En deux saisons de 13 épisodes chacune, Jessica Jones laisse une empreinte toute personnelle dans l’univers Marvel. Humour, mélancolie, interrogations morales et subtilité psychologique : c’est avec plaisir que la série nous plonge dans un univers de film noir à travers son personnage de détective privée blasée.
Ce qui est intéressant, quand on regarde l’ensemble des séries Marvel, c’est que toutes se déroulent dans la même ville mais chacun dans un quartier différent, et que ce quartier offre à chaque série une coloration, une identité propre : le noir et rouge de la violence de Hell’s Kitchen pour Daredevil, ou le jaune chaleureux d’un Harlem idéalisé pour Luke Cage, par exemple. De même, chaque série se rapporte à un genre particulier : les arts martiaux, la Blaxploitation, etc.

Jessica Jones, quant à elle, fait directement référence aux films noirs. Son personnage de détective privé blasé et alcoolique, l’emploi de la voix off et les questions sur la morale, tout contribue à renforcer cette appartenance à ce genre si particulier.
Donc, Jessica Jones, c’est avant tout un personnage. Détective privée qui en a marre des sempiternelles histoires d’adultère, elle est habituée à fréquenter les bas-fonds, que ce soit sur ordre des clients ou pour chasser son cafard à coups de whisky. Finalement, de tous les personnages des séries Marvel, elle est celle chez qui les pouvoirs restent les plus discrets. Elle a une force surhumaine, certes, mais la plupart du temps ça lui sert à briser des cadenas ou à sauter du cinquième étage sans une égratignure. Ici, pas de combats impressionnants, mais surtout des conflits psychologiques.
Conflits qui se déroulent surtout dans le for intérieur de la protagoniste. Les deux saisons nous montrent Jessica Jones en prise directe avec son passé. « Mon passé est en train de faire des morts », dira-t-elle dans la saison 2. Et cette résurgence du passé va amener la détective à se confronter directement à ses traumatismes.

Sur ce canevas de base, les deux saisons ont l’intelligence de partir dans deux directions très différentes. La première saison est un face-à-face, un affrontement au sommet entre deux personnages dotés de pouvoirs. Jessica Jones se retrouve face à Kilgrave, un homme qui a la capacité de contrôler les personnes autour de lui, y compris contre leur volonté. Il peut obtenir tout ce qu’il veut de tout le monde. Cela donne d’ailleurs des scènes impressionnantes, en particulier dans un commissariat (une des scènes les plus marquantes de la série). Le choix de David Tennant pour tenir le rôle de l’Homme Pourpre est idéal : le comédien britannique confère au personnage une sorte d’instabilité mentale qui en fait un danger permanent. On sent, à chaque instant, qu’il est capable du pire.
La deuxième saison part dans une direction très différente. Jessica Jones est à nouveau confrontée à son passé, mais cette fois-ci dans le cadre d’une enquête. L’énigme de ses pouvoirs remonte au grand jour. 17 ans plus tôt, suite à l’accident de voiture qui a décimé sa famille et a failli lui coûter la vie, la jeune Jessica a disparu pendant une vingtaine de jours. Déclarée morte, elle n’est admise officiellement à l’hôpital que 20 jours plus tard, et en ressort avec ses pouvoirs. La saison 2 part donc sur un mystère.
Dans les deux cas, Jessica doit affronter un traumatisme. Ancienne victime de Kilgrave, ancienne victime d’expériences interdites dans un laboratoire secret, ces deux enquêtes vont réveiller des douleurs enfouies et, en même temps, expliquer les malaises persistants de Jessica Jones. Et la détective est tiraillée entre deux attitudes : la confrontation ou la fuite. C’est là que la morale entre en ligne de compte.
