Accueil Blog Page 645

Heath Ledger : son appartement était un sanctuaire dédié au Joker

0

L’obsession de l’acteur Heath Ledger pour son rôle du Joker, le criminel psychopathe emblématique de la saga Batman, dans le blockbuster de Christopher Nolan The Dark Knight, est bien connue des fans qui ont pleuré la mort de cet acteur exceptionnel et a été déjà révélée dans la presse par le passé. Mais de nouveaux éléments concernant son appartement à Manhattan viennent d’être dévoilés aux Etats-Unis. Heath Ledger avait transformé son habitation en un véritable sanctuaire entièrement dédié au Joker.

Alors que les fans du Joker attendent de pied ferme la version longue de Suicide Squad pour découvrir de nouvelles séquences de l’interprétation du clown triste psychopathe par Jared Leto en compagnie de sa charmante dulcinée, Harley Quinn (Margot Robbie), pour une grande majorité de cinéphiles et de mordus de Batman, l’interprétation de Heath Ledger dans The Dark Knight reste indépassable.

De nouveaux éléments ont été dévoilés ces derniers jours aux Etats-Unis concernant les lieux et le cadre dans lesquels s’était plongé l’acteur pour préparer son rôle de super vilain.

Selon des informations du New York Post, obtenues grâce aux forces de l’ordre, les officiers de police qui sont intervenus dans le loft de l’acteur Heath Ledger, après son overdose médicamenteuse de 2008, ont pénétré dans un espace entièrement dédié à l’univers du créateur de Batman, Bob Kane : des piles innombrables de bande dessinées de l’homme chauve-souris, des ouvrages sur le Joker et les clowns, des petites statuettes de clowns ainsi que de très nombreux enregistrements sonores de Ledger en train de travailler sur les différentes intonations et les changements d’octaves dans sa voix pour ce rôle inoubliable de super vilain.

Le jeune comédien a pris ce rôle du Joker très à cœur. Cette partition inoubliable et fascinante a demandé énormément de travail et d’investissement à Heath Ledger pour préparer ce rôle en amont.

Son appartement a été transformé en véritable sanctuaire dédié au personnage du Joker.

Ledger s’était plongé dans des ouvrages qui remontaient aux origines de la saga et dans des livres et des lectures sur les personnages de Batman, du Joker et des artistes clowns.

La source proche de l’enquête et qui s’est confiée au New York Post a donné des informations sur le travail méticuleux et très approfondi de Heath Ledger pour préparer ce délicat rôle du Joker de la meilleure des manières possibles :

Il étudiait même jusqu’aux origines des clowns et toutes les précédentes interprétations du personnage du Joker comme celle de Jack Nicholson ou bien encore Cesar Romero, le tout premier Joker à la télévision. Il essayait de se différencier de ces précédents rôles et de ces anciennes représentations du Joker. Il essayait même de rendre sa voix différente par rapport à eux.

Les inspecteurs ont également été impressionnés par la propreté et la qualité de l’agencement de tous ces éléments et documents de travail dans des piles bien alignées. Le loft situé au 421 Broome Street était impeccablement rangé.

C’était un perfectionniste qui avait beaucoup de respect pour le personnage. Tous ces éléments étaient bien rangés et ordonnés.

L’interprétation du Joker par Heath Ledger le place au panthéon d’Hollywood pour cette performance inoubliable et sensationnelle aux yeux de nombreux critiques et de cohortes de fans du monde entier de la saga Batman.

[irp posts= »24076″ name= »the-dark-knight-le-chevalier-noir-un-film-de-christopher-nolan-critique »]

Sa mort accidentelle, suite à une overdose médicamenteuse, le 22 janvier 2008, à seulement 28 ans, a laissé un grand vide à Hollywood ainsi qu’un sentiment de désespoir et d’injustice auprès des nombreux fans et des admirateurs du travail et du jeu d’acteur de Heath Ledger. Il était promis à une brillante carrière.

Too Young to Die, un documentaire sorti en 2008, avait révélé l’existence d’un carnet, d’un journal de bord dans lequel l’acteur prenait des notes durant le tournage du film The Dark Knight aux côtés de Christian Bale.

Ce carnet avec le mot Joker griffonné sur la couverture contenait des photos inquiétantes, des planches de bande dessinées ainsi que des dessins du Joker, de clowns ou bien encore de hyènes. Une photographie de Malcolm McDowell, dans son rôle marquant d’Orange Mécanique, était également présente dans ce carnet.

Au dos de l’une des pages de ce carnet, Heath Ledger avait inscrit une note pour le moins perturbante et de mauvais augure au vu du drame et de sa disparition. L’acteur avait griffonné les mots bye, bye.

Peu avant sa mort, Heath Ledger avait accordé un entretien à Empire Magazine. Il avait expliqué comment était né son rôle du Joker et comment il avait pu forger son interprétation, à Londres, en complément de son appartement New-Yorkais :

Je m’étais installé dans une chambre d’hôtel à Londres pendant un mois. Je m’y suis enfermé. J’ai commencé par écrire un journal et j’ai fait de nombreuses expérimentations avec ma voix. C’était capital d’essayer de trouver une voix et un rire assez uniques et emblématiques.

L’acteur a malheureusement exploré et s’est aventuré dans les aspects, les travers et les replis les plus sombres de l’âme humaine dans son approche et son travail préparatoire du personnage de Joker.

J’ai fini par atterrir plutôt dans l’univers d’un psychopathe, quelqu’un qui n’a presque aucune conscience de ses actes. C’est un dangereux sociopathe, un tueur de sang-froid, un clown tueur de masse. Rien ne l’intimide et tout est une vaste blague pour lui.

Certains observateurs avaient considéré que le film avait rendu Ledger dépressif et que ce rôle tourmenté avait pu avoir une influence sur le geste fatal du comédien, la prise de médicaments à haute dose.

Hollywood pleure encore la perte de cet acteur talentueux et hors-du-commun, parti trop tôt.

Heath Ledger a notamment joué dans Chevalier, Le Secret de Brokeback Mountain, L’Imaginarium du docteur Parnassus ou bien encore A l’ombre de la haine (Monster’s Ball).

Extrait – Too Young To Die (VO):

 

 

Rambo New Blood : le reboot confirmé, mais sans Sylvester Stallone

0

Alors qu’une éventuelle série télévisée en partenariat avec la Fox était envisagée, le studio Nu Image / Millennium Films a officialisé la tenue d’un reboot de la franchise. Cependant, Sylvester Stallone, star incontesté de la saga, avait annoncé ne pas vouloir réitérer l’expérience, se déclarant inapte physiquement. C’est ainsi que ce reboot, baptisé « New Blood » se fera sans l’acteur, malgré la colère des fans.

 La franchise Rambo, débutée en 1982 par l’épisode éponyme et conclue en 2008 par son quatrième opus, s’apprête à être rebooté. La saga d’action, au potentiel social bien plus accru qu’on ne le pense, était porté par le célèbre acteur Sylvester Stallone. Cependant, avec la déclaration de celui ci en janvier dernier, affirmant que le rôle « n’était plus sa guerre » physiquement parlant, la présence de Sly dans ce reboot semble compromis voire impossible. Nous assisterions donc à un film Rambo sans Rambo, une annonce inconcevable. C’est le media américain The Hollywood Reporter qui a publié la nouvelle en exclusivité, dévoilant les détails du projet. Il ne s’agira donc pas d’un retour au script original, adaptation du livre First Blood de David Morell, mais d’une nouvelle histoire, scénarisée par Brooks McLaren et dirigé par Ariel Vromen, auteur des longs métrages The Iceman et plus récemment Criminal.

L’annonce a fait grand bruit sur la toile. Les fans sont très remontés contre la production et considèrent ce futur film comme une réelle trahison par rapport au premier long métrage. De même, ces derniers ne peuvent soutenir la tenue d’un nouveau Rambo, sans la présence de l’acteur star de la saga Sylvester Stallone, qui s’était investi personnellement dans le projet, au point d’en réaliser le quatrième épisode. Enfin, d’aucuns se demandent les tenants et aboutissants d’un tel projet, ne possédant encore aucun synopsis, surtout quand on connaît les ambitions scénaristiques d’un Rambo, à savoir mêler action et réflexion, dans un contexte propice à la violence guerrière. La solution du reboot est considéré, souvent à juste titre, comme périlleuse, à la fois pour la qualité du nouveau film mais également pour le regard porté sur le long métrage originel. Ce n’est définitivement plus notre guerre…

Hollywood Legends ressort deux classiques des années 50

Ce 4 novembre,  nous retrouverons dans les bacs deux films de la Fox, dans la continuité du travail de restauration en Haute Définition des classiques de la firme entrepris par la collection Hollywood Legends. Deux DVD desquels on regrettera l’absence de bonus.

