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Au plus près du soleil : sortie DVD

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Au plus près du Soleil : sortie DVD et VOD 

Synopsis : Sophie, juge d’instruction, auditionne un jour Juliette, pour des faits d’abus de faiblesse sur son amant. Elle se rend compte après enquête que la prévenue est la mère biologique de l’enfant qu’elle a adopté. Loin de se dessaisir de l’affaire, Sophie s’acharne contre cette femme. Olivier, son mari, désapprouve son attitude et entre en relation avec Juliette sans lui révéler sa véritable identité. Mais la jeune femme découvre qu’Olivier est le mari de sa juge. Elle ne comprend pas ce qu’il cherche, lui ne peut plus lui révéler la vérité…

L’avis de la rédaction au sujet du film :  Au plus près du soleil brosse le portrait d’une société à plusieurs vitesses, on n’est en effet pas tous du même monde comme le précisent tour à tour Juliette (Mathilde Bisson sublimissime) et Olivier (Olivier Gadebois en bluffant clone de Maitre Dupont Moretti) tel un « dramatique de répétition ». De façon non exhaustive (hélas, tant de sujets ne sont dans ce film qu’effleurés) Au plus près du soleil aborde le prix à payer de ne pas avoir ou de ne pas savoir enfanter… La suite de notre critique ici.

Au plus près du soleil : sortie DVD et VOD le 16 janvier 2016

Langue : Français / Audio : Dolby Digital 5.1 / Format image : 2.35, 16/9 compatible 4/3 / Durée : 1h43 / Couleurs

Fiche Technique : Au plus près du soleil

Genre : Drame
Origine : Français
Réalisateur : Yves Angelo
Casting :
Sylvie Testud : Sophie
Grégory Gadebois : Olivier
Mathilde Bisson : Juliette
Zacharie Chasseriaud : Léo
John Arnold : Pierre
Pascal Ternisien : l’accusé
Thomas Doret : le fils de l’accusé
Rodolphe Congé : un ami du dîner
Durée : 103 mn.

From Dusk till Dawn saison 2 : critique série

C’est la grande mode du moment : adapter en série télé des plus ou moins grands films qui ont marqué le cinéma, comme Fargo ou Bates Motel. Une Nuit en Enfer est de ceux-là. La série From Dusk till Down reprend l’histoire du film de Robert Rodriguez dans les grandes lignes mais en pénétrant plus en profondeur dans la psychologie des personnages et dans les détails et la diégèse qui font toute la magie de l’histoire.

Synopsis: Nos personnages sont séparés dans leurs mondes : Santanico et Richie sont dans la région de Houston, et y vivent comme Bonnie et Clyde. De leur côté, Seth et Kate cherchent à faire profil bas au sud de la frontière, tandis que le flic Freddie est de retour chez lui et tente de protéger sa famille. Enfin, Carlos et Scott quittent finalement le Titty Twister avec de nouvelles ambitions. Tous seront forcés de s’unir contre une nouvelle menace plus grande qu’ils ne pouvaient le concevoir.

Notamment, la relation entre nos deux frangins desperados et les dessous du cartel de vampires chicanos. Dans la saison 1, on suivait le film de plus près mais déjà avec quelques variantes. Après un braquage sanglant commandité par le dénommé Carlos, les frères Gecko faisaient route vers le Mexique et atterrissaient au Titty Twister (Comprenez téton tortillé et tout ce qui va avec évidemment…).Dans ce bar de routiers aux inscriptions lumineuses Open Dusk till Dawn, la prêtresse Santánico (sculpturale Eiza Gonzales) les attendait en jouant des hanches. Ou plutôt, elle attendait véritablement Richard, totalement envoûté, pour qu’il la libère.

Ambivalence des personnages :
Là où le film faisait passer Richie, joué par Tarantino, pour un pervers psychotique et un peu limité, la série fait de lui un point central, un personnage clef vers lequel concourent tous les autres. Pas étonnant donc que, dans From Dusk till Dawn saison 2, un duo d’enfer se forme entre le jeune Gecko et Santánico Pandemonium. Elle-même mettant en quelques sortes les personnages de la série à l’épreuve et faisant éclater les vérités de chacun au sein du bar et du labyrinthe. La vampire est d’ailleurs la voix-off du générique et le fil d’Ariane de l’histoire.
Dans la série comme dans le film, tout n’est pas forcément ce qu’il y paraît, des vilains au cœurs tendres jusqu’aux flics torturés en passant par la petite famille catho bien proprette. Tous ont un côté sombre plus ou moins prononcé que les plus jeunes vont combattre dans From Dusk till Dawn saison 2. Paradoxalement, Carlos et Santánico vont révéler des caractéristiques positives voire bénéfiques. Si celles-ci sont de courte durée pour Carlos, on se demande si la diva est une vraie victime ou grande manipulatrice ? Est-elle bonne ou mauvaise ? Est-elle la déesse sauveuse nommée Kisa ? Toujours est-il que la belle a de sacrés pouvoirs et de grandes ambitions. Notamment celle de détruire l’assemblée de Culebras dominée par les Neuf Seigneurs de la Nuit avec à leur tête le redoutable Amancio Malvado (Esai Morales, La Bamba).
Avec l’aide d’un Richard Gecko (Zane Holtz) métamorphosé et autrement plus charismatique, y parviendra-t-elle ?

Savant mélange ou bazard monstre ?
From Dusk till Down saison 2 prend encore des distances par rapport à la trame de départ « bad boys vs mafia de vampires » d’autant que les personnages désormais moteurs étaient censés mourir dans le film. Au début de la saison, les survivants évoluent séparément et mènent chacun leur propre guérilla. Du coup, on ne sait plus trop à quel saint se vouer ni où le showrunner veut nous emmener. Et c’est finalement aux côtés du couple sulfureux que forment Richie et Santánico que le spectateur trouve de quoi se mettre sous la dent. On suit alors le combat des presque gentils vampires contre les vrais méchants Culebras : un Malvado plus cruel que jamais et son fidèle mais non moins barbare « Régulateur » (Danny Trejo). Ça écorche, ça saigne, bref ça ne fait pas dans la dentelle avec ces deux-là.
Du côté des vrais gentils, le Ranger Gonzales est tiraillé entre la voie de la raison et celle de sa destinée tandis que les deux jeunes Fuller cherchent celle de la rédemption. Alors que Kate choisit de jouer les justicières façon Buffy contre les Vampires, son frère lui semble se prendre pour un ninja – ce qui est d’autant plus cliché qu’il est d’origine asiatique. On l’aura compris, la saison 2 jongle parfois maladroitement avec le gore, l’humour lourdeau et les accents de série B ! Et si cette recette parvient à nous arracher quelques sourires ici et là, la plupart du temps on s’ennuie. Il faudra attendre l’épisode 5 pour renouer avec le climat rock n’roll de la première saison dans les retrouvailles du duo Gecko.

Malgré tout, on pourra dire que le récit tient la route dans From Dusk till Dawn saison 2. L’ambiance sombre saupoudrée d’hémoglobine et de sensualité est toujours de mise et les répliques cinglantes jouent avec l’humour noir et l’esprit bon enfant. Les images sont propres et esthétiques, dans des teintes foncées de rouge et d’ocre et la musique de Carl Thiel (Machete Kills, Planète Terreur, Sin City) est détonante comme à son habitude. Les personnages aussi imparfaits qu’attachants ont vraiment de la « gueule » et D.J. Cotrona aka Seth Gecko ne rate pas une occasion pour dévoiler ses pectoraux. La touch Rodriguez est bien là et c’est d’ailleurs avec beaucoup de plaisir qu’on retrouvera en prime l’acteur fétiche du réalisateur (et le nôtre !) : Danny Trejo (Machete Kills, Desperados) dans un rôle de bourrin qui lui va à merveille.

