Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
Moins ronflant qu'un "Apocalypse Now", moins séminal que "Le Parrain", "Rusty James" figure pourtant en bonne place dans la filmographie de Francis Ford Coppola. C'est l'un de ses films favoris, mais surtout un essai intime sur la fraternité, le temps, la violence ou l'adolescence. Il forme avec "Outsiders" un diptyque antinomique quasi inépuisable.
Le journaliste et scénariste David Simon a créé la série télévisée totale : unanimement saluée par la critique, "The Wire" pose un regard clinique, à hauteur d'homme, sur la ville de Baltimore. En suivant une cohorte de personnages aux trajectoires emmêlées, ce show emblématique des années d'or de HBO va s'intéresser à la politique locale, aux gangs noirs, aux dockers, à l'institution scolaire, aux forces de l'ordre, à la rédaction d'un journal... Une densité qui n'a d'égale que la passion qui s'en dégage.
Quoi de plus imbriqué que la politique et le cinéma sous la fascisme italien ? Alessandro Corsi analyse le phénomène dans un dictionnaire couvrant l'ère dite du Ventennio. Il présente aussi les forces en présence dans l'industrie transalpine d'alors et les principaux courants de l'époque. À lire sans modération !
Le huitième tome de TMNT, paru chez Hi Comics, continue de questionner les liens filiaux tout en ouvrant de nouveaux fronts. Donnie est maintenu artificiellement en vie ; le clan Foot a soif de vengeance après la disparition de Shredder ; un gang investit la ville et y sème le chaos.
"Cinéma et peinture" est un "beau-livre" indispensable. Il revient sur les liens étroits et indissociables entre les troisième et septième arts. Hitchcock, Kubrick, Godard, Lynch, Ford, Kurosawa, Eastwood, Ozu et beaucoup d'autres sont redevables à la peinture, qui a conditionné en partie leur rapport à l'image. Cet ouvrage en fait la démonstration.
"Un ami viendra ce soir", que Tamasa propose dans une version intégralement restaurée, prend pour cadre la France de l'Occupation et plus précisément un sanatorium suspecté par les nazis d'abriter une poche de résistance. Au programme : une galerie de personnages hauts en couleurs, des jeux de duplicité, un peu de romance, mais aussi quelques longueurs et boursouflures.
Jack Arthur Johnson, Arthur Cravan. Le boxeur américain noir et le poète français prédadaïste sont appelés à se croiser. Ces deux provocateurs, respectivement issus d'une Amérique raciste et d'une Europe belliqueuse, vont interroger (grâce à Nine Antico et Grégoire Carlé) la ségrégation, les mobilisations forcées, l'institution du mariage, mais surtout la soif de liberté.
Cette "Introduction à la finance", rédigée par Olivier Bossard, vulgarise les matières financières en recourant à l'univers de "Largo Winch". L'entreprise de vulgarisation est louable et originale sur la forme, bien qu'académique sur le fond.
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.