Le Petit Renne courageux : quand l’Ancêtre des petits rennes était encore un faon…

Dans l’histoire du cinéma, les œuvres pour enfants ne sont pas à négliger. Rendons hommage à la réalisation de la cinéaste russe, Olga Khodataïeva, et à son film, Le Petit Renne courageux (1957), ancêtre de Bambi.

Synopsis : Un petit renne a du mal à suivre le troupeau et se retrouve isolé avec sa maman face aux loups…

Les rennes font partie des animaux que l’imagerie enfantine aime bien prendre comme support d’héroïsme et donc, pour le petit homme, d’identification. Mais, bien avant toute la série des Niko, Le Petit Renne…, Rudolph, Le Petit Renne…, Bambi ou, plus récemment et sous la forme d’un documentaire romancé, Aïlo, Une Odyssée en Laponie (2018) de Guillaume Maïdatchevsky, qui connaît leur ancêtre, Aïkho, Le Petit Renne courageux (1957), à l’âge où il était encore un faon, dans la réalisation d’Olga Khodataïeva (14 février 1894, Moscou – 10 avril 1968, Moscou), secondée par Leonid Aristov ? Adaptant un conte de l’ancien explorateur Eugene N. Freiberg, la pionnière de l’animation soviétique signe là un petit bijou à destination des enfants.

En moins d’une demi-heure, vingt et une minutes exactement, et sur un scénario de Jeanna Vitenzon, Olga Khodataïeva retrace la mésaventure du petit renne Aïkho qui peine à suivre le troupeau lors de sa migration vers le sud, à l’approche de l’hiver. Ses difficultés l’isoleront, avec sa mère (voix française par Régine Blaess), et les exposeront à la prédation des loups, dont ils sont moins protégés que lorsque le valeureux chef de troupeau, Tougoune (voix française par Yves Barsacq), pouvait leur faire face. Ce danger, combiné à ceux de la glace encore trop fraîche sur les cours d’eau, provoquera une acmé de suspense susceptible d’arracher quelques larmes d’angoisse aux petits spectateurs, même déjà les plus « courageux », mais trouvera fort heureusement une résolution positive.

Au passage, il aura été impossible de n’être pas charmé par la beauté du dessin et des couleurs. Le tracé est pur, net, et tout le dessin animé se déroule dans des gammes de gris et de bleus, des paysages de neige jusqu’aux animaux. Seul le brun clair du petit renne tranche et distingue le jeune héros. L’animation elle-même est de grande qualité et les mouvements des protagonistes, qu’il s’agisse des loups ou des rennes, reproduisent avec fidélité les attitudes de leurs modèles réels.

À travers une histoire touchante, mais ne dissimulant pas les dangers de l’existence, même animale, les spectateurs en herbe apprendront les vertus individuelles du courage, mais aussi les vertus collectives de solidarité et d’entraide. Ils apprendront, également, à ne pas craindre de grandir, puisque le petit héros sortira de ces épreuves avec deux jolis appendices pointant sur son front, signes manifestes de sa maturation…

Bande annonce : Le Petit Renne courageux 

Fiche technique : Le Petit Renne courageux 

Nom original : Hrabryj Olenenok (Храбрый олененок)
Auteur : Eugene Freiberg
Réalisation : Leonid Aristov, Olga Khodataeva
Scénarii : Jeanna Vitenzon
Animation : Kirill Malyantovich, Vladimir Krumin, Viatcheslav Kotenotchkine, Dmitriy Belov, Boris Boutakov, Renata Mirenkova, Vladimir Pekar, Lidia Reztsova, Vadim Dolgikh
Direction artistique : Alexander Trussov
Direction du son : Nikolai Prilutsky
Décors : Irina Svetlitsa, Vera Rodzhero, V. Valerianova
Montage : Nina Mayorova
Direction photographie : Elena Petrova, Nikolai Vohinov
Musiques : G. Kreitner
Année de production : 1957
Production : Soyuzmultfilm
Durée : 21 minutes

Note des lecteurs0 Note
3.5

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 

Gavagai, et autres malentendus : du postcolonialisme mou

"Gavagai" entend nous instruire de la grande affaire des rapports post-coloniaux, mais n'aboutit qu'à un petit drame sans aspérité.

Le Rouge et le Noir (1954) : exploration d’une quête romantique, politique et spirituelle

Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.

Kwaïdan (1964) de Masaki Kobayashi : le temps suspendu des spectres

Si sa durée et son rythme peuvent représenter une épreuve exigeante pour le public d’aujourd’hui, "Kwaïdan" n’a en revanche rien perdu de sa poésie et de son enchantement des sens. Une œuvre inclassable et envoûtante.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.