Cette question morale, typique des films noirs, a une grande place dans la série. « Jusqu’où faut-il aller pour aller trop loin ? Et est-il possible de revenir en arrière ? » se demande Jessica. La saison 2, en particulier, nous montre une détective traumatisée par le mal qu’elle peut faire autour d’elle. Et si, pour résoudre une enquête, il fallait tuer quelqu’un ? Et si cette mort n’est pas évitable, est-elle pour autant justifiée ? Empêche-t-elle pour autant la mémoire du crime de revenir sans cesse dans les cauchemars ?

A l’opposé de Luke Cage (un des personnages secondaires de la saison 1) qui obtient une reconnaissance de la rue en tant que super-héros et qui n’hésite pas un instant à assumer publiquement ce statut, Jessica Jones n’est pas une super-héroïne. Être dotée de ces pouvoirs apparaît bien plus souvent comme une malédiction que comme une bénédiction. Elle est rendue responsable de tout ce qui va mal autour d’elle, on la blâme quand elle n’agit pas, elle est perçue comme un monstre (y compris par elle-même) et, par-dessus tout, cela pourrit sa relation avec sa « sœur » Trish, jalouse de ces pouvoirs.
D’ailleurs, dans Jessica Jones, il n’est pas question que des pouvoirs de la détective. La série nous propose différents personnages de femmes au pouvoir. Pouvoir médiatique avec Trish, pouvoir judiciaire avec Jeri Hogarth, etc. Des femmes de pouvoir, et des hommes qui essaient bien souvent de leur mettre des bâtons dans les roues : la série n’élude pas les questions politiques, qui sont traitées avec assez de finesse pour ne pas être caricaturées.
La saison 2 est clairement divisée en deux parties, séparées par un épisode pivot, le n°7, qui se déroule en flashback. La seconde moitié, radicalement différente de la première, traîne un peu en longueur. C’est peut-être là le seul vrai défaut de la série : les deux saisons sont un peu trop longues. Jessica Jones souffre de ce que l’on pourrait appeler « le dogme des 13 épisodes » : mise à part The Defenders, les autres séries Marvel se composent systématiquement de saisons de 13 épisodes, quitte, hélas, à étirer outre mesure l’intrigue et à combler les vides avec des arcs narratifs secondaires pas toujours passionnants. C’est déjà le cas vers la fin de la première saison, et cela se répète dans la seconde moitié de la deuxième saison.
Mais, dans l’ensemble, Jessica Jones constitue une série vraiment intéressante. Son personnage principal (interprété par une excellente Krysten Ritter, absolument idéale en héroïne à la fois cool et blasée) est un des meilleurs super-héros de l’univers des séries Marvel ; cela saute aux yeux dans The Defenders, où Jessica apporte sa touche d’humour indispensable dans un monde qui, sans elle, serait beaucoup trop sérieux. Jessica Jones, avec ses punchlines (« Si tu me sors qu’avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités, je te jure, je te gerbe dessus »), son amère mélancolie, son ambiance de film noir, constitue un des meilleurs divertissements parmi les séries Marvel.

Synopsis de la saison 1 : la détective privée Jessica Jones, de l’agence Alias, est engagée par un couple de parents qui veulent retrouver leur fille Hope Shlottman. Elle découvre alors que la jeune fille est sous l’emprise de Kilgrave.
Jessica Jones : bande-annonce
Jessica Jones : fiche technique
Créatrice : Melissa Rosenberg
Réalisation : John Dahl, Jennifer Lynch, Uta Briesewitz…
Scénario : Melissa Rosenberg, Brian Michael Bendis, Michael Gaydos…
Interprètes : Krysten Ritter (Jessica Jones), Rachael Taylor (Trish Walker), Eka Darville (Malcolm Ducasse), Carrie-Anne Moss (Jeri Hogarth), David Tennant (Kilgrave), Janet McTeer (Alisa).
