Cannes 2016 : Pericle Il Nero de Stefano Mordini (Un Certain Regard)

La Review Cannoise de Pericle Il Nero, film de gangster agréable mais banal, sans grands intérêts, et au final oubliable

Synopsis : Périclès travaille pour Don Luigi, le chef d’un clan napolitain qui tient le trafic de drogue et les réseaux de prostitution de Liège et blanchit ses profits grâce à ses nombreuses pizzerias. Périclès a pour mission de punir quiconque défie Don Luigi. Un jour, pendant une de ses missions, il tue par erreur une femme appartenant à une autre famille napolitaine. Il a signé son arrêt de mort. Périclès se réfugie en France. Il rencontre Natacha et espère construire avec elle une nouvelle vie. Mais Don Luigi l’a trahi. Il a promis sa tête au clan ennemi. Périclès retourne en Belgique pour prendre sa revanche.

            « Mon patron s’appelle Luigino Pizza, tout le monde l’appelle comme ça à cause de ses pizzerias. Moi, je m’appelle Périclès Scalzone, et mon métier est de sodomiser les gens » entend-on en voix-off au début du film. Comme Les Affranchis, le long métrage nous fait suivre le récit à travers le point de vue du personnage principal, Périclès. Comme dans bien des films de gangsters, le héros commet une erreur et/ou est trahi. Poursuivi par les ennemis (qui sont soit la famille mafieuse ennemie, supporté par ses anciens collègues et patron, soit directement ces derniers), il fuit. Il fait une rencontre qui le bouleverse (ici celle d’une femme Anastasia, et de ses deux enfants). Il doit alors les protéger contre les tueurs envoyés, et il s’est donné pour mission d’obtenir de l’argent pour aider Anastasia à ouvrir une boulangerie. Il décide enfin d’agir contre son ancienne « famille », avec une nouvelle mission liée au changement.

            Vous pensez à Drive, aux Affranchis, aux Sentiers de la Perdition, à Ghost Dog et donc au Samouraï… Rassurez-vous, vous pensez bien. Le récit du film n’a aucune originalité hormis le fait (qui est aussi une blague du film) que le héros menace et humilie en sodomisant les ennemis de son boss. D’ailleurs si le film contient un certain humour, on ne peut s’empêcher de conjecturer que la partie dramatique a été fortement inspirée par le travail des frères Dardenne, d’ailleurs coproducteurs du film. En réalité, on pense directement à Pusher pour la forme du film et de ses quelques morceaux de violence (et même pour certaines parties de l’histoire). D’un tout autre côté, nous avons des révélations clefs amenées comme un camion dans un magasin de porcelaine. Leurs présences sont injustifiées, elles contribuent à une sur-dramatisation visant à rendre original ou du moins différent un récit vu, déjà-vu, mâché et digéré mille fois.

            La projection est terminée. Un certain sentiment de plaisir se dilue rapidement au fur et à mesure de la sortie de la salle. Parce que Pericle Il Nero est trop banal pour marquer, pas assez puissant pour nous laisser ne serait-ce qu’un vrai souvenir. Ni un mauvais film, ni un grand film, le long métrage de Stefano Mordini est un film de genre agréable à suivre, pour au final nous faire ni chaud ni froid, et rejoindre la liste cannoise des futurs oubliés, peut-même déjà celle mondiale et immense des œuvres oubliées.

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Pericle Il Nero

Un film de Stefano Mordini
Scénario : Stefano Mordini, Valia Santella, Francesca Marciano, d’après l’oeuvre de Giuseppe Ferrandino
Avec Riccardo Scamarcio, Marina Foïs, Valentina Acca, Gigio Morra
Production : Les Films du Fleuve, Buena Onda, Les Productions du Trésor, Rai Cinéma
Genre : Film de Gangster
Date de sortie cinéma : Indéterminée

 

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