Fiche Technique : From Dusk till Dawn saison 2 :

Genre  : Horreur
Développé par Robert Rodriguez
Casting : D. J. Cotrona, Zane Holtz, Eiza Gonzalez, Jesse Garcia, Madison Davenport, Brandon Soo Hoo, Wilmer Valderrama, Don Johnson, Jake Busey, Esai Morales, Danny Trejo, Briana Evigan
Musique : Carl Thiel
Origine : U.S.A.
Nombre de saisons : 2, saison 3 en production
Nombre d’épisodes : 10 par saison
Producteurs exécutifs : Robert Rodriguez, Carlos Coto, Cristina Patwa, John Fogelman
Durée : 45 minutes
Compagnies de production : Sugarcane Entertainment, FactoryMade Ventures, Rodriguez International Pictures
Distribution : Miramax, Entertainment One, Netflix, Amazon, Original network El Rey
Première : 11 mars 2014

Suicide Squad: Bande annonce et affiche du film DC Comics !

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Dans le calendrier de la Warner Bros, Suicide Squad fait à la fois office d’exception et d’évidence. Adapté du comics éponyme, le long métrage rentre dans la longue liste des adaptations cinématographiques du 21e siècle. Issu donc du genre super-héroïque, Suicide Squad se démarque néanmoins des superproductions balourdes par une ironie noire des plus efficaces et l’utilisation de couleurs flashy étonnamment belles. Ainsi, après une bande annonce littéralement désastreuse pour sa production Batman v Superman, la Warner Bros a voulu rassurer les fans de la première heure comme les néophytes, tout d’abord par la sortie de deux affiches aux tonalités macabres et grotesques.

Par la suite, la célèbre major a dévoilé la nouvelle bande annonce du long métrage et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réussite est au rendez vous. Arborant une photographie somptueuse chromée au fluo, le long métrage ne lésine par sur l’humour noir, sans pour autant tomber dans l’ironie facile ou la futile vulgarité. En ressort une très bonne impression, celle d’attendre un long métrage qui saura nous divertir, tout en possédant sa propre identité artistique. Ainsi, dans un Hollywood rempli à ras bord de projet plus commun les uns que les autres, la venue d’un tel projet est plus que réjouissant. Vivement le 3 Août prochain pour savourer un film qui s’annonce grandiose.

Suicide Squad : Bande-annonce

Hommage à Ettore Scola (1931-2016)

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Ciao, maestro !

On croyait que l’hécatombe 2016 n’allait concerner que les stars musicales (désolé si j’en choque certains, mais malgré tout le respect que j’ai pour lui, je ne considère pas David Bowie comme une « star du cinéma ») mais une news tombée dans cette soirée du 19 janvier nous rappelle que les grands noms du 7ème art peuvent aussi être touchés.

Âgé de 84 ans, Ettore Scola avait signé son dernier film il y a seulement trois ans, avec un excellent documentaire sur son ancien ami Federico Fellini. Et pourtant, cette légende du cinéma italien, née le 10 mai 1931 à Trevico, n’était pas prédestinée à être un réalisateur de renommée internationale puisque c’est en publiant de courtes histoires drôles et des caricatures dans un magazine spécialisé, parallèlement à ses études en droit, qu’il rencontre Fellini, lui aussi rédacteur dans ce magazine. C’est ce dernier qui le pousse à écrire des scénarios, qui connaissent rapidement le succès grâce notamment au talent de Dino Risi qui réalise, entre autres, les comédies Le Fanfaron (1961) et Les Monstres (1964). Il s’impose dès lors comme un des maîtres de cet humour noir qui caractérise le cinéma italien post-néoréaliste.

C’est en 1964 qu’il décide de réaliser son premier film, et grâce à sa notoriété dans le milieu il dirige déjà des stars locales tels que Vittorio Gassman puis plus tard Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni ou encore Bertrand Blier et Michel Simon. En 1974, sa popularité devient internationale grâce au très émouvant Nous nous sommes tant aimé puis, à peine deux ans plus tard, avec ce sommet d’humour noir qu’est Affreux, sales et méchants (qui d’ailleurs remporte le prix de la mise en scène à Cannes). Deux films qui à eux-seuls sondaient avec une justesse déconcertante les contradictions de la société italienne et ses démons.

En 1977, Ettore Scola signe également Une journée Particulière, où il réussit à impliquer une irrésistible romance entre Sophia Loren et Marcello Mastroianni dans un contexte historique des plus néfastes. A côté de ces œuvres devenues incontournables, il continue à percer dans le domaine de la comédie, qu’elle soit romantique ou satirique, en participant au film à sketchs Les Nouveaux Monstres (1977), et en réalisant La Terrasse (1980), Passion d’amour (1981) ou encore Macaroni (1985).

En 40 ans de carrière, ce maître de la comédie romantique aura signé une quarantaine de films qui sont à présent entrés dans la grande histoire du cinéma italien. Ettore Scola est indéniablement un des derniers maîtres de cette grande époque qui nous a quitté. Puisse-t-il reposer en paix au Panthéon des cinéastes.

Extraits de Le Bal de Ettore Scola, un film virtuose qui étudie l’évolution de la société à travers la danse:

Scream Queens Saison 1: Critique série

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Les trois premiers épisodes de Scream Queens n’étaient pas franchement emballants. Malgré un début en fanfare, le concept semblait déjà s’épuiser. Il restait toutefois dix épisodes au nouveau délire de Ryan Murphy pour développer un peu ses intrigues tordues, ses personnages niais et éventuellement surprendre le spectateur optimiste qui sommeille en chacun de nous.

Synopsis : Grace Gardener fait sa rentrée sur le campus de l’université Wallace. Elle souhaite se rapprocher de sa défunte mère en rejoignant la sororité des « KKT » (Kappa Kappa Tau) dirigée par Chanel Oberlin. Mais au cours d’un test d’initiation pour rejoindre la sororité, un mystérieux tueur déguisé en la mascotte de l’université attaque et tue l’une des candidates. À la suite de cet événement, l’université est frappée par une série de meurtres qui pourrait être liée à un crime horrible qui a eu lieu au sein des « KKT » en 1995, soit vingt ans auparavant.

Pop ! Goes my heart…

Sauf que ce cher Ryan semble pris dans une spirale infernale de non-créativité, se dédiant corps et âme à des intrigues prétextes qui débouchent sur des créations boursouflées par un esprit postmoderne outrancier et qui atteint rapidement ses limites narratives et esthétiques.

Des références pour cinéphiles et sériephiles endurcis, la série en regorge. Des plans subjectifs démocratisés par Carpenter dans Halloween à la fameuse scène de douche de Hitchcock rejouée par Jamie Lee Curtis (fille de Janet Leigh, la première victime de Norman Bates), chaque détail narratif ou visuel fonctionne en forme de clin d’œil adressé au spectateur. L’univers de Scream Queens semble entièrement bâti sur une certaine idée de la pop culture. Les couleurs sont pétantes, les costumes chatoyants, les acteurs sont beaux et séduisants, et les références contemporaines fusent (les délires de Joaquin Phoenix par-ci, Karl Lagerfeld par-là). L’auteur se permet même une référence à Jean Luc Godard, et faire ça aux States, il fallait oser. Partant de là, Ryan Murphy aurait pu créer une œuvre télévisuelle néo-Pop Art, mélangeant toutes les influences de la culture populaire, du film d’horreur à la comédie teen, pour déboucher sur un objet aussi singulier qu’incisif. Ça aurait pu marcher si le showrunner n’avait pas oublié que la pop s’apprécie dans l’instant court, comme un flash. L’image « Pop » se doit d’imprimer une idée rapidement dans le cerveau, elle ne se ressent pas dans la durée mais éclate comme un bulle (d’où le « pop »). C’est pareil pour une œuvre audiovisuelle, si elle veut être ainsi, elle ne doit pas durer plus que de raison. Et si Scream Queens avait duré le temps d’un film de 1h20 ou 1h30 en condensant son propos, à l’instar du Kaboom de Gregg Araki (2010) qui réussit son coup avec une démarche similaire, l’ensemble aurait été beaucoup plus agréable, et nous aurait peut-être épargné quelques absurdités (les cours d’analyse filmique présentés sont d’une grande idiotie).

Seulement voilà, Ryan Murphy (ou la FOX) voulait treize épisodes et rapidement la durée se fait sentir. Le péripéties sont à rallonge, les scénaristes multiplient les fausses pistes qui ne dupent personne, puisque le concept annonce d’entrée de jeu que la vraie révélation ne viendra qu’à la toute fin, et les dialogues tentent de combler le vide par des blagues parfois réussies, mais souvent lourdes ou hors de propos. A force de diluer dans le temps une tension comique qui ne peut marcher que sur une durée concise, la série perd de vue ses objectifs et se concentre sur des sous-intrigues aussi stupides qu’inutiles sur lesquelles viennent se greffer des personnages auxquels on a bien du mal à croire. Car en plus de rater cette esthétique du choc, nécessaire à toute œuvre grand public qui se voudrait incisive, Murphy perd également de vue la colonne vertébrale vitale de toute œuvre feuilletonante : la progression narrative.

Raconter une histoire de tueur en série est une chose, mais si les personnages impliqués n’évoluent pas, n’apprennent rien ou ne changent pas, le format série devient inutile. Du début à la fin, Chanel (Emma Roberts), la pétasse de service, reste telle quelle, de même que son antagoniste Grace qui reste naïve d’un bout à l’autre. Et si éventuellement le caractère d’un personnage change, c’est en dehors de toute logique. Ainsi la doyenne apparaît aux premiers abords manipulatrice, puis psychotique, avant de passer par le stade de l’adulte compréhensive, pour redevenir psychopathe, amorale et experte en arts martiaux. Clairement les scénaristes sont dépassés, ne savent plus où ils vont et essayent de sauver les meubles par des saillies burlesques et trash afin de détourner l’attention d’un spectateur qui sent son sourcil gauche se lever de plus en plus haut. Pendant ce temps, les acteurs sont livrés à eux-mêmes, en roue libre totale, et déploient des efforts considérables pour faire exister des personnages que le showrunner n’a même pas pris le temps de définir correctement. Défile alors une succession de performances parfois très agaçantes, comme Niecy Nash en agent de sécurité qui appuie sa black attitude de façon trop caricaturale ou Abigail Breslin en mode hystérique incontrôlable. Tout le monde tire la grimace pour sauver la série du désastre et au milieu de cette épuisante mascarade, seul Glen Powell (Chad le beau gosse) et Jamie Lee Curtis (Munsh la doyenne) tirent leur épingle du jeu. Le premier se révèle hilarant avec son visage parfait capable de balancer les énormités les plus grossières sans broncher, la seconde, ex-muse de Carpenter, nous rappelle avec plaisir l’actrice de talent qu’elle est, et surtout fait preuve d’une puissance comique dévastatrice qui n’a rien à envier aux meilleurs personnages de cartoons. Ils sont les seuls que l’on prend plaisir à revoir, ce qui rend le final d’autant plus frustrant, étant donné que ni l’un ni l’autre n’ont finalement d’influence véritable sur la trame principale.

Désastre aussi bien artistique que public, Scream Queens est plutôt mal partie. A moins que les scénaristes ne se retroussent les manches et ne décident de modifier la structure de la série. S’ils font le choix de l’anthologie (comme pour American Horror Story), un changement de lieu, des personnages mieux développés et une écriture moins soumise à la référence pop directe pourraient bien sauver une série qui possède un certain potentiel, mais souffre des ambitions limitées d’un créateur à l’ego surdimensionné. Sauf que la saison 2 annoncée ne présage rien de bon, en nous promettant de nouveaux personnages dans… un hôpital psychiatrique, ou comment tenter de surfer sur le succès d’American Horror Story en reprenant les mêmes éléments… A croire que le cœur n’y est plus.

Fiche technique: Scream Queens

Titre original: Scream Queens
Genre: Comédie horrifique
Création: Ryan Murphy, Brad Falchuk, Ian Brennan
Production: 20th Century, Fox Television, Prospect Films
Ryan Murphy Productions, Brad Falchuk Teley-Vision
Acteurs: Emma Roberts, Jamie Lee Curtis, Skyler Samuels,Keke Palmer,Abigail Breslin, Lea Michele
Musique: Mac Quayle
Pays d’origine: États-Unis
Chaîne d’origine: Fox
Nb. de saisons: 1
Nb. d’épisodes: 13
Durée: 42 minutes
Diff. originale: 22 septembre 2015 – en production

Legend, un film de Brian Helgeland : la Critique

Synopsis : Londres, les années 60. Les jumeaux Ronnie et Reggie Kray – tous deux incarnés par Tom Hardy –, célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. A la tête d’une mafia impitoyable, leur influence parait sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie, Frances – interprétée par Emily Browning –, incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable.

Double ration de Tom Hardy pour un seul et bon film

            Lors du Arras Film Festival, nous avons découvert en avant-première le nouveau film du scénariste – ici pour la première fois réalisateur – Brian Helgeland, Legend. Mais qu’apporte le scénariste de Green Zone, Mystic River, Complots et L.A. Confidential entre autres et réalisateur de Payback au récit de grandeur et de chute du gangster ? Si la femme était un élément important dans Casino (1995) et The Goodfellas (Les Affranchis, 1990) du cinéaste Martin Scorsese, les films n’en restaient pas moins narrés par des personnages masculins. Si Helgeland est un homme, et a donc aussi un regard masculin, c’est un personnage féminin, Frances Shea – qui deviendra la femme de Reggie –, qui narre le récit du film.

            La place première de la femme dans le film apporte une toute autre vision du récit gangster-ien. Il ne s’agit pas de la montée et de la disgrâce de ceux-ci dont l’appétence de pouvoir les a détruit. Loin de là, les frères Kray, s’ils ont su agrandir leur empire, sont restés modestes. Le premier problème est l’impossibilité de Reggie de se détacher de travail, pour se concentrer sur l’amour de sa vie, Frances. En perdant sa femme (je vous laisse le plaisir de découvrir de quel genre de perte il s’agit), Reggie ne peut plus avancer. Comme il est dit dans le film, elle était la seule personne à pouvoir le comprendre. C’est à cause de son amour fou pour Frances que sa chute sera inévitable, mais pas que.

            En effet, le deuxième problème de Reggie, décidemment le personnage masculin principal, concerne son frère, Ronnie. On disait peu avant que Reggie ne réussissait pas à se détacher de son métier de gangster, ce dernier est incarné en la personne de Ronnie, son jumeau ne cessant d’affirmer son homosexualité – très difficilement acceptée dans les années 60’s – et son titre de gangster. Si le film est une histoire d’amour, celle-ci est double : amoureuse, entre Reggie et Frances ; et fraternelle, avec Reggie et Ronnie.