Musique : Sean Callery
Photographie : Manuel Billeter
Montage : Michael N. Knue, Jonathan Chibnall
Production : Tim Iacofano
Sociétés de production : ABC Studios, Marvel Studios, Tall Girl Productions
Société de distribution : Netflix
Date de diffusion (saison 1) : 20 novembre 2015
Genre : drame, fantastique
Nombre d’épisodes : 2X13
Durée d’un épisode : environ 50 minutes
Etats-Unis- 2015




Les premières minutes du film nous plongent d’emblée dans une ambiance de mystère qui restera un des points forts d’Annihilation. Léna (Natalie Portman) est interrogée par un homme en combinaison NBC dans une chambre d’isolement, et elle ne peut pas répondre aux questions qu’on lui pose. Pourquoi elle a disparu pendant 4 mois alors que, pour elle, seules 2 semaines se sont écoulées ? Pourquoi elle ne se souvient pas d’avoir mangé ? Où ont disparu les autres personnes qui l’accompagnaient ?
Dire que Alex Garland était attendu au tournant est un euphémisme, après le beau petit succès que fut Ex Machina. À cela s’ajoute les premières images prometteuses de Annihilation, le tout couplé à un pitch des plus énigmatiques. Si le deuxième essai du Britannique arrive à faire illusion quelques instants avec cette ONG au but mystérieux ou encore cet inattendu retour du mari perdu, l’esbroufe va très vite prendre le dessus. Cela se manifeste dès la mise en place du monde appelé le Miroitement. Un monde où tout être vivant semble pris dans un cycle de mutation et de mélange permanent, où l’ADN se réfracte (oui, oui , vous avez bien entendu, l’ADN a les propriétés d’une onde et peut se réfracter), les crocodiles se voient affublés d’une dentition de requin, les ours se mettent à pousser des cris de femmes en détresse ou les plantes développent un certain anthropomorphisme. Plus aucune règle scientifique ne semble être en vigueur et le pire, c’est qu’une biologiste soi-disant émérite comme le personnage de Lena incarnée par
De la course poursuite du T-Rex, des punchlines de Ian Malcolm ou du cache-cache avec des Raptor, Jurassic Park aligne les moments cultes comme si chaque réplique et chaque scène avaient conscience de l’impact qu’elles allaient avoir sur la culture populaire. En somme, un film qui se sait déjà culte avant de l’être. Plus qu’un spectacle émerveillant qui atteint une maîtrise totale de ses effets spéciaux, le long métrage façonna toute une décennie de cinéma de divertissement. Aujourd’hui, les technologies du 7ème art permettent de tout représenter mais manquent sévèrement de cœur. Et c’est ici qu’on trouve un des premiers parallèles entre Jurassic Park et l’histoire du cinéma. Dans le film, Hammond est un riche entrepreneur qui décide de réaliser l’impossible : insuffler la vie à des dinosaures. La création de ce parc est motivée par un fantasme capricieux mais surtout par un appât du gain. Comment ne pas faire la comparaison avec des blockbusters sans âme qui alignent tout de même les prouesses techniques ?
Plus loin qu’un constat anticipateur sur le cinéma, Jurassic Park propose surtout une réflexion sur l’ego terrible de l’homme et son désir excessif de vouloir contrôler la nature. Les dinosaures sont alors le symbole d’une faune que l’homme n’aurait jamais dû rencontrer. Le film ne raconte pas des monstres qui vont attaquer injustement des pauvres humains mais décrit des forces animales incontrôlables qui vont s’approprier un territoire acquis par l’homme. Les véritables vilains de l’histoire sont l’équipe de scientifiques qui ont voulu jouer aux dieux. Ainsi tous les hommes s’appropriant la nature seront punis durant le film. Dieu crée les dinosaures. Dieu détruit les dinosaures. Dieu crée l’Homme. L’Homme détruit Dieu. L’Homme crée les dinosaures.. Les Raptor et le T-Rex restent évidemment des créatures terrifiantes mais comment traiter de méchants des animaux qui ne font que reproduire le règne animal ? Le propos animaliste de Jurassic Park a cependant véritablement évolué dans la suite de la saga. Pour essayer de comprendre la direction qu’a prise la franchise, il faut désormais s’intéresser au Monde Perdu. Second volet sorti en 1997, Le Monde Perdu est un projet qui n’a jamais vraiment passionné Spielberg. Se sentant coupable de n’avoir jamais donné de suite à E.T, le réalisateur pensait qu’il devient bien à son public une suite au succès colossal de Jurassic Park. De l’autre côté, il sortait du tournage extrêmement éprouvant de
