The Magicians, série de Sera Gamble & John McNamara : Critique de la Saison 1

Les adultes ont enfin leur Harry Potter ! Avec The Magicians, on suit le parcours (initiatique ?) de Quentin Coldwater, jeune rêveur introverti et un tantinet névrosé. Il est accompagné d’une belle brochette d’anti-héros aux personnalités bien marquées, dissemblables mais complémentaires.

Synopsis : Quentin Coldwater, un jeune homme mal dans sa peau, intègre une université de la magie. Épaulé par ses nouveaux amis magiciens, il sera confronté à des forces maléfiques et devra prendre ses responsabilités.

Y a quelque chose de Poudlard au royaume de Brakebills !

Si le rapprochement avec la saga Harry Potter est inévitable, c’est d’abord parce que Quentin ressemble étrangement au personnage principal (avec quelques nuances, notamment physiques). Rêveur et solitaire, doux comme un agneau, Quentin n’a qu’une seule camarade : Julia, son amie d’enfance qui le surnomme Q. . Mais le jeune homme manque d’assurance, de confiance en lui et fait preuve de maladresses. Au moment d’entrer à la Fac, Q. est conduit malgré lui dans une école de magie : l’université Brakebills. Évidemment, le lieu est tenu secret et invisible aux yeux des vulgaires « moldus », un terme qui sera repris avec sarcasme dans la série – sans parler des autres références à la saga de J.K. Rowling.

Avec l’aide de ses professeurs, Quentin va révéler au grand jour le pouvoir qu’il détient et apprendre à le contrôler pour combattre l’ombre maléfique qui plane sur Brakebills (humm, ça ressemble bizarrement à une histoire qu’on connaît bien…). Dans sa nouvelle école, notre geek esseulé fera aussi quelques rencontres inattendues telles qu’Alice, caricature d’Hermione, intello puissante mais psychorigide et ado sur le retour vêtue comme une écolière. Sans oublier d’autres élèves et enseignants plus excentriques les uns que les autres. Heureusement, les ressemblances s’arrêtent là, laissant place au génie de cette fantastique série !

The Magicians : un mélange subtil de magie et de génie

L’originalité de l’histoire tient essentiellement dans la saga des romans fictifs Fillory and Further (Les Chroniques de Fillory), une littérature de Fantasy qui fascine totalement Quentin. Il s’agit en fait d’un monde féerique et (soit-disant) imaginaire. Mais ce qui interpelle Q., ce sont les mystères que renferment ces livres : trois enfants recueillis par l’auteur auraient pénétré le royaume de Fillory et disparu à jamais. Idem pour le romancier, Christopher Plover. Et pour résoudre cette énigme, Quentin s’entourera d’Alice et d’autres élèves aussi doués que singuliers : Eliot et Margo, un duo improbable de fêtards formé d’un Casanova gay en puissance et d’une manipulatrice sexy et aussi Penny et Kady, un couple de rebelles fougueux (dans l’intimité) mais antipathiques avec leur entourage. Julia se tenant à l’écart pour un temps, jalousant secrètement son meilleur ami Q.. The Magicians, ce sont des personnages caricaturaux et pourtant extraordinaires et imprévisibles. Chaque épisode nous entraînant dans une nouvelle mise en abyme de cette aventure merveilleuse.

Le sel de cette fabuleuse série, c’est aussi et surtout l’ambiance à la fois drôle, inquiétante, mystique, sexy et rock’n roll. The Magicians est un show sympathique et moderne réservé aux Grands enfants (déconseillé aux moins de 12 ans). Une histoire originale, fantaisiste et bourrée de clins d’œil aux œuvres de fiction (Star Wars, Indiana Jones, Harry P., Game of Thrones …) et aux comédies musicales auxquels le spectateur ne saura rester insensible.

The Magicians : Bande-annonce

Dès le 4 octobre 2016 sur SyFy France, la saison 1 de The Magicians sera diffusée en VF tous les mardis à 20h55. 

The Magicians reviendra pour une Saison 2 en 2017 !

The Magicians : Fiche Technique

Créateurs : Sera Gamble, John McNamara
Réalisation : Joshua Butler, James Conway, Scott Smith, Guy Norman Bee, Chris Fisher, Mike Cahill, Bill Eagles, Jan Eliasberg, John S. Scott, Amanda Tapping, Carol Banker, Rebecca Johnson, Kate Woods
Scénario : Sera Gamble, John McNamara, Lev Grossman, David Reed, Henry Alonso Myers, Leah Fong, Noga Landau, Christina Strain, Mike Moore
Interprétation : Jason Ralph (Quentin Coldwater), Stella Maeve (Julia), Olivia Taylor Dudley (Alice), Arjun Gupta (Penny), Hale Appleman (Eliot), Summer Bishil (Margo), Jade Tailor (Kady), Rick Worthy (Dean Fogg), Mackenzie Astin (Richard), Kacey Rohl (Marina), Rose Liston (Jane Chatwin), Anne Dudek (Professor Sunderland)
Musique : Willis Bates
Production : Michael London, Mitch Engel
Producteurs exécutifs : John McNamara, Sera Gamble
Sociétés de production : Universal Cable Productions, SyFy US
Genre : fantastique, fantasy
Format : 13 épisodes de 52 minutes
Chaines d’origine : SyFy US, Showcase
Diffusion aux USA : Depuis 16 Décembre 2015 – en production

 

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Scary Movie 6 : l’humour sans danger

Les Wayans voulaient canceller la cancel culture, offenser tout le monde à égalité et prouver que leur humour n'avait pas pris une ride. "Scary Movie 6" prouve exactement le contraire.

Toutes mes sœurs : projection privée

Massoud Bakhshi a filmé ses deux nièces depuis l'enfance. Il nous en restitue le montage, avec l'ambition de parler, à travers ce cas particulier, de la société iranienne dans son ensemble. Le pari n'est que très partiellement tenu.

Saccharine : faussement calorique

Natalie Erika James revient avec "Saccharine", film de body horror ancré dans le culte de la minceur et les injonctions corporelles. Ambitieux, parfois efficace, mais trop chargé thématiquement pour convaincre pleinement. La réalisatrice de "Relic" méritait mieux.

La Bataille de Gaulle – L’âge de fer : l’appel du nanar

"La Bataille de Gaulle : L'âge de fer" d'Antonin Baudry s'annonçait comme le film historique événement de l'année. Pourtant, sous ses airs de fresque ambitieuse sur les débuts de la France libre, le premier volet de ce diptyque consacré au général Charles De Gaulle peine à convaincre. Le récit, très dense, s'essouffle en voulant tout montrer sans rien approfondir. Pire encore, un second degré forcé et une caricature appuyée de certains personnages font glisser l'œuvre vers un registre involontairement burlesque. Un nanar en costume, certes soigné, mais qui trahit le sujet qu'il prétendait honorer.

The Plague : dans la peau des autres

La peste n'a pas besoin d'exister pour faire des dégâts, il suffit qu'un groupe décide d'y croire. Révélé à Un Certain Regard en 2025, "The Plague" est un thriller tendu sur la mécanique du harcèlement chez des garçons de douze ans : comment la violence s'organise, se légitime, se transmet et ce qu'il en coûte de la regarder sans bouger.
Kristell Guerveno
Kristell Guervenohttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne enseignante férue d'histoires et de films en tout genre, j'adore partager mes passions et faire rêver mon entourage. Avant de me consacrer à l'éducation, j'avais étudié les lettres et le cinéma.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.