Film et châtiment : les tournages cauchemardesques

C’est peu dire que le septième art a connu des pelletées de tournages tumultueux, voire franchement cauchemardesques. Certains furent cependant plus marquants que d’autres, parce qu’ils ont abouti à des chefs-d’œuvre, donné vie à des histoires rocambolesques ou contribué à éclairer, parfois par l’absurde, des personnalités importantes du cinéma. Retour sur quelques expériences traumatiques.

Apocalypse Now (1979)

C’est un peu l’archétype du genre. L’équipe du film dut affronter une jungle grondante, construire un village entier, composer avec des plateaux philippins balayés par les typhons et faire face à des problèmes d’alcool et de drogues. Dennis Hopper, constamment ivre ou sous l’emprise de substances neurotoxiques, arrêta de se laver pour mieux entrer dans son personnage. Le tournage débuta avant même que le script ne soit achevé, avec tous les aléas que cela comporte. La police débarqua un jour sur le plateau parce que de véritables cadavres humains furent employés – à son insu ! – par le chef décorateur, dans le camp du colonel Kurtz. Marlon Brando, peu préparé, quasi obèse et physiquement aux abois, se montra financièrement exigeant. Harvey Keitel fut hâtivement évincé et remplacé par Martin Sheen, qui fut lui-même temporairement écarté en raison d’une crise cardiaque. Francis Ford Coppola, contraint d’investir des fonds personnels, devint paranoïaque, menaça à plusieurs reprises de se suicider et perdit durant le tournage une bonne quarantaine de kilos. Le dictateur Ferdinand Edralin Marcos apporta une aide logistique à l’équipe du film, ce qui impliqua notamment de repeindre les hélicoptères de l’armée philippine, souvent réquisitionnés, avant et après chaque prise de vues. Le montage lui-même fut titanesque et s’étendit sur plusieurs années. Le tournage d’Apocalypse Now appartient désormais à la légende. Rebaptisé Apocalypse When ? par une presse sarcastique, ce chef-d’œuvre follement ambitieux aura mis sens dessus dessous un réalisateur émérite, des comédiens stars et des techniciens éprouvés.

Bande-annonce : Apocalypse Now

Le Salaire de la peur (1953) / L’Enfer (1964)

Si Le Salaire de la peur s’en tire mieux qu’Apocalypse Now, son tournage fut loin de s’apparenter à une partie de plaisir. Ses imposants décors subirent les effets prolongés des rafales de vent et des pluies diluviennes. Ils furent partiellement détruits, ce qui occasionna d’importants dépassements de délais et de budget. Ce dernier passa ainsi de 102 à 197 millions de francs, avec de nouveaux coproducteurs à la clé. Le tournage fut même suspendu durant sept mois : Henri-Georges Clouzot se casse la cheville, sa femme Véra tombe malade (elle était atteinte du cœur) et les figurants gitans, s’estimant sous-payés, décident d’entrer en grève. Pour ne rien arranger, les rapports entre le réalisateur français et ses principaux comédiens se révélèrent souvent houleux. L’Enfer compta parmi les autres tournages maudits de Clouzot : il fit une crise cardiaque, s’adonna à des expérimentations visuelles onéreuses et s’obstina à se heurter à ses acteurs. Tout ça pour un film qui restera inachevé.

Bande-annonce : Le Salaire de la peur 

Cléopâtre (1963)

« Marqué par la multitude de problèmes qu’il eut à affronter durant la réalisation, Mankiewicz a toujours été injuste envers ce film superbe. Il ne voulait même pas que l’on prononce le nom du film devant lui ! », écrit Patrick Brion dans un ouvrage sobrement intitulé Mankiewicz. À sa décharge, on arguera que ce péplum ambitieux fut effectivement des plus pénibles à réaliser. D’abord, Joseph L. Mankiewicz remplaça au pied levé Rouben Mamoulian, démissionnaire. Les décors égyptiens furent dans un premier temps installés en Angleterre et Elizabeth Taylor tomba malade à cause du climat britannique. « Les compagnies d’assurance s’affolèrent, raconte Rouben Mamoulian. Elles exigèrent que nous tournions quelques scènes en attendant la guérison de Liz. Nous avons essayé dans la pluie, dans le froid, la boue, avec 700 figurants. Chaque fois qu’un acteur prononçait un mot, on voyait la vapeur lui sortir de la bouche. C’était le Pôle Nord, pas l’Égypte. Tout ça était grotesque. » Quand Mankiewicz reprend le flambeau, les décors anglais sont abandonnés au profit de l’Italie. Le réalisateur décide de réécrire le scénario et se met à rédiger la nuit ce qu’il tourne le lendemain. Mais Liz Taylor subit une trachéotomie en urgence. Il n’en faut pas plus pour que les assurances se désengagent du film. Last but not least, la plage transalpine louée pour le tournage n’avait jamais été déminée à la suite de la Seconde guerre mondiale…

