[Critique] Baccalauréat
Synopsis : Eliza est une jeune lycéenne en train de passer le bac avant de partir l’année suivante pour l’Angleterre. Après avoir été agressée un matin en allant à l’école, son père essaye de l’aider à surmonter ce traumatisme pour qu’elle obtienne de bons résultats aux derniers examens afin d’obtenir sa bourse…
Un père désespéré pour sauver sa fille
Baccalauréat, dernier film de Cristian Mungiu en compétition officielle au Festival de Cannes, est assez surprenant dans sa décision de traiter principalement du comportement du personnage de Romeo, interprété par Adrian Titieni. Alors que nous pensions suivre une relation père-fille, ou le parcours d’Eliza qui cherche à se relever après son agression, l’angle d’approche se place dans le devoir paternel de protéger sa fille, et de l’aider à obtenir son baccalauréat par tous les moyens.
Par conséquent, nous regrettons l’absence d’Eliza qui est un personnage pas assez développé; il aurait été tout aussi intéressant de voir de façon plus approfondie son ressenti face à la situation.
En contrepartie, Romeo est le cœur du long-métrage, présent dans chaque séquence. On s’intéressera ainsi surtout à son évolution et les enjeux autour du personnage.
D’une certaine manière, le père d’Eliza sera probablement le personnage le plus intéressant mais aussi le plus détestable, à travers son dilemme sur ce qui est juste et ce qui doit être fait pour qu’Eliza obtienne son diplôme. Sa morale et toute son éducation seront remises en cause.
C’est un père désemparé, assez antipathique dans sa vie privée, trompant sa femme et forçant sa fille à partir pour Cambridge. Romeo aime définitivement sa fille, il veut la protéger mais ne le montre pas de la bonne manière, il voit en cette dernière la victoire sur la vie qu’il n’a jamais connue avec sa femme.
En effet, au lieu de la soutenir après ce choc, il tient absolument à la convaincre d’avoir les meilleures notes pour obtenir la bourse dans le but de quitter la Roumanie.
De ce fait, le discours de ce film en est presque immoral avec un père prêt à tout, même à risquer une fraude, que sa fille triche pour l’obtenir. Il finit par en oublier les principes qu’il lui a transmis, laissant son enfant déchirée entre ce qu’elle croit et ce que son père veut qu’elle fasse lors des examens.
Adrian Titieni montre ses fêlures, s’ouvre complètement, mais nous avons du mal à voir où le réalisateur veut aller avec ce personnage. D’un côté il pourrait se sacrifier pour sa fille comme tout parent, nous ressentons son amour et sa peine dus au traumatisme. Mais dans un second temps, il se perd complètement jusqu’à la fin de Baccalauréat où on comprend qu’il s’assimile à sa fille, comme si c’était son rêve de partir, avec sa liaison qu’il entretient depuis plus d’un an; au fond de lui il montre sa vie comme un échec qu’il cherche à fuir.
En dehors de ce rôle assez complexe, mais bien écrit, il est navrant de voir un développement quasi inexistant des autres personnages, que ce soit dans leur évolution ou dans leur aboutissement trop simpliste. Une fois encore, nous regrettons le manque d’intérêt pour le personnage d’Eliza, qui n’est qu’un prétexte pour révéler les failles de son père, alors que Cristian Mungiu aurait pu montrer un peu plus du caractère d’Eliza et comment elle s’est sentie après l’agression. La mère d’Eliza aurait pu avoir un traitement au moins égal à celui de Roméo, elle se montre très inférieure en ne se mettant pas face aux manipulations de son mari. De plus il est assez difficile de comprendre les rôles de la maîtresse et de la mère de Romeo qui gravitent uniquement autour du personnage de Titieni.
Au lieu de laisser une conclusion plutôt amère, nous sentons qu’Eliza pardonne, ou serait sur le point de pardonner, son père qui lui a mis beaucoup plus de pression que de soutien suite au choc qu’elle a vécu.
Le scénario, qui proposait des réflexions intéressantes, perd en intensité et en crédibilité à cause de la résolution simplifiée de son intrigue et de cette famille qui se déchire n’apportant pas de vraies réponses quant à leur destin.