Tant que soufflera la tempête (Henry King, 1955)

Trois ans après Les Neiges du Kilimandjaro et après un court passage par les colonies en Indes (Capitaine King), (il manque un mot/nom) retourne poser sa caméra en Afrique, et plus précisément en Afrique du Sud. Le parti-pris d’Henry King est de filmer cette représentation romanesque au possible du colonialisme comme on filmerait un western classique. Autant dire alors que la limite morale de cette fresque qui vante l’hégémonie des braves européens sur des sauvages indigènes (si le film a été censuré dans certains pays car jugé très insultant envers les africains, ce n’est pas pour rien) cherche à se raccrocher aux branches selon l’argument que la situation, qui fut la même sur le continent américain à l’égard des indiens, est admise depuis longtemps. Les fameuses scènes d’attaques par la tribu zoulou ont beau former une imagerie encore rare au cinéma dans les années 50, la façon dont elles sont filmées ici nous met dans une parfaite zone de confort cinégénique, tant elle a en fait été déjà vue cinquante fois. Faut-il alors y voir une critique allégorique du traitement des indiens aux Etats-Unis ? Rien n’est moins sûr, car jamais le scénario ne nous fera prendre parti pour ces natifs. Le réalisateur préférera se concentrer sur une intrigue plus académique encore que la forme, celui d’un triangle amoureux qui oppose deux hommes entièrement antagonistes (Tyronne Power et John Justin) pour les beaux yeux d’une même femme (Susan Hayward). Pendant ses 110 minutes, le scénario déroule rebondissement convenu sur rebondissement invraisemblable dans cette histoire d’amour, sans jamais prendre la peine d’exploiter son contexte politique autrement qu’en en filmant les beaux décors exotiques.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD
Format image : 2.35 ; 4/3 Letter Box
Format son : Anglais & Français Mono
Sous-titrage : Français
Couleurs
Durée : 1h41
Prix indicatif : 16 €

L’Homme au complet gris (Nunnally Johnson, 1956)

Davantage connu pour ses scénarios (et en particulier ceux des Raisins de la Colère et, plus tard, des 12 salopards) que pour ses rares réalisations, Nunnally Johnson n’en reste pas moins l’auteur de cet Homme au complet gris, qui connut un gros succès à sa sortie, et qui surtout a le mérite de dépeindre avec un soucis de véracité assez rare les bouleversements de la société américaine d’après-guerre, prise entre un conformisme ultra-conservateur et un traumatisme autodestructeur. Cette caution réaliste est assurée par le fait qu’il s’agisse de l’adaptation du roman homonyme de Sloan Wilson, une autobiographique propulsée au rang de best-seller dès sa parution l’année précédente. Cette précision ajoute en plus au degré de sympathie que l’on peut ressentir pour le personnage de Tom Rath, interprété par un Gregory Peck aussi classe qu’à son habitude. Dans le rôle de son épouse, la belle Jennifer Jones incarne l’assurance que les femmes ont pu prendre dans cette société phallocrate pendant l’absence de leurs maris sur le front, cette fameuse « prise de pouvoir » dont le cinéma hollywoodien a cherché à nous avertir à travers la figure de la femme fatale dans les films noirs. La meilleure piste du scénario est certainement celle de l’éclatement de ce cocon familial, annonciateur des troubles qui traverseront l’Amérique lors de la décennie suivante, au cours de laquelle la jeune génération de baby-boomers abreuvée à la télévision se rebellera contre l’hypocrisie et la superficialité de leurs aïeux. Sur la forme, la mise en scène de Johnson se révèle en revanche terriblement impersonnelle, voir figée et plan-plan, ce qui explique que le film ait si mal vieilli, malgré son propos toujours d’actualité, et donc, , qu’il soit inévitablement tombé dans l’oubli. Cette réédition est donc une bonne occasion de le redécouvrir, surtout pour les amateurs de l’ambiance feutrée de la série Mad Men.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Master restauré HD
Format image : 2.55 ; 16/9 compatible 4/3
Format son : Anglais & Français Mono
Sous-titrage : Français
Couleurs
Durée : 2h26
Prix indicatif : 16 €

 

Sing Street, un film de John Carney : Critique

Si John Carney traite un sujet déjà bien connu au cinéma, il apporte toute l’authenticité et l’originalité qui font de Sing Street un film qui sort du lot.

Synopsis : Dublin, 1985. L’Irlande est en pleine récession. Les jeunes irlandais sont nombreux à prendre le large vers l’Angleterre dans l’espoir d’y trouver une vie meilleure. Conor, lui, est contraint de quitter son école privée pour rejoindre les Christian Brothers, une école publique où règne une ambiance glaciale. Seul rayon de soleil dans cette grisaille morose, Raphina. Pour pouvoir approcher cette «  jolie fille qui ne parle à personne », Conor lui propose de jouer dans le prochain clip de son groupe… qui n’existe pas. Elle accepte, et c’est ainsi que tout commence. (« We need to form a band»)

« Not looking backwards, just forwards. »

Raphina, « la fille aux yeux dangereux » devient sa muse et tombe au fur et à mesure sous le charme de cet adolescent rêveur, le seul à la comprendre malgré leur différence d’âge. La romance qui s’installe entre ces deux personnages est d’autant plus intéressante qu’elle n’est jamais totalement consommée, alors qu’elle est le pivot de l’histoire. Tous les deux se cherchent à leur manière : Raphina, fragile derrière le masque qu’elle s’est crée, choisit la fuite, et Conor le dépassement de lui-même. Il répond souvent « Je ne sais pas » aux questions qu’on lui pose, mais une chose est sûre : il veut regarder devant lui, pas derrière (« Not looking backwards, just forwards. ») Dans Sing Street, John Carney nous livre en effet le récit d’un passage à l’âge adulte au cours duquel Conor va apprendre à s’affirmer, notamment face à l’autorité : après avoir été forcé de marcher en chaussettes dans l’école, faute d’avoir assez d’argent pour acheter les chaussures noires réglementaires, il va par la suite faire un affront au professeur en refusant de se démaquiller : « You’re a man. Men don’t wear make-up. – Why not ? » . Chaque étape de cette évolution est illustrée par les changements musicaux et vestimentaires, en passant de la pop façon Duran Duran au look Ziggy Stardust ou encore le style gothique des Cure. Et si le réalisateur propose des musiques additionnelles qui viennent parfaire le décor eighties, les compositions originales sont empreintes d’une telle authentique sensibilité des années quatre-vingt que l’on a l’impression de les avoir déjà entendues.

« Think big, Conor »

Dans cette famille où les parents ne sont présents que lorsqu’ils se disputent, c’est auprès de son grand-frère Brendan que Conor se forge sa culture musicale et puise les précieux conseils qui le pousseront tout droit vers ses rêves. Ce mentor aux ailes brisées par une vie qui lui a échappé et l’a rempli de regrets n’espère qu’une chose pour son frère : qu’il ne reproduise pas le même schéma que lui.

Avec Sing Street, John Carney s’illustre donc une fois de plus dans l’art de raconter l’amour et la vie en chansons, avec cette fois une sensibilité personnelle (il s’inspire de sa propre jeunesse) qu’il manquait à Once et New York Melody. Porté par des acteurs brillants par leur incroyable naturel, Sing Street est une pépite musicale qui délivre un message d’espoir et de liberté et dont la fin nous laisse avec l’envie furieuse de mettre à fond « Drive It Like You Stole It » sur la route du retour. Un feel-good movie  qui donne des ailes, en somme.

Sing Street : Bande-annonce

Sing Street : Fiche Technique

Réalisation : John Carney
Scénario : John Carney
Interprétation : Ferdia Walsh-Peelo, Lucy Boyton, Jack Reynor
Photographie : Yaron Orbach
Montage : Andrew Marcus, Julian Ulrichs
Musique : Gary Clark, John Carney
Costumes : Tiziana Corvisieri
Producteurs : John Carney, Anthony Bregman, Martina Niland
Sociétés de Production : Mars Film, FilmWave, Distressed Films, PalmStar Media, Likely story, Cosmos Films, FilmNation Entertainment
Distributeurs :  The Weinstein Company
Genre : Comédie dramatique, Musical
Durée : 106 minutes
Date de sortie : 26 octobre 2016

Grande-Bretagne – 2016

Piper, un court-métrage d’Alan Barillaro : Critique

Piper : en suivant les tribulations d’un oisillon, les studios Pixar livrent un court-métrage irrésistible au possible.

Malgré un inoubliable Vice-Versa qui aura su marquer les esprits et l’année 2015, les studios Pixar sont frappés depuis quelques temps d’un manque flagrant d’originalité, d’innovation. Il suffit de voir les derniers titres de leur filmographie pour s’en rendre compte, cette dernière oscillant entre nouveaux projets finalement peu inspirés (Rebelle, Le Voyage d’Arlo) et suites en tous genres, qu’elles soient bonnes (Toy Story 3), potables (Monstres Academy) ou mauvaises (Cars 2). Du côté des courts-métrages, c’est malheureusement la même chose. En effet, il est bien loin le temps où le spectateur avait droit à Tin Toy, Le jour d’échecs ou encore Passages nuageux. Désormais, il doit se contenter de petits préambules musicaux (Lava) et d’effets de mode (Sanjay et sa Super Équipe, surfant sur le succès des super-héros en salles). Mais grâce au Monde de Dory – encore une suite… -, les studios ont su démontrer que leur savoir-faire était toujours intact et qu’ils pouvaient encore nous étonner, nous émouvoir. Avec la sortie de la suite du Monde de Nemo dans les bacs, voici donc l’occasion de vous présenter le court-métrage qui l’accompagnait déjà à sa sortie au cinéma : Piper, un bijou d’animation !

Un court-métrage d’animation irrésistible

La première chose qui frappe dès les premières secondes de ce petit film, c’est son animation. Alors que le public pouvait s’attendre à visuel somme toute appréciable mais éloigné de la finition des mastodontes du genre (faible budget oblige !), Piper impressionne, tout simplement. Bien loin des standards un chouïa cartoonesque, des décors hauts en couleurs et des personnages au physique exagéré, le court-métrage se veut être le plus réaliste possible. Et quel réalisme ! La végétation dansant au vent, du sable détaillé grain par grain, l’eau écumeuse des vagues, le souple et duveteux plumage des oiseaux… Mise à part la gestuelle et quelques expressions faciales des personnages, rien dans Piper ne semble être fait d’animation. Comme si le réalisateur/scénariste Alan Barillaro avait pris sa caméra et était parti à la plage, immortalisant au passage l’apprentissage de ce petit oisillon. Bien entendu, le tout est fait par ordinateur, cela va de soi ! Mais avec cet étonnant photoréalisme, embelli par des lumières à la limite du naturel et une animation fluide, Piper pourra en faire faire douter plus d’un. Car du haut de ses six minutes, il peut se vanter d’être à la hauteur du Royaume de Ga’Hoole et du Voyage d’Arlo (en termes de décors pour ce dernier), c’est-à-dire un véritable régal pour la rétine.

Mais c’est également par le biais de son scénario que Piper risque de vous toucher en plein cœur. Car si Alan Barillaro est parti d’une base classique au possible à la limite du film documentaire, il a su en tirer une petite saynète universelle savamment écrite. Une courte mais sublime envolée qui marie avec une très grande facilité humour (dû a des effets de montage simples mais efficaces) et émotion. Pour cette dernière catégorie, Piper peut compter sur son personnage éponyme, un oisillon incroyablement touchant, attendrissant. Cela, il le doit à son design et sa gestuelle qui feront chavirer bien des spectateurs à l’instar de « bébé Dory » et aux autres atouts techniques du film (musiques, effets sonores…) qui rendent le tout poétique. Mais le court-métrage s’arrête-t-il là pour autant ? Fort heureusement, non !

Alors qu’il aurait très bien pu se contenter de son postulat de départ et d’en livrer une œuvre juste regardable et divertissante, Alan Barillaro assume pleinement le statut de « préambule au Monde de Dory » de son petit film. Parce que cela se déroule à la mer ? Non, plutôt parce qu’il explore comme il se doit les thématiques propres à son long-métrage mentor : le courage, le dépassement de soi (le petit oisillon devant faire face aux vagues afin de manger), l’apprentissage et par la même occasion l’aventure (Piper se retrouvant seul face à sa peur et devant se débrouiller). Un scénario sur le papier banal qui veut, au final, raconter bien des choses tout en restant muet, en ne se servant que de l’image pour mettre en avant ses propos, en véritable ouvrage cinématographique. Et même si sa durée l’empêche d’être comparable au Monde de Dory, il faut bien avouer qu’il marquera plus le public que le long-métrage.

En livrant Vice-Versa et cet adorable Piper, les studios Pixar prouvent qu’ils ont toujours le savoir-faire qui sommeille sagement entre deux produits commerciaux, que ce soit en termes de long ou bien de court-métrage. Et même si le public devra encore passer par une suite (Cars 3, prévu pour le 2 août 2017) avant de refaire face à une œuvre originale (Coco, attendu le 29 novembre 2017), il pourra se reporter sur les courts-métrages les accompagnant. Espérer qu’il soit à la hauteur de ce Piper, à savoir poétique, irrésistible et visuellement magnifique.  Le mot « petit » a beau avoir été répété dans cette critique, c’est à un « grand » moment que vous assisterez !

Piper : Bande-annonce

Synopsis : Piper, un petit oisillon affamé, s’aventure pour la première fois de son nid pour trouver à manger avec sa mère. Le problème est que la nourriture est enfouie dans le sable, là où les effrayantes vagues viennent balayer le rivage…

Piper : Fiche technique

Titre original : Piper
Réalisation : Alan Barillaro
Scénario : Alan Barillaro
Société de production : Pixar Animation Studios
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures
Durée : 6 minutes
Genre : Animation
Date de sortie : 22 juin 2016 (en préambule au Monde de Dory)

États-Unis – 2016

 

Festival du Film Coréen à Paris : Catastrophe naturelle, détresse sociale et corruption… que du bonheur!

0

La rédaction a pu voir 3 films du 11ème Festival du Cinéma Coréen Parisien qui a débuté ce 25 octobre.

Film d’Ouverture : Tunnel de Kim Seong-hun (sortie en France le 7 mai 2017)

Lee Jung-Soo rentre chez lui, impatient de fêter l’anniversaire de sa fille. Alors qu’il traverse un tunnel, celui s’effondre, le laissant enterré sous la montagne. Peu préparés à une telle situation, les secouristes s’affairent à le sortir de là, tout en subissant la pression des dirigeants politiques et des journalistes.

Deux ans après son polar Hard Day, Kim Seong-hoon revient avec un film qui en est tout à la fois la continuité logique et l’antithèse. La continuité parce que le réalisateur continue à mélanger les genres, réussissant à faire se cumuler le suspense, le rire et même la dénonciation politique dans un film catastrophe (une catastrophe que beaucoup en Corée ont rapproché au drame du Sewol en 2014). L’antithèse puisque, à l’inverse du héros de Hard Day qui était pris dans une course contre la montre, celui de Tunnel est à l’inverse bloqué du début à la fin dans un espace très restreint. Si l’on devait le comparer à deux films américains, ce serait immanquablement Le Gouffre aux Chimères (Billy Wilder, 1951), à la différence que le point de vue n’est pas celui du journaliste mais de l’homme coincé au fond du tunnel, sans que cela n’empêche en rien d’offrir une critique très amère des conséquences d’un emballement médiatique face à un drame humain, et Seul sur Mars (Ridley Scott, 2015) de par sa construction en parallèle entre le combat au quotidien du la victime pour survivre et les efforts mis en place pour le sortir de là.
Interprété par Ha Jung-Woo (actuellement à l’affiche de Mademoiselle), le film parvient à poser un ton hybride qui dépeint avec justesse la société coréenne actuelle, parfois de façon incisive, parfois avec plus de consensualité (on pense notamment à ses placements de produits pour les marques de la voiture et du téléphone qui sont les deux outils de survie du héros… notons d’ailleurs que, par le plus grand des hasards, Kia et Samsung sont aussi les sponsors du Festival!). Malheureusement, la durée du long-métrage, supérieure à deux heures, lui impose des longueurs qui, sous prétexte de renforcer l’isolation du héros, brisent le rythme et surtout la tension qui en est pourtant le moteur principal.

Avant-première : The Bacchus Lady de E J-yong (date de sortie encore indéterminée)

So-Young, qui a autrefois œuvré comme péripatéticienne auprès des soldats américains, opère à présent dans les parcs de Séoul avec une clientèle composée d’hommes plus âgés. Lorsqu’elle prend sous son aile le jeune fils d’une femme envoyée en prison, elle se découvre un nouveau rôle de protectrice. Un changement de situation qui va s’accroitre lorsque l’un de ses clients, ayant récemment survécu à un AVC, lui fera une demande inédite.

Le nouveau film d’E J-yong (qui sera le premier à être distribué en France) nous fait découvrir le quotidien d’une sexagénaire qui n’a pour seule source de revenu que la prostitution. Ce sujet lourd qu’est le manque de considération des personnes âgées dans la société coréenne se retrouve ainsi couplé à une représentation très crue du sexe. Les scènes de « relations coïtales rémunérées » sont filmées avec un tel manque de romantisme que le parti-pris formel en devient osé, surtout lorsque l’on connait l’embarras qu’ont souvent les cinéastes coréens de filmer les choses de la chair… mais ces passages licencieux seront abandonnés après seulement quelques minutes de film. Une autre piste, celle de la relation de cette femme avec un enfant abandonné, qui de plus lui rappelle qu’elle a elle-même dû se séparer de son fils à sa naissance, aurait pu être porteuse d’une forte charge émotionnelle, mais apparait être davantage employée comme un ressort comique.
C’est finalement un autre sujet, qui apparaitra plus tard dans le scénario, que l’on retiendra : la polémique morale autour de l’euthanasie et du droit de mourir en dignité. Bizarrement, le traitement de cette thématique, allant presque s’apparenter au thriller, n’est pas véritablement propice à la diffusion d’un discours pertinent. Malgré l’interprétation de Yoon Yeo-Jung (déjà vue dans les films de Hong Sang-soo et d’ Im Sang-Soo), cette marginale taiseuse manque de charisme, ce qui freine pour beaucoup l’émotion que voudrait diffuser ce film. Et ce n’est pas le caractère caricatural des personnages secondaires qui iront arranger ce manque-à-gagner affectif. Portrait de femme dont l’héroïne n’apparait jamais comme attachante ou chronique sociale au message confus, The Bacchus Lady est une réalisation brouillonne dont le plus gros défaut reste tout de même son manque de rythme qui rend sa partie centrale terriblement fastidieuse.

Section Paysage : Inside Men de WOO Min-ho (date de sortie encore indéterminée)

L’enquête menée par le jeune procureur Seung-Woo sur les affaires d’un politicien lui fait découvrir un vaste réseau de corruption dans lequel sont, notamment, impliqués des hommes d’affaires, un journaliste influent et de dangereux gangsters. Sang-Goo, qui opérait comme presse-bouton pour cette organisation, cherche à se venger de ses anciens employeurs qui l’ont trahi. Leur route va immanquablement se croiser.

Alors que se poursuit sa carrière hollywoodienne aux allures de suicide artistique (GI Joe, Terminator : Genisys et maintenant Les Sept Mercenaires… mais qu’il arrête !), Lee Byung-Hun continue fort heureusement à nous faire parvenir de ses terres natales des films qui nous rappelle le grand acteur qu’il est toujours. Dans la peau du gangster Ahn, il est d’ailleurs difficile de ne pas repenser à son rôle le plus iconique à ce jour, celui du tueur de A Bittersweet Life (Kim Jee-Woon, 2005). L’autre moitié de ce duo, car ce polar peut être aisément être qualifié de buddy-movie, est Cho Seung-Woo, un acteur moins connu en France malgré une carrière déjà longue en Corée. Davantage que son casting, ce qui fait la force d’Inside Men, c’est son scénario. Scénario qui, paradoxalement, est aussi son plus gros problème. La double intrigue, correspondant aux pistes policières et criminelles, dans une affaire de manipulation politico-médiatico-juridico-mojito-économico-criminelle n’aide en rien à démêler la complexité de celle-ci.
Et la construction narrative, qui débute par un flashforward puis par un flashback, ne participe pas à rendre la chose plus limpide. Il faudra en fait attendre que les deux personnages principaux se rencontrent, soit au bout d’une heure, pour que l’on commence à y voir clair dans les tenants et aboutissants de cet inextricable scandale. Et pourtant, le déroulé de l’intrigue est en soi des plus convenus dans la façon dont elle repose entièrement sur relation entre le flic et le voyou. L’évolution de celle-ci, passant de l’opposition la plus féroce à une amitié sincère, est un cliché que Woo Min-Ho réussit toutefois à exploiter avec une certaine efficacité, profitant justement de l’irrésistible charisme de ses deux interprètes et en réussissant à ne pas tomber dans le piège de l’antagonisme manichéen. Parce que l’enquête en elle-même n’est finalement pas l’élément central du long-métrage, son développement subit quelques passages à vides, eux-mêmes contrecarrés par des scènes de baston qui reboostent chaque fois sa dynamique pour assurer le divertissement.

