Scream Queens : critique série saison 2

Avec cette deuxième saison de Scream Queens, Ryan Murphy (Glee, American Horror Story…) prouve qu’il peine décidément à garder un niveau de qualité sur la longue durée.

Ni de l’horreur, ni de la comédie…

La première saison de Scream Queens, loin de convaincre entièrement, a pourtant eu de bonnes idées et des moments géniaux. Avec un humour reposant sur l’énormité des propos scandaleux avancés par des personnages totalement crétins et aberrants, le tout confronté à des protagonistes plus normaux comme Grace ou Zayday, soulignant encore plus l’absurdité de cet univers. Malheureusement, au fil des épisodes, la série s’est vite essoufflée, laissant alors présager le pire pour la suite. C’est donc sans trop de surprise qu’on se retrouve face à une nouvelle saison dénuée de sens.

Après quelques moments réjouissants, Chad Radwell est rapidement évincé du show, et très vite, c’est au tour de Denise Hemphill de disparaitre pour le reste (ou presque) de la saison. Sans ces deux personnages aux répliques désopilantes, il ne reste plus que Cathy Munsch, interprétée par la géniale Jamie Lee Curtis, pour sauver le show, mais avec toute une flopée de personnages plus insipides les uns que les autres, cela ne suffit hélas pas à relever le niveau. Nous donnant à voir des personnages n’ayant connu aucune évolution depuis le début de la série, Scream Queens lasse, et la stupidité incroyable des Chanels ne fait désormais plus rire. Et c’est sans compter sur les nouveaux protagonistes, les docteurs Brock et Cassidy (Taylor Lautner) ou encore les nouvelles Chanels dont on ne retient ni le nom ni le visage, qui vont définitivement enfoncer le clou.

Le plus gros problème est d’avoir enlevé tout point d’encrage avec un tant soit peu de normalité, de réalisme. On se retrouve alors dans un univers absurde, peuplé de personnages caricaturaux et rien pour entrer en conflit avec cela et provoquer l’humour. Décidant de prendre une telle distance avec son univers et de s’enfoncer dans la caricature, Scream Queens ne prétend même plus avoir une histoire à raconter, et l’intrigue du Green Meanie n’intéresse ni les personnages eux-mêmes ni le spectateur, qui doit alors subir les scènes superflues dédiées à ce nouveau méchant avec beaucoup de difficultés.
Se facilitant la tâche jusqu’au bout, les scénaristes créent une pâle copie de la première saison, recréant exactement la même histoire, se contentant de troquer le costume du Red Devil avec celui d’un monstre des marécages. Et comme une énième suite de film d’horreur, il est alors difficile de trouver un quelconque intérêt dans une histoire qu’on connait déjà. Qui plus est, les incohérences sont tellement nombreuses, notamment l’explication alambiquée et grotesque de la présence des Chanels dans l’hôpital, ce qui achève définitivement de nous conforter dans notre désintérêt face à une série devenue si paresseuse et caricaturale à outrance.

Synopsis : Après avoir fait la guerre aux sororités, Cathy Munsch décide de continuer à faire le bien et achète un hôpital pour améliorer le système médical américain. Elle y forme une équipe composée des docteurs Brock Holt et Cassidy Cascade ainsi que de son ancienne élève, Zayday Williams, dont elle est devenue le mentor. Mais elle surprend tout le monde quand elle décide d’engager les Chanel, déchargées de leurs crimes, pour leur faire étudier le métier de médecin. Malheureusement, d’étranges affaires médicales ont lieu dans l’hôpital et une nouvelle série de meurtre démarre. L’équipe va devoir s’associer avec la meurtrière Hester Ulrich pour élucider ce nouveau mystère.

Scream Queens : Fiche Technique

Créateurs : Ryan Murphy, Brad Falchuk, Ian Brennan
Réalisateurs : Brad Falchuk, Barbara Brown, Bradley Buecker, Jamie Lee Curtis, Loni Peristere
Interprétation : Emma Roberts (Chanel Oberlin), Jamie Lee Curtis (Cathy Munsch), Abigail Breslin (Chanel n°5), Billie Lourd (Chanel n°3), Lea Michele (Hester), Taylor Lautner (Dr Cassidy), John Stamos (Dr Brock), Kristie Alley (Ingrid Hoffel), Keke Palmer (Zayday)
Musique : Mac Quayle
Photographie : Joaquin Sedillo, Michael Goi
Sociétés de production : 20th Century Fox Television, Ryan Murphy Productions
Producteurs : Barry M.Berg, Robert M.Williams Jr
Chaine : Fox
Pays d’origine : Etat-Unis
Genre : Comédie horrifique
Format : 10 x 42 minutes

Etats-Unis 2016

Avec cette deuxième saison de Scream Queens, Ryan Murphy (Glee, American Horror Story…) prouve qu’il peine décidément à garder un niveau de qualité sur la longue durée.

Ni de l’horreur, ni de la comédie…

La première saison de Scream Queens, loin de convaincre entièrement, a pourtant eu de bonnes idées et des moments géniaux. Avec un humour reposant sur l’énormité des propos scandaleux avancés par des personnages totalement crétins et aberrants, le tout confronté à des protagonistes plus normaux comme Grace ou Zayday, soulignant encore plus l’absurdité de cet univers. Malheureusement, au fil des épisodes, la série s’est vite essoufflée, laissant alors présager le pire pour la suite. C’est donc sans trop de surprise qu’on se retrouve face à une nouvelle saison dénuée de sens.