Bande-annonce : Cléopâtre

La Porte du paradis (1981)

Là, c’est plutôt par souci de perfectionnisme (par mégalomanie ?) que ça pèche. Pour respecter l’authenticité historique, Michael Cimino fait rechercher une centaine de paires de patins à roulettes datant de la fin du XIXe siècle et astreint ses comédiens à six semaines de cours intensifs de tir, d’équitation, de patinage ou de diction avec l’accent russe… Il attend des journées entières la lumière naturelle idéale. Il y avait déjà quatre jours de retard sur le planning après seulement… cinq jours de tournage. Michael Cimino pouvait en fait réaliser jusqu’à cinquante prises d’une même scène. Résultat : la mise en boîte du film prit presque une année de retard et le budget prévisionnel quadrupla. Pis encore, le montage se déroula lui aussi de manière cauchemardesque, puisque le cinéaste américain décida de poster un garde armé devant la salle de montage, avec l’ordre impérieux de ne laisser passer aucun représentant de United Artists. La première version du film durera… cinq heures vingt-cinq minutes ! Le projet provoqua finalement la faillite du studio, qui fut racheté par la Metro-Goldwyn-Mayer. Et les critiques furent tellement exécrables que les producteurs opérèrent de leur propre initiative plus de 300 coupes, ce qui amputa le film, déjà rabougri dans une seconde version, de plus d’une heure ! Les recettes furent finalement quelque trente fois inférieures au budget total engagé. Michael Cimino vit sa carrière se briser suite au « plus gros bide » du cinéma américain. « Allez donc dire à Michel-Ange de poser son pinceau », résumera avec fatalisme le producteur Steven Bach.

Bande-annonce : La Porte du paradis

Fitzcarraldo (1982)

On revient ici aux proportions épiques d’Apocalypse Now. Le tournage a lieu dans la forêt tropicale d’Amazonie, à 1400 kilomètres de toute vie humaine. La nourriture est transportée par avion. Un serpent venimeux mord un guide, qu’on ampute à la tronçonneuse pour lui permettre de survivre. Deux pluies parmi les plus importantes du siècle obligent l’équipe de tournage à interrompre son travail. Trois années de retard viennent contrecarrer les plans de Werner Herzog. Elles sont imputables tant au conflit opposant les Indiens aux compagnies pétrolières qu’aux pénétrations des indigènes dans les campements de l’équipe ou à la dysenterie de l’acteur Jason Robards – remplacé après deux années par l’orageux Klaus Kinski, qui exige d’être logé à l’hôtel. Mick Jagger, prévu au casting, doit finalement partir en tournée. Pour satisfaire à la vision radicale d’Herzog, un navire de 360 tonnes est tracté à l’aide de poulies géantes, sans effets spéciaux, par plus de mille Indiens campas. Une séquence incroyable, dont la préparation et la logistique furent étourdissantes, et où la réalité et la fiction semblent continuellement se réinjecter l’une dans l’autre.

Bande-annonce : Fitzcarraldo

Aguirre, la colère de Dieu (1972)

Le tournage est déjà bien avancé quand Klaus Kinski, colérique, menace de quitter définitivement le film. Werner Herzog s’empare alors d’un revolver et le pointe vers son acteur principal, avant de le retourner contre lui. Le cinéaste allemand déclara par la suite qu’il était prêt à aller au bout de son geste, ce que le comédien contesta formellement. Quoi qu’il en soit, les conditions de tournage furent particulièrement périlleuses – tempêtes, destructions de matériel – et éprouvantes – hygiène et logements rudimentaires –, avec des équipes parfois disposées sur des rapides dangereux ou des sentiers à flanc de montagne, sans la moindre sécurité. Le film fut entièrement réalisé dans des décors naturels au Pérou… avec une caméra 35mm volée à l’École de cinéma de Munich, faute de moyens. La communication lors du tournage se révéla par ailleurs particulièrement fâcheuse : les intervenants s’exprimaient tous dans des langues différentes ! Commentaire du principal intéressé : « J’ai choisi le Pérou parce qu’il me fallait un affluent de l’Amazone et des Indiens. J’ai descendu la plupart des affluents de l’Amazone parce qu’il me fallait trouver des rapides dangereux et spectaculaires, mais pas au point d’interdire un tournage. J’ai donc descendu le rio Huallaga, le rio Urubamba et le rio Ucayali, et bien d’autres encore. Finalement, j’ai trouvé des rapides très dangereux et spectaculaires, qui auraient tout juste toléré le passage de 150 personnes en radeaux. Les préparatifs furent extrêmement longs. Il n’y avait aucun village près des rapides. J’en ai donc fait construire un pour environ 450 personnes. »

