Charmed (2018) Quand la magie ne prend pas

Adieu aux sœurs Halliwell, bonjour aux sœurs Vera-Vaughn. Charmed, version 2018, n’est pas une suite mais un reboot très progressiste. L’accent est mis sur la diversité, avec un casting essentiellement non blanc, et un ton ouvertement féministe. Les fans de la version originale seront forcément déçue -moi la première- car si d’apparence on reprend l’idée originale, la magie n’opère pas.

D’apparence, c’est le même décor :  une jolie maison victorienne, un grenier poussiéreux et un bon vieux livre des ombres. Le pouvoir des trois portes s’incarne désormais sous les traits de Mel (Melonie Diaz), Maggie et Macy. Les 3M sont comme leurs consœurs, trois jeunes femmes indépendantes dont le destin change le jour où elles apprennent l’existence de leurs pouvoirs. Cette fois-ci, la révélation est déclenchée par le meurtre inexpliqué de leur mère et l’arrivée de leur nouvel être de lumière, Harry, joué par le Britannique Rupert Evans.

Cette première saison s’efforce difficilement de rentrer dans le côté sombre de l’univers magique. Rien d’étonnant quand on sait qu’aux commandes de ce reboot on trouve Jennie Snyder Urman, la showrunneuse de Jane the Virgin. On y retrouve d’ailleurs Jaime Camil (Rogelio dans Jane the Virgin) pour interpréter un démon le temps d’un épisode. La marque légère et comique de la showrunneuse, plus habituée aux comédies romantiques, se fait donc ressentir. Pour des histoires de magie plus sombres et moins prudes, il faudra plutôt se tourner vers des séries comme The Magicians ou The Witches of East End.

Tout est décevant, et malheureusement, surtout tout ce qui touche l’univers fantastique.

On ne retrouve pas la même dynamique scénaristique d’antan, entre les histoires de démons, les problèmes personnels des sœurs et leurs tentatives d’y remédier avec des formules à forts effets secondaires. Les démons manquent aussi d’effet menaçant, ce qui est sûrement dû aux effets spéciaux assez pauvres. En comparaison à d’autres séries fantastiques de The CW comme Supernatural ou The Vampire Dairies, on se demande où sont passés les moyens ?

Cependant, pas mal de changements apportent également de la fraîcheur à cette version de 2018.

En premier, le fait que nos héroïnes ne soient pas forcement focalisées sur leurs histoires de cœurs. Au début, toutes sont en couples, et l’une d’elle est d’ailleurs lesbienne. Rien à voir avec l’enchaînement des conquêtes masculines des Halliwell, aussi rapide que l’extermination des démons. Leurs vies de femmes indépendantes se focalisent plutôt sur leurs études et carrières. En effet, toutes les trois sont encore –comme il est normal à leur âge- dans l’univers de la fac, soit en tant qu’étudiante, doctorante ou chercheuse.

De plus, le côté féministe est omniprésent dès le début avec la mère, professeur en études féministes. Les épisodes abordent aussi des thèmes comme la culture du viol, l’intersectionnalité du féminisme, et autres sujets progressistes. Nos héroïnes n’hésitent pas à s’affirmer, sans pour autant dominer. Finie la représentation des démons exclusivement masculins, qui faisaient passer nos sorcières pour des misandres (ndla: haine des femmes envers les hommes). Par contre, il est assez exceptionnel de remarquer que les fondateurs sont toutes des fondatrices.

En conclusion, les premiers ressentis face à cette reprise de Charmed sont assez mitigés, entre nouveauté et désappointement. Même si une seconde saison est déjà prévue, fort à parier que le charme des sœurs Vera-Vaughn ne fera pas long feu…

Synopsis : Suite à la mort tragique de leur mère, trois sœurs découvrent qu’elles sont des sorcières. Reboot de la série Charmed (1998).

Charmed : Bande Annonce

Charmed : Fiche Technique

Créateur : Constance M. Burge, Jennie Snyder Urman, Amy Rardin et Jessica O’Toole
Réalisation : Brad Silberling, Vanessa Parise, Michael Allowitz …
Scénario : Constance M. Burge, Jennie Snyder Urman, Amy Rardin et Jessica O’Toole
Interprètes : Melonie Diaz (Mel Vera), Sarah Jeffery (Maggie Vera), Madeleine Mantock (Marcy Vaughn), Ser’Darius Blain (Galvin Burdette), Rupert Evans (Harry Greenwood), Ellen Tamaki (Niko Hamada), Nick Hargrove (Parker)
Photographie : Stewart Whelan, Scott Williams, Tami Reiker
Montage : Edward R. Abroms, Robin Katz, Tami Reiker
Musique : Will Bates
Production : Gregory G. Venturi, Alec Hammond
Sociétés de production : Poppy Productions, Reveal Entertainment, Propagate Content
Société de distribution : The CW
Nombre d’épisodes : 13/22
Durée d’un épisode : 43 minutes
Diffusion aux Etats Unis : 14 octobre 2018
Diffusion en France : Inconnu
Genre : Fantastique, Drame

États-Unis – 2018

 

Note des lecteurs11 Notes
On aimera :
Son féminisme affirmé
Son casting essentiellement non-blanc
On regrette :
Son manque de dynamisme
Ses pauvres effets spéciaux
Son mimétisme à l'original
Son générique
2.5

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