The walking dead, le chef d’œuvre zombifié

Ça y est, après plus de 11 années d’antenne, The Walking Dead a tiré sa révérence. Difficile d’être passé à côté du phénomène durant toutes ces années. Également adapté en un exceptionnel jeu vidéo, l’univers créé par la bande dessinée d’Images Comics aura su gagner le cœur des fans avec une rapidité fulgurante. Mais, à trop vouloir se rapprocher du soleil, The Walking Dead s’est brulé les ailes, et pas qu’un peu.

Bien que cette critique concerne la série dans son intégralité, elle ne contiendra aucun spoiler majeur sur les évènements. 

La marche vers le paradis

Difficile de l’imaginer si, pour vous, le genre zombifique ne dessert que le nanard qui ne compte pas ses litres de faux sang, mais à ses débuts, The Walking Dead, c’était exceptionnel. Brutale, bien écrite, parfaitement bien rythmée et interprétée, la première saison nous laissait voir le potentiel grandissant de la série, avec six épisodes seulement. L’écriture, pleine de grâce, dévoilait des personnages, peu nombreux, attachants ou profondément détestables mais tous parfaitement crédibles. Humains, avec leurs forces et faiblesses.  Bien sûr, la palme revient à Rick Grimes, personnage principal de la série, incarné par le superbe Andrew Lincoln et surement l’un des meilleurs personnages de la télévision.

Dès ses débuts, la série frappe fort par son univers cohérent, travaillé et sa dure réalité. Dehors, le monde se meurt mais n’en demeure pas moins menaçant. Toute cette noirceur se ponctue par des touches d’espoir, d’humanité et de douceur, qui feront le mordant de la série pendant un bon moment. On avance avec nos personnages. On a déjà nos préférés, ceux qui nous désespèrent et ceux qu’on espère voir mourir très vite. La saison 2, de qualité mais moins réussie, permettra malgré tout d’établir quelques points extrêmement importants : la folie n’est jamais loin, tout le monde peut mourir et surtout, le leadership de Rick se confirme. Mais disons-le, c’est véritablement avec sa 3ème saison que la série connait ses plus grandes heures de gloire.

La prison avant l’emprisonnement

L’arc de la prison, comme le disent les fans, est réellement extraordinaire. La série s’ouvre au monde et démontre, dans une explosion de talent, toute la noirceur de son univers. Pour la première fois, l’histoire tient un véritable antagoniste en la personne du Gouverneur, véritable taré à la tête d’une autre communauté. Les personnages ne sont plus seuls et les humains deviennent des ennemis encore plus redoutables que les rodeurs. Les intrigues s’entremêlent parfaitement, au fur et à mesure que nos protagonistes sombrent aussi plus facilement dans la violence.

La saison 4, tout aussi fabuleuse, suit ce schéma et le pousse encore plus loin. Les décès s’enchainent, mais jamais gratuitement. Chaque perte sert à l’intrigue et ce, pour de nombreuses saisons à venir. Les nouveaux venus sont tous intéressants et attachants (ou détestables, encore une fois). A cette époque, The Walking Dead peut prétendre au titre de chef d’œuvre, tant chaque épisode met une claque dans la tronche. Si on n’égale pas la qualité d’écriture d’un The Last of Us Part II à ce niveau, la série propose une absence de manichéisme bienvenue, dans ce monde ou ses survivants veulent survivre, à tout prix.

Puis, Mi saison 5, quelque chose se produit. Les survivants atteignent un endroit et, je vais faire quelque chose d’exceptionnel, je vais vous conseiller de vous arrêter là. La plupart des intrigues sont résolues, les personnages restants sont en sécurité. Dites-vous que c’est fini, que l’intrigue ne redémarre pas et que la série s’achève au terme de cinq saisons de très, très haute tenue.

La descente vers l’enfer

Le conseil est un petit crève-cœur, car la saison 6, bien que moins incroyable, reste de très haute tenue. Elle s’achève sur un terrible cliffhanger, qui enchaine sur le premier épisode la saison 7 : l’un des meilleurs épisodes de la série. Mais ensuite, AMC propose un naufrage absolu et grotesque. Longue, absolument incohérente, mal écrite et rythmée, The Walking Dead ne perdure que par le duel Negan/Rick, porté par le jeu d’acteurs totalement hallucinant de Jeffrey Dean Morgan et Andrew Lincoln. Je pourrais donc vous dire de vous arrêter début saison 7, mais ce serait impossible pour vous.

Malgré quelques excellents moments, The Walking Dead n’est plus que l’ombre d’elle-même avec ses saisons 7 et 8. Les personnages, désormais beaucoup trop nombreux, sont moins bien écrits (voire pas du tout, ne se contentant que de stéréotypes vus et revus), les décès, autrefois si intelligemment amenés et constructifs deviennent gratuits et souvent inutiles (et débiles, de surcroit) . Sur les 32 épisodes qui composent les deux saisons, à peine la moitié sert réellement l’intrigue. Le reste ne se contentant que faire du sur place, les personnages marmonnant quelques répliques pendant 40 minutes. Les héros semblent même totalement hermétiques face au décès de leurs proches. Nous pouvons par exemple citer la réaction totalement absurde (et inexistante) de Carole, qui apprend la mort d’un personnage pourtant présent depuis le début de la série dont elle était très proche. Ou, plus tard encore, Daryl restera presque de marbre face à la mort imminente d’un de ses plus proches amis, lui aussi présent depuis très longtemps.

Errer comme un zombie

L’écriture fane, la série fait du sur place et s’enferme dans un cycle jusqu’à la fin de sa 11ème saison. Entre temps, deux spins off sont nés et cela se ressent énormément sur la qualité. The Walking Dead n’est plus seule et les scénaristes semblent même bien décidés à offrir plus de travail à Fear The Walking Dead, plus constant dans sa qualité. Une fois l’Arc Negan terminé (façon de parler), de nouveaux ennemis prennent le relais et ainsi de suite, jusqu’à l’épuisement. Dommage, car les méchants sont réussis, dans l’ensemble. L’arc des chuchoteurs propose quelques moments très réussis, mais trop peu et pour trop de ratages.

A force, on en est usé. Les réactions n’ont plus de sens, les moments géniaux des premières saisons n’existent plus et les meilleurs protagonistes sont tous décédés ou presque, ne laissant qu’une équipe B bien moins impactante. On n’est plus attaché à personne, à part un ou deux survivants de longue date. Le pire, sans doute, c’est que la série ne termine même pas, pas réellement. Trois autres spins off sont prévus pour faire office de conclusions à différents personnages. Oui, trois séries. 3 DLC. On peut comprendre l’idée, mais quand même…

The Walking Dead – Bande-annonce saison 11 partie 2

 

Note des lecteurs6 Notes
Les cinq premières saisons
Rick Grimes, personnage extraordinaire
Des antagonistes très réussis
Un acting impeccable, un doublage VF de qualité (au début)
Une écriture de départ particulièrement brillante
Une baisse de qualité phénoménale à partir de la saison 7
Passe du chef d'œuvre à la catastrophe
Une série beaucoup trop longue...
... et qui ne se termine pas, puisque 3 séries qui feront office de conclusion arrivent. Oui, 3 séries.
2.6

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Dimitri Redier
Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
Film préféré (Gladiator) - Série préférée (Mr Robot) - Acteur préfére : (Benedict Cumberbatch) - Actrice préférée (Emma Stone) - Réalisateur préféré (Denis Villeneuve) - Jeu vidéo préféré (The Last of Us 2) - Plat préféré (Les sushis…ça n’a aucun rapport mais je suis sûr que vous vous posiez la question)

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