 

Doctor Strange, un film de Scott Derrickson : Critique

Après l’interlude Civil War, Marvel renoue avec les origin-stories, en adaptant l’un de ses héros les plus inclassables, Doctor Strange. L’occasion pour le MCU de régénérer bien que partiellement, son modèle de production, à bons coups de psychédélisme & mysticisme.

Il est peu dire qu’on attendait beaucoup de la transposition à l’écran du Doctor Strange. Pur produit de son époque, (rappelons qu’il est « né » en 1963, autrement dit l’avènement des psychotropes dans la société US), l’icône imaginée par Stan Lee et Steve Ditko est en effet plus qu’un simple personnage du giron de la bande aux Avengers, mais bien un emblème : celui de la culture psychédélique des 60’s. Le convoquer, qui plus est dans un MCU faisant honneur aux héros « réalistes » de son catalogue, intriguait donc à plus d’un titre et laissait entrevoir la possibilité pour la firme d’enfin prendre des risques et pleinement respecter l’univers qui est le sien, rompu aux plus extravagantes iconographies, puisque baignant entre psychédélisme, mysticisme et autres couleurs criardes. Mais à voir comment la firme s’échine à imposer son modèle, parfois au détriment de la cohérence artistique de ses œuvres, on ne pouvait pas dire qu’on partait serein, et ce encore plus quand le casting 5 étoiles invoqué, avait tout des atours de cache-misère.

Un film à la technique irréprochable

Mais, étonnamment, là ou la mouture de Scott Derrickson marque les esprits, c’est bien par son respect de l’œuvre originale. Donnant à voir un Doctor Strange aussi antipathique/charismatique/sarcastique que son homologue de BD et un univers visuellement dingue, à bon coups de LSD, on est frappés par le degré de dévotion dont fait preuve Marvel à l’égard de l’icône. On restera ainsi ébahi devant le soin conféré à l’image, constamment bardée d’outrances totalement raccord avec l’ADN de l’univers, quitte à la voir respectivement être tordue, ré-assemblée et déconstruite, par un réalisateur décidément très à l’aise dans le domaine technique. A ce titre, la 3D témoigne (et c’est suffisamment assez rare pour être soulignée) d’une utilisation savamment orchestrée, puisque sachant rendre compte à tout instant d’un film enchanteur, tour à tout inventif et référentiel, et ce encore plus quand notre héros débarque dans ce qu’on appelle la « Dimension Miroir », un reflet du monde réel découpé ça et là en une myriade d’espaces cristallins, et qu’on imagine sans peine être la transposition à l’écran de ces cases de comics infusées au LSD. On ne saura toutefois passer  sous silence que cette richesse visuelle, qui, qu’on se le dise dénote avec le tout venant marvellien, se fait au prix d’un gros emprunt à l’œuvre labyrinthique de Christopher Nolan, Inception, qui elle aussi savait faire fi de son architecture comme pour mieux éprouver les personnages qui auraient eu le malheur de s’y risquer. Mais on ne boudera cela dit pas notre plaisir, car outre d’être parfaitement efficace, le rendu visuel sait s’allier avec une composition inspirée. A ce titre, avoir engagé Michael Giacchino, est la preuve qui manquait que Disney semble avoir retenu ses leçons. La composition de l’américain, qu’on retrouvera sous peu dans Rogue One de Gareth Edwards, est ici  atypique, constamment jouant sur l’aspect décalé de l’intrigue, quitte à introduire timidement du jazz ou Pink Floyd au début, pour finir sur des envolées pétaradantes composées de clavecins comme pour mieux souligner l’aspect démesuré et élitiste de son personnage principal.

Un film qui reprend malheureusement les travers du Marvel Cinematic Universe

Un personnage d’ailleurs à l’aune du seul véritable problème du film. Même trogne prétentieuse et goguenarde, même débit de blague sarcastico-hautaines à la seconde, l’impression de contempler un Iron Man transposé dans la froideur de l’Himalaya et dans l‘étrangeté des arts mystiques ne se dissipe qu’à de rares occasions, sans doute grâce à la précision technique conférée à l’ensemble. On pourra arguer ainsi pendant des heures durant sur les similitudes que partage l’œuvre de Derrickson avec l’œuvre matricielle du MCU, la différence tenant peut-être bien dans la physiologie de deux, Downey Jr étant un petit comique du Mid-West, quand l’allure de dandy britannique de Cumberbatch lui sied davantage pour composer ce personnage un brin narcissique. Il n’empêche que derrière ce délit de faciès dont s’acquitte honteusement Marvel, le problème est plus grave encore, les deux œuvres s’entêtant à tomber dans les mêmes travers. Écriture risible, méchants superficiels (un combe quand on s’arroge les services de Mads Mikkelsen), narration elliptique et un brin facile, le film accumule les poncifs éculés jusqu’à la moelle quitte à le faire évoluer dans un entre-deux relativement usant, puisque lorgnant autant du coté de la démesure que de la routine la plus crasse. Dommage que pour cette virée au pays du LSD, Marvel ne se soit d’ailleurs pas arrogé les services d’un réalisateur un tantinet plus tenace pour imposer ses idées, le sieur Derrickson semblant évoluer en pilotage automatique tout du long.

Doctor Strange, c’est un peu comme un cadeau que le MCU nous ferait encore (et encore). Un emballage sublime, un ruban qu’on admire mais à l’arrivée un contenu normal pour ne pas dire habituel. Ne reste qu’un casting totalement en phase et un univers franchement original pour attirer le chaland. Un argument qui nous a pour le coup convaincu.

Doctor Strange : Bande-Annonce

Synopsis : Le Docteur Stephen Strange est un talentueux neurochirurgien qui, après un tragique accident de voiture, doit mettre son ego de côté et apprendre les secrets d’un monde caché de mysticisme et de dimensions alternatives. Basé à New York, dans le quartier de Greenwich Village, Doctor Strange doit jouer les intermédiaires entre le monde réel et ce qui se trouve au-delà, en utilisant un vaste éventail d’aptitudes métaphysiques et d’artefacts pour protéger le monde.

Doctor Strange : Fiche Technique 

Réalisateur : Scott Derrickson
Scénario : Thomas Dean Donnelly, Joshua Oppenheimer et Jon Spaihts, d’après les personnages créés par Steve Ditko et Stan Lee
Interprétation : Benedict Cumberbatch (Doctor Strange), Rachel McAdams (Christine Palmer), Mads Mikkelsen (Kaecilius), Benedict Wong (Wong), Chiwetel Ejiofor (Mordo), Tilda Swinton (l’Ancien), Benjamin Bratt (Jonathan Pangborn), Scott Adkins (Lucian)
Direction artistique : Ray Chan
Décors : Charles Wood
Costumes : Alexandra Byrne
Photographie : Ben Davis
Casting : Sarah Finn
Musique originale : Michael Giacchino
Montage : Wyatt Smith
Effets visuels : Industrial Light & Magic
Producteurs : Kevin Feige
Producteurs délégués : Victoria Alonso, Stephen Broussard, Louis D’Esposito, Alan Fine, Stan Lee, Charles Newirth
Société de production : Marvel Studios
Société de distribution : The Walt Disney Company
Langue originale : anglais
Genre : science-fiction, fantastique
Durée : 130 minutes
Dates de sortie :  26 octobre 2016

Etats-Unis – 2016

La Fille de Brest, un film d’Emmanuelle Bercot : critique

Vissé au combat d’Irène Frachon contre le médiator La fille de Brest d’Emmanuelle Bercot est un thriller d’investigation très réussi.

Alors que les frères Dardenne viennent de suivre la quête obsessionnelle d’un médecin (Adèle Haenel) dans La Fille inconnue, Emmanuelle Bercot nous livre à son tour un combat de femme-médecin à travers son 5e long métrage, La Fille de Brest. Le film, vissé au regard d’Irène Frachon, médecin de Brest qui s’est battu pour faire retirer le Médiator (un médicament coupe-faim) du marché du médicament dès 2009, est tel un film de guerre ou plutôt un thriller, mais surtout d’une profonde humanité.

