"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.
Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.
Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.
Plus de trente ans après "Danse avec les loups", Kevin Costner a monté les marches cannoises pour introduire le premier chapitre de son "Horizon : une saga américaine", un western ambitieux sur la conquête de l’Ouest américain. Si le film nous offre des paysages magnifiques, il se perd dans l’exposition fastidieuse, très lente et étirée, d’un panel d’intrigues entremêlées. Espérons que le second volet corrige le tir de cette course au colonialisme lancée au ralenti. Et pas franchement palpitante.
Connu pour avoir scénarisé plusieurs scénarios de Scorsese ("Taxi Driver", "Raging Bull", "La Dernière Tentation du Christ"), Paul Schrader retrouve enfin le chemin de la Croisette. À peine sorti de sa trilogie de la rédemption ("First Reformed", "The Card Counter"", Master Gardener"), le cinéaste se penche à présent sur la mélancolie d’un vieil homme sur son lit de mort dans "Oh, Canada". Ses confidences sont ainsi étalées dans une ultime interview, celle qui défait les vérités et les mensonges racontés.
Présenté en Séance de Minuit au Festival de Cannes, dans une ambiance de feu, "The Surfer" offre un spectacle amusant, divertissant et un peu psychédélique. Quand Nicolas Cage croise la route d'une bande de surfers désobligeants et agressifs, c'est un lent et douloureux chemin de croix qui s'annonce. Surfer, c'est souffrir. Et souffrir, c'est surfer.
Impacté par la pandémie du COVID-19, le tournage de "Caught by the Tides" laisse planer toutes sortes d’incertitudes dans son déroulé, linéaire et ancré dans une réalité nostalgique et mélancolique. Au terme de la quatrième journée de la compétition cannoise, nous ne comptons plus les ovnis qui se sont crashés sur la toile. Cette œuvre chinoise représente sans doute la lettre d’amour la plus douce et amère que l’on a découvert depuis le début de la quinzaine.
Petite bulle solaire où l'on chante l'ivresse de l'adolescence, "Vingt dieux" est un premier film qui ne manque pas de sincérité et de tendresse. Louise Courvoisier nous promène au pays du Comté en y évoquant la force tranquille des habitants, qui sont quotidiennement amenés à encaisser un coup plus fort que le précédent. Une vie en campagne qui n'a pourtant rien de repoussant et c'est même tout le contraire.
Quatre mois après la sortie française de "Pauvres créatures", récompensé par quatre Oscars, Yorgos Lanthimos délaisse la fantasy et les costumes à froufrou au profit d'un drame ancré dans une réalité perverse. Cette "fable en tryptique", selon les mots du réalisateur grec, aborde en trois chapitres inégaux, totalement indépendants, une palette embrouillée de thèmes gravitant autour du couple et du libre-arbitre : la dépendance affective, la domination, la sujétion volontaire et le désir de reconnaissance.
Première séance de minuit, sur tapis rouge, au Festival de Cannes 2024, "City of Darkness" nous immerge dans le Hong Kong des années 1980, au coeur de la Citadelle de Kowloon, une zone de non-droit où des gangs rivaux s'affrontent pour la domination des trafics et des territoires. Une série B d'arts martiaux divertissante, drôle et décalée, mais dont le rythme pâtit de quelques longueurs.
Pièce maîtresse du Nouvel Hollywood, Francis Ford Coppola s’est forgé une notoriété similaire aux parrains de sa célèbre trilogie. 45 ans après le sacre d’"Apocalypse Now" sur la Croisette, au terme du deuxième jour de la compétition, le cinéaste italien redécore la cité New-yorkaise afin d’y établir une dystopie hallucinée et hallucinante, "Megalopolis". Le visage de l’Amérique aura rarement été détourné avec une telle complexité que ses ambitions finissent par trahir la pertinence du fourre-tout thématique qu’il nous donne à ingérer.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »