PIFFF 2018 : Présentation de la programmation

Pour sa huitième année, le Paris International Fantastic Film Festival (PIFFF) va coloniser la salle du Max Linder Panorama du 4 au 9 décembre pour nous offrir une semaine remplie de cinéma de genre venu des 4 coins du monde. À cette occasion, LeMagduCiné va y faire un petit crochet le temps du week-end, histoire de voir ce que les programmateurs nous ont concoctés. Mais avant ça, il est temps de faire un petit point sur la sélection de cette édition 2018.

Au contraire de l’autre festival de genre de la capitale, L’Étrange Festival, le PIFFF préfère miser sur la qualité que la quantité. En résulte, une programmation de 24 longs-métrages, choisi avec soin par Fausto Fasulo, le rédacteur en chef de Mad Movies, et son équipe. Ces 24 films sont répartis dans 3 grandes catégories : la compétition, les films hors-compétition et les séances cultes. 8 films vont donc s’affronter pour tenter de repartir avec l’Oeil de d’or et succéder au mexicain Tigers are not afraid, heureux lauréat de l’édition 2017. Parmi ces 8 films, quelques uns ont déjà pu être vus dans d’autre festival, et notamment lors du FEFFS que l’on avait couvert au mois de septembre. C’est le cas du très bon Piercing de Nicolas Pesce, oeuvre ultra-stylisée renvoyant à tout un pan du cinéma des 70’s, et notamment le giallo. Une adaptation d’une œuvre de Ryu Murakami où le SM joue une place prépondérante. À ses côtés, Terrified avait provoqué son petit effet lors des séances de minuit du festival strasbourgeois, avec son concentré de terreur venu d’Argentine. Plusieurs premières françaises auront également lieu au cours de cette compétition. On retrouvera par exemple l’anglais Await Further Instructions où une famille se retrouve piégé dans la maison de famille au cours d’un repas de Noël qui va définitivement mal tourné. Un film dont le postulat renvoie à la série à succès Black Mirror. L’Europe sera aussi représenté par la Suède avec The Unthinkable, réalisé par un collectif de 5 amis cinéphiles répondant au doux nom de Crazy Pictures. L’occasion de nous emmener en voyage dans un Stockholm traumatisé par une attaque terroriste où l’on suivra une famille marquée de manière très différente. Petit cocorico pour terminer sur la compétition avec pas moins de 3 films français présents cette année. On commence par la production franco-marocaine, Achoura réalisé par Talal Selhami, un habitué du PIFFFcast, le podcast géré par l’équipe du festival. Le cinéaste nous apporte un long-métrage aux allures de Ça, où un groupe de gamin s’amuse à se faire peur dans une vieille bâtisse lorsque l’un d’eux disparaît, avant de réapparaître plus de 25 ans après. Dans un autre registre, le spécialiste des effets spéciaux Olivier Alfonso signe sa première réalisation avec Girls with Balls, qui suit une équipe féminine de volleyball aux prises avec des paysans consanguins. Un pitch qui promet une certaine générosité dans les effets gores. Pour finir, après plusieurs courts-métrages et un moyen-métrage ayant fait sensation dans plusieurs festivals, Quarxx viendra présenté son premier long, Tous les dieux du ciel, qui annonce une proposition de cinéma très singulière.

Du côté des films hors-compétitions, le festival s’ouvrira sur le très attendu Assassination Nation. Le film de Sam Levinson, fils de Barry, nous emmène dans une chasse aux sorcières 2.0, où quatre jeunes filles se retrouvent être pris pour cible après qu’un hacker ait piraté les données de toute la ville. La clôture mettra à l’honneur un autre film dont la bande-annonce a fait sensation et dont on attend impatiemment la sortie en 2019, Sorry to Bother you du musicien Boots Riley. Une dystopie militante vendue par l’équipe du festival comme un mélange de Idiocracy et Spike Lee avec Lakeith Stanfield et Tessa Thompson en tête d’affiche. En ce qui concerne, les autres films hors-compet, on retrouvera la survival féministe What keeps you alive, déjà vu au FEFFS, ainsi que trois films nippons. Trois films diamétralement différents allant du yakuza-eiga avec The Blood of the Wolves au film de zombie méta avec Ne coupez pas!. Ce sera également l’occasion de voir le retour du cinéaste punk Sogo Ishii avec Punk Samurai Slash Down dont le titre annonce à lui tout seul la couleur. L’Inde sera pour la première à l’honneur avec The Man who feels no pain, une variante déjantée du vigilante movie. Avec We, on se retrouve avec un film renvoyant directement à des œuvres comme Spetters de Paul Verhoven, un film néerlandais mettant en avant une jeunesse de tous les excès. Parmi les auteurs confirmés, on retrouvera l’anglais Peter Strickland ayant déjà fait sensation avec son cinéma raffiné dans The Duke of Burgundy, qui embrasse le fantastique cette fois-ci de manière frontale avec In Fabric, qui raconte l’histoire d’une robe maudite. Enfin, l’un des films les plus attendus de cette édition est sans aucun doute, Lords of Chaos, l’adaptation du best-seller éponyme retraçant l’ascension de la scène black metal norvégienne dans les années 90 et notamment des grandes figures Euronymous et Varg Vikernes et tout les incidents qui vont en découler.

On finit sur les cinq séances cultes qui, plutôt que de mettre en avant les sempiternelles classiques de l’horreur , permettront de revoir plusieurs œuvres injustement oubliés. Pour ce qui est de la séance élèves, c’est L’Homme qui rétrécit du tandem Arnold/Matheson qui a été choisi. Dans le reste de la sélection, ça sera l’occasion de revoir le mal-aimé Halloween 3 : Le cri du sorcier, seul volet de la saga où Michael Myers n’apparaît pas mais qui a su se forger un petit cercle d’adorateurs après avoir subit un bide retentissant à sa sortie. Dans la même catégorie des films peu mis en lumière, on a l’excellent western cannibale Vorace d’Antonia Bird, un film de studio ahurissant avec un Robert Carlyle dans son meilleur rôle. L’Australie sera quant à elle mis sur le devant de la scène avec un chef d’œuvre de l’ozploitation, Next of Kin, lui aussi devenu assez rare. Cette 8ème édition sera également le moment de redécouvrir l’un des plus grands films de serial killers de l’histoire du 7ème art, Maniac de William Lustig. Tout ce programme de long-métrages sera accompagné par deux compétitions de courts-métrages francophone et internationale, où l’on retrouvera dans le jury, le scénariste Balak, le musicien Toxic Avenger, les réalisateurs Olivier Abbou et Julien Maury ainsi que l’actrice Julie Gayet.

Une programmation alléchante que vous pouvez retrouver de manière complète sur le site du PIFFF ainsi que le planning des séances. N’hésitez pas non plus à écouter le PIFFFcast consacré à cette édition où l’équipe revient en détail et sans spoiler sur l’intégralité de la sélection.

Programmation complète sur le site du PIFFF

Épisode du PIFFFcast revenant sur l’intégralité de la sélection.

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.