La Guerre est déclarée

Ce film de commande (voir notre rencontre avec Emmanuelle Bercot) est pour Emmanuelle Bercot né de sa rencontre avec Irène Frachon, personnage qu’elle décrit comme « haut en couleurs ». C’est d’ailleurs à partir du livre de cette femme-médecin, Médiator, 150 mg et de son sous-titre un temps censuré « combien de morts ? », qu’Emmanuelle Bercot tire le ton du film : combatif. Elle dessine le portrait d’une femme énergique, qui n’a rien à perdre et portée toute entière à faire éclater la vérité. A ce jeu-là Sidse Babett Knudsen (Borgen, L’Hermine), interprète principale, s’en sort brillamment, n’hésitant pas à ajouter une dureté au personnage. On a donc plaisir à voir ce personnage féminin fort, soutenu par ses proches, ne pas laisser tomber. Si elle peut parfois heurter dans sa relation avec le professeur Le Bihan (part la plus fictionnalisée par Bercot), médecin plus discret et humaniste, c’est une femme qui n’a pas peur de sortir « sa bite et son fusil » et d’aller au front malgré les pressions et la peur. D’abord petite chenille apeurée, elle éclot peu à peu en même temps que la vérité. Pour reprendre les termes d’un récent film sorti sur nos écrans, Divines, ce personnage féminin a clairement « du clitoris » et ne s’en prive pas pour agir et sauver des vies

Les combattants

Côté « histoire vraie », si le film de Bercot est très bien documenté, il n’en ressort pas un simple film-dossier un peu longuet, mais aussi une véritable investigation à l’américaine, ultra rythmée, musique à l’appui. Quelques longueurs se font sentir, mais en sortant du film, on retient clairement l’énergie et la révolte plus que ces dites longueurs. Pas de temps morts pour cette combattante de la lumière et ses soutiens de l’ombre (tous les protagonistes rencontrés par Bercot son présents dans le film qui a mis quatre ans à voir le jour). Les premières scènes du film donnent d’ailleurs le ton. On y voit Irène Frachon alias Sidse Babett Knudsen nager dans une mer agitée avant de la retrouver courant dans les couloirs d’un hôpital (le CHU de Brest, un temps moqué par les laboratoires Servier). Le film alternera d’ailleurs avec des moments plus humains, en consultation où Irène prend soin des autres. Grande gueule et humaniste, voilà comment Emmanuelle Bercot a choisi de décrire Irène Frachon.

Corps à corps à cœurs ouverts

La Fille de Brest est viscéralement tourné vers l’humain, tant qu’il cherche à faire vivre au spectateur la douleur du médiator jusque dans la chair. La réalisatrice ne se contente pas de filmer l’enquête, les doutes, les peurs, les succès et le sourire de Sidse Babett Knudsen comme ses coups de gueule bienvenus, elle donne aussi à voir les corps et les cœurs meurtris. Le film commence sur Irène Frachon mais aussi sur une scène de chirurgie filmée frontalement. De quoi mettre le spectateur tout entier dans l’ambiance. Emmanuelle Bercot est fille de chirurgien cardiaque et il n’est pas malvenu de dire que La Fille de Brest, qui rend aussi hommage à cette ville pluvieuse, forte et magnifique à la fois , bat à cœur ouvert du début à la fin.

La Fille de Brest : Bande annonce

Synopsis : Dans son hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d’un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l’isolement des débuts à l’explosion médiatique de l’affaire, l’histoire inspirée de la vie d’Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité.

La Fille de Brest : Fiche Technique

Réalisation : Emmanuelle Bercot
Scénario : Emmanuelle Bercot, Severine Bosschem, d’après l’ouvrage d’Irène Frachon
Interprétation : Sidse Babett Knudsen, Benoit Magimel, Charlotte Laemmel, Isabelle De Hertogh, Laura Neumann, Patrick Ligardes, Gustave Kervern…
Photographie : Guillaume Schiffman
Montage : Julien Leloup
Musique : Martin Wheeler, Bloum
Costumes : Pascaline Chavanne
Producteurs : Caroline Benjo, Carole Scotta, Barbara Letellier,Simon Arnal-Szlovak
Sociétés de Production : Haut et Court, France 2 Cinema
Distributeur : Haut et Court
Genre : Thriller
Durée : 128 minutes
Date de sortie : 23 novembre 2016

France – 2016

Rencontre avec Emmanuelle Bercot pour La Fille de Brest

Rencontre et questions-réponses avec Emmanuelle Bercot et Benoit Magimel pour La Fille de Brest

Lors d’une projection privée de La Fille de Brest (sortie en salles prévue le 23 novembre) dans les locaux de Canal plus, Emmanuelle Bercot est venue échanger avec le public accompagnée de l’acteur Benoit Magimel. Récit de cette rencontre.

« Je veux faire un film de guerre depuis longtemps. Avec La Fille de Brest les productrices de Haut et Court considèrent que c’est fait », Emmanuelle Bercot

D’où vous est venue l’envie de faire ce film ?

Emmanuelle Bercot : C’est ce qu’on appelle vulgairement un film de commande. Les productrices d’Haut et Court, avec lesquelles j’avais déjà travaillé, sont venues me proposer de faire ce film. Elles m’ont dit de lire le livre d’Irène Frachon. La lecture m’a révoltée, mais je ne voyais pas quel film faire avec cette histoire. Les productrices m’ont donc suggéré de rencontrer Irène Frachon et c’est son tempérament qui m’a convaincu de faire le film. Je savais que ce serait un portrait d’elle.

Comment s’est fait le choix des acteurs et particulièrement de l’actrice ?

E B : Le film a déjà mis quatre années à s’écrire. Entre temps, j’ai réalisé deux autres films. Au moment de me lancer dans celui-là, je ne voyais aucune actrice française dans ce rôle, j’étais prête à abandonner. Lors d’un dîner, Catherine Deneuve m’a dit « Vous devriez regarder Borgen, l’actrice principale est formidable et je crois qu’elle parle français ». La première chose que j’ai faite en rentrant, c’est de vérifier qu’elle parlait français, ensuite j’ai regardé les trois saisons de Borgen d’une traite. Quand j’ai rencontré Sidse, c’était un an et demi avant L’Hermine (pour lequel l’actrice a reçu un César début 2016, ndlr)

Quel a été le rôle d’Irène Frachon dans le scénario ?

E B : Elle a été très sollicitée dans le travail d’enquête avant l’écriture du scénario, puisque le film est basé en grande partie sur son témoignage. En partie sur son livre, mais aussi sur tout ce qui s’est passé après la publication et qui n’est donc pas dans le livre. Je me suis également basée sur différents témoignages (tous les personnages du film). En résumé, elle a été une accompagnatrice bienveillante. Elle était présente sur le tournage puisque nous étions au CHU de Brest où elle travaille toujours, mais elle n’a jamais interféré avec le caractère artistique du film.

A-t-elle vu le film ?

E B : Oui sept fois ! Mais ce qui compte c’est la première fois où elle est venue avec toute sa famille. Ils étaient très émus. J’avais une peur, que je lui ai confié, c’est que l’actrice est plus dure dans son caractère dans le film que ne l’est en réalité Irène. Mais elle m’a dit s’être reconnue dans toutes les séquences.

Quel retentissement pourrait avoir le film alors que le procès est toujours en cours ?

E B : Je ne pense pas qu’un film puisse changer le monde. En revanche, et cela dépendra de son succès, il peut avoir comme conséquence d’alerter de nouveau l’opinion publique sur le Médiator et de leur donner un intérêt pour le procès.

Le professeur Le Bihan (interprété par Benoit Magimel) est comme un dommage collatéral d’Irène Frachon… C’est un personnage que vous ne défendez pas beaucoup …

 La question a lancé un petit débat dans la salle. Emmanuelle Bercot a défendu le fait que la relation entre Le Bihan et Frachon est la partie de fiction la plus importante du film. Elle avait besoin de cette mise en conflit pour construire la partie « cinéma » de son film. Elle a rencontré le vrai professeur Le Bihan qui n’a aucun regret pour ce qu’il a fait, même si c’est celui qui a le plus payé dans l’affaire (il a du partir au Canada pour poursuivre sa carrière). Mais Emmanuelle Bercot le décrit comme un homme d’une grande humanité, et explique que dans le film c’est celui vers lequel on se projette le plus facilement, qui a le plus à perdre et va jusqu’au bout de ses compétences dans cette affaire. Il se lance dans l’affaire poussé par l’énergie et le courage d’Irène Frachon, mais aussi parce qu’au début la Bretagne est dénigrée, le CHU et qu’il ne peut pas le supporter. C’est finalement le personnage le plus humain du film.

Benoit Magimel : C’est un sacrifice qu’il fait en toute simplicité. Le courage qui lui manque vient d’Irène Frachon, elle le pousse véritablement.

Quel travail sur le personnage pour Benoit Magimel ?

Benoit Magimel : Les aspects techniques étaient les plus difficiles. Le personnage est très calme, c’est un « gros nounours », différent de ce qu’on aurait pu imaginer de lui. Mais l’écriture et la direction d’acteurs d’Emmanuelle Bercot sont très fins. C’est finalement l’histoire qui m’a porté plus que le personnage.

E B : Benoit n’a pas rencontré le vrai Le Bihan, mais c’est un acteur instinctif, je lui ai surtout dit « ton personnage, c’est encore un petit garçon ».

Des interdits dans le film par rapport au procès en cours ?

E.B. : Bien entendu, mais on a mis en place toute la sécurité juridique possible pour que le film soit intouchable. Mais ce n’était pas trop mon problème, je voulais suivre le point de vue d’Irène, dans chaque scène. Mais bien sûr, on ne peut pas raconter n’importe quoi sur l’histoire vraie, porter de fausses accusations.

En voyant votre film, on fait facilement le lien avec Spotlight, en tout cas un rythme à l’américaine, c’était voulu ?

E B : Le rythme est vraiment mon obsession. Pour moi, en matière d’investigation, la référence, c’est les américains au cinéma. Ils ont été comme des phares, mais je n’ai pas encore vu Spotlight. En tout cas, il fallait que le film soit intense.

Le père-noël (un des personnages du film) existe-t-il vraiment ?

E B  : Oui ! Il a pris de grands risques dans cette affaire et fait partie de ceux qui se sentent en difficultés avec la sortie de ce film.

Comment expliquez-vous le côté frontal des scènes de chirurgie ?

E B : Je ne voulais rien épargner au spectateur. Et, en tant que fille de chirurgien cardiaque (elle a d’ailleurs dédicacé ce film à son père), j’avais un intérêt pour comment filmer cette chirurgie.

