Designated Survivor, une série de Davis Guggenheim : Critique du pilote

La toute nouvelle série d’ABC, Designated Survivor permet de retrouver Kiefer Sutherland à la télévision après le « semi » échec de Touch.

Synopsis : Au cours d’un discours présidentiel, un attentat frappe le Capitole, entrainant la mort du président et l’ensemble de son cabinet. Tom Kirkman, le secrétaire au Logement et au Développement urbain, a le statut du « survivant désigné », ce qui l’oblige a devenir le nouveau président des Etats-Unis et va devoir percer les mystères autour de cet attentat…

Retour gagnant pour Jack Bauer

Les fans auront un vrai plaisir de le revoir dans un rôle, à la fois proche et éloigné de la série qui l’a propulsé au rang  de star, à savoir 24.
Politique, terrorisme, complots, ces thèmes lui collent parfaitement à la peau, il ne prend donc pas énormément de risques, mais on l’aime tellement dans ce registre qu’on en redemande. Un reboot ou revival sur Jack Bauer n’a plus grand intérêt aujourd’hui, mais avoir trouvé le moyen de garder Sutherland dans cet univers rend la série intéressante et donne un premier effet de curiosité aux spectateurs. L’ancien agent de la cellule anti-terroriste a donc obtenu une belle promotion en s’installant à la Maison Blanche.
Néanmoins, on pourrait regretter aussi ces grosses similitudes car Kiefer Sutherland nous montre les mêmes facettes entre ses deux interprétations, Bauer comme Kirkman sont des personnages isolés et seuls contre tous, mais qui finissent toujours par prendre les bonnes décisions, et (trop) souvent par avoir raison.

Malgré ces remarques, le pilote remplit les consignes pour lancer une série. En effet, ce premier épisode est convaincant, il y a suffisamment de rebondissements, nous empêchant de nous ennuyer une seule seconde.
Mais la construction de l’épisode est un peu illogique et pas nécessaire : nous commençons par la catastrophe pour créer le choc et surprendre le spectateur, sauf que l’on connait déjà le pitch de départ, avec des trailers qui montraient toujours les mêmes images. Puis nous avons un retour en arrière sous forme de flash-back pour décrire les personnages et leurs situations. Seulement, le créateur, Davis Guggenheim, aurait pu faire le choix de commencer par le début, puis au milieu de l’épisode lancer l’attaque terroriste sans qu’on ait une rupture.

En ce qui concerne les storylines et le casting, il y a du potentiel pour que la série dure dans le temps, mais il faudra que les scénaristes trouvent le moyen de se renouveler d’ici la saison 2. Nous suivons deux intrigues en parallèles, Hannah Wells (interprétée par Maggie Q, qui signe aussi son retour depuis le succès Nikita) va chercher à comprendre l’origine de l’attaque terroriste avec les agents du FBI, tandis que Sutherland devra gérer, de son côté, la crise internationale en interne, tout en étant respecté par ses collègues et tout en essayant d’obtenir la confiance de la nation.
À côté de toute cette dramaturgie politique, Designated Survivor se montre aussi très familiale avec la femme et les enfants de Tom Kirkman qui ne sont pas laissés au second plan, au contraire, ils sont au cœur de tous ces événements et vont devoir s’adapter à la Maison Blanche et accepter leur nouvelle vie, et nous sommes vraiment curieux de voir comment évoluera cette famille qui ne s’imaginait pas une seconde accéder à la présidence.
Enfin, en dehors de Kiefer Sutherland, Maggie Q, et Natascha McElhone qui n’ont plus rien à prouver, les autres acteurs sont pour l’instant trop secondaires pour qu’on s’y intéresse réellement.

En conclusion, le bilan est plutôt positif, nous faisons face à un pilote dynamique, la trame (certes vue et revue depuis toutes ces années) est bien ficelée et le casting crédible dans l’ensemble de l’épisode.
Designated Survivor n’est pas une surprise, elle fait partie des séries les plus attendues parmi les nouvelles productions des networks, notamment parce qu’elle était marquée par le come-back réussi de Kiefer Sutherland, nous verrons si les prochains épisodes continueront à soutenir notre excitation.

Après Scandal qui se consacre à la politique, Quantico traitant du terrorisme, ABC obtient le parfait mélange des deux, en moins sexy, mais la série se montre plus sérieuse, et surtout plus crédible dans la direction des acteurs, qui est plus convaincante (à l’inverse de Quantico, plus cliché, et stéréotypé).

Ce premier épisode a rassemblé 10,04 millions de téléspectateurs pour un taux de 2,2% sur la cible 18-49 ans.

Designated Survivor : Bande Annonce

https://www.youtube.com/watch?v=N_f1v0Nx5Sw

Designated Survivor : Fiche Technique

Créateurs : Davis Guggenheim
Acteurs principaux : Kiefer Sutherland (Tom Kirkman), Natascha McElhone (Alex Kirkman), Adan Canto (Aaron Shore), Italia Ricci (Emily Rhodes), LaMonica Garrett (Mike Ritter), Kal Penn (Seth Wright), Maggie Q (Hannah Wells).
Producteurs : Simon Kinberg, Davis Guggenheim, Kiefer Sutherland, Suzan Bymel, Mark Gordon, Amy Harris, Aditya Sood.
Société de production : ABC Studios, Mark Gordon Company, Genre Films, Entertainment 360.
Format: 42 minutes
Genre : Drame, Thriller

ETATS-UNIS  – 2016  

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.