scolaires.
Le noir est aussi la couleur dominante. Le noir de la nuit ou le noir des sous-sols. La série se déroule souvent dans une ambiance nocturne mélancolique, au son d’un vieux disque de jazz. Elle joue beaucoup, là aussi, sur un aspect « vieux jeu » qui la rapproche des films des années 40 ou d’une série comme Mike Hammer. Connelly prétend avoir voulu faire de la littérature policière en découvrant Raymond Chandler, et la série rend parfaitement hommage aux vieux classiques du roman noir à la Chandler.
Noire aussi est la vision de la justice américaine, une justice complètement prisonnière des pressions de toutes sortes, depuis les journalistes jusqu’aux politiciens, sans compter les électeurs.

Des acteurs inspirés

Côté acteurs, cette série devrait marquer la consécration de Titus Welliver, absolument excellent dans le rôle de Bosch. Sa démarche, sa voix grave, sa tête toujours penchée donnent consistance au personnage de Connelly. Il est sobre, à l’image de la série, mais extrêmement présent.
À ses côtés on retrouvera avec plaisir Lance Reddick, que les fans de Fringe reconnaîtront sans problème et qui tient ici un rôle un peu similaire à celui qu’il avait dans la série de J. J. Abrams, celui d’un chef à l’attitude ambiguë, dont on a du mal à savoir de quel côté il se situe précisément.
L’ensemble de la distribution est d’un très bon niveau, sachant ne pas en faire trop. Le résultat est une première saison d’une grande qualité, dense, noire et passionnante. Espérons que la deuxième saison soit du même acabit.

Synopsis : alors qu’il est poursuivi en justice pour avoir tué un suspect lors d’une traque, Bosch enquête sur la découverte d’un squelette.
Adapter en série les romans de Michael Connelly, un des auteurs de romans policiers les plus populaires actuellement, représentait un défi mais les auteurs ont su éviter les pièges tendus devant eux.

Bosch : Bande-annonce

Bosch : Fiche technique

Création : Eric Overmeyer
Réalisation : Ernest R. Dickerson, Kevin Dowling, Alex Zakrzewski , Jim McKay, Matt Earl Beesley, Thomas Carter, Roxann Dawson.
Scénario : Michael Connelly, Eric Overmyer, William N. Fordes, Diane Frolov, Andrew Schneider, Tom Smuts, Jennifer Ames, Joe Gonzalez, T.L. Lankford, George Pelecanos, Steve Turner, d’après les romans de Michael Connelly.
Interprétation : Titus Welliver (Hieronymus, dit Harry Bosch), Jamie Hector (Jerry Edgar), Amy Aquino (Lieutenant Grace Billets), Lance Reddick (Irvin Irving), Annie Wersching (Julia Brasher), Jason Gedrick (Raynard Waits), Steven Culp (District Attorney Richard O’Shea).
Musique : Jesse Voccia
Photographie : Patrick Cady, Paul M. Sommers, Eric Alan Edwards.
Décors : Marc Dabe, Gregory F Anderson
Montage : Dorian Harris, Steven Cohen, Elba Sanchez-Short
Production : Eric Overmeyer, Michael Connelly, Mikkel Bondesen
Sociétés de production : Amazon Studios, Fabrik Entertainment
Distribution : Amazon Instant Video
Budget :NR
Genre : action, suspens
Nombre d’épisodes de la saison 1 : 10
Durée d’un épisode : 45’

Chew : les voix du prochain film d’animation

Chew, la prochaine animation inspirée du comic a trouvé ses voix :

Les férus d’animation vont être ravis : le casting pour les voix du prochain film d’animation de Jeff Krelitz (Torchwood : web of lies), Chew, est en cours. Le film est une adaptation de la bande-dessinée de Tony Chu, Détective Cannibale de John Layman et Rob Guillory et dont voici le résumé officiel :

«Tony Chu est un inspecteur de police qui cache un lourd secret. Un secret étrange : il est cibopathe. Cela signifie qu’il est capable de connaître le passé, l’origine et les émotions de tout ce qu’il mange…même des êtres humains ! Ce qui ne l’empêche pas d’être aussi un policier tout à fait respectable qui goûte à ses victimes afin de découvrir l’identité du meurtrier et ses motifs. Quand le gouvernement découvre son secret, Chu va devoir entrer à son service, qu’il le veuille ou non.»

Dans Chew, la fine équipe mène l’enquête dans un monde où la grippe aviaire a rendu illégale la consommation de poulet. D’autres personnages interviennent dans cette histoire humoristique et originale : des cuisiniers, des cannibales, des voyants et plusieurs héros aux super-pouvoirs liés à la nourriture.

Pour le film Chew, Steven Yeun (Glenn de Walking Dead) sera la voix du détective Tony Chu tandis que sa bien-aimée Amélia sera interprétée par Felicia Day (la créatrice de la web-série américaine The Guild). Amélia n’est autre qu’une critique culinaire de talent qui permet à Chu d’imaginer ce qu’il ne peut pas manger. L’un de nos célèbres Doctor Who, David Tennant (L’homme Pourpre dans la série de Marvel Jessica Jones), prêtera sa voix au personnage de Mason Savoy, le mentor de Chu. Un rôle qui, au départ, devait revenir à Robin Williams, avant qu’il ne nous quitte en août dernier. Il est probable que ce casting attire désormais l’attention d’autres célébrités sur Chew et il reste un bon nombre de rôles à attribuer.

Festival de Télévision de Monte-Carlo : Cérémonie de Clôture

Chronique du Festival de Télévision de Monte-Carlo, 18 juin 2015 : Cérémonie de clôture du Festival

Le 18 Juin 2015, s’est clôturé le Festival de la Télévision de Monte-Carlo, avec la remise finale des Nymphes d’Or, équivalents des oscars pour les séries. Au cours de cette cérémonie, de nombreuses personnalités étaient présentes à l’image du Prince Albert II, pour remettre les récompenses les plus prestigieuses de la télévision internationale.

Les Nymphes ont été répartis en différentes catégories, pour récompenser l’ensemble du milieu de l’audiovisuel international. Dans un premier temps, l’une des rubriques majeures de ce Festival était liée aux actualités mondiales. Le meilleur reportage du Journal Télévisé a été attribué au documentaire, « Suspected police brutality against occupy protester », qui révélait notamment les conditions de vies actuelles des protestants de Hong Kong face à un gouvernement de moins en moins libéral. Ensuite, on pourrait citer Injusticia Express, officiellement « meilleur document d’actualités », qui cherche à dénoncer le fait que de nombreuses personnes issues de la Mafia parviennent à corrompre les systèmes judiciaires et faire accuser des hommes et femmes innocents pour des crimes ou échanges frauduleux qu’ils n’ont pas commis.

Par la suite, les récompenses des séries ont vraiment été mises en valeur pendant ce festival, qui cherche à promouvoir les programmes audiovisuels les plus attractifs. Dans la catégorie, Mini Séries, « The Missing », la série britannique à reçu la Nymphe d’Or, elle sera notamment diffusée prochainement sur la chaîne TMC. En ce qui concerne, les acteurs de cette catégorie, Anthony Hayes s’est vu remettre la Nymphe d’Or du meilleur acteur pour ses prestations dans Secrets & Lies et Frances O’Connor a reçu le prix de la meilleure actrice, pour ses performances dans la série citée précédemment « The Missing ».

La série Lilyhammer 3 a reçu le prix de la meilleure série TV de comédie, après un troisième opus très réussit qui parviendra sans doute à toucher de nouveau le public européen. Ce succès à notamment était confirmé par la remise du Nymphe d’Or du meilleur acteur dans cette catégorie à Steven Van Zandt, pour des performances de qualité consécutives. Enfin, la meilleure série comique internationale a été discernée à « Welcome to Sweden », un programme scandinave déluré e qui a littéralement séduit le jury avec son approche très innovatrice.

Dans le registre dramatique, deux séries ont raflées toutes les récompenses. « Gomorra » à la fois pour la meilleure série dramatique internationale et également pour le prix du meilleur acteur avec Marco D’amore qui parvient toujours à porter les intrigues grâce à son charisme naturel. La deuxième série, qui a été sous le feu des projecteurs pendant ce festival et justement récompensée, est « Happy Valley » qui sera projetée en Europe prochainement. Cette série produite par la BBC One a parfaitement compris le registre du divertissement dramatique, avec notamment un de leurs meilleurs atouts qui a glané e la prestigieuse récompense de meilleure actrice, Sarah Lancashire, pour l’instant exclusivement actrice de série.

Par la suite, 3 Nymphes d’Or ont été remis à la catégorie « Prix de l’audience TV Internationale ». Le meilleur Telenovelas à « Amour, Gloire et Beauté », pour renforcer une nouvelle fois l’image de ce programme qui s’est crée une véritable notoriété à l’échelle internationale. Puis, une série très reconnue également en France, NCIS a été récompensée pour l’attrait que cette œuvre, qui est une nouvelle parvenue à susciter cette année l’intérêt de nombreux fans. Pour finir, le programme « How I met your mother » a logiquement été récompensé par un Nymphe d’Or, grâce à sa grande simplicité et à la fois à un humour toujours très subtile qui peut être apprécié par toutes les générations.
Pour terminer, cette liste de récompenses, sans doute la catégorie avec le plus de visibilité, « les films de télévision », qui s’affrontent chaque année pour tenter d’obtenir ce précieux sésame. Cette année l’œuvre, Marvellous, a complètement écrasée la compétition en obtenant les 3 récompenses discernées, meilleur film, meilleur acteur et meilleure actrice. Cette œuvre encore inconnue en Europe propose un divertissement atypique et qui a nourrit la curiosité du jury dans un premier temps, et par la suite a totalement été conquis par ce film déjanté et très bien structurée. L’histoire se base sur un homme qui quitte son travail de boucher pour rejoindre un cirque en tant que clown. Il emménage plus tard à une université où il devient le coach de l’équipe de foot non officielle. D’après l’avis et l’expertise du jury du Festival, ce programme peut compter, sur deux acteurs de grande qualité, Toby Jones, dans le rôle de « Neil », et Gemma Jones surnommée « Marie » qui portent à bout de bras ce film qui remportera surement un grand succès lors de sa diffusion. La raison majeure de l’attribution de ces deux prix, selon l’ensemble du Jury, est la réelle complicité entre le duo d’acteurs improbables.

