"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
"Vol à haut risque" est un thriller en huis clos signé Mel Gibson, où l'illusion d'une série B dynamique et corrosive se heurte à une exécution maladroite. Entre tension défaillante et humour forcé, le film perd de son intensité au fil du vol. Avec Mark Wahlberg, Michelle Dockery et Topher Grace, l'intrigue manque de suspense et d'émotion, malgré des efforts de mise en scène. Un film dont la production ambitieuse ne compense pas les incohérences de ton et un manque de profondeur des personnages, laissant les spectateurs aussi désenchantés que le scénario.
Découvrez "Better Man", le biopic audacieux de Robbie Williams où le chanteur est incarné par un singe en CGI. Un film innovant qui se démarque des biopics musicaux classiques, alliant émotion, humour et une mise en scène unique de Michael Gracey (The Greatest Showman). Suivez l'histoire touchante de la vie de Williams, entre succès, drames et hallucinations, avec des performances puissantes et des moments musicaux mémorables. Un projet énergique, visuellement frappant, malgré quelques longueurs et un rythme inégal.
Peut-on faire de l’absence d’originalité une véritable posture artistique ? Cette interrogation s’impose avec une acuité troublante devant "Shimoni", premier long-métrage d’Angela Wanjiku Wamai, réalisatrice kenyane qui semble ici vouloir déployer un minimalisme narratif au service d’une introspection psychologique.
Après "Invisible Man", Leigh Whannell nous propose sa nouvelle adaptation du célèbre monstre lycanthrope avec "Wolf Man". Cette réinterprétation visuellement intrigante mêle drame familial et horreur, mais peine à équilibrer ses ambitions émotionnelles et son côté survivaliste. Un film prometteur mais inachevé, qui explore la transformation tragique d'un père de famille en loup-garou, tout en insufflant une atmosphère de tension psychologique. Malgré des idées innovantes, "Wolf Man" souffre de défauts d’écriture et de rythme, laissant un goût de déception pour les amateurs de films de monstres.
Dans "La Chambre d'à côté", Pedro Almodóvar livre un thriller existentiel poignant sur l'euthanasie, la souffrance et la quête de sens. Avec Julianne Moore et Tilda Swinton, il explore la fin de la vie à travers un duo d'amies confrontées à la mort, dans un décor luxueux et mélancolique. Un film esthétiquement raffiné qui, tout en s'éloignant parfois de l'émotion brute, incite à réfléchir sur le désir, la mémoire et les liens spirituels. Une œuvre profonde, poétique et transgressive à découvrir.
"Babygirl", un drame érotique captivant réalisé par Halina Reijn, explore le désir féminin et les fantasmes inavoués à travers une relation intense et risquée entre une femme d'affaires, interprétée par Nicole Kidman, et un jeune stagiaire. Un film audacieux, sincère et magnifiquement écrit qui dépeint la sexualité féminine avec justesse, sans tomber dans le voyeurisme. La performance remarquable de Kidman et l'alchimie avec Harris Dickinson rendent ce film incontournable, aussi poignant que sensuel, offrant une expérience cinématographique unique.
Polar poisseux et hanté, ambitieux et chaotique sondant les tréfonds de l'âme humaine à travers l'affaire Dutroux, "Le Dossier Maldoror" du cinéaste franco-belge Fabrice de Welz frappe par sa densité tout risquant l'écart en étant pas assez radical.
À la croisée des frontières nationales, "Hiver à Sokcho" compose une quête identitaire empreinte de poésie et d'émotions à l'état brut. Porté par un Roschdy Zem au charisme sauvage et l'interprétation à fleur de peau de Bella Kim, le drame franco-sud-coréen, premier long-métrage du réalisateur franco-japonais Koya Kamura, séduit par son esthétisme et son mélange des cultures. Adapté du roman éponyme d'Elisa Shua Dusapin, le film, au rythme lent et aux images oniriques, se perd dans la psyché labyrinthique des personnages égarés qu'il met en scène.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.