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Cannes 2017 : D’Après une Histoire Vraie, Polanski prétentieux et poussif à l’excès

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Roman Polanski se vautre complètement avec l’adaptation de D’Après une Histoire Vraie de Delphine de Vigan, thriller psychologique – drôle malgré lui – qui s’impose comme un Misery pour Les Nuls.

Synopsis : Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller. Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l’accusant d’avoir livré sa famille en pâture au public. La romancière est en panne, tétanisée à l’idée de devoir se remettre à écrire. Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s’attache à Elle, se confie, s’abandonne. Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

D-Apres-une-histoire-vraie-polanski-green-seigner-cannes-2017L’auteure Delphine est confrontée au syndrome de la page blanche. Lorsqu’elle fait la rencontre d’Elle lors d’une séance de signature de son ouvrage, elle va trouver en cette admiratrice un alter ego indispensable à sa créativité. A moins que cela ne soit l’inverse. Avec cette trame dont on vous taira les principaux mystères, il ne faut que quelques minutes au spectateur pour comprendre où le scénario souhaite l’emmener. Dès lors, D’Après une Histoire Vraie déroule son intrigue à un rythme de croisière sans surprise et prévisible jusqu’à son dénouement. Il est difficile de nier le matériau formidable écrit par Delphine de Vigan (récompensé en 2015 par le Prix Renaudot et Le prix Goncourt des lycéens) car, à l’issue de la projection, une seule chose s’impose : le traitement expéditif, sans tension ni angoisse, de Roman Polanski transforme ce roman troublant en une adaptation d’une linéarité et d’un ridicule confondants. En conférence de presse, le cinéaste a souvent rappelé le manque de préparation de son tournage (neuf mois se sont écoulés entre la première écriture du scénario et le montage final) et des répétitions avec ses acteurs. Ceci explique définitivement cela. Car le surjeu d’Emmanuel Seigner (triste après sa bonne prestation dans La Vénus à la Fourrure) et le minimum syndical d’Eva Green n’aident pas non plus le film à ce niveau. Il y avait matière à traiter leur confrontation sous le signe d’une relation érotique de plus en plus toxique. Mais Roman Polanski n’en fait rien et traite la chose de la manière la plus impersonnelle possible.

A aucun moment, on ne sent que le cinéaste s’approprie le récit, tout juste tente-t-il un parallèle avec sa propre carrière, Delphine étant confrontée au manque d’inspiration et lynchée médiatiquement sur les réseaux sociaux. Un propos vaniteux et présomptueux qui fait du film un exutoire pathétique pour ceux en proie aux affres de la création et frustrés par les critiques, donc autocentré sur les problèmes de l’élite artistique parisienne. Et ce n’est pas la lourdeur du montage ou le score musical d’Alexandre Desplant qui pèse sur chaque scène jusqu’à l’overdose qui vont arranger les choses. Plus tôt dans la compétition, François Ozon explorait les tourments psychologiques de son personnage dans L‘Amant Double avec beaucoup plus d’audace et faisait preuve de créativité dans sa mise en scène pour appuyer et confondre les attentes du spectateur. Ici, Roman Polanski est en mode automatique, soit le même mode utilisé pour les téléfilms diffusés les dimanches après-midi sur les chaînes hertziennes.

Roman Polanski n’est que l’ombre de lui-même avec cette adaptation fade et sans conviction qui tente de renouer avec la dimension psychologique de ses plus grands films (Le Locataire, Rosemary’s Baby). Certains avaient imaginé que la polémique Roman Polanski aux Césars avait été la raison pour laquelle son nouveau film était hors compétition. Il semblerait que la raison soit autrement plus simple puisqu’il était peu probable que Thierry Frémaux se permette de refuser la montée des marches à celui qui a obtenu la Palme d’Or pour Le Pianiste. Mais la qualité paresseuse du film ne pouvait pas lui laisser espérer mieux qu’une projection en marge de toute compétition, et c’est très légitimement à cette place qu’il a été envoyé. D’Après une Histoire Vraie est assurément ce qui nous a été montré de plus mauvais dans la sélection. Triste accueil pour un cinéaste accompli et généralement plus inventif. 

[HORS COMPÉTITION] D’Après une Histoire Vraie

Un film de Roman Polanski
Avec : Emmanuelle Seigner, Eva Green, Vincent Perez
Distributeur : Mars Films
Genre : Drame
Durée : 1h 50min
Date de sortie : 1 novembre 2017

France – 2017

D’Après une Histoire Vraie : Interview

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Cannes 2017 : Nos films incontournables, toutes sélections confondues

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Quelques heures avant le tant-attendu palmarès du Festival de Cannes 2017, voici les incontournables des différentes sections du festival choisis par nos deux rédacteurs présents à Cannes.

Dix jours de festivités cannoises remarquables avec son lot de découvertes et de déception mais d’ici quelques heures, le Président du Jury Pedro Almodóvar et son jury remettront la prestigieuse Palme d’Or. Les rumeurs vont bon train mais nos rédacteurs envoyés spéciaux à Cannes ont décidé de vous livrer, après avoir visionné une cinquantaine films des différentes sélections, leur sélection des meilleurs films de la 70ème édition du Festival de Cannes.

Compétition officielle :

The Square de Ruben Östlund

En apportant son lot de cynisme et de séquences jubilatoires et absurdes, The Square est une satire réjouissante sur le monde de l’art et s’inscrit dans la continuité de Toni Erdmann qui avait régalé la Croisette l’an passé. Peut-être que le jury n’oubliera pas de citer à son palmarès une farce aussi drôle et cynique, contrairement au précédent jury. Ce serait mérité tant Ruben Östlund s’impose aujourd’hui comme l’auteur suédois le plus intéressant et accompli.