            « Pourquoi as-tu fait ça ? » dit Ronnie à Reggie qui vient de littéralement massacrer à coup de couteau un personnage devant bien d’autres personnes, en pleine fête. « Parce-que je ne peux pas te tuer » lui répond Reggie. Et c’est de tout cela qu’il s’agit dans le film, de l’amour et de la haine fraternelle, du sentiment familial peut-on dire, qui lie les jumeaux à la vie et à la mort, et les condamnera forcément à leur chute. Non pas juste parce qu’ils sont frères, mais parce que si Reggie est un business man agressif dira-t-on, son frère Ronnie est psychologiquement – et peut-être plus – souffrant. « Taré », « siphonné » dira Reggie à propos de son frère dont il a forcé la sortie d’un hôpital psychiatrique de haute sécurité, à coup de pot de vin et de menaces. Cette libération du frère jumeau souffrant au début du film annonce la fin du premier qui au fond ne cherche qu’à vivre une vie familiale avec sa femme.

            Si cette dernière le pense incapable d’arrêter son « métier » car l’aimant trop, il semble que la fin l’ait fait avoir tort. Si l’existence du couple amoureux agrandissait Reggie, celle du duo fraternel le gangrénait. Une ambivalence formidablement interprétée par Tom Hardy, qui en a incarné une autre, celle des frères. En effet l’acteur a véritablement livré une performance en incarnant les deux frères Kray. Les plans les contenant à deux frisent la schizophrénie tant l’acteur réussit à créer deux entités différentes avec un même corps, mais deux gestuelles, deux verbiages et deux champs d’actions formidablement différents et subtils. Mais comme dit précédemment, Reggie a plus d’importance, il faut toutefois noter qu’il y a une certaine explication logique à cela : il est l’amant, le mari de la narratrice, celui par qui toute son histoire a commencé et s’est terminée. Remarquons aussi la formidable prestation d’Emily Browning, d’une beauté pure hallucinante – jamais surexposée, sexualisée –, et d’une justesse dans son rapport à Hardy, on regrettera cependant certains de ses dialogues clichés du film de genre, emplis de cynisme ridicule – et paradoxaux vu l’état du personnage alors qu’elle dit cela – du type: « Dieu ne nous a pas demandé à choisir entre plusieurs vies lorsqu’il nous l’a imposée, on a juste eu le choix sur la manière dont on la vit. »

            C’est là que le bat blesse, lors de ces moments de reprises de poncifs sur-usés du genre. Comme dans les deux films cités de Scorsese ou encore dans son « autre » film de gangster Le Loup de Wall Street (2013), on trouve un usage remarquable de la musique. Mais à l’inverse des films du maître, l’usage qu’en fait Helgeland est remarqué non pas pour son incroyable disposition à créer des grands moments de cinéma ou encore des ambiances « parfaites » avec la musique, mais pour sa surabondance. En effet, le réalisateur de 42 (2014) a une bande-son beaucoup trop riche. Si les compositions originales de Carter Burwell sont superbes, l’usage des musiques pré-existantes est exagéré. Comme dans un catalogue, elles sont presque citées pour le pur plaisir ou alors pour appuyer un propos – Chapel of Love des Dixie Cups sera ainsi utilisée lors du mariage de Reggie et Frances, hormis l’aspect pop et alors « cool » qui s’en dégage, était-ce nécessaire ? À quoi sert-elle hormis comme couverture de l’action ?

https://www.youtube.com/watch?list=PL3YxWGyM8zz80HFobA6scx_SuOGPyrIVC&v=rTq7w8P6_2I

               De plus, la réalisation d’Helgeland est intéressante, à contre-courant des montages hyper-cutés qui tendent à envahir les écrans de cinéma et de télévision depuis une dizaine d’année. Le réalisateur de Payback et scénariste de cinéastes-auteurs confirme sa touch et propose une réalisation soignée, posée et aussi en mouvements purs dans des plans parfois très longs et d’une grande maitrise que Robert Zemeckis n’aurait pas boudé. De plus, Helgeland a pensé la mise en scène en image de Tom Hardy et Tom Hardy, comme dit plus haut. Mais ne pourrait-on pas penser qu’Helgeland est plus un bon faiseur inspiré en terme de réalisation et davantage un auteur-scénariste ?

            Enfin, Legend est un film de gangster qui à l’inverse d’autres plus récents – Gangster Squad (Ruben Fleischer, 2013) par exemple –, tendent à défaire les légendes de ces grands bandits pour tenter de les comprendre, eux et leurs époques, qui, encore aujourd’hui en 2015, ne cessent de nous fasciner. On notera qu’en même temps, malheureusement ou heureusement, le film continue à les construire, ces épopées et tragédies modernes nées dans le sang de ses « héros ».

Legend : La bande annonce

Legend : Fiche Technique

Réalisation : Brian Helgeland
Scénario : Brian Helgeland, d’après l’œuvre de John Pearson
Casting : Tom Hardy, Emily Browning, Paul Anderson, Christopher Eccleston, Colin Morgan, Taron Egerton, David Thewlis, Chazz Palminteri
Directeur de la photographie : Dick Pope
Décors : Tom Conroy, Crispian Sallis
Costumes : Caroline Harris
Montage : Peter McNulty
Musique : Carter Burwell
Production : Working Title Films, Anton Capital Entertainment, Cross Creek Pictures, Studio Canal
Distributeur (France) : Studio Canal
Durée: 2 h 11
Date de sortie: 20 janvier 2016

Le Garçon et la Bête, un film de Mamoru Hosoda : Critique

Mamoru Hosoda accède aujourd’hui à une notoriété croissante parmi les amateurs d’animation japonaise. A ce titre, il est fréquemment comparé à Miyazaki. Comme le créateur des studios Ghibli, le travail Mamoru Hosoda trouve un écho auprès d’un public international, adepte d’un dessin sublime et d’histoires où le manichéisme est farouchement évité.

Synopsis : Shibuya, le monde des humains, et Jutengai, le monde des Bêtes… C’est l’histoire d’un garçon solitaire et d’une Bête seule, qui vivent chacun dans deux mondes séparés. Un jour, le garçon se perd dans le monde des Bêtes où il devient le disciple de la Bête Kumatetsu qui lui donne le nom de Kyuta. Cette rencontre fortuite est le début d’une aventure qui dépasse l’imaginaire…

Filiations

 

En cela, la filiation est réelle. Hosoda, réalisateur de La Traversée du temps (2006) et de Summer Wars (2009), a connu un intérêt plus massif à la sortie de son dernier film Les Enfants loups, Ame et Yuki (2012), à tel point que l’on parle de lui comme « l’héritier de Miyazaki ». Si la formule est attractive, elle est néanmoins galvaudée et limitatrice. Au-delà d’un graphisme raffiné, les deux auteurs présentent des univers très personnels qui ne peuvent en aucun cas se substituer : Hayao Miyazaki privilégie l’individu atypique et inclassable comme figure du héros. Ces personnages vont souvent à l’encontre de la société à laquelle ils appartiennent pour se définir, cela va de Nausicaa, seule opposante à l’éradication systématique des insectes perpétrée par les êtres humains, à Ponyo qui veut devenir humaine envers et contre tous. Au contraire, les films de Mamoru Hosoda nous mettent en présence de héros qui veulent trouver leur place au sein d’une société qui les rejette. Comment exister parmi les autres sans renier ce que l’on est ? A la poursuite franche de ses rêves prônée par Miyazaki, Hosoda vient en contre point apporter un discours où le compromis a le droit de citer, pourvu qu’il permette le vivre ensemble.