Je voulais que le spectateur ressente éperdémiquement ce que produit le Médiator. Le sacrifice de la santé des patients, de la chair, mais aussi de la vie. Et tout ça de la façon la plus réaliste possible.

Vous auriez voulu incarner Irène Frachon ?

E B  : Non, même si c’est un personnage génial à jouer (elle donnait parfois le ton pour l’actrice principale), mais je ne joue jamais dans les films que je réalise.

Dans la description de la vie privée d’Irène Frachon, vous ne décrivez aucun conflit avec la famille, est-ce réaliste ?

E B  : Au début je le disais « une famille comme ça, ça n’existe pas », mais pourtant il y a une grande harmonie dans cette famille, quelque chose que je n’avais jamais vu. J’ai respecté ce que j’ai observé

Benoit Magimel, après deux films avec Emmanuelle Bercot, d’autres projets avec elle ?

Benoit Magimel : Non pas pour le moment, mais je n’y suis pas du tout opposé. C’est beau de travailler avec elle. Faire ce film, ça m’a révolté, ces gens n’ont aucun respect pour l’être humain (il parle notamment des scènes de reconstitution des auditions auprès du laboratoire). Ce film est nécessaire, mais il n’est pas chiant, il a une dimension de cinéma très forte.

La rencontre a duré près d’une heure et c’est déroulée dans une très bonne ambiance. Emmanuelle Bercot s’y est présentée très nature, spontanée (devant un Benoit Magimel plus réservé) n’hésitant pas à réagir aux petits détails repérés par les spectateurs. Pour exemple, cette photo de Christiane Taubira qui traîne dans le film et qui est un hommage de la réalisatrice à une femme qu’elle admire beaucoup. La Fille de Brest sort en salles le 23 novembre et c’est un très beau film de femme sur une femme. Un personnage féminin combatif et entier. De quoi redorer le blason des films d’investigation à la française. La tête haute, Irène Frachon la garde du début à la fin de ce film rythmé comme un cœur qui bat la chamade. C’est en effet le cœur des patients qu’atteint le Médiator, mais Emmanuelle Bercot n’a pas pour autant évincé l’humanité de son film, bien au contraire. 

La Fille de Brest : Bande annonce

La fille du train, un film de Tate Taylor : Critique

La fille du train : un thriller psychologique prenant pour base les problèmes conjugaux, qui a le malheur de passer après un certain Gone Girl.

Synopsis : Rachel Watson, 32 ans, a sombré dans la dépression et l’alcool depuis son divorce avec Tom, qui a emménagé avec sa maîtresse. Depuis la perte de son travail, elle fait quotidiennement l’aller-retour en train pour tromper sa colocataire sur la perte de son emploi. Mais également pour y observer les voisins de Tom, un couple sur lequel elle fantasme. Mais un soir d’ébriété, elle semble apercevoir « la femme » en compagnie d’un autre homme, avant d’apprendre quelques jours plus tard son étrange disparition…

Un sous-Gone Girl, faiblard et tape-à-l’œil

L’adaptation du best-seller de Paula Hawkins, La fille du train, joue de malchance. En effet, le film sort en même temps qu’Inferno (à quelques jours d’intervalles), un « Da Vinci Code 3 » qui attire actuellement toute l’attention des spectateurs par le biais d’une promotion de grande ampleur. Le long-métrage a également le malheur d’être distribué en salles bien après l’excellent Gone Girl, autre thriller psychologique basé sur les problèmes conjugaux. Une inévitable comparaison qui, vous allez le voir, sera fatale à La fille du train, un ersatz bien faiblard du chef-d’oeuvre de David Fincher.

Pourtant, le projet avait suffisamment de cartes en poche pour se présenter au public tel un divertissement de bonne facture. Outre un casting cinq étoiles et un réalisateur ayant déjà fait ses preuves aux yeux de certains (La Couleur des Sentiments), La fille du train pouvait avant toute chose compter sur l’intrigue de son modèle littéraire. Une sorte de puzzle narratif qui use de flash-backs en guise d’indices et de retournements de situations à foison pour élaborer son suspense. Pour tisser une histoire tortueuse et prenante qui aura un impact assez important sur le spectateur. Mais contrairement à Gone Girl, la sauce ne prend jamais, La fille du train ne faisant que reprendre les grandes ligne de l’oeuvre d’origine sans aucune imagination. La faute revenant principalement à une narration manquant de fluidité, qui ne cesse d’alterner entre changements de points de vue et saut dans le temps de manière scolaire. Un constat qui provoque aussitôt un désintéressement flagrant de la part du spectateur, l’ensemble devenant trop lourd, trop pénible à suivre et ce malgré le contenu de l’intrigue. Car si ce dernier restera jusqu’au générique de fin, c’est pour avoir le fin mot d’une histoire dans laquelle il ne sera pas complètement rentré. Un comble pour un thriller du même tonneau que Gone Girl, qui était bien mieux écrit et amené que ce produit typiquement hollywoodien.

La mise en scène n’est malheureusement pas épargnée, celle-ci flirtant sans tabou du côté de Fincher. Dès les premières secondes, le réalisateur Tate Taylor nous dévoile son ambition de livrer une ambiance glaciale, austère. Si les jeux de lumières et la musique de Danny Elfman sont là pour instaurer l’atmosphère souhaitée, le reste ne suit pas. Pire, il parvient à ridiculiser et à alourdir le tout, à le rendre tape-à-l’oeil comme ce n’est pas permis. Au point de cumuler des effets de mise en scène excessivement racoleurs (ralentis, images saccadées, montage anarchique…) et une photographie par moment incompréhensible (gros plans en pagaille sur les personnages, plans où seulement un quart du protagoniste apparaît à l’écran…). Et à cause de cela, La fille du train ne réussit jamais à présenter convenablement ses propres scènes qui avaient pourtant pour but de perturber les spectateurs dans leur vision de l’histoire et des personnages : « le dénouement avec le tire-bouchon », des séquences de sexe sans passion, la « scène de la baignoire »… Gone Girl, quant à lui, frappait le public avec une telle puissance qu’il avait bien du mal à s’en remettre, même après le visionnage. Bref, un produit hollywoodien hautement artificiel qui doit également ce constat à l’américanisation outrancière et dénaturante du livre de Paula Hawkins. Londres laisse ainsi la place à la banlieue new-yorkaise et, bizarrement, tout semble plus net, plus clean (une héroïne moins alcoolique, un train et des gares plus présentables…). Avoir traversé l’Atlantique n’a pas été une bonne chose non plus pour cette adaptation…

Que reste-t-il alors au film de Tate Taylor pour justifier son visionnage ? Finalement pas grand-chose, si ce n’est les atouts déjà cités (la musique de Danny Elfman et les jeux de lumière, l’intrigue du livre…). Heureusement, le long-métrage rattrape le tir en proposant un casting tenant la route, hormis un Justin Theroux pas vraiment crédible. Une distribution aux petits oignons qui propose un trio féminin diablement charismatique, au point de surpasser la gente masculine pourtant convaincante (Luke Evans et Édgar Ramírez). Haley Bennett possède un charme électrique qui en séduira plus d’un, tout en dévoilant une tristesse, une douleur qui la ronge sans arrêt. Rebecca Ferguson fait oublier son côté « femme d’action » (Mission : Impossible – Rogue Nation) et livre une femme au foyer plausible. Et enfin Emily Blunt, talentueuse comme à son habitude, qui parvient rendre son personnage attachante malgré son allure pitoyable et dérangée. Si vous deviez laisser une chance à La fille du train, accordez-la à ses comédiennes !

Il n’empêche que La fille du train réussit au moins quelque chose : donner envie aux spectateurs de lire le matériau de base et d’en profiter pleinement. Car le film n’est rien d’autre qu’une banale bande-annonce de celui-ci. Une mise en images quelque peu regardable mais au combien facile, impersonnelle et grossière. Même s’il ne fallait pas s’attendre à une oeuvre inoubliable, nous étions en droit d’avoir un divertissement qui sache tenir en haleine, autant que le support littéraire. Encore une production hollywoodienne ayant sauté du train en marche au lieu d’arriver à destination dans les meilleures conditions…

La fille du train : Bande-annonce

La fille du train : Fiche technique

Titre original : The Girl on the Train
Réalisation : Tate Taylor
Scénario : Erin Cressida Wilson, d’après le roman de Paula Hawkins
Interprétation : Emily Blunt (Rachel Watson), Haley Bennett (Megan Hipwell), Rebecca Ferguson (Anna Watson), Justin Theroux (Tom Watson), Luke Evans (Scott Hipwell), Édgar Ramírez (Dr. Kamal Abdic), Laura Prepon (Cathy), Allison Janney (sergent Riley)…
Photographie : Charotte Bruus Christensen
Décors : Kevin Thompson
Costumes : Michelle Matland et Ann Roth
Montage : Michael McCusker et Andrew Buckland
Musique : Danny Elfman
Producteurs : Marc Platt et Jared LeBoff
Productions : DreamWorks SKG, Amblin Entertainment, Marc Platt Productions, Reliance Entertainment et Storyteller Distribution
Distribution : Metropolitan FilmExport
Budget : 45 M$
Durée : 112 minutes
Genre : Thriller
Date de sortie : 26 octobre 2016

États-Unis – 2016

[irp posts= »79424″ name= »Moi, Daniel Blake, un film de Ken Loach : Critique »]

The Walking Dead saison 7 : critique d’un premier épisode percutant

Choquant, graphiquement violent et intense, le premier épisode de The Walking Dead saison 7, est un prélude sur la nouvelle ère qui s’ouvre pour notre héros Rick et sa bande, désormais soumis au tyran Negan.

