Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de L’été où je suis devenue jolie, Prime Video offre avec Off Campus une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d’amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, Off Campus compose une romance agréable à condition de l’accepter pour ce qu’elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Sport populaire en Amérique du Nord, le hockey a déjà été représenté récemment dans la série Heated Rivalry, diffusée sur HBO, mettant en scène deux joueurs rivaux qui vivent en secret une relation complexe. Dans Off Campus, il n’est plus question de confrontation, mais de fraternité entre quatre membres des Briars. En adaptant les romans éponymes d’Elle Kennedy, la série suit le quotidien des hockeyeurs en axant chaque saison sur les aventures amoureuses de l’un d’entre eux. Une structure similaire aux Chroniques de Bridgerton, dont la saison 4 a été diffusée en début d’année. La saison 1 d’Off Campus s’intéresse à Gareth, le capitaine de l’équipe, et à Hannah, une jeune compositrice timide, incapable d’écrire des paroles depuis le viol qu’elle a subi. Deux êtres fracturés qui se soutiennent et s’inspirent mutuellement. Un récit déjà vu plutôt attachant.

Une romance droit dans ses patins

Tout ou presque a déjà été fait dans le genre de la romance américaine sur les campus universitaires. Difficile donc de faire original, et ce n’est pas du tout l’approche d’Off Campus, qui rassemble au contraire sur sa glace tous les ingrédients pour satisfaire son public cible. Des beaux mecs, dont les corps musclés se plaisent à envahir l’écran, des personnages blessés, un duo de meilleures amies à toute épreuve, des romances contrariées, dont on sait par avance qu’elles finiront dans les larmes et la joie, ainsi qu’une bonne touche de sexe et de sensualité. En prenant la série pour ce qu’elle vise, la recette fonctionne plutôt bien et devrait trouver son public.

Hannah, étudiante en composition musicale, cherche l’inspiration pour écrire les paroles d’une chanson, et ainsi remporter le concours qui lui permettrait de décrocher une bourse. Mais depuis qu’elle a été violée, elle n’arrive plus à coucher ses émotions sur le papier. Réservée, elle parle peu aux garçons, jusqu’à ce que Gareth lui propose un deal en or : en échange de cours particuliers, le capitaine de hockey aidera Hannah à conquérir le garçon de ses rêves, un chanteur célèbre. Pour attiser la jalousie de l’artiste, Gareth suggère à Hannah de faire croire qu’ils sont ensemble. Le schéma narratif des faux couples qui deviennent vrais, comme dans La Proposition, est déjà usé. Cependant, contrairement à L’été où je suis devenue jolie, dont le contenu se restreignait presque uniquement à un trio amoureux, Off Campus est empreint de sujets dramatiques qui donnent plus d’ampleur aux personnages et au récit. La violence masculine, les viols en soirée étudiante, la difficulté de s’exprimer et de s’ouvrir aux autres, la quête de sa propre voie, le désir de séduire et d’être aimé, l’amitié et la fraternité constituent ainsi le fil rouge de la saison 1.

Même si la série n’apporte aucune innovation, elle propose un divertissement sans prise de tête. Elle souffre de défauts attendus, une réalisation plate, qui ne dépasse pas le niveau d’un téléfilm, des personnages un peu caricaturés, bien que les comédiens soient plutôt convaincants, et un rythme relativement inégal. De plus, plusieurs protagonistes, notamment Logan et Tucker, restent peu développés, mais ils devraient prendre leur place dans les prochaines saisons. On regrette également les scènes de hockey, pas très nombreuses et difficilement lisibles. Mais si l’on parvient à faire fi de ces faiblesses évidentes,  Off Campus offre un bon moment. Avec sa forte dose de testostérone, parfois si exagérée qu’elle fait rire, et sa romance tendre, la série se classe volontiers parmi les plaisirs coupables que l’on peut aimer regarder malgré une qualité largement contestable.

Off Campus – bande-annonce

Off Campus – fiche technique

Réalisation : Silver Tree, Samantha Bailey, Erica Dunton, Dawn Wilkinson
Scénario : Louisa Levy, Nick Bragg, Ian Deitchman, Kristin Robinson, Cheech Manohar, Liv Coron, Emmy St. Pierre (basé sur la série littéraire d’Elle Kennedy)
Interprètes : Ella Bright, Belmont Cameli, Mika Abdalla, Stephen Thomas Kalyn, Jalen Thomas Brooks, Antonio Cipriano
Photographie : Colin Hoult, Nick Thomas
Montage : Nicole Brik, Gordon Rempel, Lisa Robison, Nathan Easterling
Musique : Keegan DeWitt
Showrunners : Louisa Levy, Gina Fattore
Producteurs exécutifs : Louisa Levy, Gina Fattore, Wyck Godfrey, Marty Bowen, James Seidman, Leanna Billings, Neal Flaherty
Sociétés de production : 28 In Blue, Drowning Girl Productions, Temple Hill Entertainment, Billings Productions, Amazon MGM Studios
Pays de production : États-Unis
Société de distribution France : Prime Video
Durée : 8 épisodes de 50 à 60 min
Genre : Romance, Drame
Date de sortie sur Prime Video : 13 mai 2026

Festival

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Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

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