Dans ce second opus, Ian Malcolm se retrouve plus ou moins obligé d’aller dans une île voisine à Isla Nubar pour accompagner une nouvelle expédition auprès des dinosaures. De » capitaliste à naturaliste » Hammond aurait appris de ses erreurs et prétend simplement vouloir se documenter sur les créatures. Au casting, exit la fausse famille au cœur du premier film et bienvenue à un nouveau casting où seuls Attenborough et Goldblum ont rempilé. La fille de Malcolm s’invite au voyage, et son ex, interprétée par Julian Moore, est également présente. Le trio permet d’imposer une dynamique familiale agréable au milieu des militaires d’Ingen. Car comme on pouvait s’y attendre, l’expédition n’était finalement pas pavée de bonnes intentions. Ingen compte en réalité évacuer les dinosaures pour les amener dans un nouveau parc d’attractions sur le continent. Et à travers ce point continue la métaphore liée au cinéma et à l’histoire de la saga elle-même. La volonté d’Ingen d’étendre le parc fait écho à celle des producteurs de franchiser le premier film à travers de nombreuses suites et produits dérivés. Quant au message naturaliste du premier opus, la suite s’avère plutôt fidèle et dresse un portrait peu reluisant des militaires et grandes firmes prêts à piller les ressources de la planète pour des motivations lucratives et obscures. Le film va d’ailleurs plus loin en traitant les dinosaures comme des animaux rares qui n’ont rien à faire dans des zoos. Se fait alors très facilement un parallèle avec les parcs aquatiques où des orques et dauphins sont confinés dans de tous petits espaces. Malheureusement malgré une mise en scène efficace, Spielberg n’arrive pas à faire retrouver au spectateur l’extase qu’il pouvait ressentir durant Jurassic Park. Si dans le premier opus les dinosaures étaient iconisés à chaque apparition, ils sont presque filmés comme des non-évenements dans Le Monde Perdu. Le film va même dans la surenchère en doublant le nombre de T-Rex, créature emblématique de la saga. Le long-métrage détient quand même des scènes spectaculaires comme l’attaque des Raptor en hautes herbes ou la sortie du T-Rex dans San Diego.
Aujourd’hui que reste t-il de l’œuvre de Spielberg ? Jurassic Park 3 sort sur les écrans en 2001. Au tout début, le film devait parler du personnage d’Alan Grant qui serait resté caché sur l’île pendant des années. L’idée fut abandonnée. Ensuite le projet passa par de nombreuses ré-écritures et Spielberg abandonna le poste de réalisateur et laisse la place à Joe Johnston, papa de Jumanji. Le tournage du film connaîtra de nombreux désagréments dont l’hospitalisation d’un cascadeur et des gros désaccords au niveau du script. Le long-métrage abandonne totalement la réflexion autour de l’éthique, de la science et de la nature au profit d’un film d’action pur. De ce fait, les dinosaures deviennent de simples monstres qui sont là pour servir les rebondissements du scénario. Pour donner un coup de jeune à la franchise, le T-Rex est remplacé par un Spinosaure jusque dans le logo du film. L’accueil critique est très mitigé pour un film qui n’aurait surement jamais dû exister. La saga connaîtra une suite quatorze ans plus tard avec la mise en chantier de Jurassic World qui ignore les événements du dernier film.