You Were Never Really Here de Lynne Ramsay

En s’appropriant un matériau d’une simplicité évidente, Lynne Ramsay évite l’écueil du thriller vu et usé jusqu’à la moelle pour le réinventer en permanence, de la mise en scène sophistiquée à son propos d’une profondeur remarquable en passant par une représentation de la violence comme on n’en avait jamais vu. Pas de doute, You Were Never Really Here est d’une puissance et d’une maîtrise à toute épreuve.

Le Jour d’Après de Hong Sang-Soo

C’est sans doute dans sa façon de jouer avec cette empathie sans jamais être larmoyant, plus que dans l’écriture de ses dialogues (magnifiques mais dont la finalité est un peu facile, au point de ne pas se suffire à eux-mêmes), que Hong Sang-Soo se révèle être un petit malin. HSS signe très certainement l’un de ses films les plus profonds car l’un des plus délicats, preuve qu’il faut peu de moyens pour être un grand cinéaste.

Faute d’Amour (Loveless) de Andrey Zvyagintsev

Sans rien apporter de neuf à la vaste thématique des familles dysfonctionnelles, Loveless parvient néanmoins par son habileté à constamment nous laisser dans l’attente et le doute. Cette oeuvre qui ne fera pas date n’a pas de quoi bouleverser la compétition, mais reste au moins un film astucieux et qu’on se le dise, plutôt bien mené.

Un Certain Regard :

Un Homme Intègre de Mohammad Rasoulof

Un homme intègre agit comme une représentation dure et réaliste mais surtout comme un formidable pamphlet contre la corruption qui gangrène l’Iran et dont les esprits les plus talentueux se battent avec force et détermination pour dire la vérité sur un pays encore loin d’être fidèle aux Droits de l’Homme. Un homme intègre est une oeuvre politique bouleversante qui a remporté à juste titre le Grand Prix Un Certain Regard.

Tesnota – Une Vie à l’étroit de Kantemir Balagov

Implacable et durablement inscrit dans nos esprits, Tesnota – Une vie à l’étroit ne réalise pas le sans-faute mais offre une vision particulièrement bouleversante et dénonciatrice des communautés russes bloquées dans leurs traditions. Un premier essai qui est d’autant plus remarquable qu’il est réalisé par un cinéaste de 21 ans. Kantemir Balagov est à suivre de très près. 

Hors Compétition, Séances Spéciales :

Promised Land d’Eugene Jarecki

Derrière des milliers d’heures de rushs captées, Eugene Jarecki en a gardé le meilleur pour construire un récit qui évoque le passé, le présent, la politique et la culture de la figure d’Elvis Presley au sein de la première puissance mondiale que le documentariste juge comme étant devenu un empire. Un travail titanesque qui fait de Promised Land un très grand documentaire et déjà un incontournable de cette année. Nul doute qu’il continue sa route jusqu’aux prochains Oscars.

Sans Pitié de Sung-hyun Byun

Sans Pitié est un film d’action d’une efficacité remarquable, respectueux des codes du polar noir, tout en lui apportant des nuances radicales. On perd sans doute la cohérence narrative en chemin mais au final, on conserve une énergie redoutable qui propulse Sans Pitié en nouvelle référence du genre.

Quinzaine des Réalisateurs :

Un beau soleil intérieur de Claire Denis 

On ne pourra plus dire de Claire Denis que son cinéma est sec et dépressif. Avec Un beau soleil intérieur, elle signe une comédie romantique écrite avec un sens des dialogues exceptionnel et portée par un casting quatre étoiles. On peut le dire : La Quinzaine des Réalisateurs commence très bien.

L’Amant d’un Jour de Philippe Garrel 

Initiée en 2013 avec La Jalousie et poursuivie L’Ombre des femmes, la trilogie des tourments amoureux de Philippe Garrel se clôt en noir et blanc avec L’Amant d’un jour, nouvelle représentation juste et sensible des affres de l’amour […] Toujours est-il que si le propos reste le même, Philippe Garrel est de ces cinéastes qui peuvent se vanter de saisir des thématiques maintes fois évoquées mais qui arrivent à toujours à nous toucher au plus profond de nous-mêmes.

The Florida Project de Sean Baker 

La bonne idée de Sean Baker de braquer sa caméra sur Moonee, Scooty et Jancey, plutôt que sur les adultes et leurs difficultés respectives, lui permet de tirer profit de leur énergie juvénile pour bâtir un film à 300 à l’heure, toujours léger et faussement déconnecté de la gravité des réalités sociales en toile de fond.

Nothingwood de Sonia Kronlund

On pourrait croire qu’il s’agit d’un pur personnage de comédie, entre Borat et Steven Seagal, mais non, Salim Shaheen est bien réel et Nothingwood, le film qui lui est consacré, est un documentaire. Parce qu’il alimente l’imaginaire de tout un pays en proie à la guerre, ce frétillant bisseux est l’incarnation de ce que le cinéma a de meilleur […] Le cinéma est avant tout une machine à rêves et il est important d’avoir des gens qui l’alimentent !

Semaine de la Critique :

La familia de Gustavo Rondón Córdova

Autant dans sa mise en scène que dans sa narration, La familia n’entend pas révolutionner le cinéma et se repose sur des facilités scénaristiques préétablies. Mais ce premier long métrage a pour mérite de montrer le reflet d’un pays qui tente de se sortir de son climat brutal. Avec son approche juste et humaine d’une relation père/fils, La familia est un film qui saisit l’essence du climat fiévreux qui règne au Venezuela.