Le Garçon et la Bête interroge à nouveau la notion de famille, d’appartenance à un groupe, comme le cinéaste l’avait déjà fait dans les Enfants loups. Comme dans sa précédente œuvre, Hosoda élabore un récit d’apprentissage où nous verrons les personnages évoluer et grandir. Pour insister sur cette phase capitale de l’existence au cours de laquelle on se définit, on devient adulte en faisant des choix et en apprenant à accepter la conciliation, le réalisateur choisit d’avoir recours au fantastique. Dans le travail d’Hosoda, le fantastique se distille par petites gouttes au sein de notre monde humain. Dans la continuité de Ame et Yuki, enfants et louveteaux nés dans la banlieue de Tokyo, on découvre ici Ren un petit orphelin livré à lui-même dans la société des humains qui trouve refuge et protection dans le monde des Bêtes, univers parallèle au nôtre. L’enfant est adopté par Kumatetsu, une sorte d’ours mal léché extrêmement puissant qui brigue le titre de Seigneur du monde des Bêtes. Mais, pour espérer l’obtenir, l’actuel Seigneur des Bêtes exige de lui qu’il trouve un disciple, ce sera Ren que Kumatetsu rebaptise Kuyta. Huit ans plus tard, l’enfant devenu jeune homme, est tiraillé entre le monde dont il est issu et celui dans lequel il a passé son enfance. Le retour de son père biologique dans sa vie est à l’origine de troubles. Est-il homme ou Bête ? Cette relecture du Livre de la Jungle, Hosoda en fait une fable sur la force des liens filiaux avec Le Garçon et la Bête. Le couple père / fils formé par Kumatetsu et Kyuta forme un duo humoristique savoureux. Leurs désaccords, leurs disputes perpétuelles et leur attachement qu’ils tentent maladroitement de faire comprendre nous les rendent étonnamment proches et familiers ; le cinéaste a su capter là une composante essentielle des rapports familiaux, lieux de conflits intempestifs.

Les films de Mamoru Hosoda cherchent au terme du récit initiatique l’apaisement et la conciliation. La frontière entre le monde des humains et le monde des Bêtes est poreuse, finalement, les mêmes questions se posent d’un être à l’autre. En rendant l’altérité inopérante, le cinéaste jugule les peurs qui lui sont associées. Ses personnages, loin d’être des modèles, parviennent cependant à trouver leur place parmi les autres, le pluriel ne dissolvant jamais le singulier, pour vivre avec les autres, jamais contre eux.

Le Garçon et la Bête – Bande-annonce :

Le Garçon et la Bête : fiche technique

Titre original : Bakemono no ko
Japon
Genre : histoire de famille
Réalisé par : Mamoru Hosoda
Scénario : Mamoru Hosoda
Distribution (voix) : Koji Yakusho (Kumatetsu), Shôta Sometani (Kyuta), Aoi Miyazaki ( Kyuta jeune), Rirî Furankî (Hyakushubo), Yô Ôizumi (Tatara), Kazuhiro Yamaji (Iozen), Suzu Hirose (Kaede), Mamoru Miyano (Ichirohiko), Kappei Yamaguchi (Jiromaru), Kumiko Asô (mère de Kuyta), Keishi Nagatsuka (père de Kyuta)
Direction artistique : Yôchi Nishikawa, Takasi Ohmori, Yohei Takamatsu
Musique : Masakatsu Takagi
Son : Yuji Akazawa, Yoshio Obara
Produit par : Atsushi Chiba, Takuya Itô, Geki Kawamura, Yuichiro Sato
Distribué par : Gaumont Distribution
Date de sortie : 13 janvier 2016

Critics Choice Awards 2016 : Fargo, Mr Robot et toujours Mad Max Fury Road

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Les Critics Choice Awards 2016 ont fait la part belle à Mad Max : Fury Road, Fargo et Mr Robot

Hier soir, dimanche 17 janvier, se tenait à Santa Monica la 21ème édition des Critics Choice Awards. De nombreuses stars ont fait le déplacement pour venir fouler le tapis bleu (oui, vous ne rêvez pas ! Exit le tapis rouge : Blue is the warmest colour…) de la cérémonie. Parmi les présents récompensés, on a pu acclamer les élégantes Alicia Vikander (The Danish Girl, Ex Machina) et Kirsten Dunst (Fargo), la tumultueuse Amy Schumer (Crazy Amy), le séduisant Rami Malek (Mr Robot) et son complice à l’écran Christian Slater ainsi que le tout jeune Jacob Tremblay (Room) face au chevronné Sylvester Stallone (Creed). Bien que Spotlight ait obtenu le titre de Meilleur film, remis à Rachel McAdams pour l’occasion, Mad Max : Fury Road a croulé sous les récompenses à tous les niveaux. Evidemment, The Revenant et The Big Short n’étaient pas en reste ce dimanche pendant qu’on comptait les points chez les séries pour départager Fargo et Mr Robot !

La liste des grands vainqueurs des Critics Choice Awards 2016 :

Critics Choice Awards 2016 – Côté cinéma :

Meilleur film : Spotlight
Meilleur acteur : Leonardo DiCaprio, The Revenant
Meilleure actrice : Brie Larson, Room
Meilleur acteur dans un second rôle : Sylvester Stallone, Creed
Meilleure actrice dans un second rôle : Alicia Vikander, The Danish Girl
Meilleur film d’action : Mad Max: Fury Road
Meilleur acteur dans un film d’action : Tom Hardy, Mad Max: Fury Road
Meilleure actrice dans un film d’action : Charlize Theron, Mad Max: Fury Road
Meilleure comédie : The Big Short
Meilleur acteur dans une comédie : Christian Bale, The Big Short
Meilleure actrice dans une comédie : Amy Schumer, Crazy Amy (Trainwreck)
Meilleur film d’horreur ou de science-fiction : Ex Machina
Meilleur film dans une langue étrangère : Le Fils de Saul
Meilleur film d’animation : Vice Versa
Meilleur jeune acteur ou actrice : Jacob Tremblay, Room
Meilleur casting : Spotlight
Meilleur réalisateur : George Miller, Mad Max: Fury Road
Meilleur scénario original : Josh Singer et Tom McCarthy, Spotlight
Meilleur scénario adapté : Charles Randolph et Adam McKay, The Big Short

Meilleure photographie : Emmanuel Lubezki, The Revenant
Meilleurs décors : Colin Gibson, Mad Max: Fury Road
Meilleur montage : Margaret Sixel, Mad Max: Fury Road
Meilleurs costumes : Jenny Beavan, Mad Max: Fury Road
Meilleurs coiffures et maquillages : Mad Max: Fury Road
Meilleurs effets visuels : Mad Max: Fury Road
Meilleur documentaire : Amy
Meilleur chanson : «See You Again», Charlie Puth et Wiz Khalifa, «Fast and Furious 7»
Meilleure bande originale : Ennio Morricone, Les Huit salopards

Critics Choice Awards 2016 – côté TV :

Meilleure série dramatique : Mr. Robot
Meilleur acteur dans une série dramatique : Rami Malek, Mr. Robot
Meilleure actrice dans une série dramatique : Carrie Coon, The Leftovers
Meilleur second rôle masculin dans une série dramatique : Christian Slater, Mr. Robot
Meilleur second rôle féminin dans une série dramatique : Constance Zimmer, UnREAL
Meilleure guest dans une série dramatique : Margo Martindale, The Good Wife
Meilleure comédie : Master of None
Meilleur acteur dans une comédie : Jeffrey Tambor, Transparent
Meilleure actrice dans une comédie : Rachel Bloom, Crazy Ex-Girlfriend
Meilleur second rôle masculin dans une comédie : Andre Braugher, Brooklyn Nine-Nine
Meilleur second rôle féminin dans une comédie : Mayim Bialik, The Big Bang Theory
Meilleur guest dans une comédie : Timothy Olyphant, The Grinder
Meilleure mini-série ou téléfilm : Fargo 
Meilleur acteur dans une mini-série ou téléfilm : Idris Elba, Luther
Meilleure actrice dans une mini-série ou un téléfilm : Kirsten Dunst, Fargo
Meilleur second rôle masculin dans une mini-série ou un téléfilm : Jesse Plemons, Fargo
Meilleur second rôle féminin dans une mini-série ou un téléfilm : Jean Smart, Fargo

