Blade Runner 2049 : Denis Villeneuve a peur des spoilers !

Attendu chez nous le 4 octobre prochain, Blade Runner 2049 a pourtant réussi jusque ici à se draper d’un secret des plus absolus, si bien qu’on ignore encore de quoi parlera la mouture concoctée par Denis Villeneuve. Un état de fait qui selon un acteur investi sur le projet n’est pas dû au hasard…

Quand on réalise la suite d’un long-métrage aussi culte que l’est Blade Runner, on est forcément un peu sous pression. Voire peut-être un peu trop même. C’est en tout cas ce qui ressort de la bouche de Lennie James (The Walking Dead), qui au hasard d’une interview consacrée au show d’AMC, a laissé échapper quelques informations sur le processus de sécurité entourant la production de Denis Villeneuve. Et inutile de dire qu’à côté des autres Marvel ou DC qui puisent justement dans ce secret tous les ressorts nécessaires pour doper leur campagne marketing, la production de Blade Runner s’est astreinte au silence :

« Ils m’ont offert le travail, c’est sorti d’un peu nulle part et je leur ai demandé de lire le scénario. Ils m’ont envoyé 20 pages se situant avant l’arrivée de mon personnages, et 20 pages lorsqu’il avait disparu de l’histoire, c’était via une application que je ne pouvais ouvrir que sur un seul appareil. Je ne pouvais pas en faire de capture d’écran, ni aucune photographie et je ne pouvais pas le sauvegarder. Ils m’ont juste dit que j’avais 36 heures. 36 heures plus tard, tout avait disparu et je devais donner ma réponse. Lorsque j’ai accepté, ils m’ont enfin envoyé le scénario en entier. »

Des mesures fermes qui se sont vues doublées d’une protection jusque sur le lieu même du tournage, à Budapest, qui aura elle aussi connu les joies d’un tournage ultra-surveillé :

« Cela ne m’était jamais arrivé avant. Vous deviez signer un papier pour qu’ils vous donnent vos pages de scénario de la journée et vous deviez de nouveau signer lorsque vous les rendiez. Et vous ne pouviez pas repartir du plateau avant d’avoir rendu les pages. C’était affolant. Quand j’ai fini ma partie, je me suis dit que j’allais pouvoir m’asseoir avec le scénario pour le lire tranquillement et le ramener chez moi. Non, neuf heures après ma dernière prise, il avait mystérieusement disparu de mon iPad. »

Bref, après ça, inutile de dire que même si l’on peut encore avoir des réserves quant à la résurgence d’un des plus grands piliers de la SF, on a de bonnes raisons de penser qu’une petite révolution couve et que Villeneuve se pare de mystère comme pour mieux balancer son génie aux fans dans quelques mois. Réponse le 4 octobre prochain !

Blade Runner 2049 : Bande-Annonce 

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

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Antoine Delassus
Antoine Delassushttps://www.lemagducine.fr/
J'ai une profonde admiration pour les sushis, James Bond, Leonardo DiCaprio, Apocalypse Now, Zodiac, les bons films et le ski. Pas forcément dans cet ordre. Et à ceux pouvant critiquer un certain amateurisme, je leur répondrais simplement que l'Arche de Noé a été fabriqué par des amateurs et le Titanic par des professionnels.

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