Cannes 2017 : The Rider a bien mérité son Art Cinema Award

The Rider, c’est l’histoire d’un rêve de western qui prend fin brutalement, une réalité qu’il faut apprendre à accepter pour ne pas sombrer dans une frustration autodestructrice. En un mot, c’est l’Histoire des Etats-Unis.

Synopsis : Après avoir survécu à une blessure à la tête qui faillit lui être fatale, un jeune cowboy entreprend la quête d’une nouvelle identité et découvre ce que cela signifie d’être un homme au cœur de l’Amérique.

cannes-2017-the-rider-Brady-Jandreau

Deux ans après le très beau Les Chansons que mes frères m’ont apprises, Chloé Zhao nous confirme son talent pour dépeindre l’Amérique rurale avec un charme passéiste que l’on ne trouve plus facilement de la part de ses compatriotes. Il semble d’ailleurs évident que ce regard qu’elle porte sur les États-Unis modernes, elle le tient du fait d’être elle-même une immigrée ayant passé ses premières années en Chine et installée à New-York depuis une douzaine d’années. Son second long-métrage est beaucoup moins autobiographique que le premier mais tout aussi mélancolique, puisqu’il s’agit de l’introspection d’un jeune homme ayant consacré sa vie au rodéo mais désormais interdit de monter à cheval. La rupture est brutale, et on imagine sans peine la dure remise en question que doit traverser ce pauvre Brady alors qu’il vient de se retrouver privé de la passion qui avait, jusque-là, orienté toute sa vie. L’interprétation de Brady Jandreau l’impose comme l’une des révélations de ce Festival, même si le fait de jouer un rôle très proche de ce qu’il est vraiment (à savoir un as du rodéo blessé à la tête) compromet l’idée de le revoir prêter ses traits à d’autres personnages.

L’usage des panoramas majestueux filmés en plein cœur de la réserve indienne de de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, nous renvoie rapidement dans cet imaginaire propre aux westerns et nous rappelle que le fait d’être un cow-boy reste, en 2017, le destin concret de quelques habitants de ces terres reculées. Plus qu’une  chronique sur le mode de vie en ces lieux où le temps semble s’être arrêté, le propos de Chloé Zhao se veut plus universel, voire politique. Dans une Amérique qui ne rêve que de retrouver sa gloire passée, le fait de montrer que ce jeune homme qui incarnait parfaitement l’image du mâle alpha dans le fantasme westernien puisse être réduit à un être fragile, est magnifiquement symbolique (notons d’ailleurs que le film a été tourné alors que la campagne présidentielle était encore en cours). La contrainte de passer à autre chose que reproduire indéfiniment ce que faisaient nos aïeux remet-elle en cause notre identité ? Cette problématique dépasse de très loin le seul anachronisme inhérent aux ranchs américains. Chloé Zhao, sans chercher à prendre parti à travers un pamphlet pompeux, réussit à poser les bases de cette vaste question à travers un long-métrage dont la sincérité est allée jusqu’à faire jouer la petite sœur autiste de son acteur/personnage principal. Même si ce rôle secondaire, tout comme d’autres sous-intrigues, ne paraissent pas alimenter de façon constructive le scénario, le fait de savoir qu’il s’agit d’éléments réellement issus de la vie de Brady et de sa famille apporte au film ce charme naturaliste auquel il est difficile de résister.

[QUINZAINE DES RÉALISATEURS] The Rider

Un film de Chloé Zhao
Avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau…
Distributeur :
Durée : 105 minutes
Genre : Western, drame
Date de sortie : Prochainement

États-Unis – 2017

The Rider : Interview de Chloé Zhao

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Yojimbo et Sanjuro, le diptyque culte de Kurosawa en DVD & Blu-Ray

Wild Side continue sa collection dédiée au génial réalisateur japonais Akira Kurosawa en sortant, le 25 janvier dernier, deux coffrets consacrés au diptyque Yojimbo et Sanjuro.

Un cycle dédié aux productions Toho réalisées par Akira Kurosawa devait obligatoirement passer par le diptyque formé par Yojimbo et Sanjuro. D’abord parce que les films font partie des plus grands succès de la célèbre firme japonaise, ensuite parce qu’ils sont très représentatifs du travail du cinéaste à cette époque.

En ce début des années 60, Kurosawa est un des cinéastes les plus reconnus au monde. Avec ses films comme Les 7 Samouraïs, le réalisateur se permet à la fois de faire une relecture moderne et réaliste des films de sabre et d’en respecter l’essence. C’est ce chemin qu’il va suivre à nouveau avec Yojimbo (d’abord sorti en France sous le titre Le Garde du corps). Adaptation des films de gangsters tout autant que film de samouraïs, Yojimbo se permet de jeter un œil ironique sur le Japon. Mélange d’humour grinçant, de scènes émouvantes et de suspense, le film montre la maîtrise du cinéaste et de toute son équipe, qui réussit là un des sommets du genre.

Kurosawa enchaînera avec sa suite, Sanjuro, qui perd son côté sarcastique. L’humour et l’action sont toujours présents et le réalisateur nous offre ici un spectacle de toute beauté, une fois de plus.

Les deux films sont présentés dans deux superbes coffrets DVD + Blu-Ray, avec un livret passionnant. Ce nouveau support rend hommage au sublime travail sur l’image de Kurosawa.