Bande-annonce : Aguirre, la colère de Dieu

Babylon A.D. (2008)

C’est l’histoire du petit Frenchie qui finit broyé par la lessiveuse hollywoodienne. L’acteur Vin Diesel est occupé à faire la diva sur le plateau et se montre peu impliqué dans le projet. Les décors n’ont rien à voir avec ce que désirait Mathieu Kassovitz. Les producteurs américains multiplient les interventions directes. Des désaccords apparaissent au sujet du script. Plusieurs blessures, dont une grave, émaillent le tournage. Certains costumes attendus sont finalement indisponibles. Un making-of intitulé Fucking Kassovitz fera plus tard la démonstration effarante du chaos qui a régné sur le tournage.

Bande-annonce : Babylon A.D.

En vrac : Les Oiseaux (1963), Tootsie (1982), Predator (1987), Alien 3 (1992), Taxi 2 (2000), La Vie d’Adèle (2013), The Revenant (2015)

Entre Alfred Hitchcock et Tippi Hedren, les relations semblent difficiles. « Hitchcock, repris par ses vieux démons se transforme […] en insupportable amoureux transi attendant de sa créature des attentions extraprofessionnelles hors de propos, écrit Laurent Bourdon dans son Dictionnaire Hitchcock. Il veut modeler sa découverte en fonction de ses désirs, lui offrant des pommes de terre et du Dom Pérignon pour la faire grossir, ajoutant des guillemets à son prénom ou lui dictant ses choix dans tous les domaines, même les plus personnels. » Non content de se comporter en tyran, le maître du suspense lance de manière inattendue de vrais oiseaux sur sa protégée ! Le calvaire se soldera par l’hospitalisation de l’actrice.

Tootsie verra s’opposer, avec force, Sydney Pollack et Dustin Hoffman. Au New York Times, le premier déclara au sujet du second : « Je ne sais pas pour quelle raison exacte Dustin a l’impression que les réalisateurs et les acteurs sont génétiquement faits pour être ennemis, de la même façon que la mangouste et le cobra sont déterminés à s’entre-dévorer. » Ambiance.

Tourné dans une jungle mexicaine hostile, Predator dut composer avec le crash de deux techniciens, des journées trop chaudes et des nuits trop froides, ainsi que l’état d’ébriété quasi permanent d’Arnold Schwarzenegger. Des malheurs variables auxquels s’ajouta une tourista carabinée qui amaigrit l’ensemble de l’équipe.

Le scénario d’Alien 3 passa longtemps d’une main à l’autre. David Fincher engagea l’auteur Rex Pickett pour remanier le script, mais ce dernier prit rapidement la porte. Résultat : le réalisateur de clips, encore néophyte au cinéma, commença à tourner sans vraiment savoir quelle direction son film allait prendre. Pour couronner le tout, les studios lui imposèrent des changements intempestifs, tandis que des techniciens tels que Bob Ringwood rendirent leur tablier en arguant qu’il se montrait trop caractériel. Le chef opérateur Jordan Cronenweth fut quant à lui écarté pour raison médicale. Les retards s’accumulèrent et la production fut même interrompue durant trois mois pour mettre les choses à plat et entamer un énième processus de réécriture. Pas de chance : entretemps, les cheveux de Sigourney Weaver avaient repoussé et l’actrice refusa de les raser à nouveau.

Une cascade ratée coûta sa vie au cadreur Alain Dutartre sur le tournage de Taxi 2.

Abdellatif Kechiche s’attira les foudres de ses comédiennes et techniciens avec La Vie d’Adèle : plages de travail extensibles à souhait, paiements incertains, séquence lesbienne nécessitant dix journées de tournage… Léa Seydoux, passablement irritée, parlera même de maltraitance.

Leonardo DiCaprio se souviendra longtemps du tournage de The Revenant. Les décors naturels enneigés sont certes magnifiques à l’écran, mais ils supposent de travailler à -40° ! « Tout le monde était gelé, les équipements cassaient. C’était un cauchemar pour déplacer une caméra d’un endroit à un autre », confie le réalisateur Alejandro González Iñárritu au Hollywood reporter. Les délais s’allongent, le nombre de figurants croît sans cesse et le budget finit par atteindre les 135 millions de dollars…

Bande-annonce : Alien 3

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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