Sorti au cinéma en 2015 et se déroulant une vingtaine d’années après les premiers films, Jurassic World connaît un succès commercial monumental. Réalisé par Colin Trevorrow, le long métrage n’échappe pas au fan-service et propose une réflexion méta sur la franchise. Représentation des fans de la saga, le personnage de Jake Johnson collectionne tous les goodies dérivées de l’univers et clame qu’aujourd’hui plus personne n’est impressionné par les dinosaures et qu’il faut donc surenchérir. Dans le film, le premier dinosaure (terrible Indominus Rex) créé entièrement par l’homme se présente comme plus grand, plus dangereux, plus fort, plus vicieux que tous ses prédécesseurs. Cela fait écho au film lui-même en disposant de toutes les nouvelles technologies du cinéma pour essayer d’émerveiller le spectateur dans un cinéma où les effets spéciaux ne surprennent plus. Là, le film se tire une balle dans le pied. Jurassic World est très formaté et joue sans cesse sur la nostalgie mais n’arrive jamais à capturer l’esprit du premier opus. Le long métrage est devenu ce que critiquait Jurassic Park : un spectacle certes bluffant mais dénué d’âme et motivé par l’appât du gain. Réalisé par Bayona, la suite (selon les bandes-annonces) devrait considérer les dinosaures comme des créatures horrifiques mais conserverait un propos animaliste avec notamment une intrigue sur la militarisation des dinosaures. Dans Jurassic World, le scientifique Henry Wu dit : » Vous n’avez pas demandé du réalisme, vous avez demandé plus de dents « . Alors pour la suite, on demande moins de dents et un peu plus de cœur.
Mais Il faut sauver le soldat Ryan n’est pas seulement un film de guerre ou du moins Spielberg aborde bien d’autres thèmes à travers ce sujet. Les intermèdes calmes où l’art renforce les liens entre les soldats amènent un peu d’air dans tout ce drame. À travers les chansons d’Edith Piaf ou grâce à leurs dialogues où chacun raconte des fragments de vie, le réalisateur ne se contente pas de dépeindre le côté dramatique de la guerre mais de livrer l’humanité persistante dans ces atrocités. C’est rarement l’aspect guerrier et enragé qui prend le dessus mais bel et bien la loyauté, le respect de la hiérarchie et la sensibilité des soldats. Les émotions de la guerre sont vraiment livrées devant le spectateur dans les deux camps : le soldat allemand refuse de tuer Upham et les américains ne cèdent pas à la vengeance quand ils en avaient l’occasion. Le patriotisme que l’on pourrait reprocher au film peut aussi être perçu comme un bel hommage aux américains morts pour servir leur pays.
A partir de là, on verra peu ces créatures assoiffées de sang, si souvent représentées dans les films et les séries. Quelques plans sur le dehors, un bout de rue hanté par des silhouettes désincarnées, voilà plus ou moins à quoi se résument les zombies, dans ce film singulier qui préfère assister à la métamorphose d’un homme ordinaire propulsé dans l’extra-ordinaire. Comment survivre, dans un monde où il ne reste plus rien ? Pris au piège d’un immeuble haussmannien, le héros, Sam, s’organise méthodiquement. Il nettoie sa surface habitable, et part bientôt en expédition, en quête de vivres, sans jamais quitter le lotissement dans lequel il est bloqué, se contentant de faire des repérages et de s’introduire chez les gens, de pénétrer dans leurs vies, dont il ne reste que des souvenirs. C’est ici que La Nuit a dévoré le Monde devient intéressant : on est coincé, seul face à un héros condamné à vivre avec lui-même. On le verra revivre les traumatismes de son enfance, faire de l’exercice, rationner ses quantités, parler à un zombie pour ne pas sombrer, créer aussi, et perdre pied. Il fouillera chez les autres comme il fouillera en lui, et comme lui, le public entre par effraction dans l’intimité d’un homme.
sins d’en face), à l’aide de jumelles ou encore d’un appareil photo qui capture des clichés personnels, pris en cachette, sur le vif, à l’insu de. L’altérité devient vite une forme d’intrusion à part entière, et on se sent parfois de trop, quand le protagoniste se laisse aller à l’émotion ou la démence, à la colère ou bien même à la créativité (quand il compose des morceaux de musique en enregistrant les sons du quotidien, par exemple). On se sent en trop, dans ce film. C’est rare et perturbant.