Attention spoilers ! Après des mois de spéculations et de tergiversations, le couperet est enfin tombé. Abraham (joué par Michael Cudlitz) et Glenn (Steven Yeun) ne sont plus. Intitulé « The day will com when you won’t be » (Un jour viendra où tu ne seras plus), le premier épisode de la saison 7 de The Walking Dead mettait fin à la torture psychologique que les producteurs de la série avaient maladroitement mis en place à la fin de la saison 6, en révélant enfin le sort de nos héros.

Alors que la saison passée s’est terminée avec le groupe de Rick agenouillé et impuissant devant Negan, il était question de découvrir à l’ouverture de cette saison, qui de Rick, Carl, Michonne, Maggie, Glenn, Abraham, Eugène, Rosita, Sasha, Aaron ou Daryl avait perdu au « Eenie-Meenie-Miney-Mo » de Negan. Malheureux gagnants de ce jeu sordide, le glas sonna pour Abraham et Glenn. Beaucoup prédisaient d’ailleurs cela. Denise (interprétée par Merritt Wever) avait pris la mort d’Abraham quelques épisodes plus tôt à la fin de la saison 6 et le grand gaillard fut très clair avec Negan (Jeffrey Dean Morgan) par sa posture quand ils furent agenouillés qui signifiait que s’il devait tuer quelqu’un, cette personne devrait être lui. Ainsi, dans l’espoir de sauver ses amis, le sacrifice volontaire d’Abraham termina de l’élever au rang de héros dont il méritait le titre.

Concernant Glenn, pleins de personnes restaient persuadées que ça ne pouvait être lui la deuxième victime de Negan car ils pensaient que la production avaient déjà assez joué avec leur sentiment suite à l’affaire du « dumpster-gate » qui voyait Glenn échapper miraculeusement à la mort la saison dernière. Cependant, Robert Kirkman et son équipe en décidèrent autrement et osèrent -oui, le mot est lâché- tuer Glenn. La mort de Glenn était néanmoins prévisible puisque c’est la mort qui lui était réservée dans le comic book (la bande dessinée, BD) éponyme. Sa mort semblait donc appropriée, nécessaire pour la suite de l’histoire. Glenn était la troisième personne rencontrée par Rick Grimes (Andrew Lincoln) après que ce dernier se soit réveillé à l’hôpital dans la saison 1 et c’était un des derniers anciens qui restaient avec Carol, Daryl, Carl, Rick… et Morgan. Gentil, bon, innocent (en sept saisons, le jeune homme ne tua son premier humain qu’au bout de la sixième saison, et même, il le fit pour qu’Heath n’eut pas à le faire) et brave, le développement orchestré par les scénaristes de la série sur Glenn fit de lui un des personnages les plus aimés de la série. Ce fut donc avec une grande tristesse et effroi que l’on assista à son massacre. Certains diront que sa première mort fut plus belle, plus poétique que celle-ci, dans la mesure où il allait mourir tentant, en vain, d’aider le troublé Nicholas (Michael Traynor). Mais la fin à laquelle nous eûmes droit peut définitivement être considérée comme la meilleure mort possible pour lui. Aussi, après que Negan lui asséna brutalement et sans crier gare un premier coup de sa fameuse Lucille, celui qui allait devenir père de famille trouva la force de marmonner à sa femme Maggie (Lauren Cohan) « I’ll find you, I’ll be there » (Je te retrouverai, je serai là). Comme des amants maudits qui eurent la (mal)chance de se rencontrer dans cette vie et se retrouveront dans une autre, cette scène retranscrit tout l’amour que Glenn avait pour Maggie.

Il est par ailleurs aisé de dire, au vu de cet épisode, qu’il fut fait dans le but de nous présenter Negan dans sa splendeur et ce en quoi il diffère de ses prédécesseurs « méchants » de The Walking Dead. Surclassant sans aucune difficulté le Gouverneur (dont il faut avouer que le caractère fut volontairement atténué par les producteurs de la série comparé à la bande dessinée où il était beaucoup plus sombre et vil), Negan représente le changement dans la vie de nos héros. Brillamment interprété par Jeffrey Dean Morgan, Negan a su asseoir son pouvoir en seulement une nuit/un épisode. Alors que les autres méchants étaient super sérieux dans leurs actions et leurs méthodes, Negan, lui, sort des blagues et paraît être un enfant devant des bonbons dans une confiserie. Et c’est là toute la nuance notamment entre un Negan et un Gouverneur (David Morissey) : le niveau de sadisme et de folie est surpassé ici. Ainsi, en comparaison, l’hyper-violence que l’on retrouva dans la scène où les cannibales du groupe de Gareth (Andrew J. West) égorgeaient de malheureux prisonniers, est largement atteinte dans cet épisode, si ce n’est dépassé. Introduit comme une véritable illustration de bande dessinée avec ses mimiques et ses sourires, le personnage de Negan du comic books est respecté. Tout comme l’ensemble de cette scène de torture qui est une proche reproduction de ce qu’on retrouvait dans la BD.

La question est dès lors de savoir s’il était nécessaire d’attendre plus de sept mois pour découvrir le sort de nos personnages sous le joug de Lucille. Nombreux sont ceux qui se sont sentis négligés, presque trahis par le cliffhanger qui clôturait la saison dernière, le qualifiant de manipulateur (pour booster les audiences du premier épisode de la saison 7). Dès lors, l’attente était à son comble pour cet épisode qui, on peut dorénavant le dire, ne déçut pas. Intense, bouleversante, fantastique, « The Day will come when you won’t be » commença pourtant son épisode par d’interminables et rageantes premières minutes remplies de flashbacks et d’Am-Stram-Gram. Au total, ce fut une bonne vingtaine de minutes qu’il fallut attendre pour découvrir qui était exécuté. Et la réponse émotionnelle au triste sort d’Abraham et Glenn ne fut pas des moindres, bien que les fans eurent tout l’été pour se préparer au choc que cela causerait. Les deux meurtres perpétrés à l’encontre de nos deux héros étaient particulièrement difficiles à regarder (un grand applaudissement, en outre, à l’équipe de maquillage sur leur travail sur Glenn et Abraham). Peu importe que l’on n’ait pas été d’accord sur les personnages éliminés ou que l’on se soit révolté sur la manière tragique, dégoûtante, déroutante avec laquelle Abraham et Glenn s’en allèrent, il est indéniable que « The day will com when you won’t be » constitua un des épisodes de The Walking Dead les plus horribles, tragiques et touchants. Exactement ce que Negan voulait faire à Rick, dont les producteurs prédisaient déjà cet été la crise émotionnelle qu’il allait subir. Impossible justement d’évoquer là un des twists scénaristiques que cet épisode nous proposait : l’ordre de Negan à Rick de couper la main de son fils Carl (Chandler Riggs) avec une hache (une analogie biblique est à faire ici avec la parabole d’Abraham et Isaac). Cette scène poignante fut imprévisible, car dans la bande dessinée c’est Rick qui avait la main coupée… par le Gouverneur. L’époustouflante performance d’Andrew Lincoln sur cette scène précise est d’ailleurs à saluer. Avec pleurs et morve aux rendez-vous, le jeu employé par l’acteur britannique n’est pas sans rappeler celui de Viola Davis dans ses films ou encore plus récemment dans How to get away with murder. Dans le but d’imposer son pouvoir sur le groupe et l’obéissance de Rick, le calvaire psychologique vécu par Rick et ses amis est sans pareil.

Ayant réussi avec brio à briser mentalement et physiquement nos héros tout au long de l’épisode, il est intéressant d’observer que cette attaque à leur encontre n’est qu’une réponse aux multiples attaques engendrées par le groupe de Rick, comme Negan l’affirma lui-même car techniquement, ce n’était pas lui qui avait démarré la guerre mais le groupe de Rick « Vous avez tué mes gens. Ensuite, quand j’ai envoyé encore plus de mes gens pour vous tuer, vous en avez tués encore plus. Donc pour cela, l’un d’entre vous va mourir ». Et même Spencer (Austin Nichols) le déclarait « Nous aurions dû conclure un marché avec eux quand nous en avions encore l’occasion ». Tout ne serait que vengeance pour Negan. Toutefois, et comme le proclama Maggie, le temps de la vengeance a sonné pour son groupe qui n’en est pas à ses premières pertes humaines. Et c’est peut-être là où Negan sembla sous-estimer la bande de Rick « Je parie que vous pensiez que vous vieilliriez tous ensemble » se moqua-t-il. Or, nos héros, Rick, Maggie, Sasha, Carl, Michonne, Daryl etc. ont perdu depuis le début de la série, père, mère, frères, sœur, copain, copine, ami(e)s. La mort aussi brutale soit-elle et le deuil que cela entraîne, font partie de leur quotidien et ils ont aussi pour habitude de rebondir juste derrière parce que le contexte l’exige, et cette situation n’y déroge pas.

De fait, c’est sans aucun doute avec une certaine excitation que s’ouvre cette septième saison de The Walking Dead. Les conséquences de ces dévastateurs événements laissent supposer une suite pleine de rebondissements. A la fin de l’épisode, Negan avait tué Abraham et Glenn, Rick se retrouvait traumatisé et Daryl joué par Norman Reedus (qui ne manquera définitivement pas de se sentir coupable par la mort de Glenn dont il est la cause) fut emprisonné par le nouveau méchant. En conséquence, tous les « mâles alphas » du show furent assujettis et torturés au sens propre et figuré du terme. Cependant, deux grandes figures se sont aussi dessinées pendant cet épisode. Carl dont la bravoure est à évoquer dans un premier temps. L’adolescent toujours prêt à tout pour sauver sa bande, comprit rapidement ce qui devait être fait pour cela, perdre sa main. Un trait de caractère décelé par Negan que les scénaristes ne manqueront pas d’utiliser cette saison dans la relation entre Negan et Carl. Une autre héroïne à mettre en avant est Maggie, qui fut la première à dire quand le gang de Negan s’en alla, qu’ils devaient se mettre en marche et préparer la guerre. Il sera intéressant d’observer l’évolution de l’épouse de Glenn (qui s’était déjà établie vers la fin de la saison dernière comme le porte-parole du groupe) et dans quelles conditions son enfant sera ajouté à l’intrigue. Il y a un avant Negan et un après Negan. Et l’énorme potentiel scénaristique soulevé suite à l’arrivée de cet antagoniste et son exploitation toute cette saison et au-delà, à l’image du comics, fait déjà pâlir d’envie les fans de la première heure.

