Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.
Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.
Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.
Du 13 au 22 septembre a eu lieu la 12ème édition du FEFFS qui nous a encore une fois proposé une sélection hétéroclite avec au programme une robe tueuse dans In Fabric de Peter Strickland, une chambre exauçant les souhaits avec The Room de Christian Volckman, une satire loufoque des suburbs appelée Greener Grass, ainsi qu'un retour râté de la part de Lucky Mckee avec Kindred Spirits.
Le Festival de Deauville 2019 a mis à l’honneur toute la richesse du cinéma indépendant américain. Une vision ancrée dans l’Amérique profonde, abordant des thèmes frappants comme la drogue, le racisme, la maladie et les marginaux. Un art innovant qui n'hésite pas à prendre des risques, loin des traditionnels blockbusters hollywoodiens. Une vision féministe enfin, avec un grand choix de films réalisés par des femmes et reposant sur des héroïnes féminines.
Entre le palmarès étonnant, la nouvelle réalisation de Bertrand Mandico mais surtout le formidable True History of the Kelly Gang de Justin Kurzel, l’Étrange Festival s'est offert une très grande clôture.
Avant le palmarès et la clôture de l’Étrange Festival, il est temps de porter un regard sur quelques étonnants films qui même s'ils ne sont pas tous des réussites, bénéficient de singuliers points de vue.
Pour cette nouvelle brochette de films, l’Étrange Festival apporte divers regards sur le drame humain dans tous ses aspects et affirme ses thématiques autour d'une masculinité toxique.
On continue les découvertes à l’Étrange Festival avec le survival minimaliste The Boat, le superbe home invasion Furie et le paresseux The Wretched, un film d'horreur folklorique américain.
Pour le deuxième jour, l’Étrange Festival joue la carte de la fresque historique avec Shadow suivi du drame Monos et le film d'horreur Vivarium avec Imogen Poots et Jesse Eisenberg.
Au programme de l'ouverture des 25 ans de l’Étrange Festival, une série Z XXL où démons et applications de smartphone font bon ménage, et l'errance tourmentée d'une jeune artiste en panne d'inspiration qui s'enfonce dans la noirceur d'un L.A. nocturne.
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.
« Johannes de Eyck fuit hic 1434… » « La phrase est doublement ambiguë. Elle ne dit pas que le tableau date de 1434, mais que la scène qu’il représente a eu lieu cette année-là. Et elle se garde bien de nous informer si, de cette scène, Van Eyck fut le témoin ou le protagoniste. Elle place le tableau sous le signe du double sens. »
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.