Au cours de cette cérémonie, des organisations internationales humanitaires qui ont été présentent pendant le festival ont reçu des prix symboliques tels que le Comité International de la Croix-Rouge, la Croix-Rouge Monégasque ou encore le Prix Spécial Prince Rainier III. Ces différents prix démontrent l’importance que porte la principauté au développement durable à tout point de vue, humanitaire, culturel et économique.
Cette soirée a été une grande réussite et à permis pour la 55ème fois d’affilés d’affirmer la position de Monaco à l’échelle internationale. Environ un mois après l’organisation du mythique Grand Prix de Monaco, la principauté a tenu son rang en organisant une merveilleuse édition. Le corps journalistique a vécut cet événement comme une grande opportunité de pouvoir être au plus prêt des dernières tendances et actualités du monde de l’audiovisuel. Ce festival est très prestigieux et deviendra de plus en plus populaire ces prochaines années, grâce à des projections internationales en avant première, à sa nouvelle approche pour les professionnels, et à une organisation toujours irréprochable.

Auteur : Adrien Lavrat

 

La Isla Mínima, un film d’Alberto Rodriguez : Critique, Festival du film de San Sebastian

Après un passage remarqué au festival de San Sebastian et une razzia aux Goyas, les oscars locaux, La Isla Mínima s’impose comme le film espagnol de l’année.

Avec pas moins de 10 prix remportés dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur, le triomphe espagnol saura-t-il séduire de l’autre côté des Pyrénées ?

Avec ses airs de True Detective à l’espagnol, La Isla Mínima ouvre la voie à un Southern Gothic à l’européenne, bien ancré dans ses réalités locales. Dès les premiers plans de son film Alberto Rodriguez entend nous plonger dans ce monde hors du monde, où une nature peu accueillante laisse place à des paysages surnaturels. Le marais du Guadalquivir est une étape entre la terre et le fleuve, à l’image de l’état de cette Espagne post-franquiste qui tente de retrouver les pieds sur terre après avoir été submergée par la vague dictatoriale. Nous sommes dans les années 80, en pleine transition démocratique.

Le pays est partagé entre ses idéalistes qui portent la démocratie comme étendard et ses vieux démons, anciens instigateurs de l’oppression. Rodriguez rassemble ces  »deux Espagnes » dans son duo de détectives avec d’un côté, Pedro, le jeune flic idéaliste et de l’autre, Juan, le vieux briscard qui se coltine son passé à la Gestapo de Franco. Les deux compères devront marcher côte à côte s’ils veulent résoudre le mal qui ronge la région.

Entre le polar et le film politico-social, La Isla Mínima réussit habilement à mêler divertissement et vraie réflexion. Le scénario reste la pièce maîtresse du film où l’on prend plaisir à suivre des personnages passionnants, loin de tout manichéisme, dans leur enquête au bout de l’horreur. Il ne manquait qu’un metteur en scène minutieux pour donner davantage de crédit à ce décor grandiose des rizières du Guadalquivir. Trop concentré sur l’intrigue policière, Alberto Rodriguez fait enchaîner les nouvelles pistes de l’enquête à un rythme trop rapide de peur d’ennuyer son spectateur. C’est pourtant en s’attardant sur les effets d’isolement de son décor (que le titre  »La Isla Mínima » met pourtant en avant) que le réalisateur aurait pu toucher du doigt l’état d’un pays sortant d’une réclusion dictatoriale et ainsi offrir un regard plus pertinent sur l’Espagne du début des années 80.

Si l’on reste sur ce sentiment de déception notable mais toutefois pardonnable que le film peine à atteindre ses folles ambitions, il reste une œuvre maîtrisée, originale et passionnante. Si La Isla Mínima n’a pas l’envergure d’une série comme True Detective, le film a le mérite de populariser un cinéma espagnol dont la notoriété été cruellement cantonnée à celle d’Almodovar.

Synopsis : Deux vrais détectives sont dépêchés dans une petite ville d’Andalousie au cœur des marécages suintant du Guadalquivir pour enquêter sur l’assassinat sanglant de deux adolescentes. Deux flics que, évidemment, tout oppose.

Bande annonce : La Isla Mínima

La Isla Mínima : Fiche technique

Titre original :La Isla Mínima
Date de sortie : 15 juillet 2015 (France)
Nationalité : Espagnole
Réalisation : Alberto Rodriguez
Scénario : Rafael Cobos, Alberto Rodríguez
Interprétation : Javier Gutiérrez, Raúl Arévalo, María Varod, Perico Cervantes, Jesús Ortiz, Jesús Carroza, Paula Palacios, Claudia Ubreva, Lucía Arias, Salva Reina, Antonio de la Torre, Nerea Barros, Ana Tomeno
Musique : Julio de la Rosa
Photographie : Alex Catalan
Directeur artistique : José Dominguez del Olmo
Montage : José M. G. Moyano
Production : José Antonio Félez, Ricardo Garcia Arrojo, Manuela Ocon …
Sociétés de production : Atresmedia Cine, Film Factory
Sociétés de distribution : Le Pacte
Budget : 4 000 000€
Genre : Policier, Thriller
Durée : 104 mins
Récompenses :Beaune International Thriller Film Festival 2015 : Prix Spécial Police et Prix de la Critique / San Sebastián International Festival 2014 / Goyas 2015 : Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur (Javier Gutiérrez), Meilleure révélation féminine (Nerea Barros), Meilleur scénario original, Meilleure photographie, Meilleur montage.