Yojimbo : bande-annonce

Yojimbo : caractéristiques DVD :

yojimbo-actu-dvd-akira-kurosawa-toshiro-mifune

Master restauré HD
Noir et blanc
Format image : 2.35, 16/9 compatible 4/3
Format son : Japonais DTS & Dolby Digital Mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h46

Caractéristiques Blu-Ray :

Master restauré HD
Noir & blanc
Format image : 2.35
Résolution film : 1080 24p
Format son : Japonais DTS Master Audio mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h50

Sanjuro : bande-annonce

Sanjuro : caractéristiques DVD :

sanjuro-akira-kurosawa-toshiro-mifune-actu-dvd

Master restauré HD
Noir et blanc
Format image : 2.35, 16/9 compatible 4/3
Format son : Japonais DTS & Dolby Digital Mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h31

Caractéristiques Blu-Ray :

Master restauré HD
Noir & blanc
Format image : 2.35
Résolution film : 1080 24p
Format son : Japonais DTS Master Audio mono
Sous-titres : Français
Durée : 1h35

Cannes 2017 : Les premières récompenses avant le palmarès

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Alors que le palmarès cannois se fait plus que désirer et qu’aucun pronostique ne permet à l’heure actuelle de donner un véritable favori pour la Palme d’Or, plusieurs prix viennent déjà d’être remis : Naomi Kawase, Robin Campillo, Agnès Varda, Taylor Sheridan… sont les premiers lauréats de ce 70e Festival de Cannes.

Le Grand Prix FIPRESCI est un prix de la presse internationale, composé d’environ 300 critiques à travers le monde. Cette année, ils ont récompensé 120 battements par minute de Robin Campillo. Dans la sélection Un Certain Regard, c’est Tesnota – Une vie à l’étroit qui a obtenu le prix. Enfin, A Fabrica de Nada de Pedro Pinho dans la section Quinzaine des Réalisateurs a été salué. L’an passé, c’est Toni Erdmann qui avait reçu ce prix dans la compétition officielle.

Le film de Robin Campillo a également obtenu la Queer Palm, un prix LGBT qui salue le traitement des thématiques altersexuelles (homosexuelles, bisexuelles ou transsexuelles) dans les films des différentes sections cannoises.

Le jury œcuménique a quant à lui tenu à récompenser Vers La Lumière de Naomi Kawase. Pour rappel le jury œcuménique est composé de chrétiens engagés dans le monde du cinéma (journalistes, réalisateurs, enseignants).

Le jury de journalistes de Cannes Soundtrack a récompensé Oneohtrix Point Never pour la B.O du film des frères Safdie, Good Time (Daniel Lopatin).

Plus anecdotique, la désormais très célèbre Palme Dog a été décerné au chien  Bruno, le chien de The Meyerowitz Stories, de Noah Baumbach  pour sa performance canine.

Le jury de L’œil d’or, le prix du documentaire présidé par Sandrine Bonnaire récompense Agnes Varda et JR pour leur film Visages Villages.

Cannes 2017 : Grand Prix Un Certain Regard pour Un Homme Intègre

Le film distribué par ARP conte l’histoire de Reza, installé en pleine nature avec sa femme et son fils. Il mène une vie retirée et se consacre à l’élevage de poissons d’eau douce. Une compagnie privée qui a des visées sur son terrain est prête à tout pour le contraindre à vendre. Mais peut-on lutter contre la corruption sans se salir les mains ?

Prix de la Meilleure interprétation pour l’actrice italienne Jasmine Trinca pour Fortunata

Prix de la Poésie du Cinéma pour le film d’ouverture Barbara de Matthieu Amalric

Prix de la Mise en Scène pour Wind River de Taylor Sheridan

Prix du Jury pour Les Filles d’Avril de Michel Franco

Et pour finir les notes données par la presse aux films en compétition par Screen.

La cérémonie de clôture du Festival de Cannes sera diffusée sur Canal+ et sur Dailymotion dès 19h ce dimanche 28 mai.

Peut-être que demain soir, certains de ses titres de la compétition officielle se retrouveront également dans le palmarès du jury présidé par Pedro Almodóvar.

Cannes 2017 : You Were Never Really Here, on la tient notre Palme d’Or !

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Le Festival de Cannes a décidé de nous mettre KO pour son dernier jour de la compétition. You Were Never Really Here est une magistrale leçon de cinéma et un thriller radical qu’on imagine pas repartir sans la Palme d’Or.

Synopsis : La fille d’un sénateur disparaît. Joe, un vétéran brutal et torturé, se lance à sa recherche. Confronté à un déferlement de vengeance et de corruption, il est entraîné malgré lui dans une spirale de violence…

You-Were-Never-Really-Here-Joaquin-Phoenix-film-festival-cannes2017Adapté d’une nouvelle de Jonathan Ames, You Were Never Really Here est le second film de Lynne Ramsay à être présent en compétition officielle, six ans après We Need to Talk About Kevin. Il semblerait que l’ombre de Martin Scorsese plane sur cette 70ème édition du Festival de Cannes. Déjà cité dans le Good Time des Frères Safdie, il est évident que You Were Never Really Here ne peut cacher ses similitudes narratives avec le Taxi Driver de Marty. Mais c’est bien le seul point commun qui les liera tant Lynne Ramsay revisite avec une singularité évidente le mythe du vengeur urbain, sous couvert d’une puissance conceptuelle inédite.

