Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni : telle mère, telle fille de cinéma ?

Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni sont mère et fille à la ville et parfois à l’écran. Elles ont été réunies pour la dernière fois dans La dernière folie de Claire Darling où elles jouaient une mère et sa fille. Mais c’est aussi des réalisateurs comme Arnaud Desplechin ou André Téchiné, dont Catherine Deneuve est une habituée qui les ont réunies au cinéma. Retour sur quelques-uns de ces films dans le cadre de notre rétrospective de la carrière de Catherine Deneuve.

Ensemble…

Dans Les Bien-aimés, une mère et sa fille chantent les filles légères au cœur lourd. Des gestes tendres s’échangent et on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre réalité et fiction puisque cette mère et cette fille sont incarnées par Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni. La mère chante d’ailleurs à sa fille : « Telle fille telle mère je suis restée /Une femme légère pour m’éviter /Le poids du cœur et ses mystères ». Et au cinéma alors, telle mère, telle fille ? Chiara Mastroianni tournait avec Les Bien-aimés sont cinquième film avec Christophe Honoré (il y a eu Chambre 212 depuis) : « Ce qui est génial quand on travaille plusieurs fois avec quelqu’un et que ça se passe bien, c’est qu’on peut explorer d’autres pistes et que les personnages se construisent en réaction aux précédents. Mon personnage des Bien-aimés semble évidemment en opposition avec celui de Non ma fille tu n’iras pas danser, qui apparaissait sous un jour moins sympathique ».  Quant à Catherine Deneuve, elle a elle aussi été fidèle à certains cinéastes, dont André Téchiné, duo auquel notre cycle a également consacré un article. C’est d’ailleurs dans un Téchiné que les deux femmes ont été réunies à l’écran véritablement pour la première fois (même si Chiara apparaît dans À nous deux) en 1993. Elles y jouaient également une mère et sa fille, tout comme dans leurs voix prêtées au film Persepolis.

Familles de cinéma

Catherine Deneuve a également été la belle-mère monstrueuse, parce qu’envahissante, de Chiara Mastroianni dans Un conte de Noël. Un joli clin d’œil dans ce film de famille qui vole en éclat. Encore un cinéaste auquel Catherine Deneuve est fidèle (ou l’inverse !). Dans La Dernière Folie de Claire Darling, les deux femmes se retrouvent de nouveau dans un lien filial entre souvenirs et rancœur. Dans ce film, la relation mère-fille est vraiment explorée, le passé surgissant dans le présent sans besoin d’un flashback, comme un réel souvenir, tout étant prégnant, intense. Une relation mère-fille plus poussée donc, bien qu’éloignée de la leur, que dans les précédents films partagés ensemble. D’ailleurs, Julie Bertolluci déclarait à propos de leur duo (dossier de presse du film) : « Je crois qu’elles en avaient très envie toutes les deux et c’était passionnant pour nous toutes de travailler sur ce double-niveau autour d’une relation complexe et différente de la leur. Cela m’intéressait d’aller chercher une tristesse ou une colère qu’elles n’ont pas dans la vie, d’avoir à retravailler la réalité ». On les avait également vues dans Trois cœurs où Deneuve jouait la mère de deux sœurs amoureuses du même homme, l’une campée par Chiara et l’autre par Charlotte Gainsbourg dont les liens filiaux dans les films ont été largement explorés, puisqu’elle joue dans quasiment tous les films de son compagnon, Yvan Attal. Les deux artistes jouant de la réalité de leur vie et de celle fantasmée.

… et séparées

On voit avec émotion dans la chanson-séquence des Bien-aimés mère et fille se succéder à l’écran chantant que Tout est si calme en apparence et se passant le relais, l’une devenant adulte, l’autre vieillissant… toutes deux chantant un cri d’amour. Si Catherine Deneuve est aujourd’hui une icône du cinéma français et poursuit sa carrière, celle de sa fille se fait plus discrète, bien que très riche de grands films, ces deux destins de cinéma ne cessent de se croiser. Chiara Mastroianni s’est lancée récemment sur les planches théâtrale, devançant ainsi complètement sa mère ( « C’est vrai que j’ai grandi avec la peur absolue qu’elle avait du théâtre ») pour retrouver Christophe Honoré dans Le Ciel de Nantes et raconter avec lui son histoire familiale… la boucle est bouclée. Décidément, non, mère et fille s’écrivent dans l’art de manière bien différente. Finalement, Deneuve aurait même déclaré à sa fille : « J’aime bien t’imaginer sur scène » où Mastroianni, père, avait débuté, et où Chiara, sa fille, offre une grande légèreté à un personnage pourtant habité par les deuils. Une nouvelle boucle est bouclée : légèreté retrouvée.

Festival

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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