The face of love, de Arie Posin : Critique du film

Critique The face of love

Synopsis : Nikki est veuve depuis 5 ans. Un jour, elle tombe sur le double parfait de son mari défunt. Envahie par son trouble, elle décide de le séduire.

Les vertiges de l’amour

Peut-on retomber amoureux de la personne qu’on aime ? Deux personnes peuvent-elles être à la fois exactement la même, tout en étant totalement différentes ? Le film de Arie Posin pose ces questions à travers la romance entre Nikki, veuve depuis cinq ans, et Tom, le sosie de son défunt mari. Le thème du double au cinéma n’est pas nouveau, et il a donné quelques unes des plus belles œuvres du 7ème art. Si The Face of Love n’en fera pas partie, il reste un beau film d’amour, sensible et poétique.

La déchirure

Cela commence plutôt mal. Très mal pour Garett, le mari de Nikki, dont le corps est retrouvé par cette dernière, échoué sur la plage. Mal aussi pour le spectateur, tant cette introduction sonne forcée, presque creuse à force de clichés de mise en scène. L’opposition entre l’ombre et la lumière et les cadrages mettant en avant l’absence, le vide ressenti par la femme éplorée sonnent comme autant d’artifices qui empêchent de vraiment se projeter dans ce drame humain. La mise en scène de Posin se fera plus discrète par la suite, moins grossière et plus lumineuse, et c’est heureux.

L’apparition de Tom, joué par le même Ed Harris, dont la troublante présence est pour beaucoup dans la réussite de l’histoire, est un turning point plutôt maîtrisé. On se prend de curiosité pour cet homme, professeur d’art, dont on ne sait quoi penser, à l’image de l’héroïne du film, qui se verrait bien combler l’absence de l’être aimé par cette copie parfaite, un peu comme on souhaiterait compléter un puzzle par une pièce qui n’est pas tout à fait la bonne, mais presque. Nikki va alors tenter de forcer le destin, et les frontières entre les deux êtres, Tom et Garett, vont progressivement s’effacer, se mêler, se reformer alors que la raison du personnage semble vaciller. Annette Bening est impeccable dans ce rôle de femme obsédée, parfois à la limite de la déraison, mais toujours poignante et plein d’émotion.

Sueurs chaudes

Le scénario fait immanquablement penser à l’un des chefs d’œuvre de Hitchcock, l’excellent Sueurs froides, auquel le film fait un clin d’œil appuyé. Malheureusement, il ne termine pas les promesses entamées par cette première partie prometteuse. Le trouble disparaît trop vite, laissant place à une romance, certes fort jolie, mais somme toute trop classique. Cela manque de force, de tension, d’un retournement de situation, peut-être, qui referait sortir le film de l’ornière. Ce n’est pas le cas, et The Face of love restera un film sympathique, qui aurait pu être un petit bijou, mais pêche par manque de cran.

Une belle romance, sublimée par un duo d’acteurs au sommet, mais qui laisse un goût d’inachevé en bouche lorsque l’on pense à ce qu’il aurait pu être.

Fiche technique – The Face of love

Américain – 2013
Réalisateur : Arie Posin
Scénario : Arie Posin, Matthew McDuffie
Distribution : Annette Bening (Nikki), Ed Harris (Tom/Garett), Robin Williams (Roger), Amy Brenneman (Ann), Jess Weixler (Summer)
Directeur de la photo : Antonio Riestra
Genre: Drame, romance
Montage : Matt Maddox
Compositeur : Marcelo Zarvos
Producteur : Bonnie Curtis, Julie Lynn, Jonathan McCoy
Production : Mockingbird Pictures
Distributeur : Chrysalis Film

Auteur de la critique : Mikaël Yung

 

Festival

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