Avec sa barbe touffue, son air enragé à fleur de peau, et sa ressemblance troublante avec Mel Gibson, Joaquin Phoenix offre une performance remarquable en vétéran suicidaire à la carrure de molosse. Il incarne avec force ce personnage de Joe, pur produit de la folie des hommes. On ne l’avait jamais vu aussi émouvant et désespéré. Le montage du film est une merveille de découpages et de choix d’angles qui redéfinissent la représentation de la violence à l’écran. L’horreur se lit plus sur les visages qu’elle n’affronte frontalement et crûment nos rétines. Le traumatisme du personnage de Joe est représenté à travers des hallucinations, des cauchemars et des retours difficiles à la réalité. Dans certaines scènes, Lynne Ramsay entraîne son personnage dans des séquences oniriques symboliques qui nous rappellent aux grandes heures du sous-estimé Only God Forgives de Nicolas Winding Refn, qui avait aussi pour lui une volonté de renouveler la vision de la violence. Mais sous couvert de traiter ce récit somme toute linéaire, Lynne Ramsay explore en filigrane les fondements de la société américaine bâtie sur une violence inavouable mais acceptée. Dans une scène où Joaquin Phoenix a un ultime élan de compassion pour un homme à l’agonie qu’il vient froidement d’abattre, la cinéaste écossaise représente la compréhension d’une génération envers leurs aïeuls. On se rappelle que dans son précédent film, Lynne Ramsay faisait du lien maternel son sujet principal, elle en conserve ici la substance d’émotion nécessaire qui raccroche le personnage de Joaquin Phoenix à sa mère et, de fait, à ce qui lui reste d’humanité. C’est un lien dont il va devoir difficilement hériter lorsque, face à un déchaînement de violence, il ne lui restera plus qu’à se lancer dans une ultime quête pour sauver une jeune fille, trop tôt pervertie, qui semble être la seule raison de faire prospérer ce monde en déliquescence avec l’espoir de le rendre un peu plus meilleur.

En s’appropriant un matériau d’une simplicité évidente, Lynne Ramsay évite l’écueil du thriller vu et usé jusqu’à la moelle pour le réinventer en permanence, de la mise en scène sophistiquée à son propos d’une profondeur remarquable en passant par une représentation de la violence comme on n’en avait jamais vu. Pas de doute, You Were Never Really Here est d’une puissance et d’une maîtrise à toute épreuve. Il ne reste plus qu’à attendre dimanche pour voir si le jury de Pedro Almodóvar sera séduit par l’idée de faire de Lynne Ramsay, la seconde réalisatrice à obtenir la Palme d’Or.

[COMPÉTITION OFFICIELLE] You Were Never Really Here

Un film de Lynne Ramsay
Avec : Joaquin Phoenix, Ekaterina Samsonov, Alessandro Nivola, Alex Manette, John Doman
Distributeur : SND
Genre : Thriller, Drame
Durée : 1h 35
Date de sortie : Prochainement

Royaume-Uni – 2017

You Were Never Really Here : Bande-annonce

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Cannes Soundtrack Award 2017 : Le vintage de Oneohtrix Point Never

Il y a quelques jours, on vous parlait de Cannes Sountrack Award, l’évènement musical de la Croisette. Hier, les membres du jury se sont réunis afin de nommer le lauréat 2017 : Oneohtrix Point Never, un musicien expérimental.

oneohtrix-point-never-cannes-soundtrack

L’exploration technique et artistique aura une nouvelle fois séduit le jury de Cannes Soundtrack. En 2016, Cliff Martinez avait remporté l’Award grâce à sa B.O électro dans The Neon Demon. Visuellement proche de cette œuvre, Good Time, le thriller névrosé des frères Safdie, s’est imposé hier, comme le coup de coeur musical de l’année.

Synthétique et vintage, la musique de Daniel Lopatin alias Onehtrix Point Never est considérée comme « un miroir craquelé qui reflèterait les sons du passé ». Cet artiste est avant tout un créateur, qui puise son inspiration dans la simplicité des choses. Son pseudonyme, il le doit à une station de rock commercial du Massachusetts. Influencé par Julia Kristeva, Stanley Kubrick, et les cassettes de jazz-fusion qu’écoutait son père en voiture, Onehtrix Point Never est un artiste éclectique, à l’univers contemporain.

Ce musicien expérimental nous livre, au côté de l’icône rock par excellence, Iggy Pop, un duo virevoltant. La main sur le synthétiseur et la décomposition musicale commence. Dynamique, électrique et envoûtante, la bande-originale de Good Time provoque tout comme ce film, une profonde montée d’adrénaline.

La modernité musicale de Onehtrix Point Never a aujourd’hui un prix.

The Pure And The Damned : Bande-Originale de Good Time

https://www.youtube.com/watch?v=B9aXnPkRnIU

 

Cannes 2017 : Rencontre avec Nuwan Gams, le réalisateur de EndFinity

Dans le cadre du  Short Film Corner, le marché du court-métrage à Cannes, nous avons rencontré un jeune réalisateur dont le court-métrage expérimental, EndFinity, montre un univers visuel qui semble déjà bien marqué.

CineSeriesMag : Alors, Monsieur Gams, qu’est-ce qui vous amène dans cette belle ville de Cannes ?

Nuwan Gams : Je suis venu pour accompagner mon film EndFinity, qui a été pris au Short Film Corner, et c’était surtout l’occasion de voir découvrir l’ambiance de ce fameux Festival. Et même, pourquoi pas, rencontrer d’autres producteurs et réalisateurs pour me faire quelques contacts. C’est la première fois que je le fais, donc j’étais curieux en plus de vouloir présenter mon travail.

CineSeriesMag : Est-ce que, à quelques heures de la clôture, on peut dire que vous êtes satisfait ? Est-ce que vous avez l’impression que des gens influents ont vu et apprécié votre travail ?

