The Rookie saison 1 : Nathan Fillion prend l’uniforme

Après le succès de la série Castle, Nathan Fillion, son acteur principal, voulait surfer sur la vague de la série policière peu originale mais dotée d’un fort capital sympathie. Et cela va donner The Rookie.

Comme l’indique son titre, la série va s’intéresser à des « bleus », de nouvelles recrues de la LAPD, la police de Los Angeles. Il y a la première de la classe, Lucy Chen (interprétée par Melissa O’Neil, que l’on avait déjà vue dans la série Dark Matter), le « fils-à-papa » Jackson West (Titus Makin) et surtout l’improbable quarantenaire en reconversion, John Nolan (Nathan Fillion). The Rookie nous propose donc de suivre, pratiquement au quotidien, la formation sur le terrain de ces trois apprentis-policiers. A chacun d’entre eux est affecté un formateur. La série va donc prendre la forme d’un récit choral, suivant pas moins de six personnages principaux et une panoplie de personnages secondaires qui vont tous, au fil des épisodes, prendre de l’épaisseur.

Parmi les réussites de The Rookie, il y a le personnage de Tim Bradford (Eric Winter), le formateur de Lucy Chen. Personnage sévère et exigeant, il emploie une méthode de formation qui peut paraître brutale mais s’avère souvent payante. Petit à petit, on découvre en lui une autre facette, plus personnelle et émouvante. Le personnage se révèle plus humain, tiraillé par une douleur morale liée à son mariage. Il paraît aussi de plus en plus comme un homme de confiance, très engagé dans son travail, dont il a vraiment une conception humaine.

C’est d’ailleurs là un des credo de la série : montrer comment le travail de flic a un impact sur la vie quotidienne des policiers, et inversement. Dans cette série, les policiers sont des êtres humains comme les autres, avec leurs soucis qu’ils ne peuvent pas toujours laisser derrière eux. Talia Bishop (Afton Williamson), la formatrice de Nolan, en fait l’expérience avec un problème familial (pour ne prendre qu’un exemple parmi d’autres). Il en va de même pour l’intraitable sergent Grey.

L’une des qualités de The Rookie réside aussi dans sa volonté de montrer le fonctionnement de la police dans les actes les plus quotidiens. Les personnages principaux étant en formation, nous découvrons avec eux l’ensemble des règlements qui régissent l’action policière. Depuis les tonnes de paperasses à remplir jusqu’aux conditions encadrant les courses-poursuites, tout y passe. Y compris les cas les plus complexes, lorsqu’un policier tue un suspect, ou qu’un contrat est lancé dans le milieu criminel pour abattre un flic (ce qui, heureusement, ne doit pas arriver tous les jours).

Les policiers sont aussi confrontés à des excentriques et des marginaux de tout ordre. Et la série ne nous cache pas les limites des interventions policières, les agents étant parfois obligés d’agir à contrecœur pour participer à l’expulsion d’une mère de famille. L’application de la loi n’empêche pas d’éprouver un sentiment d’injustice qui pousse à se questionner sur ces mêmes lois et leurs intentions.

L’un des intérêts de la série est aussi de multiplier les situations : de la simple infraction au code de la route jusqu’à l’évasion de plusieurs prisonniers, en passant par le bioterrorisme ou les problèmes de voisinage, tout y passe, du plus grave au plus anecdotique.

Action, humour, drame et une certaine volonté (certes limitée) d’authenticité : tout cela contribue à faire de The Rookie une série sympathique et un honnête divertissement, à défaut d’être follement originale. Et si les audiences ne sont pas au niveau des espérances, la série est quand même renouvelée pour une deuxième saison (qui se fera sans une des actrices principales, Afton Williamson, qui interprète Talia Bishop).

The Rookie : bande annonce

The Rookie : fiche technique

Créateur : Alexi Hawley
Réalisation : Michael Goi, Greg Beeman…
Scénario : Inda Craig-Galvan, Frederick Kotto…
Interprètes : Nathan Fillion (John Nolan), Titus Makin Jr (Jackson West), Melissa O’Neil (Lucy Chen), Alyssa Diaz (Angela Lopez), Afton Williamson (Talia Bishop), Eric Winter (Tim Bradford), Richard T. Jones (Sergent Grey), Mercedes Mason (Capitaine Andersen).
Musique : Jordan Gagne
Photographie : Alan Caso, Doug Emmett
Montage : Charissa Sanjarernsuithikul, Robert Ivison
Production : P. Todd Coe, Patrick McKee, llewellyn Wells, Michele Greco
Sociétés de production : eOne television, Perfectmon Pictures, ABC Studios
Société de distribution : ABC
Genre : policier
Nombre d’épisodes dans la saison 1 : 20
Durée d’un épisode : 42 minutes

Etats-Unis- 2018

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Digger : satire à balles réelles !

Dans un Hollywood asphyxié par l'absence de prise de risques et l'uniformisation, quel bonheur de pouvoir compter sur une oeuvre telle que "Digger", qui, si elle n'évite pas certains écueils, se révèle être de la trempe de ces films qui osent, qui bousculent, sans ménager le spectacle et le dépaysement attendu de ce genre de productions. Une œuvre qui va diviser, mais qui a le mérite d’exister. Rien que pour cela, l'effort mérite d'être salué.

Doraemon et le Château sous-marin : un cœur sous la carrosserie

"Doraemon et le Château sous-marin" plonge le chat-robot bleu et sa bande dans les abysses, entre camping aquatique, mythes de Mu et de l'Atlantide et peuple des profondeurs. Remake d'un classique de 1983, le film sonde l'âme des machines avec Buggy, véhicule au grand cœur. Une aventure tendre et sage.

Les Roches rouges : L’art de l’enfance

Dans Les Roches rouges, Bruno Dumont filme les jeux et les amours de l’enfance avec le sérieux qu’ils méritent, sans en atténuer le ridicule ni la violence. Sous le soleil de la Côte d’Azur, l’innocence a ses abîmes, et les gestes les plus simples viennent révéler ce que nos vies d’adultes s’emploient à recouvrir.

Détective Conan : L’Ange déchu de l’asphalte – un bolide qui cale au démarrage

Le plus grand petit détective du Japon file à moto aux côtés de Chihaya Hagiwara, la « Déesse du vent », pour traquer un bolide fantôme sur les routes de Yokohama. Un thriller survolté porté par son héroïne et un final à tombeau ouvert, mais dont l'enquête cousue de fil blanc peine à passer la seconde.

Raisons et Sentiments (2026) : le romantisme sous cloche

Georgia Oakley adapte le roman de Jane Austen avec Daisy Edgar-Jones et Esmé Creed-Miles en sœurs Dashwood. Tourné en 35 mm dans le Devon, le film soigne son naturalisme et sa sororité, mais peine à retrouver la satire sociale et la profondeur émotionnelle qui faisaient la force du texte original.
Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.