Auteur : Jim Martin

La Ligne Rouge, un film de Terrence Malick : Critique

La Seconde Guerre Mondiale est le thème d’innombrables œuvres cinématographiques. Longs-métrages, courts, documentaires, séries ou téléfilms, ce pan de l’histoire reste sans nul doute l’un des plus retranscrit sur les écrans. Films de guerre ou de drame, mêlant les deux souvent, les sujets semblaient avoir été écumés par les réalisateurs des quatre coins du monde…mais c’était sans compter la participation de Terrence Malick avec La Ligne Rouge.

Lui, le cinéaste polymorphe, poète dramaturge s’essayant au thriller à ses heures perdues, métaphorait déjà le paradis perdu dans Les Moissons du ciel. Terrence Malick a 55ans lorsqu’il réalise La Ligne Rouge. 20 ans de méditation depuis son précédent ; 20 ans de maturation, pour mener à terme une oeuvre exceptionnelle, belle et cruelle à la fois, aussi touchante que déstabilisante. Il avait autant produit de films jusqu’alors que dirigé la caméra ; manifestement son outil de prédilection.

« Pourquoi la nature lutte t-elle contre elle même ? »

Les conséquences de la guerre frappent les mémoires. Les pertes sont si lourdes que les populations restent marquées pour des générations entières. La propension meurtrière des conflits attise les esprits belliqueux. Mais le réalisateur va bien au-delà de ces idées premières. Plutôt que seulement témoigner de l’horreur et du drame, Malick cale son récit sous le prisme de la terre mère ; ce sol originel qui nous a enfanté, tous autant que nous sommes, humains, animaux et plantes. Il associe l’homme à la terre et met sur un même pied d’égalité les êtres vivants qui ensemble la composent. Il entrecoupe les séquences de rage militaire par de l’esthétisme naturel où l’animal est central ; parfois majestueux, parfois mourant sous les flammes. Il rappelle avec force que la destruction n’est pas seulement humaine, mais plus importante et plus globale encore. L’homme piétine la sphère avec laquelle il forme un tout, bafoue les règles tacitement édictées dans le contrat initial. Certains pourraient penser que cet homme là dépasse les bornes, Terrence Malick vient nous dire qu’il franchit La ligne Rouge.

« De l’amour au conflit, au départ on était une famille. »

L’ouverture se fait sur une petite île, manifestement isolée au milieu de l’Océan. Les autochtones qui l’habitent sont l’évocation de la genèse, symbolique de la pureté des relations, de l’esprit civique et de la cohésion de groupe. Le film oppose la sérénité de cette vie primaire exempte de perversité, au cadre rigide de l’armée où « l’homme seul n’est rien » ; à l’obscurantisme hiérarchique des uniformes ; aux dommages incommensurables. Le carnage humain, le bousillage matériel, la dévastation environnementale.
Planté au milieu de ce peuple en harmonie avec la nature, le réalisateur rappelle l’essentiel de la vie. A son strict opposé, le navire militaire qui extirpe le déserteur Witt de sa symbiose parfaite avec les éléments, personnifie la violation de l’être et dresse à l’horizon le rapport à la mort et du « rappel à Dieu ». La fumée noire qui s’échappe des cheminées du bateau salie le paysage vierge, tout comme la conscription viendra souiller l’âme du soldat.

« La guerre ne rend pas les hommes plus nobles, elle en fait des chiens. »

La Ligne Rouge met sur le grill la brochette d’acteurs parfaite. John Travolta dans le rôle du Général placide mais directif, Nick Nolte pour une interprétation littéralement transperçante de Toll, Jim Caviezel dans le costume de Witt ; Sean Penn en sergent-chef Welsh partagé entre les ordres et le souci des troupes, John Cusack, Elias Koteas pour le capitaine Staros ; Adrien Brody, Woody Harrelson et une petite apparition de George Clooney sur la fin, capitaine Charles Bosche, beau et propre au milieu du désastre ambiant.
Si Witt incarne le héros par qui la narration est amenée, la caméra adopte un style omniscient, passe d’un personnage à un autre et révèle quelques brides de leurs vies, faisant de chacun l’une des pierres d’embase du monument. Le scénario n’a pas l’utilité de les présenter tous formellement puisque l’écriture des rôles se nourrit de l’expérience de ces acteurs accomplis, et injecte leurs charismes naturels dans les personnages. Quelques gestes ou postures, quelques pensées traduites en voix off introspectives, les rendant vivants mais éphémères, suffisent à révéler leurs traits de caractère ; leurs états d’esprit démunis, embourbés dans une situation compliquée.

Terrence Malick confronte les deux extrêmes. La richesse de la vie d’un côté, la violence de la mort de l’autre. Il met en relief la destruction de la personnalité, idée criminelle contraire à tous les préceptes de l’existence. La colline défendue par les « japs » représente un point stratégique. Veines saillantes, sueur accrochée aux paupières, le lieutenant-colonel Tall aboie dans sa radio depuis l’arrière des lignes. Les hommes de Staros doivent avancer même si l’attaque frontale est suicidaire. L’objectif fait passer l’intégrité du bataillon au second plan.
Cette scène qui oppose Toll à Staros dans une joute verbale dantesque, dénote en quelques minutes l’implication jusqu’au-boutiste du réalisateur, s’échinant à toujours porter ses idées sur l’image avec la plus grande conviction. Cette scène, mémorable scène, transcende le film et en révèle toute sa puissance. La caméra ne se pose pas seulement sur le personnage pour mettre en lumière sa carrure ou son visage buriné par les contrariétés, elle filme son rayonnement charismatique, figure l’ambition dévorante, l’absolutisme, la sévérité d’un esprit hégémonique qui jamais ne fléchit. Les attitudes, l’éclairage et les dialogues jusqu’aux bruitages hors champ, élèvent cette séquence mythique qui participe tout particulièrement à faire de La Ligne Rouge, une ligne directrice pour le cinéma d’art dramatique.
Le soldat n’est alors qu’un fusil sur pattes, un matériel peu considéré, une goutte d’eau qui mélangée aux autres perd sa singularité, de la vilaine chair à canon comme il est navrant de dire. Derrière le talus ou le rocher qui les protègent, les soldats se décomposent de peur. Les bombes explosent tout autour d’eux et les balles sifflent, leur hottant la vigueur patriote. Ils y perdent toute estime et parfois même l’esprit. Peut-être s’en sortiront-ils saufs, mais aucun d’eux ne pourra rentrer sain.

La méthode artistique en guise d’espoir.

Terrence Malick baigne son œuvre de mélancolie. D’un bout à l’autre l’espérance domine malgré le mal.
Certes Toll est un caractère intraitable, mais le sergent-chef Welsh, lui, est résolument humain. Si ces deux personnages ne se croisent qu’à de brèves occasions, ils sont la thèse et l’antithèse d’une guerre qui engloutie les vies avec un appétit insatiable. L’équilibre se créé, presque obligatoirement, puisque l’homme au final a toujours le choix de corriger son tir, de se remettre en question lorsqu’il est face au mur. L’art en présence est bien d’amener deux personnages à rivaliser d’opinion et d’esprit sans qu’ils ne soient jamais en confrontation.
L’image, éclectique, s’amuse des différentes techniques de mise en scène. Caméra à l’épaule, en travellings ou accrochée à la louma, la scène effleure les herbes ou s’envole pour des plans larges depuis les collines. Le rendu esthétique du film est tel que l’on peine à saisir l’ampleur de la préparation et le repérage des lieux, certainement gigantesque, au préalable du tournage. Les scènes de bataille sont surprenantes d’imagination, les lumières, souvent du soir, révèlent une charge émotionnelle absorbante.

Terrence Malick accomplit, avec La Ligne Rouge, un long-métrage saisissant, avec des images exceptionnelles, des interprétations percutantes, une bande originale superbe signée Hans Zimmer. Une parfaite maîtrise de ce qu’est vraiment le Septième Art. La Ligne Rouge est un chef d’œuvre…tout simplement.

Synopsis : 1942, dans le Pacifique. Les japonais et les américains se livrent une guerre sans merci pour le contrôle de l’île de Guadalcanal, hautement stratégique pour le déroulement des opérations dans la région. Les paysages et les plages sont magnifiques, mais les soldats ne sont pas là pour passer du bon temps.

Bande annonce du film La Ligne Rouge :

La Ligne Rouge : Fiche Technique

Titre original : The Thin Red Line
Date de sortie : 15 janvier 1999 (USA)
Nationalité : Américaine
Réalisation : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick, d’après le roman The Thin Red Line de James Jones (1962)
Interprétation : Jim Caviezel, Sean Penn, John Cusack, Elias Koteas, Nick Nolte, Adrien Brody, Ben Chaplin, John Travolta, George Clooney, Jared Leto, John Savage, Woody Harrelson, John C. Reilly.
Musique : Hans Zimmer, John Powell, Jeff Rona, Gavin Greenaway, Francesco Lupica, Klaus Badelt et Justin Caine Burnett
Photographie : John Toll
Décors : Jack Fisk
Montage : Leslie Jones, Saar Klein, Billy Weber
Production : Robert Michael Geisler, Grant Hill et John Roberdeau
Sociétés de production : NR
Sociétés de distribution : 20th Century Fox
Budget : 52 000 000 $
Genre : Guerre, drame
Durée : 170 mins
Récompense(s) : Ours d’or (Festival de Berlin)

Entourage, une série de Doug Ellin : Critique

Le 18 Juillet 2004, Entourage faisait ses débuts sur la chaîne HBO. Une série tragi-comique s’inspirant de la vie de Mark Wahlberg, de son frère Donnie Wahlberg et deux de leurs amis d’enfance. Grâce au succès fulgurant du premier, le quatuor originaire du Queen’s, un quartier pauvre de New York, s’installe à Los Angeles, la Mecque du cinéma. Durant 8 saisons, on va suivre les boires et déboires de chacun, au rythme d’une bande son hip-hop entraînante, à la mesure de leurs aventures.

Quatre garçons sous le soleil des projecteurs

On retrouve Vincent Chase (Adrian Grenier), un jeune acteur séduisant en pleine ascension à Los Angeles, entouré de son grand frère acteur has-been et cuisinier Johnny « Drama » Chase (Kevin Dillon), son meilleur ami et agent Eric (Kevin Connolly) et Turtle (Jerry Ferrara), une sorte d’homme à tout faire. Ils vivent sous le même toit, comme une bande d’adolescents, en profitant du succès du premier. La gloire étant éphémère, il faut avoir un agent influent pour perdurer. Celui-ci se prénomme Ari Gold (Jeremy Piven), arrogant, vulgaire, misogyne et bourré d’autres qualités. Ari est un personnage aussi bien craint, que haï, traitant ses assistants comme des moins que rien. Avec ce dernier, le quatuor devient un quintet, au point qu’il leur vole la vedette, tant ses envolées verbales et réactions sont des moments de folies pures où il écrase tout sur son passage. Ari est une tornade imprévisible et puissante, qui peut faire et défaire une carrière, en un mot ou un coup de téléphone. Pourtant, il en devient attachant et incontournable, car sous la carapace se cache un cœur qui bat….mais seulement par intermittence. Il y a surtout sa femme Mrs. Ari (Perrey Reeves), celle qui fait de lui l’homme qui l’est. Elle est sa force, mais aussi son point faible, tant il lui voue un amour inconditionnel. Dans le monde du cinéma où les tentations sont nombreuses, il ne voit qu’elle et ne veut qu’elle, c’est son univers, sa raison d’être et la mère de ses enfants.
Au contraire, nos quatre amis papillonnent constamment. Enfin, surtout Vincent Chase, grâce à son physique avantageux, alors que Drama et Turtle ramassent les miettes. Eric est plus réfléchi. Grand sentimental, ses pensées sont omnubilées par la belle Sloan McQuewick (Emmanuelle Chriqui). Leur relation est chaotique, mais permet de construire d’autres intrigues, de ne pas se focaliser sur le quatuor et voir divers aspects de la vie à Los Angeles.

Entourage parle surtout d’amitié. On s’identifie forcément à l’un des personnages, ce qui permet de s’immerger dans la série. Puis, on a aussi tous fait partie d’une bande d’amis dans l’adolescence et même plus tard. Leur parcours fascine, on a envie d’être à leur place, tandis que l’on découvre l’envers du décor du showbiz. Leur complémentarité est aussi une des raisons du succès, ils ont chacun leurs propres caractéristiques. Vincent Chase est comme un enfant dans un immense parc d’attractions, où il peut jouir de toutes les gourmandises. Il a besoin de ses amis, pour s’occuper de lui, et lui éviter toutes contraintes. Drama a eu son heure de gloire, mais il n’a pas le même charisme que son frère, et va plutôt de désillusion en désillusion, se contentant de vivre dans son ombre, en donnant des leçons de vie aberrantes aux autres. Turtle est un New-Yorkais jusqu’au bout de ses sneackers, constamment affublé d’une casquette à l’envers et d’un maillot aux couleurs d’une équipe de sa ville. Il n’a pas vraiment de talent et se contente d’être le chauffeur de Vincent, ou de préparer ses valises. Eric apprend le rôle d’agent et souffre face aux réflexions d’Ari Gold. Son apprentissage est compliqué, surtout que Vincent Chase est de plus en plus convoité, mais aussi son seul client. Chacun va devoir s’imposer, pour sortir de l’ombre de leur illustre ami, pour s’épanouir et obtenir le respect.
Le côté « Sexe, Weed & Fun » est attractif, on admire la beauté des courbes parfaites des starlettes défilant sous nos yeux. Le ton est léger, on est en plein hédonisme, ce n’est pas le lieu pour philosopher sur le sens de la vie, mais pour en profiter. Nous sommes fascinés par ce monde, où l’argent coule à flot, comme le champagne. C’est un univers à part, le luxe est la norme, au moins autant que la superficialité.

On peut regretter le choix scénaristique, qui fait l’impasse sur la période se déroulant avant le succès à New-York, en démarrant directement sous le soleil de Los Angeles. Ils vivent déjà dans une immense demeure et roulent dans des voitures de luxe. Sauf que ce n’est qu’apparence, ils n’ont rien à leurs noms, enfin au nom de Vincent Chase. Ils apprendront à leurs dépends que « le plus dur, ce n’est pas d’arriver au sommet, mais d’y rester ». Le chemin ne sera pas aussi évident, qu’au premier abord. Cela met un peu de piment et permet de ne pas être juste une suite de vannes, ou de situations rocambolesques.