En voyant The Walking Dead, on sait dans quoi on s’engage. C’est un show sur un monde post-apocalyptique rempli de zombies, donc on sait pertinemment qu’on va perdre des gens tout au long de la série. Mais l’investissement et l’attachement émotionnel mis dans chacun de ces personnages rendent toujours très difficiles la perte de l’un d’entre eux. Sorte de lot de consolation pour toute la peine endurée pendant ce bouleversant épisode, la scène finale finit pourtant d’achever les spectateurs avec le dîner (de Thanksgiving ?) qui n’aura jamais lieu. Attablés tout autour d’un grand dîner, toute la famille de The Walking Dead était présente (comme un beau pied de nez au « Je parie que vous pensiez que vous vieilliriez tous ensemble » de Negan à Rick), y compris Glenn qui avait dans ses bras son bébé, Abraham aux côtés de Sasha (Sonequa Martin-Green), enceinte. En somme, la triste et déprimante vérité de cette série est qu’il y a de grandes chances qu’une bonne portion des personnes vivantes à l’heure actuelle et qui étaient à cette table ne survivra pas cet apocalypse, à supposer qu’elle se termine un jour. Une des dernières scènes de l’épisode étant particulièrement significative à ce sujet. Il s’agit de celle où Rick observa un walker (zombie) lentement se rapprocher vers son groupe alors que celui-ci, installé dans la caravane, se mettait doucement en route. Cette scène met en exergue à quel point les choses ont changé. Alors que les zombies étaient le principal problème les premières saisons, c’était eux qui généraient le chaos, dorénavant le plus gros souci de Rick et sa bande sont les humains, et plus spécifiquement Negan cette saison. Un choc des titans se prépare donc cette saison 7 et il ne nous reste plus qu’à sortir les pop-corn.

The Walking Dead saison 7 : Bande annonce

https://www.youtube.com/watch?v=wGm2zwg_-NY

Synopsis: Lorsqu’il sort du coma, l’inspecteur Rick découvre un monde dévasté, les rues envahies de créatures cauchemardesques assoiffées de chair humaine. Il parvient à retrouver sa femme et son fils réfugiés au sein d’un groupe, et s’ensuit un long périple vers la survie, entre repos éphémères, deuils douloureux, luttes contre les morts-vivants, et conflits contre d’autres survivants humains. Une histoire qui changera chacun en profondeur, où tous se découvriront une force mais aussi une violence insoupçonnée.

The Walking Dead saison 7 : Fiche technique

Création : Frank Darabont, Robert Kirkman
Genre : horreur, drame, science fiction
Pays d’origine : États-Unis
Réalisation : Gwyneth Horder-Payton, Gregory Nicotero, Ernest Dickerson
Scénario : Charlie Adlard, Frank Darabont, Robert Kirkman, Tony Moore, Gregory Nicotero
Casting : Andrew Lincoln (Rick), Steven Yeun (Glenn), Chandler Riggs (Carl), Melissa McBride (Carol Peletier), Lauren Cohan (Maggie Greene), Danai Gurira (Michonne), Lennie James, Sonequa Martin-Green(Sasha Williams), Alanna Masterson (Tara Chambler), Michael Cudlitz (Abraham Ford), Josh McDermitt (Dr Eugene Porter), Christian Marie Serratos (Rosita Espinosa), Seth Gilliam (Gabriel Stokes),  Ross Marquand (Aaron), Austin Nichols (Spencer Monroe), Tom Payne (Paul « Jesus » Rovia), Austin Amelio (Dwight), Xander Berkeley (Gregory), Jeffrey Dean Morgan (Negan), Khary Payton (le roi Ezekiel).
Effets spéciaux : KNB EFX, Gregory Nicotero, Stargate Studios
Musique : Bear McCreary
Production : Robert Kirkman, Frank Darabont, David Alpert, Charles H. Eglee, Gale Anne Hurd ; Gregory Nicotero

Format : 16 épisodes de 44 minutes.

 

The Witch de Robert Eggers en DVD/Blu-Ray le 18 Octobre 2016

Pourvu d’une aura mystique en festival, The Witch s’impose comme une référence horrifique de 2016, grâce à une approche novatrice de la peur.

Nous sommes en 1630 en Nouvelle Angleterre. William et Catherine, un couple dévot, décide de vivre en marge d’une société soumise aux préceptes des nouveaux évangélistes, préférant vivre dans la tradition chrétienne. Ils décident alors de s’établir dans une ferme, pour cultiver la terre et mener une vie pieuse auprès de leurs cinq enfants. Se croyant dur comme fer être protégé par une bénédiction divine, la famille devra faire face à une succession d’événements surnaturels qui dévoileront leurs véritables natures. Alors que Thomasin, l’ainée, se charge de Samuel, le nouveau né de la famille, ce dernier disparait et est enlevé par une sorcière qui le tue et s’abreuve de son sang. Secouée par cette perte, la famille commence à s’entredéchirer quand la récolte vient à être voler.

Un conte mystique et cauchemardesque

Véritable machine à buzz outre-Atlantique en remportant le prix du meilleur réalisateur au festival de Sundance, The Witch (ou Vvitch) témoigne d’une forme d’horreur à l’opposée des normes Hollywoodiennes de bienséance. Ayant passé quatre longues années à chercher le financement nécessaire au montage final, Robert Eggers s’est spécialisé dans les mythes et contes de l’époque pour parfaire son sujet, transformant son histoire en récit d’un réalisme cru. C’est donc dans une optique intimiste et réaliste que la peur se concentre, proposant une véritable réflexion sur la cohésion et la condition humaine. Dans cette démonstration viscérale de la nature humaine, Eggers en appelle aux peurs les plus enfouies des spectateurs. Le metteur en scène se sert donc d’une esthétique classieuse, sans pour autant être classique, afin de transmettre un effroi viscéral, perturbateur, notamment en brouillant les frontières entre le réel et le surnaturel, un rendu à la hauteur d’une photographie remarquable. De ce fait, narrer un récit à ce point mystique dans un contexte étatique en proie à de nombreux conflits théologiques, déstabilise le spectateurs au point d’être mal à l’aise face à l’image. La musique accentue également cette ambiance spirituelle et fataliste, avec une composition lancinante et poétique, semblant faire un lien troublant entre sonorité classique et rythmes nouveaux du cinéma d’horreur actuel. C’est donc cette superposition d’éléments brillants qui magnifie le talent certain de Robert Eggers, un réalisateur à suivre dans le cinéma de genre. The Witch est un exploit aussi réel que troublant. Une claque mystique et ecclésiastique qui renoue avec la sève matricielle de l’horreur au cinéma tout en proposant sa propre vision de l’effroi. Grâce à une esthétique irréprochable, une photographie éblouissante et une musique mélancolique, la froideur de The Witch fait paradoxalement de lui une œuvre qui sent la fraîcheur. Une évolution brillante dans le cinéma de genre prouvant, encore une fois, les nombreuses qualités de ce type de cinéma.

Une jolie édition, avare en bonus

Si la mise en scène et la photographie sont, en grande partie, responsables de l’exploit que constitue le film, on ne peut que féliciter Universal, pour la bienveillance que le studio a accordé à l’édition DVD/Blu-Ray de son film. Que ce soit le grain apporté par l’édition DVD ou la propreté de l’image en édition Blu-Ray, tout est fait pour que The Witch accède au rang de film culte par la vente vidéo. De part la qualité sonore du long métrage, on exigeait également un montage son au petit oignon pour cette édition. Une fois n’est pas coutume, Universal n’a pas fait les choses à moitié et propose un superbe format Dolby Digital pour les cinq langues disponibles sur le CD. De même, la beauté graphique de la jaquette permettra d’attirer, sans l’ombre d’un doute, tout spectateur fanatique du cinéma de genre. Cependant, malgré les louanges que l’on pourrait apporter techniquement à cette édition, une interrogation subsiste : pourquoi ne pas avoir ajouté des bonus vidéo ? Véritable prolongateur d’expérience, le bonus vidéo permet souvent à une œuvre d’accéder au rang d’anthologie. En témoigne notamment les ajouts d’Interstellar ou de Batman vs Superman : L’Aube de la Justice de chez Warner Bros, qui promulguent un plaisir supplémentaire non négligeable. Une petite déception qui ne gâchera certainement pas notre plaisir du film, au vu de la qualité du long métrage proposé.

Universal Pictures Vidéo annonce la sortie de The Witch en DVD et BR pour le 18 Octobre 2016

The Witch : Recap DVD/Blu-Ray

Caractéristiques techniques du DVD :
Durée: 1h32
Image: 2.35:1
Audio : Allemand, Espagnol, Français, Italien, Anglais
Caractéristiques techniques des Blu-ray™:
Disque 1 (film):
Image: 2.35:1
Audio: Italien (DTS 5.1), Allemand (DTS 5.1), Anglais (DTS-HD 5.1), Français (DTS 5.1), Espagnol (DTS 5.1)
Sous-titres : Allemand, Espagnol, Français, Italien, Turc, Anglais pour Sourds et Malentendants
Bonus: Pas de Bonus Vidéo
Long métrage interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles

The Witch : Bande-Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=YYiTQMQxQtU