Après quelques moments réjouissants, Chad Radwell est rapidement évincé du show, et très vite, c’est au tour de Denise Hemphill de disparaitre pour le reste (ou presque) de la saison. Sans ces deux personnages aux répliques désopilantes, il ne reste plus que Cathy Munsch, interprétée par la géniale Jamie Lee Curtis, pour sauver le show, mais avec toute une flopée de personnages plus insipides les uns que les autres, cela ne suffit hélas pas à relever le niveau. Nous donnant à voir des personnages n’ayant connu aucune évolution depuis le début de la série, Scream Queens lasse, et la stupidité incroyable des Chanels ne fait désormais plus rire. Et c’est sans compter sur les nouveaux protagonistes, les docteurs Brock et Cassidy (Taylor Lautner) ou encore les nouvelles Chanels dont on ne retient ni le nom ni le visage, qui vont définitivement enfoncer le clou.

Le plus gros problème est d’avoir enlevé tout point d’encrage avec un tant soit peu de normalité, de réalisme. On se retrouve alors dans un univers absurde, peuplé de personnages caricaturaux et rien pour entrer en conflit avec cela et provoquer l’humour. Décidant de prendre une telle distance avec son univers et de s’enfoncer dans la caricature, Scream Queens ne prétend même plus avoir une histoire à raconter, et l’intrigue du Green Meanie n’intéresse ni les personnages eux-mêmes ni le spectateur, qui doit alors subir les scènes superflues dédiées à ce nouveau méchant avec beaucoup de difficultés.
Se facilitant la tâche jusqu’au bout, les scénaristes créent une pâle copie de la première saison, recréant exactement la même histoire, se contentant de troquer le costume du Red Devil avec celui d’un monstre des marécages. Et comme une énième suite de film d’horreur, il est alors difficile de trouver un quelconque intérêt dans une histoire qu’on connait déjà. Qui plus est, les incohérences sont tellement nombreuses, notamment l’explication alambiquée et grotesque de la présence des Chanels dans l’hôpital, ce qui achève définitivement de nous conforter dans notre désintérêt face à une série devenue si paresseuse et caricaturale à outrance.

Synopsis : Après avoir fait la guerre aux sororités, Cathy Munsch décide de continuer à faire le bien et achète un hôpital pour améliorer le système médical américain. Elle y forme une équipe composée des docteurs Brock Holt et Cassidy Cascade ainsi que de son ancienne élève, Zayday Williams, dont elle est devenue le mentor. Mais elle surprend tout le monde quand elle décide d’engager les Chanel, déchargées de leurs crimes, pour leur faire étudier le métier de médecin. Malheureusement, d’étranges affaires médicales ont lieu dans l’hôpital et une nouvelle série de meurtre démarre. L’équipe va devoir s’associer avec la meurtrière Hester Ulrich pour élucider ce nouveau mystère.

Scream Queens : Fiche Technique

Créateurs : Ryan Murphy, Brad Falchuk, Ian Brennan
Réalisateurs : Brad Falchuk, Barbara Brown, Bradley Buecker, Jamie Lee Curtis, Loni Peristere
Interprétation : Emma Roberts (Chanel Oberlin), Jamie Lee Curtis (Cathy Munsch), Abigail Breslin (Chanel n°5), Billie Lourd (Chanel n°3), Lea Michele (Hester), Taylor Lautner (Dr Cassidy), John Stamos (Dr Brock), Kristie Alley (Ingrid Hoffel), Keke Palmer (Zayday)
Musique : Mac Quayle
Photographie : Joaquin Sedillo, Michael Goi
Sociétés de production : 20th Century Fox Television, Ryan Murphy Productions
Producteurs : Barry M.Berg, Robert M.Williams Jr
Chaine : Fox
Pays d’origine : Etat-Unis
Genre : Comédie horrifique
Format : 10 x 42 minutes

Etats-Unis 2016

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Sorda : des liens au-delà du silence

Après son court-métrage éponyme, Eva Libertad étend l'histoire de "Sorda". Un nouvel opus nécessaire qui interroge la parentalité, dans le bruit du silence.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.
Perrine Mallard
Perrine Mallardhttps://www.lemagducine.fr/
J’ai grandi avec Luke Skywalker, Korben Dallas et la bande de Friends. Rêvé de devenir un gangster comme dans les films de Scorsese. Me suis prise pour une cinéphile après avoir vu Pulp Fiction et découvert mon amour pour le cinéma avec les films des frères Coen. J’aime la poésie de Sofia Coppola et l’imaginaire de Wes Anderson. Je préfère presque toujours les méchants. Et mes films préférés sont entre autres : Bronson, Un Tramway nommé Désir, Donnie Darko, The Dark Knight, Thelma & Louise, Somewhere, Mad Max : Fury Road, The Voices, Snatch et la plupart des Coen. J’ai découvert les séries avec Supernatural pour ensuite me tourner vers The Walking Dead, Misfits et continuer avec The Office, Hannibal, True Detective pour ne jamais m’arrêter, à tel point que je ne peux plus me passer de ma dose quotidienne. Néanmoins, j’ai la fâcheuse tendance à dire que les premières saisons sont les meilleures. Je n’ai pas de préférence entre le cinéma et les séries, tout comme je n’en ai pas concernant les genres, les seuls films/séries qui ne me plaisent pas sont ceux qui me laissent indifférente.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.

Les Saisons : L’amour, le rythme et les saisons

"Les Saisons", la série écrite et réalisée par Nicolas Maury, s’éloigne des éclats et des récits sociaux pour épouser le souffle intime d’un trio amoureux. Entre mélancolie poétique et naturalisme doux, elle tente moins de raconter que de saisir le frémissement des sentiments, au rythme d’une lumière vendéenne et d’un temps qui tangue. Une œuvre sensible, qui crée son public en osant la lenteur et la langueur.