Avec l’arrivée de Billy Walsh (Rhys Coiro), au cours de la première saison. On va retrouver à travers ce metteur en scène underground, à la vie dissolue et à l’ego surdimensionné, en proie à une angoisse destructrice, divers traits de caractères de célèbres réalisateurs, comme Martin Scorsese, Francis Ford Coppola ou Peter Bogdanovich. Ils font partie de l’âge d’or du cinéma américain, celui des années 70, où le metteur en scène avait pris les rênes de ses films, en obtenant leur indépendance artistique, avant que la donne change à nouveau, avec le succès des Dents de la mer ou Star Wars. Les producteurs reprenant le pouvoir et les blockbusters devenant la norme. La mémoire de cette période, est représentée par Bob Ryan (Martin Landau), vestige d’une époque révolue, passant son temps à raconter des anecdotes savoureuses sur les stars de cette époque. Un homme perdu dans ce nouveau système, dont il ne comprend plus les règles. L’ancien et le nouvel Hollywood ne font que se croiser, pas de temps à perdre, pour cette machine à broyer en constante évolution. Le rythme imposé est infernal, on le voit avec Ari Gold, son BlackBerry en permanence à la main, pour n’être jamais coupé du monde, même dans la demeure familiale, au risque de s’attirer les foudres de sa femme. Sa première assistante Emily (Samaire Amrstrong), ne va pas faire long feu, difficile de rester en place, face aux énormes exigences d’Ari. Le suivant, Lloyd Lee (Rex Lee) réussira à s’imposer, ses origines asiatiques, seront une source de réflexions racistes permanentes de la part de son boss, en plus homophobe. Mais le duo est irrésistible, il est impossible de ne pas rire, aux diverses réflexions et réactions de chacun.

La présence de multiples guests fait aussi partie de son pouvoir attractif. En situant l’action à Los Angeles, cela aurait été aberrant de ne pas croiser des célébrités. Le téléspectateur ne sera pas en reste de ce côté là, avec un défilé constant, que ce soit dans leur propre rôle, ou pas. Ils sont prêts d’une centaine à apparaître au fil des huit saisons, que ce soit des sportifs comme LeBron James, Tom Brady ou Adrian Peterson, des artistes dont U2, Kanye West ou Saigon ou encore des figures du cinéma tels James Cameron, Matt Damon, Jeffrey Tambor, Sasha Grey, entre autres. Bien évidemment, Mark Wahlberg sera aussi présent. La scène du premier épisode où il croise le quatuor, en étant accompagné de ceux dont ils s’inspirent.

Jeremy Piven se révèle la star du show, épisode après épisode. Son personnage d’Ari Gold, va lui valoir 3 Emmy Awards de 2006 à 2008, mais aussi un Golden Globe en 2008. Kevin Dillon sera nommé plusieurs fois, mais face à son partenaire, à la folie communicative, difficile de s’imposer. Cela n’enlève rien, à son talent, en acceptant de jouer un rôle sujet aux sarcasmes et souvent pathétique. En tant que frère de Matt Dillon, on comprend son parcours, aussi bien dans la série qu’en dehors, ce qui fait de lui un personnage attachant, dont on espère, qu’il va retrouver le devant de la scène. Cela permet aussi de voir les difficultés de s’imposer dans ce monde, courant sans cesse les castings et cachetonnant pour des publicités où l’ego est souvent mis à mal.

Les cinq premières saisons sont exceptionnelles, la suite sera moins passionnante. En tentant de rendre l’histoire un brin dramatique, on va découvrir les limites scénaristiques de son créateur Doug Ellin, plus à l’aise dans l’humour. Pourtant, c’était une idée intéressante, de montrer aussi le mauvais côté du succès et des tentations à porter de narines. Mais elle est moins captivante, surtout qu’Adrian Grenier se révèle un acteur sympathique, mais au registre peu étoffé.
En déclarant qu’il adorait la série, le président des Etats-Unis Barack Obama, ne va pas aider à son développement, bien au contraire. Les stars vont se bousculer pour être dedans, au détriment du scénario, s’adaptant à leur présence au lieu d’offrir de nouvelles intrigues. Une impression de surplace se fait ressentir et le côté « bons potes », se fait plus discret. Pour autant, cela reste une série culte, en témoigne sa durée, avec huit saisons. Si on reste un peu sur sa fin, le 24 Juin 2015, le film va enfin sortir dans nos salles. Espérons qu’il offre un final digne du plaisir, procuré par cette série durant toutes ces années.

Synopsis : Vincent Chase est un jeune acteur prometteur d’Hollywood. Il vit avec Johnny « Drama », son demi-frère aîné dont la carrière cinématographique est au plus mal, son manager Eric Murphy et avec son « homme à tout faire » Turtle. Les quatre hommes partagent tout le luxe apporté par la carrière de Vince. Vince est également suivi par Ari Gold, son agent, qui se bat pour lui décrocher les meilleurs contrats et lui faire rencontrer les personnes influentes du milieu.

Entourage : Trailer

Entourage : Fiche Technique

Titre original : Entourage
Date de sortie : 18 juin 2004 (USA)
Nationalité : Américaine
Création : Doug Ellin
Réalisation : Julian Farino, Mark Mylod, Daniel Attias, David Nutter, Ken Whittingham, Doug Ellin et Seith Mann
Scénario : Doug Ellin
Interprétation : Kevin Connolly, Adrian Grenier, Kevin Dillon, Jerry Ferrara, Jeremy Piven, Rex Lee, Perrey Reeves, Debi Mazar, Emmanuelle Chriqui, Rhys Coiro, Beverly D’Angelo, Constance Zimmer et Scott Caan
Musique : Jeff Cardoni et Elliott Goldkind
Photographie : NR
Décors : Chase Harlan
Montage : Jeff Groth
Production : Rob Weiss, Doug Ellin, Stephen Levinson, Mark Wahlberg et Eric Weinstein
Sociétés de production : Closest to the Hole et Leverage Entertainment
Distribution : Warner Bros Pictures, Home Box Office.
Budget : NR
Nbre d’épisodes :96 épisodes – 8 saisons
Genre : Comédie, drame

La Légende de Viy, un film de Oleg Stepchenko : critique

La Légende de Viy est un conte fantastique dont le genre “Steampunk” se situe entre Sleepy Hollow et Le Village, un block-buster russe de Oleg Stepchenko (Velvet Revolution), adapté de la nouvelle du même nom écrite par Nikolai Gogol en 1835.