 

Batman V Superman: Premier extrait de la bande originale

B.O. : premier morceau de la bande originale « Their War Here » en VF « Leur guerre est là »

Water Tower Music dévoile un premier titre de la bande originale du film Batman v Superman : L’Aube de la Justice réalisé par Zack Snyder mettant en vedette Ben Affleck dans le rôle de Batman, Henry Cavill est Superman, Gal Gadot est Wonder Woman, Amy Adams est Lois Lane, Laurence Fishburne est Perry White, Diane Lane est Martha Kent , Jeremy Irons est Alfred, Jesse Eisenberg est Lex Luthor, Ray Fisher est Cyborg  Holly Hunter est le sénateur Finch…

Synopsis: Craignant que les actions d’un super-héros aux pouvoirs divins ne soient pas contrôlées, le formidable et puissant justicier de Gotham s’en prend au sauveur moderne le plus vénéré de Metropolis, alors que le monde lutte pour savoir quel genre de héros il a vraiment besoin. Et avec Batman et Superman en guerre l’un contre l’autre, une nouvelle menace surgit rapidement, plaçant l’humanité face au plus grand danger qu’elle ait jamais connu.

Vous pouvez écouter un extrait de la musique de la  collaboration des compositeurs Hans Zimmer et Junkie XL (aka Tom Holkenborg) (300 : La naissance d’un empire, Mad Max : Fury Road)

Soundtrack Batman V Superman

Beautiful Lie
• Their War Here
• The Red Capes Are Coming
• Day Of The Dead
• Must There Be A Superman?
• New Rules
• Do You Bleed?
• Problems Up Here
• Black and Blue
• Tuesday
• Is She With You?
• This Is My World
• Men Are Still Good (The Batman Suite)
• Blood Of My Blood (Bonus Track)**
• Vigilante (Bonus Track)**
• May I Help You, Mr. Wayne? (Bonus Track)**
• They Were Hunters (Bonus Track)**
• Fight Night (Bonus Track)**

** Edition Deluxe

Batman Vs. Superman – Original Motion Picture Soundtrack sera dans les bacs dès le Mars 18. Il est maintenant disponible en pré-commande à iTunes. Les versions Deluxe CD et vinyle Deluxe seront bientôt disponibles en précommande.

Batman V Superman : L’aube de la Justice sortira en France le 23 mars 2016.

Tout Schuss, un film de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard : Critique

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En cette nouvelle année, José Garcia revient sur le devant de la scène dans une nouvelle comédie française, Tout Schuss, accompagné d’une nouvelle venue dans le cinéma français, Manon Valentin, déjà aperçue dans Coup de Chaud de Raphaël Jacoulot, sorti l’été dernier.

Synopsis : Max Salinger, écrivain divorcé, refuse d’accueillir sa fille de 15 ans sous son toit. Pour se venger, elle lui vole son dernier manuscrit et file en classe de neige. Pour récupérer son bien, il débarque dans la station de ski en s’improvisant « parent accompagnateur ». Seul problème : le célèbre écrivain, qui n’est déjà pas un parent exemplaire, n’est pas vraiment un accompagnateur qualifié non plus ! De descentes épiques en randonnées infernales, la vie de Max au milieu des ados ne s’annonce pas de tout repos…

José Garcia est aujourd’hui une égérie de la comédie française. Cela faisait deux années qu’on ne l’avait pas vu sur grand écran, sa dernière prestation remontant au plutôt raté Fonzy.
Malheureusement, Tout Schuss s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur et se présente également comme un échec. Une énième comédie à inscrire dans le Panthéon des comédies françaises ratées.
En terme d’acteurs, les jeunes, ainsi que presque tous les seconds rôles, arrivent à convaincre l’audience. Manon Valentin, dans son rôle de Rosalie, sonne parfois faux, mais arrive tout de même à s’assumer dans son rôle de jeune fille qui ne pense qu’à récupérer son père. Son léger sourire en coin crédibilise son personnage de jeune fille dérangée par l’absence d’un homme qu’elle souhaite considérer comme son père, gênée lorsqu’elle se trouve confrontée à lui.
Melha Bedia, que l’on avait remarqué dans A toute épreuve, est également persuasive en lycéenne ayant triplé sa classe, comme peuvent l’être François Deblock ou Victor Meutelet.
Malheureusement, et contre toute attente, c’est José Garcia qui vient s’apposer comme la tâche noire du casting. Lui qui nous avait livré de (très) bonnes interprétations (Le Couperet, ses performances dans Nulle part ailleurs), aussi bien dramatiques que comiques, se voit être décrédibilisé par un personnage caricatural et bien souvent surjoué dans ce film. Son rôle de Max Sallinger (référence à L’Attrape-Coeur), père parisien overbooké connu mondialement, ne lui sied pas, en résulte un jeu désagréable auquel il faut s’accommoder durant une heure et demie.
En terme de scénario, Tout Schuss relève des clichés de la comédie française. Conflits familiaux qui termineront en happy end, histoires d’amour entre jeunes qui s’avéreront finalement joyeuses et acceptée par le père ou l’entourage, tout est réunis pour faire entrer cette comédie dans les normes scénaristiques du film d’humour français.
Parallèlement, on suit les péripéties de Laurent Bateau dans des contrées lointaines, faits qui s’avèrent bien inutiles et qui ne servent qu’à combler des failles, ou à servir de raccords, mais rien n’y fait. Même si le scénario se laisse comprendre et suivre sans mal, impossible d’éprouver quelconque empathie pour les personnages.
La réalisation s’inscrit dans la continuité du scénario. L’ouverture parisienne accompagnée par d’une voix off, celle de Rosalie qui nous présente son monde et sa famille, laisse présager le pire. Qu’à cela ne tienne, sans fougue et sans audace, les partis pris esthétiques de la comédie de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie sont monotones, voire inexistants, seule les descentes à ski ou les poursuites à travers les bois se détachent un peu du lot. Toutefois, les paysages de montagnes sont magnifiques, mais il s’agit là de simples décors naturels, complémentaires au scénario.
Mais le gros inconvénient de Tout Schuss, c’est que son humour ne prend pas, ou très peu. Au détour de trois ou quatre répliques qui feront esquisser un sourire, Tout Schuss est un surplus de blagues potaches ou de touches humoristiques déjà vues. Non, venant d’enfants ou de jeunes, la pilule ne passe pas mieux. Et une fois de plus, tout l’humour du film est concentré dans la bande-annonce, alors autant se priver de visionner cette dernière si l’on souhaite esquisser un sourire durant le film.

Tout Schuss est donc une comédie française standard, qui ne propose aucune innovations, quelles soient scénaristiques ou esthétiques. Seuls les jeunes (futurs nouveaux acteurs français?) apportent une légère bouffée d’air frais dans ce film, qui fera ni chaud ni froid aux spectateurs.