Nuwan Gams : Non, pas du tout ! Peut-être que ça aura son effet après coup, mais pour l’instant j’ai juste l’impression de n’être qu’un parmi les plus de deux mille films sur le marché. Ce n’est pas facile de se démarquer, surtout qu’EndFinity reste un film un peu spécial. En plus d’être court, c’est très expérimental donc difficilement accessible. Je ne me fais pas d’idée, je sais que je n’ai pas créé le buzz à Cannes. On a quand même parlé avec quelques producteurs et créateurs mais rien de bien concret, ça reste du réseautage, mais c’est comme ça que ça marche.

CineSeriesMag : Du coup, dites-nous quelques mots de votre film en lui-même, pour essayer de le vendre à nos lecteurs qui l’auraient raté à Cannes.

Nuwan Gams : EndFinity, je ne le définis pas comme un film mais plus comme une expérience parce qu’il s’agit de mettre en scène des sentiments qui prennent corps. Le point de départ c’est Wendy, qui passe ses journées dans son appartement et dont les souffrances se matérialisent autour d’elle jusqu’à ce que son lieu de vie devienne un piège.

CineSeriesMag : On peut parler d’ « expérience sensorielle ». Vous avez eu des influences pour vous pousser dans cette voie ?

Nuwan Gams : Oui, clairement. Mes deux cinéastes fétiches sont David Fincher et John Carpenter. J’aime la façon qu’ils ont de nous plonger dans une atmosphère dès qu’on lance un de leurs films. Carpenter, il fait en plus la musique de ses films donc c’est tout un univers qu’il se crée. C’était ça qui me plaisait : Faire plus que des images et du son, créer une ambiance. Et d’ailleurs, ce que j’aime avec Carpenter, c’est que quand on réentend sa musique, on repense aux films. La vraie maitrise c’est de rendre les deux indissociables.

Cannes-2017-Nuwan-Gams-EndFinityCineSeriesMag : Vous signez aussi la musique de vos réalisations ?

Nuwan Gams : Je compose tout le temps, pour ne rien perdre de mon emprise sur ce que je filme. Je veux que ça apporte une certaine cohérence, une « patte », à mes œuvres. Parfois les pitchs de mes films, je les écris même parce que j’ai d’abord l’ambiance musicale dans la tête. C’est aussi possible dans l’autre sens, comme pour EndFinity justement.

CineSeriesMag : Comment vous êtes-vous lancé dans l’aventure EndFinity?

Nuwan Gams : Je n’aime pas rester inactif, mais je ne suis pas scénariste, je pense que ça se voit. Du coup j’avais envie depuis un certain temps de filmer, mettre en scène des émotions et éviter de passer par les dialogues pour les faire ressentir. Et puis, ça me parle cette thématique de la violence qu’on intériorise et des ressentiments qu’on ne peut pas exprimer. Je l’avais affleuré dans Fallen (que j’avais fait au cours de mes études)  mais je voulais le faire mieux, en y mettant plus de moyens, du coup j’ai pris un crédit pour assurer un minimum de qualité et réussir à intriguer ceux qui le verraient.

CineSeriesMag: Justement, parmi ce qui nous a le plus troublé, il y a ce plan de fin, en travelling arrière sur un œil qui revient sur Wendy ?

Nuwan Gams : Il a été un peu compliqué à faire ce plan, parce que, tel je l’avais imaginé, il aurait fallu le filmer à la grue, mais c’était hors de nos moyens. L’idée, c’était d’ouvrir en très gros plan, en mode macro, puis reculer, s’éloigner de son corps jusqu’à faire une boucle sur son œil et recommencer jusqu’à justifier le titre qui évoque une « fin infinie ». Je n’ai pu le faire qu’une seule fois en plusieurs fois, parce que faire des découpages, ça ne marchait pas. J’espère qu’on ressent quand même l’idée que cette femme est condamnée à revivre son calvaire.

CineSeriesMag : Et ce visuel très froid qui se dégage du court-métrage, c’est le résultat de la post-production ?

Nuwan Gams : Tout est réel, et c’est justement cette envie de faire du SFX, plutôt que du VFX, qui m’a couté un bras ! L’envie de base étant de rendre physiques des notions abstraites, et il n’y a rien de moins physique que des images numériques. Le plus cher ça a par exemple été de fabriquer un faux mur, pour ne pas trop endommager l’appartement qui nous servait de décors avec du faux sang. On a d’ailleurs bien fait d’en prévoir un deuxième puisque la première prise n’avait pas été une réussite. Si j’avais pu me le permettre, on en aurait même fait d’autres, un peu comme Kubrick et son plan de l’ascenseur dans Shining, jusqu’à ce que j’obtienne l’écoulement que je voulais. Le plan sous l’eau est vraiment sous l’eau, le plan à travers une serrure est vraiment à travers une serrure… tout est vrai.

CineSeriesMag : Vous étiez combien sur ce gros chantier ?

Nuwan Gams : Une quinzaine, avec les comédiens. Une équipe assez réduite mais juste ce qu’il fallait pour réussir à tourner sur deux jours. Ce qui manquait le plus c’était un chef décorateur, mais je n’en ai pas dans mes contacts, il a donc fallu que tout le monde soit un peu multitâche pour déplacer les éléments de décor. Le fameux mur, c’est mon chef opérateur qui l’a préparé par exemple. Avec des professionnels en déco, on aurait pu prendre le temps de faire quelques prises de plus, mais là c’était un cercle d’amis, les deux acteurs aussi, donc ce n’est pas eux qui m’ont couté cher et ils se sont même donné à fond pour mener à bien le projet, et je les en remercie parce que le fait qu’on ait dû chercher des astuces, ça nous a apporté à tous.

