Portrait d’une famille dysfonctionnelle aux accents allenien, The Meyerowitz Stories séduira les fans de la première heure de Noah Baumbach, sans toutefois prétendre à une distinction cannoise.
Synopsis : Le récit intergénérationnel d’une fratrie en conflit rassemblée autour de leur père vieillissant.
A l’instar de Netflix en compétition officielle, c’est la première fois que Noah Baumbach est sélectionné à Cannes. Davantage habitué à présenter ses films dans les festivals indépendants, le cinéaste new-yorkais honore enfin la plus célèbre des manifestations cinématographiques internationales. Mais avant même la projection de son dernier film, le cinéaste doit déjà tempérer la polémique Netflix qui fait hurler les exploitants et les amoureux des salles obscures, Netflix n’ayant vraisemblablement pas l’intention de sortir le film au cinéma. Quoiqu’il en soit, en l’absence du Woody Allen annuel, le Festival de Cannes semble s’être rabattu sur un autre cinéaste adepte des comédies bavardes et légères sur les tourments de new-yorkais aisés. The Meyerowitz Stories étale donc les discordes d’une fratrie réunie par l’hospitalisation du « pater », incarné par Dustin Hoffman. Rappelons que l’on doit tout de même à Noah Baumbach certains des récits comico-mélancoliques les plus réjouissants de ces dernières années, Greenberg et Frances Ha en tête. Sa présence à Cannes n’est donc que la consécration du travail d’un auteur qui a toujours su préserver son indépendance tout en faisant exister son oeuvre parmi les cinéastes américains les plus appréciés de sa génération.
The Meyerowitz Stories a pour lui l’énergie récréative d’un casting d’exception, tous incarnant à la perfection leurs personnages respectifs. Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas vu Ben Stiller, Dustin Hoffman et Adam Sandler (!!) aussi réjouissants. Quant à Elizabeth Marvel, elle confirme tout le bien que l’on pense d’elle depuis son rôle dans la série House of Cards. Cette remarquable distribution apporte une vraie dimension chorale et comique à ce récit tantôt snob, tantôt existentialiste, tantôt émouvant. Le réalisateur natif de Brooklyn saisit avec une précision insondable l’énergie qui se dégage du milieu artistique dans lequel évolue chacun (ou pas) des membres de cette famille explosée. En ce sens, on remarque que The Meyerowitz Stories s’inscrit avec politesse dans cet univers d’intellos bourgeois, soit l’exact antithèse de The Square vu quelques jours plus tôt et également présenté en compétition. Noah Baumbach prouve par ailleurs qu’il a un véritable don pour l’écriture des dialogues qui sonnent tous justes et participent à cette impression que le film capte de véritables tranches de vies où les acteurs ne font qu’un avec leurs personnages et leurs interactions. Mais derrière cette jolie et innocente comédie se cache incontestablement un film en cruel manque d’inspiration. S’il s’avère suffisamment distrayant, le film s’inscrit dans la continuité vaine des derniers films de Noah Baumbach et n’a pas l’étoffe de rivaliser en compétition. Il lui manque la force, l’impact et l’inspiration. Une fois le générique de fin lancé, toutes les sympathiques intentions narratives s’envolent pour ne laisser l’impression que d’un film léger et sans grandeur. Pedro Almodóvar avait dit dans un premier temps qu’il ne récompenserait pas de films Netflix avant de se rétracter et de corriger ses propos. Pourtant, ce n’est pas cette anecdotique comédie dramatique qui pourra définitivement lui faire prendre conscience de la possibilité de remettre un Prix à l’un des deux films du distributeur. Une sélection Hors Compétition pour Noah Baumbach aurait été plus justifiée. The Meyerowitz Stories n’a pas l’ampleur nécessaire pour s’extirper de son statut de film prêt à consommer sur Netflix, preuve regrettable que le cinéaste a du mal à renouer avec la réussite de Frances Ha même s’il continue de gentiment nous amuser.
[COMPETITION INTERNATIONALE] The Meyerowitz Stories (New and Selected)
Un film de Noah Baumbach
Avec Adam Sandler, Ben Stiller, Dustin Hoffman, Elizabeth Marvel
Distributeur : Netflix
Durée : 1h50
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie : Prochainement
États-Unis – 2016
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On pourrait croire que, ce qui saute aux yeux en premier, c’est le caractère rotoscopique des personnages à l’écran, mais non. Avant même de prendre conscience qu’il ne s’agit pas d’acteurs en chair et en os, c’est la dimension malsaine des rues de Téhéran, peuplées de prostituées dont une à son fils handicapé auprès d’elle, qui se dégage des premières images de Tehran Taboo. Le choix de l’animation, que certains auraient pu qualifier de superficielle, est donc presque imperceptible au regard de la portée du propos politiquement incorrect. Il semble que le coup d’éclat de Valse avec Bachir ait ouvert le bal d’un cinéma d’animation moyen-oriental engagé, mais ce qui est sûr c’est qu’en termes de style visuel, celui adopté par Soozandeh est très proche de celui du film d’Ari Folman.
Quelle folle ambition ! A travers une traversée des États-Unis à bord de la Rolls-Royce ayant appartenu au King en 1963, Eugene Jarecki dresse autant le portrait nuancé de la légende du rock’n’roll que celle de son pays en pleine incertitude à l’approche des dernières élections présidentielles américaines. Il faut dire que le documentariste a eu une inspiration bien sentie lorsqu’il a pris conscience que l’histoire d’Elvis était considérablement liée à celle de son pays. Plus encore, il y a vu la parfaite métaphore de l’ascension et de la chute du chanteur et anticipe les doutes et craintes de ses concitoyens sur son pays. Il ne s’agit de rien d’autre que de la mort du rêve américain. Promised Land exploite avec brio les témoignages de célébrités ou d’inconnus, justes et sincères, partisans et opposés, réfléchis et impulsifs. Tous ces échanges débordent de réflexion, d’humour, de conviction, de passion et de détresse. Promised Land semble ainsi universel en tout point tant il partage les points de vue de tous horizons et les met en parallèle avec le portrait de la plus grande idole des États-Unis et de l’empire dans lequel il évolue. Mais derrière le personnage au sourire ravageur et dansant « comme un noir« , il y avait le mal-être de l’homme en pleine crise existentielle. A une époque où le pays est en pleine explosion économique et capitaliste, Elvis Presley perce dans le milieu de l’industrie musicale et deviendra une figure inséparable de l’image des États-Unis à travers le monde. Il reniera ainsi toute opinion et personnalité au détriment du devoir son pays et de l’argent que celui-ci lui donne.
Jean-Stéphane Sauvaire n’est pas un novice des univers violents et radicaux. Fort d’une expérience d’assistant réalisateur au milieu des années 1990 jusqu’en 2010, on doit au cinéaste français le film Johny Mad Dog, récit brutal d’enfants soldats africains qu’il avait lui-même écrit et co-produit, avec Matthieu Kassovitz, et qui avait obtenu le Prix de l’Espoir en 2008 à Un Certain Regard. Avec A Prayer Before Dawn, il revient à la réalisation neuf ans après son dernier long métrage. Sans doute attiré par les univers bestiaux où la violence est une nécessité pour survivre, il pose cette fois-ci sa caméra dans une prison thaïlandaise et y raconte la véritable histoire de Billy Moore, un boxeur condamné pour consommation de drogues qui sera prêt à tout pour survivre dans cet environnement hostile et primitif.