Synopsis : Chassé par le père de sa maîtresse (Charles Dance, Tywin Lannister de Game of Thrones), Jonathan Green (Jason Flemyng, X-Men : le commencement, Gemma Bovery), un cartographe anglais part à la découvertes d’endroits inexplorés de la Transylvanie. Au-delà des montagnes des Carpates, il découvre un village isolé du reste du monde, dont les habitants terrorisés se cachent des démons et autres créatures qui en ont pris possession. Jonathan va alors enquêter sur le meurtre mystérieux d’une jeune femme et tenter de lever le voile sur les mystères qui planent autour de cette communauté.

Une ambition rétro-futuriste :

 Ce film est un voyage mystique au sein d’une communauté perdue dans une forêt de Transylvanie. Dans ce village inquiétant, Jonathan Green (Jason Flemyng), un scientifique et cartographe londonien tentera de percer le mystère autour du Dieu Viy. Au cours de son enquête, Jonathan devra affronter les ténèbres et la sorcellerie et surtout discerner le vrai du faux entre les illusions, les croyances et les faits. Une mise en scène extraordinaire qui fait intervenir des métamorphoses d’hommes en monstres hybrides, des créatures infernales en images de synthèse et des phénomènes paranormaux.

La Légende de Viy mélange la modernité des effets spéciaux et le contexte du 19ème siècle dans un décor envoûtant, créant une ambiance rétro-futuriste, à mi-chemin entre le merveilleux et la science-fiction. Recruté par le maître des lieux, notre cartographe, apprenti et maladroit, va affronter le mal – d’où qu’il vienne – avec pour seuls armes ses appareils hétéroclites et ses inventions scientifiques. Une situation qui n’est pas sans rappeler le rôle de Johnny Deep dans Sleepy Hollow où la science et la logique affrontent le surnaturel, à la recherche de la vérité. Le héros rencontre et interroge les habitants et les témoins d’un meurtre et d’un événement surnaturel dont les versions divergent les unes des autres et sont retranscrites au travers de flash-back multiples qui rythment le récit.

En outre, la narration épistolaire et la voix-off de Jonathan, confiant ses aventures à sa bien-aimée comme un journal intime, pérennise les faits et nous donne un point de vue différent qui permet un recul sur l’histoire et laisse un temps pour la réflexion. Des instants précieux au regard de ce scénario tarabiscoté.

Un scénario chaotique :

À trop multiplier les effets de style, Oleg Stepchenko s’embourbe dans une narration compliquée et illogique que le spectateur peine à suivre et qui nuit à la compréhension. La Légende de Viy est déjà pour le moins obscure et les témoignages viennent embrouiller l’esprit du héros tout comme celui du public. Les flash-back et les va-et-vient entre Londres et la Transylvanie nous enfoncent et nous perdent dans un récit saccadé et chaotique. Et ceci sans parler des personnages masculins, espèces de barbares moustachus et chevelus qu’on a du mal à distinguer les uns des autres de sorte que, par moment, on ne sait plus qui est qui, ou plutôt, qui était qui dans ce maudit flash-back !

Beaucoup d’idées pour cette histoire mais des idées désordonnées aux inspirations trop nombreuses. Outre les similitudes avec Sleepy Hollow, on retrouve le contexte du Dracula de Coppola où le héros (Keanu Reeves) est missionné à l’autre bout du monde, séparé de sa fiancée et aux prises avec des forces démoniaques. Il entretien avec sa jeune promise (Winona Ryder) une correspondance qui nous donne un regard distancié sur l’histoire. Malheureusement, loin de nous aider à faire la lumière sur La Légende de Viy, ces aller et retour interfèrent dans la continuité du récit, ne mènent nulle part et sont finalement des scènes inutiles et du temps perdu.

Malgré des flash-back spectaculaires, les faits sont contradictoires, volonté du réalisateur qui veut laisser planer le doute sur le paranormal, mais au point qu’il est impossible d’expliquer ce qu’il s’est vraiment passé à l’intérieur de cette chapelle (fantasmes résultant des peurs ancestrales, visions causées par des drogues ou démon ?). La scène des métamorphoses intervient elle-aussi comme un cheveu sur la soupe : illusion ou sorcellerie, nous n’en saurons rien jusqu’à la fin.

Finalement, toutes ces possibilités se mélangent et le mystère reste entier. Après avoir résolu – non sans accroc – le meurtre de la jeune femme, Jonathan repart vers d’autres aventures en nous laissant sur notre fin. La Légende de Viy restera une « légende » bien trouble et confuse, un peu comme le film.

Fiche Technique : La Légende de Viy

Date de sortie 15 mai 2015 – en DVD
Russie, Fédération de, 2014
Réalisé par : Oleg Stepchenko
Avec : Jason Flemyng, Charles Dance, Andrey Smolyakov
Musique : Anton Garcia Abril
Durée : 2h07