Baccalauréat : Bande-annonce
Baccalauréat : Fiche Technique
Titre d’origine : Bacalaureat
Réalisation : Cristian Mungiu
Scénario : Cristian Mungiu
Interprétation : Maria Drägus (Eliza), Adrian Titieni (Romeo), Lia Bugnar (Magda), Mälina Manovici (Sandra), Vlad Ivanov (l’inspecteur), Gelu Colceag (le président du Comité d’examen), Rares Andrici (Marius), Eniko Benczo (Mme Mariana)
Photographie : Tudor Vladimir Panduru
Montage : Mircea Olteanu
Producteurs : Cristian Mungiu, Luc Dardenne, Jean-Pierre Dardenne, Pascal Caucheteux, Grégoire Sorlat, Jean Labadie, Vincent Maraval, Tudor Reu
Sociétés de production : Mobra Films Productions, Why Not Productions, Les Films du fleuve, Le Pacte
Pays d’origine : Roumanie
Durée : 127 minutes
Genre : Drame
Roumanie – 2016
de la place de la femme dans les images médiatisées, plus précisément celle des modèles de mode. Femmes objets ou libérées, mannequins de chair et de sang (voir la photographie ci à droite), ou corps reconstruits, êtres jetables après consommation avec une date d’obsolescence (on entendra différents âges dans le film), êtres déconnectés du commun des mortels, en quête de l’éternelle jeunesse, au point de vampiriser celle des autres en la dégustant… Refn établit une multitude de portraits et de voies de réflexions possibles sur ces « personnages ». L’utilisation du mot « personnages » n’est pas anodine, puisque ces corps sont fabriqués, construits, inventés, manipulés, tout comme leur parcours (l’âge de Jesse sera falsifié).
Jesse, la perle, l’unique, l’élue, est pure et libre. Elle avance seule, cherchant à atteindre un état qui dépasse les statuts d’adolescente et de jeune femme (à gauche une image d’elle ayant atteint – d’une certaine manière dont nous laissons la découverte – une maturité), la grâce. Alors qu’elle progresse, son chemin se dessine à travers la pénombre avec l’apparition de formes colorées lumineuses. Elle arrive face à la forme qui l’obsède, pour en faire partie, et connaître alors une évolution. Mystifiée, hypnotisée, Jesse expérimente une ou plusieurs puissances incroyables, à notre image, hypnotisée et charmée par les forces mises en œuvres par Refn, voire libérée par son travail.

delà de celle-ci, du cinéma, Sorcerer. ou le Convoi de la peur, dans sa Director’s Cut ou Version Remasterisée. Deuxième adaptation du roman Le Salaire de la Peur de Georges Arnaud après celle éponyme de Henri-George Clouzot (à qui le film est d’ailleurs est dédié), réalisé en 1977, Sorcerer est à sa sortie un échec commercial. Notamment parce-qu’il sort une semaine après Star Wars de George Lucas, dont le succès international ne cesse de durer. Mais le temps aura gagné contre l’insuccès de l’époque. Le récit suit l’aventure de trois individus fuyant chacun leurs propres ennemis (le personnage de Roy Scheider fuit des gangsters qu’il a volé ; celui de Bruno Cremer la justice française, plus précisément des dettes impossibles à rembourser). Tous sont venus s’exiler en Amérique du Sud. Avec un autre individu, un homme de confession juive venu se venger d’un ancien nazi, ils acceptent un travail dangereux : transporter des explosifs hautement instables jusqu’à un site de forage de pétrole accidenté, afin de refermer le puit en feu. Commence alors le récit d’un voyage infernal, sale, usant, mystique, psychologique, parfois amical, transcendant,
fou, humain.
La conversation revint ensuite sur le film Les Garçons et la bande (The Boys in the band, 1970) : « Je pensais que c’était la situation des gays dans les années 60s (…) C’est tout à fait marqué par son temps, New-York City, dans les années 60s. (…) Mais comme pour tout autre script, j’étais attiré par le script, hormis pour French Connection, pour lequel nous n’avons aucun script ! Et nous avons eu un Oscar pour la réalisation, mais il n’y avait aucun script ! »