Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Je me tue à le dire raconte l'histoire de Michel, un homme banal, qui a peur de souffrir à son tour du cancer du sein comme sa mère... humour et second degré seront les maîtres mots de cette comédie dramatique...
Un rôle en or pour Pénélope Cruz, qui marque là son retour en Espagne après près de 10 ans d'absence, celui d'une mère qui se sait condamnée par un cancer mais qui ne baissera jamais les bras. Le courage de cette femme se retrouve porté au pinacle par une mise en scène qui n'aura de cesse de la sublimer, au risque de perdre en crédibilité. Comme quoi, opter pour l'hédonisme plutôt que le larmoyant a aussi ses limites.
Autant portrait au vitriol du monde de la mode, que vaine tentative d'expliquer la vacuité de la beauté, The Neon Demon se double d'un film aux airs de questionnement introspectif de Nicolas Winding Refn. Autant d'éléments étant à même de comprendre pourquoi le film a, une fois n'est pas coutume, divisé la Croisette.
Loin de dénoncer la dictature de la beauté, The Neon Demon se vautre dans une apologie de celle-ci et oublie de prendre de la distance avec son sujet. Nicolas Winding Refn veut choquer mais échoue sur toute la ligne.
Véritable hurlement de douleur, Black pose un constat d'une infinie brutalité, celui d'une jeunesse de banlieue issue de l'immigration, peu à peu en train de mourir parce-que tentant à sa manière, de reproduire nos modèles mortifiés, une leçon de cinéma sociétal.
Annoncé comme le "Choc du festival de Cannes 2016" dans la catégorie "Un certain regard", le film Apprentice de Boo Junfeng est en réalité très superficiel scénaristiquement et joue beaucoup trop de la surdramatisation pour pouvoir parvenir à ses fins. En ne réalisant pas ses objectifs, cette oeuvre qui aurait pu être un plaidoyer nécessaire et universel contre la peine de mort, ne demeure qu'un film insignifiant parmi tant d'autres.
Avec Ils sont partout, film condamnant les clichés sur les juifs et prenant en dérision l'antisémitisme dans la société française, Yvan Attal se brule les ailes et ne fait qu'effleurer les objectifs qu'il s'est donné, tant les différents sketchs sont inégaux et les propos souvent confus.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.