Cannes 2023 : 100 years of Warner Bros de Leslie Iwerks

Une histoire de famille, une histoire de business puis une histoire d’amour, retour sur 100 ans d’existence de la Warner Bros, l’une des plus grosses sociétés de production cinématographique au monde, au travers de multiples interviews et images d’archives.

Comment parler de 100 ans de cinéma avec près de 5000 films à son actif ? Tantôt révolutionnaire, tantôt avare, la grande maison Warner Bros a eu son lot de triomphes et de désagréments. Leslie Iwerks n’en est pas à son premier exploit archéologique puisqu’en 2007 sort L’Histoire de Pixar, qui retrace avec grande émotion les étapes de création et de déboires d’une des plus grandes maisons du cinéma d’animation. Ici, et ce pour le centième anniversaire du troisième plus vieux studio de cinéma américain encore en activité, Iwerks ne fait pas les choses à moitié puisqu’elle décide de consacrer quatre films d’une heure chacun à ce grand monstre de distribution.

Deux d’entres eux ont été présentés dans cette nouvelle édition cannoise lors d’une séance exceptionnelle dans la salle Agnès Varda, grand nom du Festival de Cannes, sur le fondement ancestral de la famille Warner jusqu’au mouvement du nouvel Hollywood. 100 years of Warner Bros connaît parfaitement son sujet et raconte sans pudeur l’histoire des frères Warner, d’abord rêveurs puis avides de pouvoir, triste vérité qui causera leur perte des années plus tard, tant au niveau des studios que de leur patrimoine familial, une promesse plus qu’une richesse à savoir le serment de toujours rester liés.

Plus qu’une simple histoire de famille, les studios Warner sont avant tout une histoire de passionnés, ce que l’on peut aisément ressentir au travers de divers entretiens avec des cinéastes de renom tels que Martin Scorsese, Clint Eastwood, Oprah Winfrey ou encore des membres de la famille des quatre fondateurs, mais il est également question de révolution, car Warner Bros est aussi et avant tout, l’un des précurseurs du son synchronisé avec notamment The Jazz singer qui marquera l’ère du cinéma sonore en 1927.
D’un revers un peu plus sombre, comme dans toute industrie, Iwerks ne lésine sur aucun détail et s’aide de diverses et rares interviews d’acteurs, réalisateurs ou actrices qui n’ont pas hésité à se prononcer sur les méthodes douteuses de Jack Warner (comme Olivia de Havilland ou encore Bette Davis), le plus tyran et cupide de la fratrie dont l’ambition eut raison du matériau originel : l’amour du cinéma.

Anecdotes, ressentis ou encore confessions, 100 years of Warner Bros est un documentaire d’une richesse absolue pour tous les cinéphiles ou historiens du monde, et bien que quelques commentaires imagés soient d’une maladresse presque attendrissante, ce film en quatre parties a le don si particulier de ne jamais lester son sujet mais de, à chaque instant, prendre plaisir à partager un art universel.

100 years of Warner Bros (100 Ans de Warner Bros), un documentaire de Leslie Iwerks fait partie de la sélection Cannes Classics 2023 : les documentaires.

Date de sortie inconnue / 2h00min / Documentaire
Avec Martin Scorsese, Clint Eastwood, Christopher Nolan, Oprah Winfrey, Chris Columbus,…

Synopsis : Ce documentaire explore l’origine, l’évolution et la longévité du studio Warner Bros. – d’une affaire de famille à un géant mondial – à l’occasion de son 100e anniversaire en 2023. Mettant en scène des cinéastes, des acteurs et des dirigeants de légende qui ont créé certaines des histoires les plus marquantes, 100 Ans de Warner Bros. raconte l’histoire de la passion et de l’innovation, et propose un voyage dans les coulisses de « ce dont les rêves sont faits ».

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.
Charlotte Quenardel
Charlotte Quenardelhttps://www.lemagducine.fr/
Mordue de ciné depuis mes jeunes années, allant de The Thing à Moulin Rouge, Lost Highway ou encore To Have and Have Not, je m'investis à nourrir cet hétéroclisme cinématographique en espérant qu'il me nourrisse à son tour. Et peut-être qu'en passant, je peux en happer un ou deux sur ma route. Après tout, comme disait Godard : “Je ne veux parler que de cinéma, pourquoi parler d’autre chose ? Avec le cinéma on parle de tout, on arrive à tout.”

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.