Tout schuss: Fiche Technique

Réalisation: François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard
Distribution: José Garcia, Manon Valentin, Melha Bedia, François Deblock, Alexia Barlier, Anne Girouard, Gwendolyn Gourvenec, Léopoldine Serre
Scénario: Serge Lamadie
Musique: Matthieu Gonet
Montage: Reynald Bertrand
Photographie: Stephan Massis
Costumes : Camille Rabineau
Producteur: Marc-Étienne Schwartz et Jean-Yves Robin
Production: M.E.S. Productions, Monkey Pack Films et France 2
Distribution: SND
Durée: 96 minutes
Genre: Comédie
Dates de sortie: 13 janvier 2016

Carol, un film de Todd Haynes : Critique

Le titre du film, Carol, est emblématique de la nouvelle œuvre de l’américain Todd Haynes : concis, ce prénom qui claque tout seul au vent annonce appelle immédiatement les réflexions;  l’absence d’un nom de famille distingue le personnage en tant qu’individu.  Carol est le sujet du film, aussi bien comme femme amoureuse que comme femme aimée. De fait, ce sont les points de vue personnels des deux protagonistes qui seront suivis ici, davantage qu’une étude de société, alors même que la matière existe.

Synopsis: Dans le New York des années 1950, Therese, jeune employée d’un grand magasin de Manhattan, fait la connaissance d’une cliente distinguée, Carol, femme séduisante, prisonnière d’un mariage peu heureux. À l’étincelle de la première rencontre succède rapidement un sentiment plus profond. Les deux femmes se retrouvent bientôt prises au piège entre les conventions et leur attirance mutuelle…

Un ange à ma table

Réalisé plus de 13 ans après Loin du Paradis, un film dont on pourrait croire qu’il est la redite, si on n’y regardait pas de plus près, Carol est en réalité aussi différent de son prédécesseur que leurs thèmes sont proches. Dans Loin du paradis, où Todd Haynes traite une double transgression des règles de la « bonne » société WASP des années 50 , le ton est dans le plus pur style de Douglas Sirk : thème de l’opposition, traitement mélodramatique, couleurs vives et saturées (automne flamboyant, costumes roses et rouges à foison), toute l’esthétique sirkienne en somme.

Rien de tel dans Carol. Ed Lachman, le chef opérateur attitré de Todd Haynes, opère un virage sur l’aile avec au contraire une douceur de velours qui patine l’image, et 50 nuances de gris et de vert pour la gamme de couleurs, ponctuées ici et là d’un rouge sublime, aussi bien dans le décor, que dans les étourdissants costumes de Sandy Powell. Carol est un film du début des années 50, dans l’immédiat après-guerre, triste et encore couvert de grisaille. Loin du Paradis est situé un peu avant les années 60, pas très loin des années pop, et tout sépare ces deux films. Tout, sauf le talent de Todd Haynes, artiste mais aussi artisan d’un cinéma plein de rigueur. 

Carol (Cate Blanchett) est une très belle femme de la haute bourgeoisie de l’Est américain, du New-Jersey plus précisément. Elle est aussi la mère d’une adorable petite Rindy et la future ex-femme de Harge (Kyle Chandler, l’éternel second couteau du cinéma américain qui pourtant fait le job très convenablement) qui ne veut pas lui rendre sa liberté malgré un mariage sans amour. A l’approche de Noël, elle part à la recherche d’un jouet pour sa petite fille dans un grand magasin. Elle y est servie par Thérèse (Rooney Mara), une jeune femme taciturne qui l’oriente vers un train électrique plutôt que la poupée dont le modèle voulu par Carol est épuisé. Carol oublie ses gants sur le comptoir, peut-être de manière intentionnelle, et ce sera pour les deux femmes l’occasion de se revoir, et de se revoir à plusieurs reprises.

Tout est dit dans cette scène. Le regard, d’abord celui de Therese qui remarque cette femme majestueuse dans son vison, une blonde sculpturale qu’elle regarde comme si c’était une apparition ; un regard intense qui accroche à son tour celui de Carol, et grâce à l’immense l’immense talent des deux actrices, l’alchimie, l’attraction irrésistible, qui fera dire à Carol plus tard à propos de Thérèse qu’elle est « tombée du ciel », comme un ange ou comme la foudre, tout cela nous saute immédiatement aux yeux. Comme le dit Todd Haynes lui-même, quoi de plus foudroyant que de tomber amoureux et se trouver à la merci d’un inconnu que l’on veut connaître de toutes ses forces… Carol est un film subtil, et il y a encore beaucoup à voir dans cette scène, comme par exemple le choix du train électrique comme jouet pour une petite fille dans l’Amérique des années 50, un choix qui n’est pas de la part de Todd Haynes, un cinéaste ouvertement gay sans forcément être dans une posture militante (ce train électrique n’existe pas dans le livre de Patricia Highsmith , The Price of Salt). Enfin, le choix de mettre en avant les gants dans cette scène installe d’emblée la tension érotique qui existe entre ces deux femmes. Une tension que le cinéaste emmène lentement mais sûrement vers son explosion, à commencer par un baiser qui a attendu patiemment son heure et qui sonne presque comme une délivrance aussi bien pour les personnages que pour les spectateurs.

Le scenario de Phyllis Nagy, basé donc sur un roman atypique de Patricia Highsmith (initialement publié sous le pseudonyme de Claire Morgan), en est une adaptation plutôt fidèle, y compris dans les silences du film ;beaucoup de choses passent par le non-dit, et à ce titre, le film est assez sensoriel : l’essentiel est dans la gestuelle des actrices, notamment pour traduire la violence de l’attirance mutuelle qu’éprouvent les deux femmes. Le roman est écrit du point de vue de Therese, l’alter ego de Patricia Highsmith, mais le film de Todd Haynes adopte, selon le cinéaste lui-même, le point de vue de « la plus amoureuse, donc de la plus faible » . Le point de vue est donc d’abord celui de Therese, lorsque fascinée par Carol, l’amour d’une femme lui tombe dessus sans qu’elle sache même comment nommer ce qui lui est innommable. Puis contrairement à Patricia Highsmith, le cinéaste épouse celui de Carol, lorsqu’à la suite de divers évènements, elle est contrainte de faire des choix de vie, y compris vis-à-vis de Therese.

Carol est une réussite, un film façonné sur un long terme (Phyllis Nagy a entamé ce scénario plusieurs années auparavant), avec la présence de deux excellentes actrices intensément habitées par leurs rôles respectifs :  D’une part Cate Blanchett, par ailleurs co-productrice du film avec son époux Andrew Uptown, est simplement époustouflante dans son savant mélange de braise et de glace ; d’autre part, Rooney Mara, choisie certainement pour la réserve habituelle dans son jeu, parfaitement adéquate à la Therese Belivet du début du film, mutique et timide, et qui se découvre graduellement pour devenir une femme plus sûre d’elle et de ses choix. Sa palette de jeux a été très justement récompensée à Cannes, et sa gestion impeccable de sa métamorphose nous fait totalement oublier Rooney Mara au profit de Therese, mais aussi au profit d’une certaine Audrey Hepburn dont elle reproduit par moments l’air mutin…

Aussi bien par la mise en scène que par sa beauté formelle rappelant certains tableaux d’Edward Hopper dont Todd Haynes est un fan, Carol est un des films les plus intéressants de ce mois de Janvier. 

Carol – Bande annonce

Carol – Fiche technique

Réalisateur : Todd Haynes
Scénario : Phyllis Nagy, d’après le roman de Patricia Highsmith
Interprétation : Cate Blanchett (Carol Aird), Rooney Mara (Therese Belivet), Kyle Chandler (Harge Aird), Jake Lacy (Richard Semco), Sarah Paulson (Abby Gerhard), Carrie Brownstein (Genevieve Cantrell)
Musique : Carter Burwell
Photographie : Ed Lachman
Montage : Affonso Gonçalves
Producteurs :
Dorothy Berwin, Cate Blanchett, Elizabeth Karlsen, Danny Perkins, Tessa Ross, Thorsten Schumacher, Andrew Upton, Christine Vachon, Bob Weinstein, Harvey Weinstein, Stephen Woolley
Maisons de production : Number 9 Films, Film4, Killer Films
Distribution (France) : UGC Distribution
Récompenses : nombreuses, dont prix d’interprétation féminine à Cannes pour Rooney Mara
Budget : 12 000 000 US
Genre : Drame
Durée : 118 min.
Date de sortie : 20 Janvier 2016

Etats-Unis – 2016

Creed, un film de Ryan Coogler : Critique

En donnant pour sous-titre au film « L’héritage de Rocky Balboa », les distributeurs français ont parfaitement cerné ce que veulent les spectateurs : non pas du neuf, soit un énième film de boxe après Fighter, La rage au ventre et autres Warrior, mais des valeurs sûres. Le phénomène est devenu omniprésent, les franchises les plus riches en potentiel commercial sont une à une ressorties du placard. De Jurassic Park à Star Wars en passant par Ghostbusters et probablement bientôt Indiana Jones, Hollywood ne semble plus rien avoir d’autre à nous vendre que la nostalgie de sa lointaine créativité artistique.

La meilleure façon d’assurer son entrée dans la catégorie poids lourd

Mais on pensait en avoir fini avec ce bon vieux Rocky depuis le film de 2006 qui permettait déjà à Sylvester Stallone de faire son come-back en décrochant une dernière fois ses gants de boxe. C’était sans compter sur la persévérance de Ryan Coogler qui a réussi, après de longues négociations, par le convaincre de prêter une nouvelle fois ses traits à cette figure iconique du cinéma américain. Savoir que Stallone a été difficile à convaincre est une information qui peut rassurer, en se disant que le scénario doit vraiment l’avoir touché pour qu’il finisse par accepter. Elle peut aussi faire peur, dès lors que l’on pense que le scénario de Coogler sur un jeune boxeur afro-américain a dû être transformé en suite/spin-off de Rocky pour que la Warner accepte de financer le film. Heureusement, la vivacité du réalisateur pour redonner du souffle à notre cher étalon italien imprègne entièrement le film et l’on sent, dans la façon dont chaque scène fait à sa manière écho au premier film, que sa motivation relevait davantage de l’hommage que de l’opportunisme cynique.

En faisant de son héros le fils de l’ancien adversaire, puis mentor et ami, de Rocky Balboa, Coogler fait en sorte de ne pas se fourvoyer dans les écueils pompeux envers la saga initiée par Stallone et John G. Avildsen, mais assure un passage de flambeau qui donnerait une légitimité incontestable à la sienne. Grâce au très intéressant Fruitvale Station, dans lequel il dirigeait déjà l’excellent Michael B. Jordan, il s’est de lui-même imposé comme un nouveau porte-étendard de la communauté afro-américaine. Autant dire que la dimension sociale inhérente aux deux premiers Rocky était pour lui un bon terreau pour développer son personnage. Si l’exposition de son background est assez évasive, voire maladroite, Adonis Creed est un individu ancré dans son époque, que le scénario réussit à ne pas construire comme l’équivalent de ce que fut Rocky quarante ans plus tôt –un analphabète issu de la classe ouvrière qui n’avait pour lui que son physique- mais en fait au contraire quelqu’un de cultivé et ayant grandi confortablement grâce à l’héritage financier d’un père qu’il n’a pas connu. C’est justement après la légende de ce père absent qu’il va courir tout au long du film, faisant de lui un individu sensible qui va, pour s’émanciper, abandonner tout ce qu’il a et nous faire découvrir avec lui un monde qu’il ne connait pas, celui des quartiers populaires de Philadelphie. Sa motivation va de plus appuyer l’argument principal du film qu’est la transmission intergénérationnelle. Et Rocky, dans tout ça? Il apparaît comme un vieil homme désabusé, loin du combattant acharné que l’on a connu, à qui le jeune Adonis va redonner goût à la vie. Si les dernières prestations de Stallone, que ce soit dans les Expendables et autres films d’action vintage, n’avaient fait que tenter de ranimer le héros testostéroné qu’il fut, on sent qu’il a pour le personnage, qu’il a lui-même créé, une affection toute particulière et qu’il réussit sans peine à en exploiter tout le capital sympathie en s’impliquant dans son rôle. Une interprétation qui mérite largement d’être récompensée tant il nous rappelle que son talent d’acteur ne se limite pas à celle d’une star d’actioners décérébrés.

La trame scénaristique étant calquée sur celle du film de 1976, avec sa romance, ses entraînements et son combat final, l’issue est inévitablement prévisible. On peut même reprocher au film de ne pas pouvoir s’affranchir de certains effets typiquement hollywoodiens, donnant à l’histoire quelques touches de pathos superflues (la brouille avec la mère et la surdité naissante de la petite-amie) et un certain manichéisme dans le coté purement antipathique des adversaires, loin du charisme des anciens concurrents de Rocky. Au-delà de ces légers défauts d’écriture, on ne peut pas accuser le réalisateur de tomber dans le piège du fan service ni encore moins nier que sa mise en scène est irréprochable, en particulier lors des combats de boxe. L’un d’eux est filmé dans un plan séquence d’une formidable fluidité tandis que le dernier profite d’un découpage impressionnant qui lui donne une énergie à couper le souffle. Et quand retentit le tant attendu thème musical mythique de Bill Conti, c’est dans un moment d’une telle intensité qu’il retrouve tout son pouvoir galvanisant. Quant à la scène finale, elle rappelle que le dépassement de soi, sur le ring comme dans la vie, reste le ciment de la franchise et que cette volonté doit être le cœur de l’éducation de la jeunesse. Grâce à cela, le relais entre l’ancienne et la nouvelle génération se fait de façon magistrale, aussi bien entre boxeurs dans le film qu’entre modèles cinématographiques dans la réalité, à tel point que Creed devrait s’imposer comme un exemple dans la façon dont le recyclage des vieilles recettes peut être synonyme de renouveau.

Retrouvera-t-on Stallone dans Creed 2 ou bien y verrons-nous Adonis aller se recueillir sur la tombe de Rocky ? Dans les deux cas, on peut être certain d’être ému, car on se souviendra que la saga Creed, même s’il est peu probable qu’elle devienne aussi culte que son modèle, aura débuté de la meilleure façon qui soit.

Fiche Technique: Creed

Réalisation: Ryan Coogler
Scénario: Ryan Coogler, Aaron Covington
Interprétation: Michael B. Jordan (Adonis Creed), Sylvester Stallone (Rocky Balboa), Tessa Thompson (Bianca), Tony Bellew (« Pretty » Ricky Conlan), Phylicia Rashad (Mary Anne Creed), Ritchie Coster (Pete Sporino)…
Image: Maryse Alberti
Costumes: Emma Poter
Montage: Claudia Castello, Michael P. Shawver
Musique: Ludwig Göransson
Producteur(s): Robert Chartoff, William Chartoff, Sylvester Stallone, David Winkler, Irwin Winkler, Charles Winkler…
Production: MGM
Distributeur: Warner Bros.
Date de sortie: 13 janvier 2016
Durée: 2h14
Récompenses: Golden Globe du meilleur rôle secondaire pour Sylvester Stallone
Genre: Sport, drame
États-Unis – 2015