CineSeriesMag : Et, après Cannes, à quoi ressembleront vos prochains projets ?

Nuwan Gams : Dès je rentre à Paris, j’essaierai d’achever la préparation d’un petit court-métrage de tension horrifique. Ça s’appellerait Gouttes –c’était « LA goutte » à l’origine, mais ça évoquait la maladie, donc on l’a mis au pluriel.  Il est déjà bien entamé avec un bon dossier artistique autour du scénario, et on vient de profiter d’avoir pris du recul pour s’interroger sur le nombre de caméras à placer et l’ajout d’une séquence qui ajouterait en cohérence. C’est un court-métrage auquel je tiens puisqu’il ouvrirait vers un univers que j’ai développé où, pour faire simple, sont mêlé vivants et non-vivants dans un ensemble à la fois fantastique et réel. Ce sont les gars de Moody Productions qui me suivent qui m’ont poussé à faire, comme ça, une sorte de teasing en me disant que ça marcherait très bien en unitaire. Après, je ne peux pas encore trop en dire sur ce vers quoi ça a vocation à aboutir si ça marche. Et puis, il y a d’autres projets plus lointains que j’espère voir produits…

EndFinity : Trailer

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Cannes 2017 : Patti Cake$, film de clôture et la révélation de cette Quinzaine

Comme une réponse au feel-good chamarré et glamour qui a fait le succès de La La Land, Patti Cake$ vient nous rappeler que la musique, et par extension la comédie musicale, a aussi vocation à venir s’enraciner dans des réalités socialement moins reluisantes. Une claque!

Synopsis : Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’un « battle » sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial.

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Il ne faut plus de quelques plans pour ne pas se douter que Geremy Jasper a été un clippeur avant de se lancer dans la réalisation de son premier long-métrage. En cela, commencer son ouvrage par une scène onirique musicale risque de lui être attirer les foudres des nombreux spectateurs réfractaires à l’imagerie du hip-hop qui sortiront de son film avant même que ne soient posées les bases de la peinture sociale qui en fera le sel. Parce qu’il se situe dans les quartiers les moins glamours du New-Jersey, Patti Cake$ renoue avec la part de réalisme sociétal que la comédie musicale américaine a souvent eu tendance à délaisser ces dernières années (depuis Fame en 1980, il n’aura fallu compter que sur des biopics de rappeurs façon 8 Mile ou Straight Outta Compton). Entre son job de serveuse sans avenir et le poids des frais médicaux de sa grand-mère, Patricia ne semble pas disposée à s’en sortir. Même la façon qu’elle a de se réfugier dans ses rêves de rappeuse est rattrapée par l’image qu’elle a de sa mère, chanteuse ratée, devenue alcoolique dépravée. Le constat est d’une noirceur incontestable.

Le film pourrait donc être hautement déprimant s’il n’était pas porté par Danielle Macdonald, qui apporte toute son énergie au projet. Ses talents d’actrice mais aussi de slammeuse se mêlent pour donner au personnage de Patti cette force d’aller de l’avant. Dans la façon, pourtant relativement linéaire et prévisible, dont il est construit Patti Cake$ ne se transformera jamais en conte de fées qui verrait la jeune fille atteindre le statut de star et épouser son idole, mais il s’agit d’un combat intérieur qui la mène à dépasser ses propres complexes et à s’assumer telle qu’elle est. Et rien que pour ça, il s’inscrit comme un film important dans l’actuelle Amérique dont une partie donne trop souvent l’impression de se laisser mourir. Si on devait lui reprocher quelque chose, sans doute serait-ce la bienveillance avec laquelle Jasper filme ses personnages, réussissant à leur donner un charme qui n’est pourtant pas évident et ne rendant pas forcément tangible leur caractère asocial, ce qui peut ramener sa mise en scène vers cette forme de délicatesse qu’il semblait pourtant vouloir éviter en filmant le tout avec une photographie cradingue. Immanquablement, c’est la puissance de ses interprètes qui ramène chaque fois l’ensemble vers les limites sensibles entre drame social et comédie trash tout en assurant la qualité des scènes chantées. Assurément, le nom de Danielle Macdonald est un de ceux que l’on retiendra de cette Quinzaine des Réalisateurs !

[QUINZAINE DES REALISATEURS] Patti Cake$

Un film de Geremy Jasper
Avec Danielle Macdonald, Bridget Everett, Siddharth Dhananjay
Distributeur : Diaphana
Durée : 108 minutes
Genre : Comédie musicale
Date de sortie : 30 août 2017

États-Unis – 2017

Patti Cake$ : Bande-annonce

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Festival de Cannes 2017 : le palmarès de la Cinéfondation dévoilé

Présidé par Cristian Mungiu (réalisateur de Baccalauréat), le jury de la Cinéfondation et des courts métrages a dévoilé son palmarès.

Et les primés sont :

Premier Prix : Paul est là de Valentina Maurel (INSAS, Belgique)

Synopsis : Paul est là. Comme un retour en arrière, comme un fantôme qui sonne à la porte. Jeanne doit l’héberger, le laisser s’installer quelques jours. Il est là, mais ni Jeanne ni lui ne savent très bien pourquoi.

Deuxième Prix : Heyvan (AniMal) de Bahram & Bahman Ark (Iranian National School of Cinema, Iran)

Synopsis : Un homme qui souhaite traverser la frontière chasse un bélier et décide de s’enfuir déguisé en cet animal.

Troisième Prix : Deux égarés sont morts de Tommaso Usberti (La Fémis, France)

Synopsis : Dans un paysage sauvage, Vera et Matteo vivent leur premier rendez-vous d’amour. Le père de la fille les surprend…

Créée en 1998, la Cinéfondation a pour objectif de préparer une nouvelle génération de cinéastes et de dénicher de nouveaux talents. Les prix ont été remis lors d’une cérémonie salle Buñuel, suivie de la projection des films primés. Cette année le jury présidé par «l’examinateur rêvé pour faire passer le bac du Festival !» selon Gilles Jacob, était composé de Clotilde Hesme, Athina Rachel Tsangari, Barry Jenkins et Eric Khoo.

Les trois gagnants de cette compétition ont été sélectionnés parmi 2 600 candidats en provenance de 626 écoles de cinéma. Les gagnants des courts primés reçoivent respectivement pour le premier prix 15 000 €,  et  l’assurance que son premier long métrage sera présenté au Festival de Cannes, le deuxième 11 250 € et le troisième 7 500 €.

Les films primés de cette année seront projetés au Cinéma du Panthéon le 30 mai à 19 heures et la totalité de la Sélection sera reprise à la Cinémathèque française les 31 mai et 1er juin.

 

 

Cannes 2017 : Directions, film à sketchs sur une Bulgarie en colère

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A travers six récits ayant pour particularité de se dérouler dans un taxi, Stephan Komandarev dresse un portrait critique de la société bulgare actuelle.

Synopsis : Lors d’un rendez-vous avec son banquier, le propriétaire d’une petite entreprise, qui fait le taxi pour joindre les deux bouts, découvre que le pot-de-vin qu’il aura à payer pour obtenir un prêt a doublé. Le conseil d’éthique qui a examiné sa plainte pour chantage demande maintenant sa part. Ne sachant plus à quel saint se vouer, ce propriétaire tue le banquier et se suicide. Cet incident suscite un débat national à la radio sur le désespoir qui règne dans la société civile. Entre-temps, cinq chauffeurs de taxi et leurs passagers se déplacent dans la nuit, chacun dans l’espoir de trouver un chemin plus clair pour aller de l’avant.

Directions-un-certain-regard-film-selection-festival-cannes2017D’une droiture et d’une éthique remarquable, un honnête père de famille chauffeur de taxi est poussé à bout par la corruption bulgare et pète littéralement les plombs en assassinant un banquier avant de se tuer. Cette tragédie est le point de départ d’une vraie situation de crise sociale en Bulgarie. Le réalisateur Stephan Komandarev explique que la genèse du film a été entreprise lorsqu’il a appris lors d’une course en taxi que son chauffeur était un ancien professeur en physique nucléaire et que celui-ci n’avait pas eu d’autres choix que d’exercer cette activité pour survivre. Car il n’y a bien que le tourisme qui semble faire tourner un tant-soi peu la mécanique du pays. Directions est donc un film choral avec pour point commun, l’habitacle d’un taxi. Mais sur le plan formel, le film va encore plus loin puisque chacun des six récits est tourné comme un plan-séquence dont la maîtrise est à saluer pour un cinéma bulgare que l’on n’a pas l’habitude de voir aussi audacieux. Comme tout film à sketchs, certains manquent d’impact par rapport à d’autres plus impliqués, plus drôles, plus bouleversants. Le passé communiste, la religion, l’émigration des cerveaux, l’absence d’avenir pour les jeunes générations ou la corruption, tout ce qui semble avoir contribué aux inégalités sociales et à la faillite de la Bulgarie en prennent ainsi pour leur grade. Stephan Komandarev donne une matière incroyable et honnête à la compréhension de la réalité bulgare actuelle. Et en soi, le cinéaste offre un certain regard d’une honorable qualité. 

[UN CERTAIN REGARD] Directions

Un film de Stephan Komandarev
Avec Vassil Vassilev, Assen Blatechki, Troyan Gogov
Distributeur : /
Durée : 1h43
Genre : Drame
Date de sortie : /

Bulgarie, Allemagne, Macédoine – 2017

Directions : Bande-annonce

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Cannes 2017 : Prix SACD ex-æquo pour Claire Denis et Philippe Garrel à la Quinzaine des Réalisateurs

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Découvrez le palmarès complet des partenaires de la sélection Quinzaine des Réalisateurs 2017.

quinzaine-des-realisateurs-cannes-2015La Quinzaine des Réalisateurs n’est pas une section compétitive. Néanmoins les partenaires de la sélection peuvent remettre des prix. Ainsi, Claire Denis et Philippe Garrel ont obtenu ex-æquo l’honorable Prix SACD pour leurs films respectifs, Un beau soleil intérieur & L’Amant d’un jour. Porteur d’une très bonne réception lors de sa projection, The Rider de Chloé Zhao remporte quant à lui le Prix Art Cinema Award. La cinéaste chinoise était présente pour la deuxième fois à la Quinzaine après avoir présenté Les chansons que mes frères m’ont apprises en 2015.

Palmarès complet des partenaires de la Quinzaine des Réalisateurs 2017 :

Prix SACD ex-æquo: Un beau soleil intérieur de Claire Denis et L’Amant d’un Jour de Philippe Garrel

Label Europa Cinema : A Ciambra de Jonas Carpignano

Prix Art Cinema Award : The Rider de Chloé Zhao

Prix Illy du court métrage : Retour à Genoa City de Benoit Grimalt

En 2016, c’est L’Effet aquatique de Sólveig Anspach et Divines de Houda Benyamina qui avait été distingué.

Plus d’informations : http://www.quinzaine-realisateurs.com/