« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !
Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.
Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.
"They Will Kill You" fabrique sa propre identité : une collision décomplexée entre comédie noire, gore et thriller paranoïaque. C’est un coup de maître, autant pour Sokolov que pour Beetz, qui s’impose avec une évidence presque insolente.
Il y a des films qui arrivent comme arrivent les souvenirs d'enfance : par effraction, sans prévenir, avec cette netteté particulière des choses qu'on n'a pas cherché à retenir. "Un jour avec mon père", premier long métrage du réalisateur britanno-nigérian Akinola Davies Jr., est de ceux-là. On entre dans ce film comme on entre dans une journée ordinaire et on en ressort changé, sans trop savoir pourquoi, avec quelque chose de chaud et de douloureux logé quelque part dans la poitrine.
Après le très maîtrisé et tendu "La Salle des profs", İlker Çatak était attendu au tournant. "Yellow Letters" confirme un cinéaste capable d'instiller une terreur souterraine dans des espaces fermés — salle de classe hier, foyer familial aujourd'hui. Ours d'Or à la Berlinale 2026, le film raconte des choses essentielles sur notre époque où l'effacement des voix dissidentes n'est plus l'apanage des régimes autoritaires. Mais là où son précédent long métrage maintenait une pression quasi hitchcockienne jusqu'à son dénouement, celui-ci laisse parfois échapper la tension qu'il avait lui-même convoquée.
Il y a dans "Love on Trial" une image qui résume tout : une idole en disgrâce, face à ses fans sur les réseaux sociaux, qui s'excuse. Pas d'avoir aimé, mais d'avoir été prise. Le visage figé dans cette expression japonaise si particulière, celle qui n'est pas du tout de la neutralité mais une douleur parfaitement disciplinée, calibrée pour la consommation publique. Elle s'incline. On ne sait pas très bien si c'est une punition ou un rituel — et c'est précisément là que le film touche juste, brièvement, avant de reculer.
Le film prend la forme d’une tragicomédie et suit Birahima, un enfant plongé malgré lui dans les guerres civiles qui ravagent l’Afrique de l’Ouest (Guinée, Libéria, Sierra Leone). Entre récit personnel, récit de guerre et ancrage historique, il raconte son histoire sans filtre, avec un mélange d’ironie et d'authenticité qui met parfois mal à l’aise.
Au final, cette conclusion laisse un goût un peu amer. Pas forcément ratée, mais pas totalement à la hauteur de ce que la série nous avait habitués à voir. Reste une question : est-ce que l’esprit de Tommy Shelby continuera à habiter les Peaky Blinders ? Sans aucun doute... par ordre des Peaky Blinders.
Malgré la belle tenue portée par Salomé Dewaels sur l'affiche, l'aspect esthétique agréable à l'œil que nous vaut "L'île de la demoiselle" se limite à quelques séquences qui servent plus ou moins de prétexte. En effet, l'essentiel du métrage consiste à présenter les difficiles relations d'un trio de circonstances qui tente de s'organiser sur une île déserte. La silhouette de Salomé Dewaels qui se découpe devant l'immensité de l'océan donne une bonne idée de la situation de son personnage.
Pour son premier long-métrage "La Danse des Renards", Valéry Carnoy signe un film d'initiation vif et sensible où le trauma devient le seuil d'une autre vérité. Le réalisateur explore avec finesse ces états psychiques labiles, ces glissements imperceptibles qui, à l’adolescence, font vaciller le corps et renaître l’âme.
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.